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Fabrication de la soude brate

Nicolas Leblanc (**), l'auteur justement célèbre de ce procédé, préparait d'abord le sulfate de soude en décomposant le sel ma-

(*) Lelièvre, Pelletier, Girout et Darcet. La commission avait examiné les moyens suivants : décomposition du sel par la litharge (de Scheele) donnant an chlorure de plomb et de la soude ; traitement du sulfate de soude par le charbon, puis du sulfure de sodium par le fer, procédé de Malherbe P. bénédictin et Athenas, repris par Alban à Javelle, produisant de la soude et du sulfure de fer; décomposition du sel marin parla chaux (Carny), qui donnait en faible quantité de la soude carbonatée en efflorescences ; décomposition du sel par le sulfate de fer, à l'aide de l'eau, puis d'une haute température et de l'air (Malherbe et Athenas;, produisant du sulfate de soude et du peroxyde de fer; décomposition du sulfate de soude par le charbon (Ribeaucourt). L'auteur voyait obtenir de la soude; le produit était du sulfure de sodium ayant quelque action utile dans le blanchissage du linge et plusieurs autres procédés.

{**) Ancien officier de santé, administrateur du département de la Seine, chimiste, membre de plusieurs sociétés savantes, il avait donné une méthode (pû porte son nom , pour obtenir des cristaux isolés complets et augmenter à volonté leur volume. Il a constaté que plusieurs sulfates cristallisant de la même ^con, peuvent se superposer dans des cristaux de formes semblables, mettant ain*i sur la voie de l'isomorphisme. Ses mémoires présentés a l'Académie des scienoesen 1786, 1787 et 1788 ont mérité l'honneur de l'insertion au recueil des savants étrangers, sur les rapports de Berthollet, Haûy et Darcet. Le 25 juillet 1792, un rapport présenté par Daubenton, Sage, Berthollet et Haiïy •Mettait le vœu que N. Leblanc fût mis en mesure de former une collection

rin par l'acide sulfurique dans un four à réverbère chauffant en dessus une chaudière en plomb de 25 centimètres de profondeur, 2 mètres 33 de longueur et 1 mètre 60 de large, encastrée dans la maçonnerie.

L'acide chlorhydrique résultant de la réaction était entraîné avec les gaz de la combustion soit dans une cheminée haute qui les disséminait dans l'atmosphère, soit dans une grande chambre en plomb où des vapeurs ammoniacales provenant de la calcination des matières animales dans des cylindres en fonte donnaient lieu à la formation du sel ammoniac brut (chlorhydrate d'ammoniaque^. On ne pouvait achever la décomposition du sel par l'acide sulfurique dans la chaudière en plomb : lorsque le mélange était devenu pâteux, on le retirait au dehors sur des dalles en pierre siliceuse ; il se dégageait dans cette manipulation des torrents de gaz et vapeurs acides très-incommodes et insalubres pour les ouvriers. Par le refroidissement, la matière se prenait en masse, on la concassait au merlin pour introduire les fragments dans un deuxième four à réverbère tout en briques, où la décomposition s'achevait à une plus haute température et donnait le sulfate de soude calciné, plus ou moins riche, suivant la qualité du sel marin et la proportion d'acide sulfurique employés.

Pour transformer ensuite le sulfate en carbonate, qui devait remplacer la plus grande partie dessoudes et potasses étrangères, Leblanc imagina d'ajouter de la craie (carbonate de chaux) an mélange de sulfate et de charbon qu'on avait essayé dans le même but.

Ce dernier mélange, soumis à une calcination ? n'avait pu produire en effet qu'un monosulfure de sodium peu propre aux usages précités.

L'addition du carbonate de chaux devait résoudre le problème;

complète des sels cristallisés. Le 27 prairial an n, le comité d'instruction publique de la Convention nationale chargeait le citoyen N. Leblanc de rédiger un ouvrage sur la cristallotechnie. Enfin, le 30 thermidor an x, un rapport de Vauquclin et Haûy proposait à l'Académie des sciences d'inviter le ministre de l'intérieur à fournir au citoyen Leblanc les moyens de continuer ses recherches et d'imprimer son ouvrage.

Les derniers mou de ce rapport montrent queN. Leblanc n'avait pu échapper au »ort ordinaire des inventeurs. Le séquestre mis sur les biens du duc d'Orléans, l'un des membres de la société, amena la ruine de l'entreprise (fondée en 1791 sur les données du brevet Leblanc, pris le 27 janvier de cette année), qui, dans des conditions plus favorables, devait doter les nations de la base fondamentale sur laquelle reposent les industries chimiques au dix-neuvième siècle.

il fallut alors déterminer non-seulement les doses convenables pour la décom position , mais encore l'excès utile à la plus facile et plus complète réaction. C'est encore aujourd'hui un sujet d'étonnement et d'admiration que la précision avec laquelle Leblanc établit, par la voie expérimentale, les doses, que la théorie n'a pu justifier depuis qu'après d'ingénieuses hypothèses, puis de consciencieux travaux à peine terminés aujourd'hui, et non sans laisser encore quelques questions scientifiques à résoudre.

Voici les proportions indiquées par Leblanc, ainsi que celles qu'on observe aujourd'hui, enfin les relations que la théorie imaginée par Thénard et développée par M. Dumas indiquait entre les matières premières supposées pures et les produits ou résidus de l'opération :

matieess premières.

Sulfate de sonde.*...

Carbonate de chaux.

Charbon

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