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Ou en centièmes : chlore, 43,6 chaux, 34

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Il est facile de voir qu'une égale quantité de chaux suffit à une absorption double de chlore lorsque la réaction s'opère en présence d'un excès d'eau : il y a donc avantage à fabriquer le chlorure liquide lorsque Ton n'est pas obligé de le transporter. On peut considérer le chlorure pulvérulent comme retenant le chlore par un double équivalent de chaux ; tandis que dans le chlorure liquide l'excès d'eau suffit pour rendre, en la dissolvant, la combinaison stable.

accidents de fabrication. — Pendant la préparation du chlore et des chlorures, il arrive souvent que les fuites des appareils ou l'extraction du produit avant que les chambres soient assez ventilées exposent les ouvriers à respirer le gaz délétère; pour atténuer son action, il est utile de tenir à leur disposition du lait ou des oeufs battus dans de l'eau sucrée, afin qu'ils puissent boire ces liquides à l'instant où l'accident se manifeste.

Des accidents d'un autre genre arrivent par suite de projections de liquide lorsque l'on veut transvaser l'acide chlorhydrique d'une bombonne dans une autre ; on pourrait amoindrir les difficultés de ces transvasements en employant des siphons en verre que Ton amorcerait à l'aide des petits manchons coniques en caoutchouc indiqués planche 3, figure 6; ce manchon élastique embrasse hermétiquement le goulot de la bombonne et par son ouverture étroite le siphon ; pour amorcer celui-ci, on insuffle de l'air par le petit ajutage flexible latéral de façon à comprimer l'air au-dessus du liquide, la pression fait monter l'acide qui passe dans la deuxième branche, dès lors l'écoulement continue ; on peut l'arrêter en serrant entre les doigts le petit ajutage. Lorsque l'ouverture de la bombonne est très-large ou le goulot très-court, on relève le bord du manchon, on introduit une rondelle conique (fig. 7) et la fermeture a lieu en appuyant un peu. Dans le commerce et l'industrie, les locutions : chlorures de chaux y de soude , de potasse se conservent, bien que M. Balard ait démontré que ce sont des hypochlorites. Ainsi, par exemple, dans chacun des deux composés ci-dessus, au lieu de 2 équivalents de chlore unis à 2 équivalents de chaux (ou 2Cl,2CaO), on doit admettre 1 équivalent de chlore uni à 1 équivalent de calcium, plus 1 équivalent d'acide hypochloreux combiné à 1 équivalent de chaux, ce qui s'exprime ainsi : Ca,Cl-|-CaO,C10. Enfin, pour comprendre que la faculté décolorante soit la même dans les deux cas, bien qu'on sache que le chlorure de calcium est dépourvu de cette propriété, il faut que l'acide hypochloreux

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ait une faculté double, et qu'ainsi il agisse l°par son équivalent de chlore , 2° par son équivalent d'oxygène. Ce qui n'a rien de surprenant, en effet, si la propriété décolorante du chlore s'explique elle-même par la mise à nu de l'oxygène de l'eau, lorsqu'en présence des matières que ce corps attaque, l'hydrogène les quitte pour s'unir au chlore et former l'acide chlorhydrique.

Le chlorure de chaux mis en contact avec un acide faible laisse dégager de l'acide hypochloreux ; mais en présence d'un acide fort, il se dégage du chlore. Sans doute la décomposition simultanée de l'hypochlorite de chaux et du chlorure de calcium, en présence de l'eau, donne lieu au dégagement des acides chlorhydrique et hypochloreux qui, réagissant l'un sur l'autre, produisent de l'eau et du chlore : HCl •+- CIO = HO -+- 2C1.

Compte de revient. — Afin de donner une idée plus complète de la fabrication du chlorure pulvérulent, nous présenterons ici le compte de revient d'une production journalière de 1 800 kilogr., qui pourrait être obtenue dans deux chambres ayant chacune 6 mètres de largeur et 7 mètres de longueur ou 42 mètres superficiels de sole, chargées à 16 kilogr. de chaux hydratée on 24 kilogr. de chlorure par mètre carré.

Acide chlorhydrique (*) 5000k à 3f = 160'

Bioxyde de mangtinèse (consommé sur 2400* chargés).. . 4 400 à 15 = 210

Chaux vive 4 200 à 3 = 36

8 ouvriers 34

Houille, I fi hectolitres (ou 32 sacs de tourbe) = 3Î

Loyers, intérêts, appointements, réparations, embaril-

lages, transports, etc •= 60

i 800 kilogr. de chlorure à ^ 00* coûtent 512

h 00 kilogr. reviennent donc à Î8 tf'

S. Préparation des cklomres ou kypochlorltes de «•■4e et de potasse.

Ces chlorures (ou hypochlorites) désinfectants et décolorants se préparent en dirigeant le courant de chlore (dégagé de l'appareil producteur indiqué AB (fig. 122, p. 445) par un tube dans une bombonne contenant une solution étendue de soude ou de potasse plus ou moins carbonatée. Il se forme pour

(*) L'acide (50 000k) et le manganèse (2400k, dontlQ00k restent inattaqués) sont répartis dans 16 appareils producteurs de chlore composés chacun oe k bomhonnes. Le prix de revient de cet acide est porté à 3 francs, parce que nous le supposons obtenu dans la fabrique où Ton prépare le chlorure de chaux.

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2 équivalents de chlore et 2 équivalents de potasse , 1 équivalent de chlorure de. potassium, plus 1 équivalent d'hypochlorite de potasse : c'est ce qu'exprime l'équation suivante : 2a + 2KO = KClH-KO,C10. Si l'on emploie le carbonate de potasse, Y acide carbonique se dégage. Enfin, s'il y avait un excès de carbonate de potasse, il resterait dans la solution à l'état de bicarbonate. Cette solution doit contenir, en effet, assez de base alcaline pour que le chlore ne la sature pas complètement (à 0,05 près environ) ; il importe, en outre, que les proportions d'eau soient telles que le liquide marque au plus 8* à l'aréomètre Baume : au-dessus de cette densité, il se formerait d'autant plus de composés non désinfectants (chlorure métallique et chlorate d'oxyde) que la densité serait plus forte.

On peut aussi préparer les hypochlorites de soude ou de potasse en faisant dissoudre 20 kilogr. de carbonate de soude cristallisé ou 12 kilogr. de carbonate de potasse (potasse perlasse) dans 100 litres d'eau; d'un autre côté, on prépare une solution limpide (décantée ou filtrée) de 10 kilogr. de chlorure de chaux à 100', les deux solutions mélangées à froid (de l'un des carbonates et du chlorure) produisent par double décomposition du chlorure alcalin dissous (de soude et de potasse) et du carbonate de chaux précipité. Il suffit de décanter le liquide éclairci par le repos pour obtenir la solution voulue. Le dépôt lavé donne des solutions faibles que Ton emploie pour dissoudre le carbonate alcalin d'une autre opération semblable.

6* Essai du chlore et des ehlsrares (kypoekls vîtes).

Le procédé chlorométrique en usage, dû à Gay-Lussac, est fondé 1° sur l'action oxydante énergique de ces produits, en présence de l'eau : celle-ci se décomposant, cède son oxygène au corps oxydable et son hydrogène au chlore, qui forme de l'acide chlorhydrique; 2° sur la décoloration instantanée d'une solution d'indigo par un léger excès de chlore. Pour ces essais, l'agent oxydable employé est l'acide arsénieux AsO*, qui se transforme sous les influences précitées en acide arsénique AsO1 .

Voici comment on doit conduire l'opération : il faut d'abord préparer un liquide d'épreuve servant de commune mesure; à cet effet, on remplit un flacon d'un quart de litre, de chlore sec en déplaçant, par ce gaz amené au fond, l'air plus léger qui le 'emplissait. Le flacon étant alors bouché, on l'entr'ouvre sou$

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l'eau (ou mieux dans une solution aqueuse contenant 4 ou 5 millièmes de soude ou de potasse), puis on le referme et on l'agite, après quoi on l'ouvre une deuxième foi3 sous l'eau (le goulot toujours en bas) ; il entre une nouvelle quantité de liquide, on ferme, on agite fortement, puis on entr' ouvre encore sous l'eau, en répétant cette opération jusqu'à ce que l'eau cesse d'entrer. Il est évident que tout le liquide, introduit de cette manière, a remplacé tout le chlore absorbé et dissous; par conséquent, le liquide qui s'est introduit contient un volume de chlore égal au sien ; telle est, précisément, la composition qu'il doit avoir pour servir d'unité de mesure.

Il s'agit alors d'appliquer ce liquide à vérifier le titre de la liqueur d'épreuve.

Celle-ci doit contenir une quantité telle d'acide arsénieuxt qu'elle nécessite un volume de la solution de chlore égal au sien pour transformer tout l'acide arsénieux en acide arsénique.

Si l'acide arsénieux du commerce était pur, il en faudrait 4^,439 dissous dans l'eau pour former 1 litre de la liqueur d'épreuve cherchée. Mais comme cet acide (appelé vulgairement arsenic) , contient souvent 1 ou 2 centièmes de matières étrangères, on doit en employer 5 à 10 centièmes de plus qu'il n'en faudrait, sauf à ramener la solution au point exact.

On prépare la liqueur arsénieuse en dissolvant à chaud l'acide préalablement réduit en poudre impalpable, dans de l'acide chlorhydrique liquide pur, étendu de son volume d'eau; on ajoute alors, à 10 centièmes près, la quantité d'eau qui constituerait la liqueur (4*r,439 dans 1 litre de liquide), puis on essaye cette liqueur avec la solution de chlore, et si 100 parties en volume du liquide arsénieux exigent, pour être saturées , 105 parties de la solution de chlore, il faudra ajouter 5 d'eau à 100 de la liqueur arsénieuse. Évidemment alors les deux liquides seront équivalents en volume, c'est-à-dire que des volumes égaux seront réciproquement transformés par leur mélange : le chlore en acide chlorhydrique, l'acide arsénieux en acide arsénique.

Nous allons montrer comment se fait cette saturation, w décrivant la manière de faire l'essai d'un chlorure (ou hypocWorite) de chaux du commerce.

On prend d'abord un échantillon dans plusieurs parues des barils ou caisses contenant le chlorure , afin d'avoir la moyenne de toute la masse à essayer. On pèse 10 grammes de ce produit, puis on les délaye dans un petit mortier de porcelaine, avec de

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Fif. 127.

l'eau, et à plusieurs reprises, décantant chaque fois le liquide, et broyant de nouveau les portions agglomérées ou grenues restées au fond. Tous les liquides décantés et l'eau de lavage sont successivement et au fur et à mesure versés dans un flacon A (fig. 127), en ajoutant en somme assez d'eau pour former 1 litre, volume indiqué par un trait gravé sur le goulot en a! ; enfin on mélange toutes les parties en renversant et agitant le flacon A après l'avoir bouché.

Si le liquide ainsi obtenu était équivalent à la liqueur arséoieuse , il aurait aussi la même force que la solution servant de commune mesure contenant son volume de chlore (à 0°, et sous la pression de 0m,76). Or, puisque ce liquide est formé de 10 grammes de chlorure étendu dans 1 litre ou dans 100 fois 10 grammes, il est clair que le chlorure représenterait pour 10 grammes 1 litre de chlore, ou pour 1 kilogramme 100 litres (ou 327 grammes) de chlore : ce serait alors le chlorure commercial dit à 100 degrés.

Voici comment on vérifie ce titre : dans un vase ouvert B

(fig. 128), on verse 10cc de la solution arsénieuse; ces 10c,c sont mesurés en plongeant dans un vase C (fig. 129), où se trouve ladite solution, une pipette D, qui contient jusqu'à un trait d le volume de 10e c; on appuie le doigt sur le bout cl" , on enlève la pipette, on l'égoutte et on l'essuie avec un morceau de pa- Flg# !30, pier à filtre, on remue légèrement le doigt pour faire redescendre la solution arsénieuse au trait d\ alors on porte la pipette au-dessus du vase B, on lève le doigt , et tout le liquide s'écoule. On peut rincer l'intérieur de la pipette avec 4 ou 5e c d'eau versés dans un petit entonnoir audessus du même vase B.

On remplit une burette graduée E (fig. 130) avec la solution du chlorure à essayer contenu dans le vase A (fig. 127).

Supposons que la burette soit divisée en 200 degrés, et que, remplie jusqu'au premier trait e\ elle contienne 20e ,c, on opérera ainsi la saturation : dans le bocal B, on mettra une goutte de solution d'indigo qui colorera le liquide (solution d'acide arsénieux) en bleu clair; puis, tenant ce bocal d'une main, on y

Fig. 129.

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fera tourner le liquide en même temps que , tenant de l'autre main la burette E , on fera tomber goutte à goutte la solution de chlorure dans ce bocal ; lorsque la nuance bleue sera très* affaiblie, on ajoutera une goutte d'indigo, et Ton fera tomber goutte à goutte le chlorure avec plus de précautions , car k terme de la saturation sera peu éloigné : il s'annoncera par b disparition subite de la nuance bleue, car aussitôt que tout l'acide arsénieux est transformé en acide arsénique, une goutte de chlorure ajoutée se trouvant en excès , suffit pour réagir sur l'indigo et le décolorer (ou le faire passer du bleu au jaune très-pâle).

Évaluation du titre. — Si l'on a employé pour arriver tu terme 100 divisions = 10e,c de la burette, ce sera un volume égal à celui de la solution arsénieuse ; donc le titre du chlorure essayé sera 1001; il représente pour 10 grammes 1 litre ou 0,327 Je son poids de chlore. S'il avait fallu employer 200 divisions, évidemment le chlorure eût été deux fois plus faible : car 200 : 100 :: ÎOO : 50; donc son titre, au lieu d'être 1001, n'eut été que 50. Si l'on avait employé 150 divisions, on aurait en le degré du chlorure = 66,6 , en établissant la proportion 150 : 100 :: ÎOO : 66,6. Le titre du chlorure pourrait être plus élevé que 100*, et c'est ce qui résulterait d'un essai dans lequel on emploierait seulement 92 divisions de la burette ; on ferait alors le petit calcul suivant, 92 : 100 :: 100 : 108,7.

On comprend que tous ces calculs peuvent être faits d'avance. Ainsi au nombre de 200 divisions sera substitué le chiffre 50'; les chiffres 66,6 et 108,7 remplaceront les divisions 150 et 92. Toutes les indications intermédiaires étant de même remplacées par les indications des degrés , il ne restera plus de calcul à faire , et on lira directement après chaque essai le degré du chlorure sur les divisions du tube désigné alors sous le nom de burette réciproque.

On aurait pu obtenir directement ces degrés avec une burette contenant 100c,c# divisés en 100 parties égales, si Ton eût rempli cette burette de la solution arsénieuse , et versé goutte à goutte dans les 10c,c de la solution de chlorure : en effet, celle-ci eût été d'autant plus forte qu'elle eût exigé pour la saturation plus d'acide arsénieux, et cela proportionnellement aux centièmes de son volume employés ; mais il y aurait eu une cause d'erreur grave, comme l'a fait observer Gay-Lussac : le mélange, devenu cide longtemps avant la saturation, eût dès lors décomposé une

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partie du liquide chloruré, et fait dégager du chlore ou de l'acide hypochloreux perdus pour l'appréciation du titre.

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