Composition
On croyait autrefois que Peau était un corps simple, l'un des quatre éléments constitutifs de tous les corps. Macquer,en 1776, et Priestley, en 1781, reconnurent que l'hydrogène en brûlant dans l'air ou dans l'oxygène forme de l'eau, mais ils n'en tirèrent pas la conclusion que l'eau fut composée d'hydrogène et d'oxygène. Cavendish le premier tira cette conséquence des mêmes faits ; Monge y était conduit presque en même temps. Les résultats numériques obtenus par Lavoisier en France et Watt en Angleterre Crent réellement connaître la composition de l'eau ; enfin les recherches exactes de Gay-Lussac mirent hors de doute que c'est dans le rapport de 2 à 1 en volumes que l'hydrogène s'unit à l'oxygène, durant la combustion par laquelle l'eau s'engendre. Nous avons déjà dit que les quantités pondérales sont représentées par 12,5 d'hydrogène et 100 d'oxygène: l'équivalent de l'eau est donc 112,5 (ou de 1 +8 = 9, si l'on prenait pour unité l'hydrogène).
S. État naturel.
L'eau, sous les trois états qu'elle affecte dans les différentes conditions atmosphériques, solide, à la température de 0° et audessous, liquide, à0° (*) et au-dessus, douée à 100e d'une tension égale à la pression de 76 centimètres de mercure, l'eau est universellement répandue dans la nature.
A toutes les températures de notre atmosphère, on rencontre la vapeur d'eau dans l'air, jamais jusqu'à saturation complète et d'ailleurs en proportion d'autant moindre que la température est plus basse ; il faut bien qu'il en soit ainsi, car aucun des êtres
(*) C'est la température de la glace qui fond et de la glace qui se forme dans l'eau agitée.
connus ne pourrait vivre dans un milieu totalement privé d'eau ; tous les corps vivants, animaux ou végétaux, renferment euxmêmes une quantité d'eau indispensable à la flexibilité, aux fonctions de leurs organes, comme à V assimilation de leurs aliments.
L'eau contenue dans les organismes souples des animaux forme généralement plus des f de leur poids ; les jeunes organes des plantes en renferment souvent 80 à 90 centièmes; nous avons trouvé jusqu'à 95 d'eau sur 100 du poids d'une très-jeune tige de cactus ; les volumineux troncs des grands arbres (chênes, hêtres, ormes, charmes, peupliers, etc.) en renferment, au moment de l'abatage, de 45 à 55 pour 100.
Tantôt retenue par la porosité des sols, l'eau fournit aux radicelles des plantes les matériaux solubles de la sève ascendante ; tantôt en excès, elle s'infiltre dans les terres, dissout diverses substances minérales et organiques, alimente les sources des rivières et des fleuves, déverse dans la mer tous les matériaux qu'elle charrie, en suspension ou en dissolution. Vaporisée par la chaleur terrestre et solaire, elle va se condenser dans les régions élevées et froides de l'atmosphère pour retomber en brouillards, en pluie, en grêle ou en neige, entraînant les corps légers en suspension dans l'air qu'elle épure : elle revient ainsi humecter de nouveau les feuilles des plantes, la surface de la terre, les racines, et reproduire la série des mêmes phénomènes. Ainsi la chaleur répand en vapeurs et l'abaissement de température ramène sans cesse sur le sol et met à notre disposition l'eau aérée, agent indispensable à l'existence de tous les êtres des deux règnes. L'eau est appliquée chaque jour aux nombreux usages agricoles, économiques et manufacturiers ; nous en indiquerons plus loin de remarquables exemples.