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Matières d'argent eoatenaat de l'ar

Ces lingots sont fondus au creuset et mis en grenailles, comme nous l'avons dit plus haut (***); on les traite dans la chaudière en fonte (fig. 92, p. 310) par l'acide sulfurique, et lorsque la dissolution est complète, on décante au siphon pour extraire l'argent, par les rognures de cuivre, comme nous l'avons expliqué plus haut. Quant au dépôt resté au fond de la chaudière, il contient de l'or, plus un peu d'argent et de cuivre. Ce dépôt est lavé par touillages et décantations, puis on le refond au creuset afin de le mettre sous la forme d'un lingot ; celui-ci se trouve riche en or, pauvre en argent et en cuivre, c'est-à-dire dans les conditions où doit s'effectuer le traitement indiqué ci- dessus (p. 310) pour les matières d'or et d'argent où l'or dominX

L'opération que nous venons de décrire eut une grande importance, surtout à l'époque peu éloignée où les pièces de monnaie de 5 francs frappées en France sous le premier Empire et la Restauration furent soumises aux opérations de l'affinage en grand ; car ayant été fabriquées dans nos hôtels de monnaies avec de l'argent mal affiné, elles contenaient des proportions d'or qui, bien que minimes, suffisaient pour offrir à nos affineurs un bénéfice très-notable. Les divers produits du commerce des métaux précieux et certaines monnaies étrangères présentent d'ailleurs de fréquentes occasions de réaliser encore de semblables bénéfices.

(*) Lorsqu'on veut obtenir de l'or absolument pur 9 ou à 1000 millièmes, oo le soumet à un dernier traitement par l'acide azotique, puis on lave, etc.

(**) Quant à l'acide sulfurique qui a dissous l'argent, on en sépare ce métal au moyen des rognures de cuivre, comme nous l'avons dit plus haut.

(***) S'il s'agissait de monnaies d'argent, comme elles offriraient assez de surface à l'action de l'acide sulfurique, on les traiterait directement par cet acide, sans les réduire en grenailles.

1. COMPOSITIOH , PROPRIÉTÉS. — 2. PRÉPARATION. — 3. APPLICATIONS. 4. DESINFECTION.

f • CompMltiM, propriétés.

L'acide sulfhydrique, appelé parfois hydrogène sulfuré, est composé de soufre et d'hydrogène unis à équivalents égaux ; on doit donc le représenter par la formule HS. Son poids équivalent est égal à 12,5+200=212,5.

Cet acide est incolore, gazéiforme à la température ordinaire ; sa densité est égale à 1191 (l'air pesant 1000); il se liquéfie à la même température sous une pression de 16 atmosphères et forme alors un liquide très-mobile, plus léger que l'eau : son poids spécifique est, en effet, égal à 900, celui de l'eau étant 1000 flLe gaz sulfhydrique agit sur les couleurs bleues végétales, notamment sur le tournesol, comme un des acides à faible réaction (acides carbonique, borique, etc.); la nuance devient vineuse, mais ne passe pas au rouge orangé ou clair comme avec les acides énergiques (sulfurique, azotique, chlorhydrique, phosphorique, etc.). Une température élevée décompose l'acide sulfhydrique ; il suffit de le faire passer très-lentement dans un tube en porcelaine chauffé au rouge vif pour que le soufre se précipite dans le gaz. L'acide sulfhydrique peut être allumé dans l'air : il brûle en développant une flamme bleue et produit alors de l'acide sulfureux, plus de la vapeur d'eau. Si l'oxygène ne se trouve pas en excès, une partie du soufre se sépare en échappant à la combustion.

L'acide sulfhydrique, condensé dans les terres humides et divers corps poreux, cède une portion de son hydrogène à l'oxygène de l'air, forme de l'eau et laisse un dépôt de soufre.

L'eau pure (exempte d'air ou d'oxygène) dissout de 2,5 à 3 fois son volume de gaz sulfhydrique sans le décomposer ; mais en chauffant cette solution, on en fait dégager tout le gaz. L'alcool peut dissoudre 2 fois plus d'acide sulfhydrique que l'eau.

L'odeur de l'acide sulfhydrique est excessivement forte et fétide ; elle domine dans le gaz non épuré de la houille comme

dans une foule de matières en putréfaction, dégageant cet acide libre ou combiné avec l'ammoniaque. L'acide sulfhydrique présente des propriétés tellement délétères, que si l'air en contient seulement un centième de son volume, il peut faire périr un chien qui respire ce mélange.

Le chlore décompose à l'instant l'acide sulfhydrique, en formant de l'acide chlorhydrique avec l'hydrogène, et mettant le soufre en liberté. C'est un des moyens d'arrêter les funestes effets de l'asphyxie, ou plutôt de l'empoisonnement par ce gaz ou ses composés (sulfhydra te d'ammoniaque), auxquels sont exposés les ouvriers vidangeurs ; mais il faut ménager avec soin l'emploi du chlore, qui est délétère lui-même. Le brome et l'iode produisent des effets semblables par leur contact avec l'acide sulfhydrique.

Une très-faible proportion du même acide, suffisante cependant pour répandre dans l'air une odeur infecte, est sans inconvénient pour la santé des hommes, ainsi qu'on l'observe en Italie dans les fabriques d'acide borique des Maremmes de l'ancien duché de Toscane et dans les divers établissements d'eaux sulfureuses naturelles ou artificielles. -

£. Préparation.

On obtient facilement le gaz acide sulfhydrique en faisant d'abord réagir 28 parties, en poids, de limaille de fer sur 16 parties de soufre divisé; le mélange humecté s'échauffe, on le remue, et, au bout de vingt-quatre heures, on le traite, dans un flacon à tube de dégagement, par de l'acide sulfurique étendu ou de l'acide chlorhydrique. Le gaz, dans ce cas, est mêlé d'hydrogène provenant de la réaction d'un peu de fer métallique. Si l'on a besoin d'un gaz pur, il faut traiter dans un appareil semblable le sulfure d'antimoine naturel, en poudre, par l'acide chlorhydrique, que l'on ajoute graduellement à l'aide d'un tube plongeant ou d'un tube en S ; il est utile de chauffer un peu le flacon ou le ballon pour faciliter la décomposition et hâter le dégagement.

Dans les deux cas l'acide sulfurique étendu détermine la réaction sur le métal du sulfure s'oxydant aux dépens de l'oxygène de l'eau, et formant un sulfate de protoxyde, tandis que l'hydrogène s'unit à 1 équivalent de soufre, et constitue l'acide sulfhydrique HS.

ACIDE SULPHYDRIQUE. 347

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