‹ Précis de bactériologie pratique (volume 2)Chapitre 80 sur 125 · LE BACILLE DE LA PESTE · texte numérisé non relu

LE BACILLE DE LA PESTE

Le Bacille de la peste ou Bacille de Yersin à élé découvert par Yrrsix, en 1894, à Hong-Kong. Celui de Kirasaro, n'est pas le véritable bacille (il se colore par le Gram).

11 doit être placé à côté des coccobacilles hémorragipares engendrant les pasteurelloses (voy. p. 12), qui correspondent au groupe créé, en 1886, par Huerer, sous le nom de septicémies hémorragiques. Ces maladies, étant exclusivement vétérinaires, ne sont pas décrites dans ce Précis. Disons que la ressemblance du B. de Yersin est surtout grande avec le Coccobacille du choléra des poules.

4° Isolement. — L'isolement se fait facilement en ensemencant du suc de bubon humain non ouvert, ou mieux du sang de rat ou de cobaye, inoculés par une voie quelconque.

2° Caractères généraux des cultures. — l’resque exclusivement aérobie. Cullive aisément et rapidement dans tous les milieux, surtout légèrement alcalins. Végèle déjà à + 5°. Temp. optima — 30°. Développement assez rapide à + 20°. Ne forme pas d'indol.

8° Cultures sur milieux solides. — A. SÉRUM, GÉLOSr. — Colonies blanches, transparentes, à bordsirisés, formant ensuite

ile

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un enduit gluant, blanchâtre (comme le M. du choléra des poules). Développement rapide et très abondant sur gélose glycérinée on non.

PB. Pouxe pe venne. — Colonies blanc-jaunâtre, maigres. Développement lent et quelquefois nul.

C. GéLarixe. — Pas liquéfiée. La piqüre produit à la surface une tache jaundtre et une ligne bleutée dans la profondeur,

Sur plaques : colonies rondes, jaunâtres, granuleuses, à bords !

souvent découpés. Développement en trois où quatre jours, Ressemblent un peu aux colonies du B, d'Eberth.

4° Cultures en milieux liquides, — À. BouiuLox, — Reste clair. Grumeaux neigeux le long des parois (caractéristique pendant vingt-quatre heures), tombant au fond au bout dé vingtquatre heures. La culture ressemble à celle des streptocoques. Le réensemencement d'une culture en bouillon et l'agitation peuvent donner un trouble uniforme. Si on verse de l'huile à lu surface du bouillon, les microbes ne se développent qu'à la surface et pendent sous forme de stalactiles (HAFFKINE).

B. Souurion DE rEPTONE À 2 p. 100 — Celle solulion, alcaline, éladditionnée de 1 à 2 p.100 de gélatine, est le meilleur milieu (Yensix).

€. Boutiuos manrix, — Très favorable.

D, Larr. — Culture pauvre. Coagule pas. Vire au rouge, si addis tionnée de teinture de tournesol bleue (production d'acides):

B) CoconArTioN, CARACTÈRES MORFHOLOGIQUES

4° Coloration. — Se colore bien par toutes les couletips basiques d'aniline. Ne prend pas le Gram. La hionine est le meilleur colorant.

2° Mobilité, — Immobile.

8° Forme. — Dans le suc des bubons : batille court (2 sur

Sur gélose : grosses chaînes constituées par des bâtonnets accolés latéralement, ou bâlonnels isolés (fig. 285) Les formes renflées se colorent mal; elles sont abondantes, dans les cultures anciennes, parfois ressemblant à des levures, (fig. 284).

4° Spores. — Pas de spores.

C) CARACGTÈRES BIOLOGIQUES

4° Vitalité, Virulence, — Dans le pus desséché, il conserve plusieurs semaines sa vialité et sa virulence. Il reste vivant plusieurs mois dans le sol(Yensix). La putréfaction des cadavres le fait disparaître en quinze à trente jours.

Dans les cultures, il est très fragile. Un chauffage de une heure à + 58, de une minute à + 4000 suffit à le tuer, Les solntions faibles d'antiseptiques (acide phénique à 4 p. 100, sublimé à 4 p. 1000) stérilisent rapidement les cultures, Une insolation de trois ou quatre heures est mortelle (Kwrasaro).

Les cultures d'isolement sur gélose, sont de virulence variable ; les plus grosses, celles qui se développent le plus rapidementet éloulfentlesautres, sont les moins virulentes (Yrnsts}s Une culture âgée de plus de trois mois n'est plus virulente, Cependant SeuuLrzaurait vu la virulence se conserver plusieurs années en bouillon de Marmorek, Celles qui proviennent d'animaux inoeulésavec des crachatsde pneumonie pesteuse sont les plus virulentes,

Les cultures successives atténuent rapidement la viruléence. On peut exalter celte virulence, en faisant des passages successifs sur une espèce animale (cobaye, souris, lapin}, On arrive à avoir une culture de virulence fixe pour l'espècé employée, mais souvent moins virulente pour les autres anis maux ; l'exallation n'a été obtenue que pour Lelle espèce animale. La culture qui tue, d'une facon fixe, la souris en déux jours, tue difficilement le lapin ; après quelques passages sun le lapin, elle le tue en trois jours, mais alors elle ne tue que

lentement la souris (Yensin, Cazuerre él Bonne). Nous avons

ACTION FATHOGÈNE 567

lorsque ceux-ci sont franchement suppurés. Dans la forme pueumonique, les bacilles existent toujours dans les crachats Ù (jusqu'au huitième jour après la défervescence), souvent dans les ganglions même non tuméfiés et dans le sang. Dans la | forme septicémique, les bacilles existent dans les ganglions et | dans le sang.

Ghez le rat et la souris, morts de peste, on trouve à l’aisselle et à l'aine des bubons volumineux ; la rate est hypertrophiée, l'intestin congestionné, Les bacilles sont abondants dans Je | sang, dans les ganglions, dans les frottis d'organes.

2° Action expérimentale. — Elant donné le mode de propagation de la peste, par les puces, le maniement des cultures du B. de Yersin, aussi bien que celui des animaux inoculés, doit | se faire avec la plus grande prudence. Les cultures ne seront jamais abandonnées sans être stérilisées ; les animaux pesteux seront placés dans des conditions telles que la contagion par les mouches ou les puces soit impossible. On se souviendra du D' Müller qui mourut, à Vienne, de pesle pneumonique, ainsi que son garcon de laboratoire et une infirmière; tous trois avaient contracté la peste en expérimentant des cultures (1898). On éxposerait, en outre, toute une ville où mème tout le con- | tinent en ne prenant pas les plus minutieuses précautions. Les pelits animaux (rats, cobayes) seront placés dans dés bocuax en verre recouverts de treillis métallique très fin. Les grands animaux (chevaux, pour la fabrication du sérum) seront | maintenus dans des écuries spéciales, cimentées et vernies, à fermetures hermétiques avec un tambour à double porte grillagée. Les autopsies seront faites dans un local sûr, privé de rats, de puces et de mouches. Les cadavres seront immédiatement crémés. Il faut donc une installation spéciale, pour étudier la peste.

A. Rar, Soumis. — Animaux très sensibles. Les inoculations sous-cutanée, intraveineuse, intrapéritonéale sont rapidement mortelles (vingt-quatre à soixante-dix heures). Il suflit de déposer quelques bacilles sur une muqueuse (nasale, con=

En

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