‹ Précis de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 138 sur 218 · MANGANÈSE EMPLOYÉ · texte numérisé non relu

MANGANÈSE EMPLOYÉ

Pur, cristallisé

D'Allemagne, première qualité. .

De la Mayenne

De Bourgogne

DuCber

D'Angleterre

ACIDE CttLO&HYDRJQCK.

Au

îï i h

nu

Tous ces échantillons sont susceptibles de varier ; aussi devrat-on répéter les essais. En comparant ces résultats, on remarquera des différences très-grandes dans les quantités d'acide perdu et telles que, pour obtenir avec le manganèse de la Mayenne 52* de chlore, il a fallu 92 + 31 = 123° acidimétriques représentant près d'une fois et demie plus d'acide chlorhydrique qu'il n'en faudrait pour obtenir la même quantité de chlore en employant le manganèse d'Allemagne de lre qualité (**).

(*) Pour ces essais on doit choisir de l'acide chlorhydrique exempt d'acide sulfureux, car ce dernier emploierait le chlore pour passer sous son influence * l'état d'acide sulfurique en se combinant avec l'oxygène de l'eau, tandis que l'hydrogène s'unirait au chlore et formerait de l'acide chlorhydrique. On peut d'ailleurs transformer préalablement, par l'intermédiaire du chlore en quantité exactement équivalente > en acide sulfurique l'acide sulfureux que contient l'acide chlorhydrique.

t (**) On peut encore apprécier la qualité d'un manganèse en dégageant nar l'acide sulfurique tout l'oxygène en excès sur la quantité formant le protoxyae : 25 grammes de cet acide réagissant a chaud sur 3«r»98 du bioxyde donneraient 5 décilitres d'oxygène à 0* du thermomètre et 0m,76 de pression.

438 CHLORE ET HYPOCHLORITES DECOLORANTS

8. Prlaelpales applleatUas dm ehUre et des hypoektoritot (ekl*r»res de ehau, de semde #m de potasse).

Blanchiment des fils et des tissus de coton, chancre, lin; delà pâte a papier (provenant des débris de ces tissas ou de la cellulose de la paille, du bois, etc.) ; enlevage des couleurs (formation des dessins blancs sur tissus teints) ; fabrication du chlorure double de sodium et tC aluminium (pour l'extraction du métal de l'alumine) ; préparation du chlorate de potasse ; extraction de riode; préparation du cyanure rouge de potassium ,- essai de F indigo et de quelques autres matières colorantes; analyse des gaz ; combinaisons organiques ; oxydations diverses ; désinfection des latrines, des boyauderies, des salles de dissection et des cadavres (pour les autopsies, les exhumations, etc.); traitement des plaies infectes et des brûlures.

Emploi des résidus. — On s'est servi d'une partie des résidus (protochlorure de manganèse, plus chlorures de baryum, de calcium et perchlorure de fer) pour des impressions en noir sur faïences ; on a également appliqué ces résidus à l'épuration du gaz-light {yoy. V Eclairage au gaz, fin du 2e volume) et à la désinfection des engrais. Ebelmen a proposé d'utiliser ces résidus par une sorte de révivification ; il suffirait de les saturer par

I équivalent d'hydrate de'chaux (*), et de les laisser déposer; le liquide (chlorure de calcium impur) serait alors décanté, et le dépôt lavé à plusieurs eaux. Ce dépôt, entretenu humide et exposé à l'air en renouvelant les surfaces de contact, peut passer en quinze jours à l'état d'oxydation intermédiaire entre leprotoxyde et le bioxyde , alors il représente à peu près 50 centièmes de son poids de ce dernier, et donne une quantité proportionnée de chlore. Cet oxyde revient à 1 fr. 50 c. ou 2 fr. les 100 kilogr.

II exige environ 3 équivalents d'acide chlorhydrique au lieu de 2 pour obtenir 1 équivalent de chlore. Beaucoup plus facilement attaquable d'ailleurs, il n'exige qu'une température moindre et permet l'emploi d'acide chlorhydrique moins fort que celui dont on est obligé de se servir pour attaquer les minerais usuels. D'après ces données, il serait facile de calculer, suivant les cours de l'acide et du manganèse, le prix de revient du chlore : » J

(*) On pourrait diminuer les quantités de composés ferrugineux pw j"? addition préalable de leur écrivaient de chaux; on décanterait le liquide dw avant de précipiter l'oxyde de manganèse par une seconde addition decM^-

ET DÉSINFECTANTS. 459

aurait bénéfice à (aire cette révivification en certaines localités, perte dans d'autres.

M. Tennant-Dunlop a rendu ce procédé pratique en décantant le liquide clair dans un vase clos muni d'un agitateur et achevant la précipitation par une addition dosée de carbonate de chaux en poudre : la température est alors élevée à 120* par une injection de vapeur sous la pression de deux atmosphères. Apres quatre heures, tout l'oxyde se trouve précipité ; on laisse déposer, le liquide clair est décanté ; puis après avoir lavé le dépôt d'oxyde, on le laisse égoutter sur un plan incliné, puis on l1 étend dans des caisses en tôle introduites successivement dans des galeries voûtées en briques chauffées à 31 5* environ ; elles séjournent 48 heures à cette température et se renouvellent à l'aide de petits chariots roulants. L'oxyde est par le courant d'air transformé pour près des 0,8™ en bioxyde qui donne plus facilement la quantité de chlore équivalente.

Le résidu de chlorure de calcium liquide pourrait être avantageusement ajouté, dans les proportions de 2 ou 3 pour 100, aux fumiers destinés aux terrains secs ; on pourrait employer une partie de ce chlorure mis à l'état de cristaux et conservé en vase clos pour préparer des mélanges réfrigérants qui serviraient à refroidir et même à congeler de l'eau : en certains endroits éloignés des glacières, ce serait un moyen de se procurer de la glace. On rendrait ce moyen économique en effectuant d'une manière méthodique le refroidissement de l'eau, et utilisant toute la propriété absorbante pour la chaleur des mélanges, à diminuer la température, soit du chlorure cristallisé, soit de l'eau destinée à les dissoudre (*).

On se sert du chlorure de manganèse épaissi par une solution de gomme ou de dextrine pour des impressious sur tissus : on précipite par une immersion de l'étoffe imprimée dans une solution de soude, et l'on fonce la couleur en la plongeant ensuite dans une solution oxydante d'hypochlorite de chaux.

(*) La machine de M. Carré, qui pour enlever rapidement la chaleur utilise la vaporisation de l'ammoniaque, produit maintenant les plus grands effets réfrigérants appliqués dans plusieurs industries manufacturières (voy. plus haut le traitement des eaux mères des marais salants du Midi).

460 CHLORE ET HYPOCHLOR1TE6 DECOLORANTS

0. Préparation du chlore sans employer le oioxyde de manganèse.

M. Tennant neveu a mis en pratique dans l'usine de M. Ch. Tennant, à Glascow, un procédé de production du chlore qui peut être économique dans quelques grandes fabriques d'acide sulfurique. Ce procédé consiste à traiter dans des cylindres en fonte doublés intérieurement avec des briques dures, un mélange de 2,75 équivalents de sel marin, 5,5 équivalents d'acide sulfurique et 1 équivalent d'azotate de soude. Ces proportions correspondent à 1200 kilogr. de sel marin, 3070 d'acide sulfurique à 62° et 600 kilogr. d'azotate de soude, et à la capacité d'un cylindre ayant 1 mètre 80 de diamètre et 2 mètres 20 de longueur, il n'est pas nécessaire que la température dépasse 200 à 250°; l'opération dure 36 heures.

La décomposition simultanée des deux sels fait dégager les acides chlorhydrique et azotique qui, réagissant l'un sur l'autre, engendrent de l'eau, du chlore et de l'acide hypoazotique, plus de l'acide chlorhydrique en excès; les vapeurs mélangées sont dirigées dans des récipients disposés comme les appareils condensateurs des gaz et contenant de l'acide sulfurique à 64°.

Les vapeurs hypoazotiques sont retenues par l'acide sulfurique, qui s'emploie ensuite comme nous l'avons dit plus haut {yoj. la fabrication de V acide sulfurique) pour fournir les composés azotiques utiles aux réactions dans les chambres. Quant aux gaz acide chlorhydrique et chlore, ils traversent de bas en haut une colonne de coke recevant un arrosage d'eau et laissent condenser l'acide chlorhydrique.

Le chlore resté libre après cette épuration est conduit dans les appareils condensateurs spéciaux que nous avons indiqués page 445, où il est retenu sous les formes soit de chlore dissous dans l'eau, soit de chlorure de chaux (hypochlorite de chaux -r- chlorure de calcium) pulvérulent ou liquide.

U pourrait servir de même aux autres applications du chlore que nous allons décrire page 462. Le résidu dans les cylindres est du bisulfate de soude applicable à la fabrication de la soude {yoy. le chapitre précédent).

En effet, le bisulfate de soude, formant le résidu (liquide à la température de l'opération) écoulé dans un four, y est mélangé

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avec un équivalent de sel marin. La calcination de ce mélange utilise l'excès d'acide sulfurique et produit simultanément de l'acide chlorhydrique que Ton condense, et du sulfate neutre de soude qui s* emploie dans la fabrication de la soude brute.

CJbogk

1. COMPOSITION ET PROPRIÉTÉS. — 2. FABRICATION DIRECTE. — 3. PROCÉDÉ PLCS ÉCONOMIQUE. — 4. ESSAI. — 5. APPLICATIONS. — 6. ALLUMETTES CHDUQUBS. — 7. AMORCES FULMINANTES. — 8. AVIVAGE DES COULEURS D'iMPRESSJOE.

' 4. Composition et propriétés.

Ce sel, découvert par Berthollet, a été connu d'abord sous le nom de muriate suroxygéné de potasse; Chenevix, Vauquelin et Gay-Lussac ont complété son étude : à l'état cristallisé, il se présente en paillettes cristallines s'il a été obtenu par le refroidissement rapide d'une petite quantité de solution, ou en lames rhomboïdales nettement terminées, larges parfois de 2 à 6 centimètres, si la cristallisation s'est faite par le refroidissement lent et gradué d'une grande masse de solution.

Le chlorate de potasse est un sel anhydre dont le poids équivalent = 1530,70 se compose de 1 équivalent d'acide chlorique, CIO* = 943,20, uni à 1 équivalent de potasse, 587,50.

Il est soluble dans l'eau, plus à chaud qu'à froid : Peau en dissout des proportions d'autant plus fortes que la température du liquide s'élève davantage jusqu'au degré de son ébullition, comme l'indique le tableau suivant des quantités dissoutes par 100 parties d'eau à différentes températures :

CUoraU diitxwM.

La saveur de ce sel est fraîche, un peu acre.

Le chlorate de potasse chauffé à sec se fond au-dessous de 400*, entre en ébullition, perd rapidement une partie de son oxygène, et se transforme d'abord en chlorure de potassium, KCI, et perchlorate de potasse, KO,CI07, moins fusible et plus difficilement décomposable que le chlorate ; si l'on chauffe plus fortement, le perchlorate se décompose à son tour, et ne laisse qu'un résidu de chlorure de potassium. Ainsi, le chlorate de potasse, par h calcina tion, laisse en définitive dégager tout l'oxygène de son

température.

Chlorate dissous.

Température.

acide et de sa base : 1 00 # parties de chlorate donnent, dans ces circonstances, 39,18 d'oxygène; le résidu pesant 60,82, est du chlorure de potassium. C'est ce qu'indiquent les équations suivantes :

4KO,C10$ = 2KC1 -+- aKCClO7 + 80= 4KCI -h 240.

Le chlorate de potasse est sensiblement insoluble dans l'alcool. *

Projeté sur des charbons incandescents, le chlorate de potasse les fait brûler très- vivement et sans décrépitation. Mêlé en poudre fine et à poids égal avec un corps très-combustible, tel que le soufre ou le benjoin, si Ton touche ce mélange avec une goutte d'acide sulfurique concentré, l'acide chlorique en se dégageant se décompose, et son oxygène donne lieu à une inflammation subite. Un mélange de 1 de chlorate avec 1 de soufre en poudre fine, enveloppé dans du papier et mis sur une enclume, fulmine par le choc d'un marteau.

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