‹ Précis de chimie industrielle (volume 3)Chapitre 236 sur 412 · LAVAGE DES PÂTES BLANCHIES · texte numérisé non relu

LAVAGE DES PÂTES BLANCHIES

plusieurs fabricants habiles préfèrent le premier moyen, ou même prolongent sans addition ce blanchiment dans la pile, et se contentent de l'intervention spontanée de l'acide carbonique de l'air, qui produit de semblables effets, moins énergiquement, il est vrai, mais en ménageant mieux encore la cellulose fibreuse, et sans dégager de gaz insalubre en quantité notable.

LaifUge des pâtes blanchies au chlore. — Pour les pâtes de matières dures blanchies par le chlore gazeux, et que l'on se propose de laver et de triturer ou raccourcir en même temps, on fait construire une pile semblable à celle qui sert à la dernière phase du défilage. Les lames du cylindre et de la platine sont en bronze, dont la dureté est suffisante s'il représente un alliage composé de cuivre 85 et d'élain 15 : lorsque, par économie, on donne Ja préférence aux lames d'acier ou de fer, celles-ci s'usent assez vite et laissent dans la pâte des traces de composés ferrugineux qui altèrent sa blancheur.

Piles à blanchiment par le chlore liquide (hyvochloriie de chaux). — La capacité de ces piles, variable suivant l'importance de l'usine, correspond au traitement de 100 kilogr. à 1000 kilogr. de pâte (supposée-sèche) ; on les construit en briques ou béton, enduites de ciment, parfois en bois, bien qu'elles soient alors moins durables (*) ou même en fonte; dans ce dernier cas, on court le risque d'introduire dans la pâte des traces sensibles de composés ferrugineux. Le chapiteau qui couvre le cylindre n'est pas accompagné de châssis ; un grand sablier et une rainure cloutière sont établis au fond de la pile ; au lieu de cylindre, on a disposé, entre deux disques en bois, six ou huit palettes en bois également {**). La vitesse imprimée à ce tambour garni de palettes doit être telle, que la circulation dans cette pile (blanchisseuse) ait lieu avec la même rapidité que dans les piles défileuses. M. Planche indique le moyen de rendre le lavage et le blanchiment plus rapides, meilleurs, et d'affleurer la pâte, en substituant à la roue à palettes un cylindre garni de 20 fortes lames de bronze, accompagné d'une platine contenant 3 lames également en bronze : l'accroissement de dépense mécanique, dans ce cas, serait compensé par un travail mieux fait. Quant aux pâtes provenant de chiffons tendres, blanchies par le chlore,

(*) Si l'on n*a le soin d« garnir de clous en saillie de 5 i 6 millimètres les parois internes, afin de retenir an épais enduit de ciment lissé à la truelle.

(**) Dans quelques papeteries, ces sortes de roues hydrauliques A>nt en fer, oe qui expose à dinùnuer la blancheur de la pâte en papier.

636 DOSAGE DES l^UTIERES PREBUERES.

fois un des secrets de fabrique auxqueb on attache une certaine importance. Nous indiquerons, sur ce point, les dosages rec(»nmandés par M. Planche, après avoir donné quelques détails sur les qualités des matières premières employées pour ce collage.

L'importance que Ton attache» avec raison, à la blancheur du papier, sur laquelle se fonde eu grande partie sa valeur, doit engager à choisir, pour la résine et la fécule, les sortes commerciales aussi pures et blanches que possible : à cet égard, la résine (dite brui sec ou colophane) ^ résidu de la distillation de la térébentliine, par la vapeur, à Bordeaux et aux États-Unis, mérite la préférence ; elle est de couleur très-légèrement ambrée ou presque incolore*

Les féculeries préparent en général leur fécule la plus blanche pour les papeteries surtout ; la fécule commerciale pulvérulente, dite sèchcy ne doit pas contenir au delà de 4 équivalents ou 1 8 centièmes d'eau ; il est facile de s'en assurer en pesant un échantillon commun de 4 ou S grammes que Ton fait dessécher dans une étuve, à 110*. Quant aux matières minérales (sulfate de chaux, sable, argile, craie) que Ton pourrait ajouter, il serait fiicile de découvrir la fraude : l'incinération à une température modérée y suffirait, car la fécule normale bien préparée laisserait moins de 3 à 4 millièmes de cendres.

L'alun ou le sulfate d'alumine, employé pour la précipitation du savon résineux mêlé à la matière féculente, doit être exempt de composés ferrugineux ; la solution de l'un ou l'autre de ces deux sels ne doit donc pas donner sensiblement de précipité bleu par le cyanoferrure de potassium, même après Faddition de quelques gouttes de chlore. On se procure du sulfate d'alumine convenable, sous ce rapport, depuis qu'on le prépare en grand avec la bauxite de'T^T^scon{*). Le sulfate d'alumine pur cristallisé (Ai* 0', 3S0', 18H0) contient pour 100, d'après sa formule, 15,6 d'alumine ; le produit commercial en renferme 1 1 à 1 3 pour 1 00, tandis que l'alun, suivant qu'il est à base de potasse ou d'ammoniaque

(KO, S0«) + (APO», 3S0») + 24HO, ou

(AzH», HO, SO») -I- (APO», 3S0') 4- 24HO,

(*) Ce miDeral calciué au four à réverbère, avec du carbonate de soude, laisse Poxyde de fer inattaqué, tandis que Taluminate de souùe, dissous et précipité par Je gaz acide carbonique, donne de l'alumine (facilement épurée à raide de lavages; et du carbonate de soude dissous, qui, après une concentration et calcination, sert à une opération suivante.

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