V. Caractères et essai de l'Iode eommerelal
L'iode sublimé dans cet appareil se présente en cristaux volumineux noirs sous forme de lames rhomboïdales, doués d'un
(*) Dans ces sortes de galères, l'emploi du sable régularise la température en formant un magasin de chaleur.
éclat métallique; ses angles et ses facettes garantissent sa pureté, qu'il serait facile, d'ailleurs, de constater, car* il doit se volatiliser sans résidu, en belles vapeurs violettes, lorsqu'on le chauffe à 180°. n est entièrement dissous par l'alcool, et cette solution est complètement décolorée, soit par l'amidon hydraté en excès, soit par une solution de potasse ou de soude.
8» Extraction du brftme.
Les eaux mères, dont on a précipité l'iode par le chlore, sont concentrées dans des vases de plomb recouverts d'un chapiteau. On recueille ainsi à l'aide d'un réfrigérant adapté au bec du chapiteau un peu du produit entraîné par les vapeurs et l'on évite l'insalubrité de ces vapeurs pour les ouvriers. "Il est bon d'interposer entre le chapiteau et le réfrigérant une allonge en verre afin de reconnaître le moment où il ne se dégage plus de vapeurs violettes annonçant la présence de l'iode.
Alors on peut s'assurer par l'addition de quelques gouttes de ehlore dans un verre à expériences que ces eaux ne contiennent plus d'iode.
Si cette addition donnait une coloration rouge orangé, puis un précipité brun, on ajouterait un peu de chlore dans la cucurbite et l'on obtiendrait de nouveau des vapeurs violettes.
Lorsque l'élimination de l'iode est achevée, on adapte à l'allonge un appareil formé de récipients communiquant entre eux par des tubes rodés à l'émeri, on ajoute dans la cucurbite du bioxyde de manganèse (MnO1) et de l'acide sulfurique concentré dont les proportions ont dû être déterminées par un essai préalable en petit.
On effectue alors la distillation à l'aide d'une ébullition ménagée ; le brome, plus volatil que l'eau, apparaît bientôt sous forme de vapeurs rutilantes, qui se condensent en un liquide lourd brun orangé coulant dans l'allonge et le premier récipient; celui-ci doit être maintenu froid au moyen de la glace ou même d'un mélange de glace et de sel.
Lorsque le dégagement cesse, on s'assure que tout le brome est extrait en ajoutant du bioxyde de manganèse et de l'acide sulfurique concentré dans la cornue ; s'il se dégage encore du brème par une ébullition légère, on continue jusqu'à cessation des vapeurs orangées.
Le brome liquide est surnagé d'une couche d'eau que l'on se-
CHDOS OrDUflTR. i — 32
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pare en faisant couler par un entonnoir en verre muni d'un robinet : on ferme celui-ci dès que le brome, étant écoulé, l'eau commence à l'atteindre. On épure facilement le brème ainsi obtenu en le redistillant et mettant dans le récipient refroidi de l'acide sulfurique qui surnage le produit distillé et prévient son évapora tion .
Quant au liquide aqueux retenant du brome, on extrait celuici en le saturant par la potasse ; il se forme du bromure de potassium et du brômate de potasse, on évapore à sec et l'on calcine au rouge sombre afin de tout amener à l'état de bromure de potassium, que Ton décompose par l'acide sulfurique et le bioxyde de manganèse, afin de mettre le brème en liberté et de l'obtenir par distillation.
On traite alors le produit de cette concentration des eaux mères dans une cornue en grès avec du manganèse et de l'acide sulfurique ; la distillation donne du brème , que l'on recueille sous l'acide sulfurique à 64°, afin d'éviter la perte et les dangers des vapeurs de brème.
9* Préparation de riodure et du brèmure de yote— !■■.
Ces deux sels représentent les combinaisons les plus usuelles de l'iode et du brème, aussi les prépare-t-on dans les usines qui exploitent les cendres ou soudes des varechs.
lodure de potassium. — On l'obtient en traitant par une solution de potasse caustique l'iode précipité par le chlore et bieu lavé. La saturation complète a lieu lorsque ce précipité brun disparaît laissant le liquide incolore : celui-ci contient alors un mélange d'iodure de potassium et d'iodate de potasse; on l'évaporé à siccité, puis on calcine dans un creuset en fonte à la température rouge; l'iodate, perdant tout son oxygène, est transformé en iodure; fondu en même temps que riodure produit directement, la masse solidifiée par le refroidissement est dissoute dans l'eau et la solution filtrée concentrée à 65* Baume. L'iodurede potassium se dépose peu à peu en cristaux cubiques blancs diaphanes et volumineux, si la solution est très-légèrement alcaline et la masse de liquide considérable ; on fait égoutter ces cristaux dans des entonnoirs, puis on les fait dessécher étendus sur des plateaux en tôle vitrifiée dans une étuve où la température dn courant d'air est maintenue de 120 à 125°. On change fréquemment les cristaux de place afin de prévenir leur adhérence; l'é-
vaporation de l'eau interposée rend les cristaux sensiblement opaques et d'un blanc mat.
Malgré leur belle apparence, les cristaux ainsi obtenus renferment en général 2 à 4 centièmes de carbonate de potasse ; en outre, j'ai constaté dans tous ces produits livrés au commerce la présence de l'iode à l'état d'iodure de potassium ioduré (*). Il est facile de manifester la présence et la proportion du carbonate de potasse : il suffit de saturer par l'acide sulfurique normal [voy. Essais alcàumétriques) ; quant à l'iode en excès, on le fait apparaître avec une coloration jaune en ajoutant un léger excès
d'acide (**)• L'iodure de potassium pur serait préférable soit comme
réactif d'un fréquent usage, soit pour les fréquentes applications médicales. On peut épurer l'iodure de potassium contenant du carbonate de potasse et légèrement ioduré en faisant passer dans sa solution aqueuse un courant d'acide sulfhydrique qui, unissant l'iode à l'hydrogène, forme de l'acide iodhydrique. Si, après avoir fait bouillir pour chasser l'excès d'hydrogène sulnîré, il restait du carbonate de potasse, il faudrait le saturer très-exactement par de l'acide iodhydrique pur et se garder d'ajouter le moindre excès de cet acide très-instable qui, au contact de l'air, donnerait de l'eau et" de l'iode; il faudrait alors ajouter l'équivalent de potasse et faire passer un excès d'hydrogène sulfuré; après une saturation très- exacte, il ne reste qu'à concentrer le liquide, laisser cristalliser une ou deux fois, puis égoutter les cristaux.
L'iodure de potassium, à l'état de pureté, ne doit donner ni réaction alcaline au papier rouge de tournesol, ni coloration jaune immédiate par l'addition d'un léger excès d'acide acétique ou sulfurique (***).
(*) Annales de chimie, 1865, et Annales du Conservatoire des arts et métiers, octobre 1865 et janvier 1866.
(**) Lorsque Ton emploie l'amidon en empois ou dissous pour vérifier si l'iodure ne contient pas d'iode en excès, la présence du carbonate dé potasse empêche la formation de V ioduré d'amidon et la coloration bleue n'apparaît pas.
(***) L'opinion des chimistes n'était pas unanime sur la question de savoir si les acides faibles ou très-étendus décomposent ou non l'iodure de potassium en solution aqueuse. J'ai démontré que cette décomposition n'a pas heu immédiatement, ni dans un temps assez long, lorsque le liquide est en vase hermétiquement, clos; mais au contact de l'air la décomposition a toujours lieu. U se produit un sel dépotasse, et de l'iode est mis en liberté, soit directement, •oit indirectement, par l'altération de l'acide iodhydrique. Pour donner de ce feit nouveau une élégante démonstration, j'ai délayé 1 gramme de fécule dans
Préparation du bromure de potassium. — On traite le brome par la potasse jusqu'à saturation exacte; on évapore, puis on calcine afin de transformer le brômate en bromure, on fait dissoudre, filtrer, concentrer, enfin on laisse cristalliser, puis les cristaux bien égouttés sont desséchés à l'étuve.
40. Produits obtenus annuellement dn traitement des sondes braies des vareeh».
La fabrication des produits des varechs représente annuellement en France l'emploi de 4 500000 kilogr. de soude brute, dont on obtient en moyenne les produits et résidus suivants :
Chlorure de sodium 658 000 kH.
Chlorure de potassium 609 000
Sulfate de potasse 336 000
Iode 0 000
Brome 700
Résidus humides :
3 600 000 kil. équiralent secs à 3 7*3 700
Représentant en somme. 4 4 06 400
Les échantillons de la soude brute employée pendant 6 années chez M. Cournerie ont donné en moyenne générale 43,39 pour 100 de sels solubles; le rendement moyen pendant le même espace de temps a été de 37,95 pour 100; les proportions moyennes des sels entre eux sont indiquées dans le tableau suivant, d'après le travail en grand et les analyses de cet habile chimiste manufacturier :
RÉSULTATS de l'analyse. du travail en grand.
Chlorure de sodium. . .
Sulfate de potasse
Chlorure de potassium.
25 cent, cubes d'une solution saturée d'iodure de potassium pur très-légèrema( acidulée : il s*est produit en quelques instants un magma qui rendit le mélange immobile dans un tube rempli d'air aux 0,9; bientôt on vit sous les influences de l'oxygène, de l'acide, de l'iode devenu libre et de la substance amylacée, celle-ci se colorer en violet à sa superficie ; les réactions se propagèrent si lestement ensuite, qu'au bout de six mois le mélange au fond du tube demeurait incolore et translucide.
J'avais été conduit a cette expérience en observant une nouvelle propriété commune à l'iodure et au bromure de potassium : les solutions aqueuses de chacun de ces deux composés saturées à la température de 22 à 24*, neutres on légèrement alcalines ou acides, agissent sur la fécule a froid et font prendre a sts granulés un volume 25 à 30 fois plus grand. Rien de semblable n'arrive avec les chlorures de potassium ou de sodium.
L'usine de Cherbourg livre au commerce le sulfate de potasse en poudre à un titre qui varie entre 98 et 99°, 88; le chlorure de potassium est garanti au titre de 90°, d'après Fessai par la méthode de Gay-Lussac (yoy. plus haut lés Essais alcalimétriques).
Les proportions d'iode pur obtenu de la soude brute se sont graduellement élevées dans cette usine depuis Tannée 1843 jusqu'en 1848 : à la première époque, on obtenait 1,70 d'iode pour 1000 de soude brute; à la deuxième époque, les proportions extraites de la même quantité de matière première s'élevaient à 2,70; elles dépassent actuellement, dans cette usine, 3 d'iode pour 1000 de soude brute.