Éparatlon des potasses
On peut aisément séparer des potasses, non épurées, la plus grande partie du sulfate qu'elles contiennent : il suffit de les dissoudre avec le moins d'eau possible. Le sulfate , beaucoup moins soluble que le carbonate, reste indissous pour la plus grande partie; on le délaye plusieurs fois avec de Peau, qui se charge de la solution alcaline interposée, et sert à dissoudre une nouvelle quantité de potasse. Le sulfate, lavé et séché, se paye un prix égal, à peu prés, à la moitié du prix de la potasse même ; et comme dans la plupart des applications de celle-ci le sulfate n aurait pas d'effet utile, mieux vaut l'extraire, afin de le vendre à part ou de l'employer aux usages auxquels il est propre, notamment pour la fabrication de l'alun, du salpêtre ou même de la potasse d'après le procédé Leblanc.
Le chlorure de potassium, peu soluble dans un liquide saturé de carbonate de potasse, peut aussi être éliminé en grande partie, par le même procédé, et servir aux mêmes applications.
1*) OntrouYera dans les Mémoires de la Société d'agriculture de Valenciennes , pour 1845, un mémoire très-iutéressant sur les essais des soudes et potasses, P** M. Pésier, et un ingénieux moyen pour déterminer les proportions de wude dans une potasse naturelle ou falsifiée, en constatant la densité que donne la soude transformée en sulfate, à une solution saturée de sulfate de P°ta*se; c'est au moyen de son natromètre que M. Pésier a déterminé les (IQ*ntités de soude contenues dans les potasses commerciales, dont nous indi- <P>ous d'ailleurs la composition d'après cet habile chimiste. 11 a rencontré des {****•*• de salin de mélasse, marquant 70° et assez bien épurées, daiis rétablissement de MM. Hamoir Duquesne Semai et O, pour ne contenir que o centièmes 1/2 de carbonate de sonde.
Les solutions obtenues à 45° par cette épuration doivent être évaporées dans des chaudières graduellement moins profondes, disposées comme l'indiquent les figures 115 et 116.
Fig. 115.
Fig. 116.
C'est dans la chaudière plus profonde A, chauffée directement, qu'on met le liquide (sauf pour commencer l'opération, les quatre chaudières recevant alors la même solution); à mesure que F évapora tion réduit le volume, on remplit la chaudière A avec la solution, et les autres chaudières avec les solutions déjà rapprochées dans chaque chaudière précédente : de cette manière, à mesure que la solution se concentre davantage et retient l'eau plus énergiquement, elle se trouve portée dans un vase plus plat où l'agitation est plus facilement effectuée à l'aide d'un ringard, et la colonne de liquide étant moindre au-dessus du fond on est moins exposé à laisser se former des incrustations salines qui s'opposeraient au passage de la chaleur et pourraient occasionner des projections de liquide lors de la rupture de ces incrustations. C'est effectivement dans la dernière chaudière D, la plus plate, que la dessiccation s'achève.
La potasse carbonatée, économiquement épurée par ce moyen, est employée dans la fabrication du cristal et dans quelques autres applications exigeant du carbonate plus pur que la potasse du commerce. On peut s'en servir pour préparer la potasse à la chaux ou à V alcool^ obtenue caustique et plus pure encore en opérant ainsi :
On fait dissoudre le carbonate dans 5 fois son poids d'eau et Ton y ajoute 1 équivalent et £ de chaux, éteinte préalablement par 10 fois son poids d'eau chaude. Le mélange est tenu en ébullition légère dans une chaudière en fonte ou en argent, couverte,
afin que la vapeur se condense et retombe dans la chaudière; au bout d une heure, on laisse le liquide s'éclaircir par le repos, puis on le décante et on le fait évaporer rapidement jusqu'à ce que la température s'élève au rouge sombre : alors il ne reste plus que 1 équivalent d'eau combiné avec la potasse; la matière coulée sur une plaque d'argent doit être promptement renfermée dans des vases en verre vert ou eu grès hermétiquement fermés. Elle retient encore des traces de carbonate, sulfate, silicate de potasse, et du chlorure de potassium; on peut la purifier en la dissolvant dans l'alcool pur à chaud ; il se dépose des cristaux de sulfate de potasse, du chlorure de potassium, et la potasse reste à Fétat sirupeux ; ce liquide, surnageant, évaporé, .donne la potasse sensiblement pure(*).
J'ai cru devoir présenter dans un tableau synoptique (*>oj. page suivante) les principales applications des soudes et des potasses en distinguant dans les deux premières colonnes celles de ces applications qui conviennent plus particulièrement ou exclusivement à chacune des. bases libres ou combinées, et réunissant dans une troisième colonne les applications communes à toutes deux.
Fai compris dans les usages des sels de potasse la fabrication du salpêtre ; cette fabrication peut être réalisée de deux manières : soit en décomposant le chlorure de potassium par l'azotate de soude, on obtient ainsi du chlorure de sodium facile à recueillir en le faisant précipiter par l'ébullition et de l'azotate de potasse (salpêtre) qui cristallise par refroidissement du liquide. C'est un des procédés les plus usuels, et devenu très-économique depuis la découverte des usines de Stasffurt (yojr. page 363) . Un autre moyen consiste à traiter de même l'azotate de soude par le carbonate de potasse; ce procédé ^ en général moins économique, a cependant permis dans une circonstance particulière de fabriquer en Allemagne une partie notable du salpêtre qui manquait aux Russes lors de la dernière guerre de Grimée.
(*) La potasse caustique en plaques que Ton se procure chez les fabricants de produits chimiques contient presque toujours un composé plombeux (plombite de potasse) résultant de l'action de l'air et de la base alcaline sur les vases en plomb dans lesquels une partie de l'évaporation s'effectue.
S* PrlAcIpales applications de* aeades et des poternes.