‹ Précis de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 61 sur 218 · COMPTE DE FABRICATION DU SOUFRE PULVERISE · texte numérisé non relu

COMPTE DE FABRICATION DU SOUFRE PULVERISE

Soufre brut, 40 000 kilogr. à 20 fr 2000 sr.

Broyage, frais généraux, transports, etc 30

Dépense totale. 2030

Produit : 9860 kilogr. de soufre en poudre à 22 fr. les 400 kilogr. 2467

Bénéfice 4 37

Si Ton recherche les causes qui ont amené ces changements peu à peu depuis 1825 (époque à laquelle M. Michel, trèshabile manufacturier de Marseille , introduisit la distillation pour le raffinage du soufre en canons), on constate que la pratique conduisit par degrés à diminuer la profondeur des vases distillatoires, à augmenter la surface liquide du soufre, à élever davantage la température de la partie supérieure de ces sortes de cornues (*). Ainsi aux chaudières profondes succédèrent les cylindres, puis des cornues plus larges, enfin les vases lenticulaires;

(*) Les nouveaux vases distillatoires recevant de la chaudière tout le soufre fondu, séché, écume, il n'y a plus de dépôt dans cette chaudière. On pourrait peut-être se dispenser de chauffer directement le dessus de la cornue ou du vase lenticulaire et prévenir la chute partielle de la vapeur de soufre dans le liquide en ébullition, en déterminant, à l'aide de tubes et d'un ventilateur a palettes, une circulation des gaz de la chambre, insufflés au-dessus de la superficie du soufre bouillant. On enlèverait ainsi à l'état de

il me semble que les effets graduellement plus favorables dépendent de la faible chaleur latente de la vapeur du soufre qui laissait retomber dans le liquide en ébullition une grande partie de la vapeur condensée à peu de distance au-dessus de la surface, ce qui évidemment occasionnait des pertes de temps et de combustible que Ton a peu à peu amoindries par les modifications heureuses précitées.

•• Extraction do ••ufre des pyrites.

On peut. extraire une partie du soufre, combiné avec le fer, du bisulfure de fer natif. Cette opération n'est économique qu'en certaines localités ; toutefois elle a été perfectionnée et utilement employée par Dartigues, lorsque, durant la révolution de 1793, la France ne pouvait plus tirer le soufre de la Sicile. Sauf des cas exceptionnels {yoy. plus loin la fabrication de l'acide de Nordbausen), cette opération, qui exige des frais considérables de combustible, de main-d'œuvre et d'usure d'ustensiles, ne serait pas profitable. Elle est très-simple d'ailleurs : le bisulfure de fer, formé, comme son nom l'indique, de 2 équivalents de soufre pour 1 de fer, ou de 4 de l'un et de 2 de l'autre, en centièmes 53,33 de soufre pour 100, pourrait, par une distillation en vases clos, donner la moitié du soufre qu'il contient, ou 26,66; mais il faudrait chauffer au point de fondre le monosulfure , résidu qui pénétrerait dans les parois des cylindres, y adhérerait fortement et les détruirait bientôt. On évite ce grave inconvénient en chauffant moins, et sans fondre le résidu; mais dans ces conditions, on n'obtient guère qu'un équivalent de soufre sur quatre, ou 13 à 14 pour 100; il reste donc un sulfure de fer composé de 3 équivalents de soufre et 2 de fer, représenté par la formule Fe1S* (*). Les cylindres épais, en argile à creuset de verrerie, que l'on emploie pour cette extraction, sont disposés sur deux rangées au nombre de douze sous une seule voûte : ils sont chauffés par trois ou six foyers comme les cor-

globules le soufre qui arriverait sous forme de brouillard et se déposerait dans la chambre, la vitesse y devenant très-faible en raison même de sa grande section. La production serait probablement accrue ainsi que la durée du Tase en fonte.

(*) Bien qu'en réalité les proportions du soufre et du fer dans îe résidu correspondent à ce sulfure peu stable, il doit s'y rencontrer des mélanges de bisulfure FeS», du sulfure FeyS*.

CHDCIX UTDUSTB. I 10

nues à gaz; chacun d'eux reçoit à chaque chargement 25 kil. de pyrite. La vapeur du soufre se dégage par un large tube, et se condense en tombant dans un récipient contenant de l'eau froide.

Voici le compte de revient de cette industrie dans deux localités : Tune défavorablement située, principalement sous le rapport du combustible; l'autre placée dans les conditions les plus favorables.

EXTRACTION DU SOUFHE DES PYRITES DAH8 VU POUR DOUBLE CONTENANT 24 CYLINDRES.

Pyrites (pour trois opérations en 24 heures), 1 800k 2

Combustible, 4 000k bouille (ou l'équivalent en lignite) 40

Main-d'œuvre • 8

Intérêts, usé, frais généraux 8

Produit = 262k de soufre coûtant. , 68

Dans le premier cas, 252 kil. de soufre coûtant 58 fr., 100 kil. reviendront à 21 fr., prix plus élevé que la moyenne du cours commercial; dans le second cas, les 100 kil. ne coûteront que 10 fr. 30 cent., c'est-à-dire moins cher, en tout temps, que le prix du soufre de Sicile dans la plupart des localités en France. Le résidu, mis en tas à l'air, brûle spontanément et peut produire du sulfate de fer qu'on obtient par un lessivage et dont la valeur peut en certaines localités rendre l'opération plus avantageuse {yoy. plus loin cette fabrication).

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