Nouvelles peintares éeonoaiiqaes
M. Sorel avait imaginé plusieurs procédés de peinture à base d'oxychlorure de zinc et de solutions salines aqueuses.
Ces procédés, essayés d'abord infructueusement au port militaire de Brest, y ont été modifiés, rendus pratiques et employés en grand avec succès depuis plus d'un an.
Voici les deux moyens de fabrication adoptés, à l'aide desquels on a fait l'application de plusieurs milliers de kilogrammes de cette peinture économique.
Lorsque le chlorure de zinc doit servir à préparer la solution, on obtient facilement ce chlorure en faisant dissoudre des rognures de lames de zinc, des débris ou résidus tels par exemple que les grenailles métalliques provenant du lavage décrit ci-dessus page 581.
L'acide peut être versé dans une grande jarre en grès et le zinc mis en excès dans un vase criblé de trous, maintenu aux trois quarts plongé dans l'acide.
Lorsque la réaction est complète, c'est-à-dire qu'il ne se dégage plus d'hydrogène (au bout de 36 à 48 heures), la solution est chauffée dans une chaudière en cuivre et maintenue à l'ébullition pendant 2 heures afin de chasser l'excès d'acide; on la
filtre alors dans des sacs en toile forte; après son refroidissement, elle doit marquer 58* à l'aréomètre Baume.
On a préparé, d'un autre côté, une solution contenant, pour 100 litres, 2 kilogr. de carbonate de soude. Ces deux' solutions sont mélangées dans la proportion de 4 litres de la première pour 10 litres de la deuxième. Le liquide ainsi préparé sert à délayer le blanc de zinc pour former une peinture à la consistance ordinaire et que Ton applique immédiatement. L'analyse a montré que dans les proportions ci-dessus il se trouve 1 équivalent de chlorure pour 1 équivalent d'oxyde de zinc.
Lorsque l'on veut faire usage du sulfate de zinc au lieu de chlorure, on peut utiliser les résidus de la fabrication de l'hydrogène {yoy. les procédés de soudure autogène du plomb, p. 290), ou de la pile de Bunsen pour la production des courants électriques; en tout cas, on achève avec des rognures ou débris de zinc la saturation de l'acide ; la solution doit alors marquer 40* ; il est inutile de la porter à l'ébullition, on y ajoute 6 grammes de borate de soude par litre pouf obtenir le liquide servant à délayer le blanc de zinc (*).
Les deux solutions peuvent être préparées d'avance et conservées sans aucune difficulté, mais on ne doit y ajouter l'oxyde ou blanc de zinc qu'au moment d'employer la peinture qui résulte de ce mélange et que l'on prépare seulement en quantité telle à la fois qu'on puisse l'appliquer en une heure. Il faut, d'ailleurs, éviter de l'employer pendant la pluie ou la gelée.
Cette peinture est d'un beau blanc mat; elle couvre autant que la peinture à l'huile, parait au moins aussi adhérente et résistante aux frottements et aux lavages ; son prix de revient est d'environ moitié moindre ; elle est exempte de toute odeur. On ne l'a appliquée encore que sur le bois, le fer et la toile, et l'on n'a pas réussi à obtenir des teintes régulières en y mélangeant diverses substances colorantes : elle n'est donc applicable jusqu'ici qu'à la préparation des peintures blanches, et l'on ne pourrait réaliser les économies offertes par ce moyen que dans un certain nombre de cas.
(*) Le carbonate de sonde ajouté au chlorure, comme le borate qui réussit mieux relativement au sulfate de zinc, produit l'effet utile de retarder la prise de la peinture et de laisser le temps nécessaire pour l'appliquer.
Oxyeklorwe 4e plonb.
L'invention précitée de M. Sorel (la peinture à roxychlorure de zinc) a donné lieu en Angleterre à la préparation d'un oxychlorure de plomb actuellement très-employé dans ce pays et dont la préparation ci-dessous décrite m'a été communiquée par M. Henri Sainte-Claire-Deville , de l'Institut.
Le chlorure de plomb se prépare en traitant la galène par l'acide chlorhydrique concentré. Il se forme de l'hydrogène sulfuré qui se dégage et du chlorure de plomb. Cet hydrogène sulfuré est une grande gène dans la fabrication. On n'ose le brûler à cause des explosions et parce que sa combustion, toujours incomplète, est intermittente, et l'on craint d'en verser beaucoup dans l'atmosphère.
Lorsqu'une certaine quantité de galène a été attaquée, F acide ayant perdu de son degré devient inapte à dissoudre le chlorure de plomb. Celui-ci se dépose et l'acide chlorhydrique affaibli, exempt de plomb, est employé à faire de l'acide carbonique.
Le chlorure de plomb, recueilli, égoutté, est mis en dissolution dans l'eau pure; cette dissolution est contenue dans un réservoir, d'où il doit s'écouler dans les ateliers de fabrication de roxychlorure de plomb placés plus bas.
Le résidu séparé du chlorure de plomb et de la galène non attaquée est soumis de nouveau à l'action de l'acide chlorhydrique. Lorsqu'il est épuisé, il contient de l'argent et on le vend en proportion de sa teneur en argent.
On prépare en même temps que la dissolution de chlorure de plomb, de l'eau de chaux qu'on laisse se clarifier dans de grands réservoirs semblables à ceux qui contiennent la solution de chlorure.
Ces deux liqueurs sont conduites séparément dans un système de deux tuyaux de plomb parallèles, criblés de petits trous placés l'un vis-à-vis de l'autre sur la même ligne horizontale, de façon que lorsqu'on ouvre les robinets deux jets de liquide viennent se rencontrer avec pression entre les deux tubes de plomb sur le milieu de cette ligne horizontale. C'est ainsi que se fait subitement et d'une manière intime le mélange de la solution de chlorure de plomb avec l'eau de chaux, les deux liqueurs étant en proportion telle qu'un équivalent de chlore appartenant an chlorure de plomb est en contact seulement avec un demi-équivalent de chaux.
Lorsque cette proportion est bien gardée, la totalité du plomb est précipitée à l'état d'oxychlorure ; mais ordinairement on s'arrange de manière à laisser un petit excès de plomb dans les eaux ainsi mélangées. Elles sont entraînées avec l'oxychlorure dans de grands bacs où le dépôt insoluble se sépare avec la plus grande facilité.
Un ouvrier constate de temps en temps que les eaux mélangées et privées au moyen d'un 61tre de l'oxychlorure précipité, se troublent sensiblement par l'hydrogène sulfuré qui les colore en brun plus ou moins foncé, suivant la quantité de plomb qu'elles contiennent. Au moyen de robinets on règle l'écoulement de la liqueur alcaline et de la liqueur chlorurée, de telle manière que celle-ci soit légèrement en excès. Le peu de plomb qu'on laisse ainsi dans la liqueur est précipité plus tard par un excès d'eau de chaux et donne un oxy chlorure un peu aunàtre.