Allumettes chimiques
On a désigné sous ce nom les allumettes inflammables par le contact de l'acide sulfurique.
Cette application, pendant plus de vingt ans, fit consommer des quantités toujours croissantes de chlorate de potasse; elle consistait à faire une pâte avec parties égales de chlorate en poudre et de soufre pulvérisé à part, plus quelques centièmes de ljcopode ou de résine et de cinabre : le mélange, rendu mucilagineui par un peu de gomme, adhérait facilement au bout des allumettes soufrées, et celles-ci, après la dessiccation de la pâte, s enflammaient facilement en appuyant un peu le bout ainsi préparé sur de T amiante imprégnée d'acide sulfurique concentré, et retirant aussitôt l'allumette.
Ce moyen si facile de se procurer de la flamme a été remplace par un procédé plus simple encore , qui emploie des allumettes dont le phosphore émulsionné par une solution visqueuse de gomme ou de gélatine (colle forte trempée 8 ou 10 heures dans l'eau froide et dissoute dans son volume d'eau à 50e), de verre pilé et de bleu de Prusse, constitue la matière inflammable par frottement.
Le chlorate de potasse entrait naguère en quantité notable dans la préparation des allumettes phosphorées, mais la petite déflagration .qu'il produisait lors de l'inflammation par le frottement des allumettes en a fait prohiber l'emploi chez les fabricants. Plus récemment encore, des inconvénients très-graves ont été constatés dans la préparation et les usages du phosphore ordinaire. On commence à remplacer ce dernier corps par le phosphore amorphe ; on substitue quelquefois aux pâtes dans lesquelles entre ce dernier des mélanges exempts de toute espèce àt phosphore, (fojr. à la fin du 2e volume le chapitre relatif au phosphore ordinaire , au phosphore amorphe et aux allumettes à frottement avec et sans phosphore.)