COMBUSTION
Non conducteurs.
Très-mauvais conduct.
Très-facile.
Bons conducteurs.
Bons conducteurs.
Moins fjcile.
Excellents conduct.
Excellents conduct.
Difficile.
Charbons applicables aux paratonnerres. — On sait combien est grande la différence relative à la conductibilité du fluide électrique entre les divers charbons, surtout depuis les belles expériences de Davy. Dans la construction des paratonnerres on doit donc employer exclusivement, pour disséminer l'électricité dans le sol, le charbon préalablement chauffé au rouge vif. P'après les expériences de M. Violette, le charbon (coke de goudron longuement calciné) des cornues de gaz offre les 0,82 du pouvoir conducteur du fer.
Les expériences de Berzélius ont fait voir (Traité du chalumeau) que le pouvoir conducteur pour le calorique est considérablement exalté dans les charbons qui ont subi une température élevée : tels sont ceux qui échappent à la combustion dans les hauts fourneaux et que l'on retrouve parmi les laitiers. Ces charbons sont si bons conducteurs, que des morceaux longs de 15 centimètres, qu'on fait rougir par un bout au chalumeau, ne tardent pas à s'échauffer au point qu'on ne peut plus les tenir par l'autre bout.
Les bois compactes donnent des charbons moins rapidement combustibles que les bois à tissus lâches : les cavités remplies d'air qui se trouvent dans le charbon diminuent sa conductibilité pour la chaleur, et la masse conduit d'autant moins qu'elle est d'une texture moins serrée. Ainsi les bois très-légers et peu carbonisés donneront du charbon très-combustible : tel est celui de chanvre ou de chènevotte; tels sont encore, à un moindre degré, la braise de boulanger et les charbons de bois blanc.
La carbonisation du bois peut s'effectuer dans un courant de vapeur d'eau surchauffée de 150 à 350'; dans ce cas, ou peut obtenir une température plus égale sur toutes les parties que par les procédés usuels; ce moyen indiqué par MM. Thomas et Laurens, appliqué en grand par M. Violette, pour préparer le charbon destiné à la fabrication de la poudre, permit à cet ingénieur de faire une étude approfondie des charbons obtenus à différentes températures du. bois de bourdaine, et offrant des propriétés et des compositions très-variées. Voici quelques-uns de ces curieux et utiles résultats :
Le charbon obtenu à la température de 150* est en quelque sorte du bois fortement desséché, résistant, appelé fumeron ou brûlot; à 270* il est roux, encore résistant, flambant; il se rapproche du bois, contient pour 100 parties : 70 de carbone, 27 d'oxygène et d'hydrogène, HO, plus 1,6 d'hydrogène en
excès. Le charbon obtenu à 280* dans la proportion de 40 pour 100, est roux, friable, inflammable à la température de 340°, propre à fabriquer la poudre de chasse; à 340* on obtient un charbon noir, qui s'enflamme à -+- 370* à l'air, contenant 77 de carbone, 20 d'oxygène et d'hydrogène, HO, plus 2 d'hydrogène en excès ; il convient à la fabrication de la poudre de guerre ; obtenu à la température de 442*, le charbon, propre au même usage, contient 85 centièmes de carbone.
Lorsque la carbonisation s'effectue aux températures élevées de 1200 à 1500° dans les fours usuels, on n'obtient du même bois de bourdaine que 15 pour 100 d'un charbon très-noir, à texture serrée, moins friable, exigeant pour prendre feu une température rouge.
Les différents bois tenus trois heures dans la vapeur surchauffée à 300d, donnent des quantités de charbon en rapport avec leur densité depuis 50 pour 100 obtenus de Fébénier jusqu'à 15 seulement que le marronnier a fournis. (Foy, la composition des diverses essences de bois, 2e volume de cet ouvrage , Chimie organique.)
Briquet de charbon très-divisé. — Le charbon qui provient du vieux linge (cellulose presque pure), peu calciné (*), offre une combustibilité telle, que dans beaucoup de pays on s'en sert au lieu d'amadou. On en remplit une petite boîte en fer-blanc au-dessus de laquelle on bat le briquet; les étincelles ou particules d'acier, en ignition, qui résultent du choc du briquet contre le silex, suffisent pour enflammer le charbon; celui-ci peut servir dès lors à mettre le feu aux allumettes simplement soufrées, pourvu qu'on ait soin d'activer la combustion en soufflant légèrement sur le point enflammé; on ferme immédiatement après la boîte afin de conserver le reste de cet amadou charbonneux.
Les charbons des matières ligneuses compactes, ou des bois durs, sont, au contraire, peu combustibles, et d'autant moins qu'ils ont éprouvé une température plus haute. Les charbons de buis et d'ébène brûlent plus difficilement que les charbons usuels. Dans l'oxygène, tous ces charbons une fois allumés continuent à brûler vivement.
Exposé à l'air, le charbon absorbe l'humidité atmosphérique
(*) On le prépare très-simplement en allumant chaque morceau de linge, puis étouffa ni la combustion, en posant dessus la plaque, dès que la fl.imme atteint toutes les parties.
CARBONE. iOi
avec une rapidité telle, que le charbon ordinaire, au bout de quelques jours, contient déjà toute leau qu'il peut enlever à l'air. D'après Clievreuse, 100 parties de charbon, placées dans l'air presque saturé d'humidité, éprouvent les augmentations de poids suivantes :
Charbon de peuplier Charbon de peuplier [Charbon de gaîac Charbon de g aïac non roogi. rougi. non rongi. rougi.
in jour 4,76 *,63 0,58 0,21
*• jour 2,S5 2,30 0,82 0,40
»0« jour 2,35 2,35 4,40 0,94
L'absorption est bien plus forte si les charbons sont plongés dans Peau ; dans 43e cas ils en prennent pour 100 parties :
* Charbon de peuplier non rougi 75,3
» de peuplier rougi 48,2
3» de gaîac non rougi 7,7
» de gaîac rougi • 4,6
Dans ces deux séries d'expériences, on voit que la texture beaucoup plus serrée, ou la densité apparente plus forte du bois de gaïac et du charbon qui en provient, coïncide, ainsi qu'on devait s'y attendre, avec l'absorption moindre de l'eau.
On vend ordinairement le charbon à la mesure ; mais les plus pesants étant les plus estimés, l'acheteur ne doit fixer son choix qu'après avoir vérifié si le charbon est sec. L'eau cause une double déperdition, car une partie de la chaleur produite par le combustible est employée en pure perte à évaporer cette eau. Les charbons du commerce contiennent en général de 8 à 12 pour 100 d'eau de leur poids.
Le charbon de bois conservé pendant longtemps, devient très -friable, et chaque fois qu'on le remue pour le transporter, il se réduit partiellement en poussier. Les charbons provenant de bois légers perdent plus de cette manière que les charbons compactes.