CHAPITRE PREMIER PRINCIPAUX xVPPAREILS DE VERRERIE
PRËPÀnA.T10N, BOUCHAGE
Plusieurs appareils spéciaux seront décrits et figurés, à propos de leurs usages, dans les chapitres suivants. Nous groupons ici les appareils de verrerie qui sont d'un emploi courant dans un laboratoire de bactériologie.
1^ Tubes de verre. — Il est indispensable de posséder des tubes de verre, de diamètres différents, et prêts à être travaillés. On fera soi-même les pipettes, tubes de raccord, tubes effilés adaptés aux ilacons, etc., etc. On peut même fabriquer des petits tubes à essai, des pipettes à boule, des régulateurs. Une lampe à alcool, un bec Bunsen et surtout une lampe à émailleur {chalumeau) permettront ce travail du verre, sur lequel nous n'insistons pas, puisqu'il n'a rien de spécial à la bactériologie.
2*^ Appareils divers. — Les verres à pied, cristallisoirs, grands ballons, verres de montre, agitateurs, éprouvettes graduées, flacons à une ou plusieurs tubulures, flacons de Mariotte, enionnoirs, etc., etc., sont les mêmes modèles que ceux dont on se sert en chimie. Nous verrons dans les autres chapitres comment le bactériologiste les emploie.
APPAREILS DK VBRRERIB
30 Pipettes Pasteur. — On doit toujours avoir, toute stérilisée, une provision de pipettes Pasteur, ■ Wk qui sont indispensables pour toutes les
•I " expériences où en emploie les cultures
^ ^ '^ liquides. On les fabrique soi-même. On
prend un tube de verre d'un diamètre intérieur de 5 millimètres, et on le débite en petits morceaux de 25 centimètres coupés bien droit à la lime. On bouche les deux extrémités avec un tampon de ouate (fig. 7, A^. Prenant ce tronron de tube par les deux bouts, on en chauffe la partie médiane, à la lampe d'émailleur, jusqu'à fusion du verre. Lorsque celui-ci est bien ramolli dans toute la circonférence, on retire le tube de la flamme et on éloigne lentement les deux extrémités de façon à étirer la partie chauffée en un mince tube capillaire de 25 centimètres environ (fig. 7, B). On chauffe alors la Il partie médiane de celui-ci jusqu'à fu-
I sion et séparation des deux moitiés.
On a ainsi deux pipettes comme celle représentée figure 7, C.
Voir la manière de s'en servir page 146.
Fig.
Fabrication
pette Pasteur.
4^ Aiguilles de platine. — Plusieurs aiguilles de platine sont nécessaires. Cet instrument est stérilisé, au moment de s'en servir, en le portant au rouge dans la flamme d'une lampe à alcool ou d'un bec Bunsen. On aura soin d'attendre le complet refroidissement de l'aiguille avant de la tremper dans les cujtures ; une aiguille à tige de platine un peu épaisse garde, pendant plusieurs minutes, une température considé-
RECIPIENTS A CULTURE
rable qui stériliserait la goutte de culture puisée. On préférera le platine iridié plus rigide que le platine pur, la rigidité étant indispensable pour pouvoir gratter les cultures sur milieux solides.
Pour fabriquer l'appareil, le fil de platine sera cbauffé au rouge et embroché par l'extrémité chaude dans un agitateur en verre en état de fusion ; on a ainsi Faiguille de platine la plus simple (fig. 8, A). On peut aussi monter l'aiguille sur un manche en bois, avec garniture en cuivre, dont la vis permet de varier la longueur du fil de platine (fig. 8, B et G).
Celle-ci sera toujours supérieure à la longueur du tube dans lequel on doit puiser une culture. L'extrémité libre du fil sera, suivant les besoins, droite (fig. 8, A), en anse (fig. 8, B) ou en spatule (fig. 8, C). L'aiguille de platine sert surtout au maniement des cultures solides; on peut aussi l'employer pour puiser de très faibles quantités de cultures liquides.
5^ Récipients à cultures.
— Ils sont variables de formes et de dimensions suivant que les microbes doivent végéter à l'air ou dans le vide, sur milieu
solide ou en milieu liquide, en grande ou en petite quantité, etc , a. Pour les milieux liquides. — Pour les milieux liquides, on emploie généralement des ballons à fond plat.
Aiguilles de platine.
APPABEILS DE VERRERIE
L'ancien tube Pasteur (fig. 9, A, B, C) nVst plus usité que pour certaines expériences spéciales ; il n'est pas commode, coûte fort cher ou est difticile à construire.
Les petits ballons, couramment employés, sont destinés à con-
Fig. 9.
Tubes Pasteur.
tenir 5 à 15 centimètres cubes de liquide. Le modèle Pasteur Ifig. iO, A et B) était coiffé d'un capuchon en verre surmonté d'un petit tube bouché avec du colon *. Les surfaces en contact pour la fermeture étaient rodées à Témeri. Ce petit appareil était très coûteux. On le remplace aujourd'hui par un simple petit ballon à goulot droit ou évasé supérieurement, ou par un petit flacon de mêmes dimensions, bouchés directement par
* Voy. page :U les expériences qui ont fait choisir le coton.
RISCIPIKNTS A GULTCRK 2H
un tampon de ouate. Depuis longtemps, Chauveau a remplacé le coton par le papier filtre. On peut alors employer des ballons très bon marché à goulot non évasé (fig. 11, A) ; le capuchon de papier filtre a en outre l'avantage, comme dans le modèle primitif de Pasteur, de recouvrir le bord du goulot qui n'est ainsi jamais contaminé ; enfin, pendant un ensemencement, le
liallons VasteuVy avec bouchon en verre.
capuchon est tenu en Tair par son extrémité supérieure, Toriflce en bas, et ne nécessite pas de flambage quand on rebouche le ballon, flambage qui risque toujours de mettre le feu au tampon de ouate, accident fort désagréable. Nous ne voyons donc que des avantages au capuchon en papier filtre de Chauveau : économie, commodité et sûreté. Jamais, depuis plus de quinze ans, nous n'avons vu se contaminer un balloïi de bouillon ainsi préparé ; la filtration de l'air atmosphérique est parfaite. Pour boucher une série de ballons, on plie à plusieurs doubles du papier blanc à filtrer et on le découpe suivant 2 fractions
2'fr APPAREILS DE VERRKniB
de circonférence ; on a ainsi une série de petits papiers de
Fig. 11.
Â. ballon à culture. — B, feuille de papier à filtrer préparée pour
faire un capuchon (grandeur proportionnelle).
10 centimètres de longueur ayant la forme représentée par la figure H, B. On adapte ce papier au col du ballon, on tourne sans trop serrer et on froisse l'extrémité supérieure en une mince tige ; le ballon a alors l'aspect de la figure 12.
Lorsqu'on désire faire en grand des cultures liquides, on peut employer de grands ballons ordinaires bouchés à la ouate. On se servira du ballon de Fernbdch (fîg. 13), si on veut faire passer un courant d'air à la surface d'une mince couche de bouillon de culture. (Voir un meilleur dispositif, p. 823).
Notons encore le ballon d'Erlenmeyer (fig. 14) et le ballon pipette de Chatnberland (fig. Vô) destiné au transvasement
des milieux liquides stérilisés ou aseptiques. La pipette à boule
Fig. 12.
Bal Ion à culture avec son capuchon de papier à filtrer.