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Flambante des roelics

Dans l'exploitation des mines ou dans certains travaux de tranchées des chemins de fer, on se trouve souvent en présence de roches, d'une dureté telle que les trous de mines ne peuvent y être pratiqués qu'à l'aide d'un long et pénible travail; d'ailleurs, si la roche est très-compacte, la poudre n'enlève que de faibles blocs. — Aussi un assez grand nombre de mines sontelles abandonnées par suite du prix de revient trop élevé de Textraction des minerais au moyen de la poudre; — et certaines tranchées de chemins de fer ont-elles coi^lé un temps très-long et beaucoup d'argent. Ces dépenses auraient pu être amoindries en y appliquant d'autres procédés.

Dans des temps reculés, lorsque les roches étaient trop résistantes aux outils employés alors, on s'est servi du feu pour faire éclater ces roches. — Le bois était apporté et amoncelé sur les faces qu'on voulait attaquer ainsi, le feu était mis au combustible qui brûlait pendant un temps plus ou moins long, en faisant éclater la roche par fragments. — Le feu éteint et la roche refroidie, soit naturellement, soit au moyen de Teau, on la trouvait plus ou moins fissurée. Les parties désagrégées étaient facilement abattues, puis l'on recommençait de nouveau l'attaque de la roche vive par le feu. L'ancienne méthode d'exploitation des mines à l'aide du feu est indiquée dans Touvrage latin d'Agricola intitulé : De re metallica, ouvrage traduit en langue toscane par Michel-Ange. (L'édition publiée le 12 mars 1663 se trouve dans la bibliothèque de l'Institut.)

On trouvera également d'intéressants détails sur cette méthode, employée au dix-neuvième siècle, dans le traité publié par Héron de Villefosse en 1819, intitulé : Richesse minérale ^ où se trouve décrite l'exploitation du filon du Rammelsberg, au Hartz, t. Il, p. 298, pi. II.

Uusage du feu est abandonné aujourd'hui dans presque toutes les exploitations; et pourtant il est facile de se rendre

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compte qu'au moyen d'une flamme qu'on dirige à yoloiité et qui est i/içement projette contre les faces de roches dures inexploitables industriellement par la poudre, on puisse obtenir de trèsbons résultats. On procède d'ailleurs de la manière suivante, d'après les données fournies par l'inventeur.

Le fourneau en fonte a des dimensions variables selon les circonstances.

Celui qui est représenté en A (6g. 182) a l",20de largeur, * 1",20 de longueur. Sa hauteur du côté de la roche qu'on veut attaquer est de 0",70, et seulement de 0",40 du côté de l'arrivée de l'air : ce qui représente une embouchure totale de 70^ de large sur 40^ de haut partagée en deux par une barre transversale destinée à retenir la houille. Ce fourneau est monté sur quatre roues ou galets roulant sur deux rails. Les roues sont disposées de telle sorte qu'on puisse, au moyen d'un levier placé à l'arrière, iacliner le fourneau, enfin que la flamme lèche le plan inférieur de la galerie lorsque cela est utile. Cette sorte de foyer roulant est en communication à sa partie antérieure H avec une conduite d'air comprimé, — provenant soit d'un ventilateur, soit de toute autre soufflerie, — qui amène la quantité d'air atmosphérique nécessaire à une combustion très-rapide, {f^oy. ci-après la légende.)

L'allumage de combustible s'effectue en quelques instants, en enflammant d'abord de menus morceaux de bois sec sur lesquels on place la houille; on fait arriver l'air doucement au moyen de la soufflerie et du registre à papillon G, situé entre la conduite d'air et le fourneau ; on continue à charger graduellement le fourneau de houille par la porte B, au fur et à mesure que le bois se consume. Lorsque le feu est bien développé dans toute la masse, ce qui a lieu au bout de 15 à 20 minutes, on avance le fourneau près du front que l'on veut attaquer, et l'on fait arriver rapidement l'air comprimé : celui-ci emportant de légères gouttes d'eau injectées par le robinet F et qui se décomposent comme dans l'appareil à torréfier les pièces de bois. La flanune sort alors comme d'un immense chalumeau en embrassant le front de la galerie ; au bout de peu d'instants les esquilles et fragments de roches commencent à éclater et à tomber sans interruption dessous et dessus le fourneau. L'homme qui dirige ce fourneau et l'alimente de combustible doit, lorsque la roche est très-dure, protéger son visage avec un masque en ti*eillage solide de fil de fer (analogue aux masques grillagés des salles d'armes) ou tout

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