IODE, BROME, IODURES ET SELS DES VARECHS
1. INDUSTRIE DITE DES VARECHS. — 2. ETAT NATURE!,. — 3. HISTORIQUE. — 4. PRO- PRIÉTÉS DE L'IODE. — 5. BROME l HISTORIQUE ET PROPRIÉTÉS. — 6. FABRICATION DES SELS ET PRODUITS DBS VARECHS. — 7. CARACTÈRES ET ESSAI DE L'iODE COMMERCIAL. — 8. EXTRACTION DU BROME. — 9. PRÉPARATION DE L'iODURE ET DU BROMURE DE POTASSIUM. — 10. PRODUITS OBTENUS ANNUELLEMENT DU TRAITE- MENT DBS SOUDES BRUTES DBS VARECHS. — 11. APPLICATIONS DES PRODUITS DES VARECHS.
f . Industrie dite des varechs*
L'industrie qui s'exerce sur les produits de l'incinération des varechs (fucus, algues marines) a pour but principal l'extraction de l'iode; mais elle donne aussi, en moindre proportion, un deuxième corps simple, le brome, dont la consommation est plus limitée ; elle procure en outre des quantités considérables de sel marin, de sulfate de potasse et de chlorure de potassium : tous ces produits doivent donc être compris dans la description de la fabrication et du traitement des soudes de varechs. Ce dernier nom, sous lequel on désigne la matière première, est mal choisi, car ni la soude ni le carbonate de soude ne figurent parmi les produits variés qu'on en tire : ils y existent en si faible proportion, qu'on ne les extrait pas; on annule même leurs propriétés alcalines en les saturant par l'acide sulfurique. Nous indiquerons l'état où se trouvent dans la nature l'iode et le brome, l'historique de leur découverte, et nous rappellerons celles de leurs propriétés qui sont utiles à l'intelligence des procédés d'extraction et des applications principales.
g. État naturel.
On n'a rencontré jusqu'à ce jour ni l'iode ni le brome à l'état libre dans la nature. A l'état d'iodures et de bromures, ils font partie des composés dissous dans l'eau de la mer en si faibles proportions qu'en analysant cette eau , on n'en avait pas , naguère, tenu compte; mais, sous l'influence des forces électives de la végétation, ils s'accumulent dans les organismes des fucus a*ec d'autres composés solubles (chlorures de sodium et de potassium, sulfate de potasse) : aussi les trouve-t-on dans ces végétaux en proportions beaucoup plus grandes que dans l'eau
de mer, et dans des rapports très-différents. Les iodures ont été observés dans le Zostera marina (plante marine phanérogame, monocotylée) sur les plages de Granville et de Marseille; dans quelques polypiers; chez plusieurs mollusques de mer, les doris, venus, huîtres; dans les éponges, dans les eaux de Voghera (Angelini), de Castelnuovo d'Asti (Cantu), d'une saline d'Antioquia(BoussiNGAULT), dans leseldeBex (Charpentier), enfin dans les minerais d'argent de Mexico (Vauquelhi). M. Chatin a découvert la présence de l'iode dans les plantes qui végètent au milieu dé la plupart des eaux courantes, douces ou salées, et en minimes proportions dans l'air atmosphérique ; M. Bussy a trouvé 2 dix-millièmes de ce corps dans les liquides provenant de la condensation des vapeurs de la houille distillée (eaux des usines à gaz d'éclairage). On a indiqué la présence du brome, en proportion double, dans les mêmes liquides. Ces deux corps se trouvent donc dans les houilles de Mons et d'Anzin, de Commentry et de l'Allier, employées à la fabrication du gaz; il est probable que la plupart des houilles présenteront des faits analogues. L'eau de la mer Morte où se concentrent plusieurs composés salins pourra devenir une source abondante de brome (yoy. sa composition , page 65). On a rencontré l'iode à l'état d'iodate et d'iodure dans l'azotate de soude du Pérou.
Les bromures coexistent sans doute dans la plupart des substances qui contiennent des iodures : on les a trouvés dans les produits de plusieurs salines, dans les éponges et dans diverses eaux minérales. On peut dire que, généralement, le chlore, le brome et l'iode se rencontrent ensemble dans les productions naturelles. Cependant M. Doméyko a trouvé dans une mine dn Chili de l'iodure d'argent exempt de chlorure et de bromure.