QUANTITÉS DE BORAX PRISMATIQUE DISSOUTES PAR 100 D*EAU
Le borax prismatique, chauffé, se fond dans son eau de cristallisation. Cette eau, en se vaporisant, fait entrer le liquide en ébullition, puis gonfle considérablement toute la masse qui devient alors friable; le produit sec (borax anhydre) chauffé davantage, se ramollit, il éprouve la fusion ignée à la température rouge, et peut s'écouler en un liquide qui, refroidi, forme un verre diaphane; avant sa solidification complète, on peut retirer en fils.
Le borax octaédrique diffère du précédent par la moindre proportion d'eau qu'il renfeime, par son poids spécifique plus considérable (1815). Ses cristaux adhèrent tellement entre eux que leur agglomération, détachée des parois des cristallisoirs, forme des plaques dures, sonores, tandis que les cristaux de borax prismatique n'ont entre eux presque aucune adhérence. Ces deux borax se distinguent encore en ce que le borax octaédrique reste transparent dans l'air sec, et devient opaque en s'hydratant (et formant des petits cristaux de borate prismatique) dans l'air humide. C'est tout le contraire relativemeut au borax prismatique : il reste transparent dans l'air humide, et 'devient opaque en perdant la moitié de son eau dans l'air sec. Ces deux borates perdent toute leur eau en se boursouflant par la chaleur ; desséchés, ils ne diffèrent plus en rien, et constituent le borax anhydre, dont le poids spécifique est égal à 2361 .
Les propriétés du borax, lorsqu'il éprouve la fusion ignée en présence des oyxdes métalliques, sont remarquables et motivent ses principales applications. Le liquide, ainsi formé, à la température rouge, dissout les oxydes, et prend des teintes qui, en général, caractérisent chacun d'eux : ainsi le bioxyde de manganèse le colore en violet ou en bleu indigo; l'oxyde de cobalt lui donne une couleur bleue saphir ; sa coloration par l'oxyde de fer est vert bouteille : par l'oxyde de chrome, vert émeraude ; par le bioxyde de cuivre, vert clair bleuâtre ; par le protoxyde de cuivre, rouge pourpre ; par l'oxyde d'uranium, jaune clair (serin); par l'oxyde d'or, rouge vif, ou rose ; par le chlorure d'argent, jaune d'ambre. De là l'emploi du borax pour essayer les oxydes, en les fondant avec lui sous le dard du chalumeau. On peut souvent obtenir la teinte du peroxyde d'un métal en chauffant le mélange par la pointe de la flamme qui est oxydante; on produit la teinte due au protoxyde en chauffant avec la partie interne de la flamme qui contient un excès de combustible et est désoxydante. Les oxydes blancs, avec le borax, donnent des vitrifications incolores ou légèrement jaunâtres. Pour effectuer cette expérience, on emploie un fil de platine contourné en cercle à son ^trémité que l'on humecte et qu'on pose sur du borax anhydre en poudre. On ajoute une très-petite quantité de l'oxyde à essayer, puis on fond au chalumeau; la gouttelette, sorte de perle ainsi formée, offre, dès qu'elle est refroidie, la couleur caractéristique de l'oxyde.
Le borax, liquéfié à une haute température, non-seulement
dissout les oxydes à la superficie des métaux, mais encore fondue une sorte de vernis impénétrable à l'air, qui préserve la surface métallique d'une nouvelle oxydation : c'est ce qui explique son utilité dans les brasures du fer avec le cuivre, du platine avec l'or, et de l'or avec divers alliages. La fusibilité et l'imperméabilité du borax le rendent utile pour garantir de l'oxydation les minerais, les alliages durs, etc., soit dans les essais métallur-» giques, soit lorsqu'on opère la fusion des métaux dans des creusets.
î. État aatmrel.
Plusieurs lacs du Thibet contiennent du borate de soude en solution ; on trouve également ce sel dans l'île de Ceylan, en Chine, dans la Tartarie méridionale, au Pérou, dans les eaui des mines d'Escapa et de Yicquntizon au Potosi. C'était surtout de l'Inde et de la Chine que l'on faisait venir en Europe la plus grande partie du borax brut dit tinkal (ancien nom arabe qui signifie soude-or). On l'a raffiné d'abord à Venise, puis en Hollande. Aujourd'hui la fabrication et le raffinage du borate de soude s'effectuent en France, en Angleterre, en Italie, en employant, depuis l'année 1817, l'acide borique et le carbonate de soude, et suivant les procédés ci-dessous décrits.
On a découvert au Pérou du borate de chaux natif qui se présente en masses blanchâtres, légères, feuilletées, douces au toucher, ayant la composition suivante :
Acide borique 48,4
Chaux 14
Soude 5,2
Chlorure de sodium A ,8
11 est facile de le traiter pour en obtenir du borax ; le meilleur procédé consiste à décomposer le borate de chaux par une quantité équivalente de carbonate de soude dans l'eau chauffée à 100*. Le carbonate de chaux se précipite, le borate de soude reste dissous ; on le fait cristalliser, comme nous l'avons dit plus haut.
Un borate double de chaux et de magnésie nommé hydroboracite a été découvert dans le Caucase.
Enfin la boracite (borate de magnésie (MgO)\ (BO*)* se rencontre dans les masses de gypse des terrains crayeux à Segeberg et à Lunebourg.