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CHAPITRE

L'ACTINOMYCES BOVIS

Entrevu par Rivorra (1868), aflirmé par PennoxciTo (1875), baptisé par Hanz (1876), définitivement décrit par BozuixGer (1877), dans les lésions bovines, l'Actinomyces bovis a une riche synonymie. On le dénomme surtout : Cospora bovis ou Nocardia bovis. C'est un streptothrér, c'est-à-dire un bacille réellemént ramific.

IsRAgL (1878) l'introduiten pathologie humaine. Nocann (1884) décrit la première observation francaise d'actinomycose du bœuf, ct, avec Lrcer (1888), la première observation humaine.

1° Action naturelle. — L'actinomycose est une maladie commune à l'homme et à beaucoup d'animaux domestiques (bœuf, porc, cheval). Elle est surtout fréquente chez le bæuf, où elle forme plus spécialement (70 p. 100).des tumeurs ulcérées {ancien ostéosarcome) de la mächoire et de la langue.

L'actinomycose humaine est de moins en moins rare à mesure qu'on sait la reconnaitre. A. Poxcer a montré sa fréquence dans la région lyonnaise’. Flle se manifeste non seulement par des tumeurs ulcérées de la mâchoire et de la langue, mais aussi par des ulcérations de toute la surface cutanée et des lésions tubereuliformes de tous les organes internes. Cliniquement, tous ces cas étaient, auparavant, attribués à la tuberculose de

! Voir l'excellent Trailé clinique de l'Aclimonycose humaine et des Pseudo-actinomycoses, de Poxcer ct Ben\rp, Masson. 1898.

Koch ou parfois à la syphilis; l'aspect est franchement tuberculeux. On sait l'heureux effet du traitement par l'iodure de potassium.

2° Action expérimentale. — A) L'inoculation du pus actinomycosique est très difficilement positive, même sur le bœuf, Sonxe (1880) réussit le premier sur le bœuf avec du pus bovin. IsnaïëL (1883), Poxricx (1882) inoculent avec succès, des produits humains au lapin et au veau. Masseux et Liëxaux, Don, Dovex ont quelques résultats positifs sur le lapin.

B) L'inoculation des cultures a rarement reproduit l'actinomycose, Cependant, Maxpereau (1887) infecte des rats et des lapins ; Wozrr et Isnaïëi, (1890) obliennent des tumeurs périlonéales du lapin ; Beranv et Don (1893), infectant le lapin par le corps vitré, ont une mort au 40° jour, avec actinomycose généralisée ; Décéanve (1895) infecte des lapins, par voie péritonéale, surtout avec des cultures sur pomme de terre ; le même auteur oblient la tumeur de la mâchoire, chez une brebis et une ânesse, par inoculation sous- stée, L'inoculation au cobaye a toujours échoué. Eu somme : l'inoculation intrapérilondale ou intraoculaire au lapin est la plus recommandable, tout en échouant souvent, On peut observer des réussites, suivies de guérisons.

Cet insuccès fréquent des inoculations fait penser qu'il Faut un milieu végétal pour que le microbe récupère sa virulence.

3° Associations microbiennes. — Elles sont pour ainsi dire constantes, surtout dans le pus des tumeurs ulcérées, La plus intéressante est l' ition fréquente au 8. tuberculeux de Koch, Les associal seravent le pronostic.

4° Pseudo-actinomycoses. — On appelle ainsi des lésions ressemblant macroscopiquement à celles de l'actinomycose (grains jaunes ; voir plus loin) et dues à d'autres agents que l'Actinomyces bovis, parfois cependant très voisins. Nous n'ud= mettrons pas comme pseudo-actinomycoses tous les cas dus à des Oospora qu'on a voulu distinguer peut être à tort du

CANAGTÈRES MICROSCOPIQUES 525

entourant le parasite, parfois sous forme de cellules géantes, des leucocytes. Le microbe se présente en une masse composée de deux zones bien distinctes : 1° au centre, un enchevétement, un leutrage de mycélium ; 2 à la périphérie, des filaments renflés en crosses ou :

en mussues volumineuses (20 à 30 p sur 10 y), ces dernières élanl arrangées en couronne, en rayons, en étoiles (d'où le nom d'actinomyces : dazls : élaile), Telle est la constitution (ypique du grain jaune.

L'élément essentiel estle mycëlium ; il est seul dans les lésions jeunes; les massues ne se développent que plus tard. Pour la majorité des auteurs (Douxe, etc.), ce sont des formes de dégénérescence hyaliné de l'exoplasme, qui se déve-

loppent au bout d'un cer- Fig. 20% et 200.

tain temps sous l'influence 4c/inomyces bovis. Schéma des masde la défense cellulaire. sucs (263 M) et des spores intra- Celle opinion n'est pas mycéliennes (266, 8) (d'après Bous-

définitivement admise. Ce te sont peut-être des éléments actifs. Dans les vieux grains, le centre est devenu vitreux; les mass persistent seules, En loul cas, ces massues ne sont pas des spores ; les spores sont peliles et existent en semis dans le mycélium (fig. 266, S) @t même autour des mussues, sous forme de pelits grains qu'on prend d'abord pour des cocci. Les massues sont une produe= lion protoplasmique qui entoure l'extrémité des filaments, ceux-ci les embrochant (fig. 265, M).

La coloration repose sur ces deux principes : 4° le mycélium se colore facilement et prend le Gram, 2 les massues se cola

CISOLEMENT. CULTURES

On colorera au bleu et au picro-carmin. Les cellules seront roses, les massues orangées, le mycélium bleu,

2° Examen des cultures. — L'Actinomyces est un streplothrèx, c'est-à-dire qu'il végète en filaments véritablement ramifés (fig. 268). IL forme de petites spores qui sont arrangées en

Fig. 269.

Aclinomyces bovis. s Culture en bouillon, âgée de 7 mois (d'après Bénann et NicoLas).

Filaments en massues dont quelques-unes en voie de désintégration, — Fillaments sporifères.

chaîneltes dans le mycélium. Les bacilles jeunes sont très courts. 11 ne se forme ni crosses ni massues, cependant les vieilles eultures montrent des renflements très analogues (Dowee, Benann et NicoLas) (fig. 209).

C) IsoLEMENT, CULTURES

4° Isolement. —Il est très difficile à réaliser, en raison surtout des nombreux microbes vulgaires, végétant rapidement,

ACTINOMYCGES BOVIS

qui sont dans le pus. Bien plus, l'Actinomyces disparait rapides ment (6 à 10 jours) dans une culture impure. Le meilleur procédé consiste (Bemwiw) à faire des cultures dans le vide l'Actinomyces y végète bien, avant que les autres microbes, | moins indifférents, aient donné des cultures. On réensemence | rapidement, encore dans le vide. Au bout de trois lions, on peut ensemencer à l'ur ; on est déharrassé puretés.

2° Caractères généraux des cultures. — Ma Ho tif. Végète aussi bien dans le vide qu'en présence di l'o; Températures limites — + 20° à + 50°;- Temp. —. + 35°. Végèle surtout bien sur sérum et en milieux glycéri

3° Cultures sur milieux solides. — A. Sénuu. — Grains blanchtres ou jaunâtres, secs, apparaissent le 5° jour et deviennent rapidement coniluents. d

B. Giuose cuvcéminée. — Vers le % jour : petites colonies jaunâtres, sèches, rugueuses, adhérentes, Vers le 8 jour: large croûle confluente jaunâtre, crevassée, couverté d Lés (fig. 270), ressemblant à un amas de lichens. Elle se recouvre peu à peu d'une poussière jaune de spores. La éoloration peut être grise, jaune, verte, méme noire.

€, Gévarine. — Culture grêle, avec liquéfaction er et tardive.

D, OŒur. — Utilisé par Isnarz et Wourr,

E, Pouse ve renne. — Vers le 8° jour : petiles colonies incolôres, puis grisitres. Bientôl: couche épaisse jaunûtre, mamélonnée, rugueuse, quelquefois cerclée de noir. La pomme dé

terre brunit autour.

E: Guaxs. — Bénan et Don (1894) ont obtenu de belles culs xs sur des grains d'orge et d'avoine légèrement humides. 8 jour, les grains se recouvrent d'un eudüit pulvéru- , comme saupoudré, qui entoure la graine et la.

(üg. 274). L

Fig. 271.

Actinomyces bovis. Aclinomyces hovis.

Culture sur gélose glycérinée, Culture sur grains d'avoine, âgés ägée de 12 jours. de 4 ans (d'après Bénann et Don

lues en imprégnant les milieux solides de jus de végétat x

| divers.

tire en milieux liquides. — À. BouiLLon üLy) Au bout de 5 ou 6 jours : grains blanchâtres, granuleux, nt au fond et prennent la grosseur d’un pois. A la si végètent des plaques avec duvet cotonneux ( res “ LE BACTÉMIOLOGE, 2° édit.

F} Draunosric BAGTÉRIOLOGIQUE

DIAGNOSTIC RACTÉRIOLOGIQUE 5

immerger dans la solution de potasse (voir plus haut) et laver à l'eau.

Faire tomber une goutte de picro-carmin vieilli, et laisser 5 à 10 minutes. Recouvrir d'une lamelle dontle poids suflit à écraser le grain. Examiner d'abord à un faible grossissement. Voir plus haut, page 526, l'image du parasite,

Les injections sous-cutanées de tuberculine, font réagir les aclinomycosiques (KauLen, ILuicn, Wozrr);il est vrai que la tuberculose est souvent associée,

Mème si on a reconnu l'actinomycose, rechercher toujours le B. tuberculeux de Koch; l'association est fréquente.

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