‹ Précis de chimie industrielle (volume 3)Chapitre 227 sur 412 · PREMIER LAVAGE MÉCANIQUE · texte numérisé non relu

PREMIER LAVAGE MÉCANIQUE

chaque ouvrière, en même temps qu'elles effectuent le triage, mettant chaque sorte à part dans les 10, 12 ou 16 cases séparées ou mannes à leur portée ; une ouvrière spéciale inspecte ces casiers et s'assure que le triage est bien fait {*).

On a essayé de rendre Fopération plus économique en soumettant à des coupeuses mécaniques les chiffons triés : à cet effet, on les étend sur une toile sans fin qui les conduit entre deux cylindres cannelés ; ceux-ci les dirigent entre une lame fixe tranchante et des lames semblables animées d'un mouvement rapide autour de Tarbre d'uH volant. Ces machines (bonnes pour couper de grosses cordes) agissent comme des hache-paille, mais la souplesse des chiffons les fait en partie échapper au tranchant des lames.

Au sonir des coupeuses, ou après le délissage, une toile sans fin conduit les chiffons coupés vers un blutoir cyUndrique de 2'",0ô à 3 mètres de longueur et O'^fSO de diamètre, formé À'xm grillage dont les mailles ont 1 cent, carré, et traversé par un arbre en pente de 0'°,05, portant des bras ou lames en héUce, qui entraînent les chiffons en les battant et les frottant contre le grillage, avec une vitesse de 150 à 200 tours par minute, afin de détacher les corps pulvérulents. Un ventilateur enlève ces corps légers en produisant des nuages de poussière lancée dans une haute cheminée (et que l'on pourrait, avec avantage, faire partiellement déposer dans de vastes espaces interposés où s'établirait un repos relatif). Le déchet occasionné par le blutage (indépendamment de la perte due à Tliumidité , qui peut atteindre 3 à 5 pour 100) varie de 1 à 1,5 pour les chiffons fins et propres; 2,5 à 3,6 pour les coutures et ourlets; 4 à 5,5 pour les chiffons grossiers, pailleux, toiles d'emballage et cordes qui nécessitent de plus énergiques frottements.

C'est alors que Ton procède au lavage, destiné à éliminer les matières solubles et les corps pulvérulents dont l'eau et le frottement peuvent faire cesser l'adhérence (**). On l'effectue à l'aide

(*) Chacune des oayrières peut trier ainsi 30 à 40 kilogr. de chiffons par jour. Dans plusieurs grandes papeteries, on soumet à un contrôle les chifFons délissés ; ils sont placés à cet effet au-dessas d'un grand coffre, sur une grille ou toile métallique a^ant 1 mètre de large et 2 mètres de long ; trois femmes de chaque côté, munies de ciseaux, vérifient et complètent le délissage en passant ces chiffons de main en main.

(**) Cette opération n'est pas toujours pratiquée ; cependant elle facilite l'action ultérieure des lessives alcalines, dont elle permet de réduire les doses.

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d'une grande pile laveuse dont le cylindre actif, tournant avec une vitesse de 100 tours par minute, est armé àt 20 fortes lames en fer, larges, régulièrement espacées, ayant pour but prineipal de produire des frottements énergiques, tout en faisant circider les chiffons dans la pile, et d'entraîner les substances légères, par l'eau qui se renouvelle, en retenant les corps lourds. On fût arriver l'eau sous une plaque en fonte ; elle sort de cette cavité par une ouverture assez rétrëcie (à 0,01) pour produire un courant rapide qui balaye, dans toute la largeur de ce courant, le fond de la pile et traverse les chiffons au moment où ils vont s^engager entre le cylindre et la platine, armée de 2 ou 3 lames ; l'eau sort par une échancrure de 0™,50 de large et 0'",12 de profondeur, pratiquée à la partie supérieure des parois verticales de la pile, au bout opposé à celui par lequel entre l'eau (*) ; cette échancrure est munie d'une vanne qui permet de s'en servir ou de la fermer à volonté. S'il y a une différence de hauteur de 1 mètre entre le fond du réservoir et le niveau de l'eau dans la pile, le tuyau qui amène Feau aura un diamètre de 0*°,12. Dans le fond de la pile sont établis de grands sabliers et des rainures dites cloutieres pour retenir le sable, les clous et les corps lourds analogues. Le chapiteau qui recouvre ce cylindre (de même que pour les piles raf&neuses) n'est pas accompagné de châssis. De l'autre côté du diaphragme de la pile, est établi un gros tambour laveur garni d'une toile métallique du n° 40 (**), tournant au gré de l'eau qui circule.

Au-dessous de la pile, on établit un ramasse-pâte avec une toile métallique du n® 50, de 3 mètres de longueur et l'",50 de large, placé sur un plan incliné à 45® et soutenu par des tasseaux en bois.

Voici l'utilité de ces dispositions : la pile, plus longue qu'à l'ordinaire, laisse les chiffons s'abaisser assez pour que les corps légers ou très-menus surnagent seuls et sortent par l'échancrure avec l'eau sale ; les sabliers et les cloutieres retiennent les corps lourds restés dans les chiffons, de sorte que les lames des défi-

(*) Gabriel Planche : Des cylindres employés dans les papeteries, 1865. Dans beaucoup de papeteries on se dispense, à tort, de ce lavage préalable, tout au pins pourrait-on éviter d'y avoir recours lorsque l'on traite uniquement des chiffons blancs et propres.

{^*) On sait que les numéros des toiles métalliques indiquent le nombre des fils de chaîne et de trame dans un carré de 27 millimètres de côté : le TP 40 présente donc dans cet espace 40 fils de chaîne et 40 fils de trame.

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