‹ Précis de chimie industrielle (volume 3)Chapitre 249 sur 412 · RAMASSE-PÂTES · texte numérisé non relu

RAMASSE-PÂTES

quant toutes les sinuosités que décrit la feuille pour s'enrouler successivement autour des tambours abcdefghi,»,^ etc., etc. On peut voir dans les figures 1 , 2 et 3 les tuyaux QQ' , dans lesquels la vapeur circule afin d'échauffer Tair entre les côtés du bâti portant les tambours sécbeurs dans Tintérieur des 31 derniers de ces tambours f des ventilateurs à ailettes (fig. 7), mus par des poulies à gorges et un double jeu de cordes sans fin que commande la roue R (fig. 4); un de ces jeux de cordes fait tourner les poulies à ventilateurs 1,2, 3, 4, 5, 6...; Tautre imprime le mouvement de rotation aux poulies 1', 2', 3', 4', 6', 6'....

La feuille ainsi très-graduellement desséchée quitte en x (fig. 1 et 4) le séchoir à tambours pour se rendre au coupeur mécanique R, représenté dans ses détails (pi. XXIII, fig. 3 et 4).

En cheminant dans la direction &, a, al , a", c, âf, e (fig. 3), la feuille rencontre les trois couteaux à double disque circulaire tournant (a, a\ a'\ fig. 4) qui découpent ou ébarbent les deux bords et refendent en deux la feuille suivant toute sa longueur. Un quatrième couteau transversal découpe les feuilles suivant la largeur ou la longueur voulue. La figure 3 est l'élévation latérale et la figure 4 le plan horizontal. Cette machine à découper est mise en mouvement par les deux tambours coniques en fonte /*, ^; un porte-courroie à vis de rappel, entre ces deux tambours, règle la position de la courroie et par conséquent la vitesse variable à volonté.

Après avoir passé sur le rouleau y garni de feutre, la feuille descend dans une direction verticale d^ e, pour passer entre les lames articulées en acier, aussi longues que toute la largeur de la feuille et agissant d'après le principe des ciseaux usuels pour la ^ couper d'un seul coup transversalement.

Lei blancheur est une des qualités principales qu'on recherche dans le papier; or le chiffon, même bien blanchi, conservant toujours une légère nuance jaunâtre, on est dans l'usage d'azurer le papier, c'est-à-dire d'y ajouter une petite quantité d'une matière colorante bleue ou violette, complémentaire du jaune : on emploie, par 100 kilogr. de pâte supposée sèche, soit 1 litre de bleu de Prusse en pâte, soit ôOO grammes de bleu de cobalt, soit 500 grammes d'outremer très-fin, soit enfin 500 grammes de cendres bleues.

Ramasse-pâtes i^).-^h&xx de réaliser toutes les économies pos-

(*) Des Ramasse'pdtes^ par Gabriel Planche, 1866.

654 RAMASSE-PAtES.

sibles en évitant la déperdition parfois Importante de la cellulose fibreuse, on fait usage, dans les papeteries, surtout depuis le haut prix des chiffons, et particulièrement en Angleterre, de différents systèmes de ramasse-pâtes appropriés aux eaux de lavage sortant des appareils cités plus haut, et que nous allons énumérer :

V Eaux des piles échancrées à laver les chiffons : elles s'écoulent sur des toiles métalliques du n^ 30 fixées sur un châssis et maintenues, par des tasseaux en bois, parallèlement à un plan incliné en pente de 45^; les filaments entraînés restent sur cette %orte de tamis : on les pousse de temps à autre avec une brosse, vers une petite caisse au bas du châssis ; lorsque la toile s'engorge, on la nettoie dans Teau claire après Tavoir remplacée par un autre châssis.

2*^ Eaux des piles laveuses à cylindre et lames en bois agissant sur les chiffons après le lessivage : les fibrilles que ces eaux entraînent sont retenues à la superficie d'un tambour laveur tournant dans une caisse d'où leau tamisée sort autour de l'axe comme dans les tambours laveurs ordinaires; un rouleau extérieur en bois s'appuyant par son poids ou par un faible ressort sur la nappe des fibrilles légèrement adhérentes au tambour les relève et s'en entoure comme d'une sorte de manchon, qui lui-même ramasse mieux encore que le bois à nu la couche des fibrilles retenues à la superficie de la toile.

3^ Eaux évacuées des piles supérieures à chiffons blancs : ces eaux s'écoulent par l'arbre creux d'un tamis ou sorte de blutoir tronconique, au bout offrant la petite section; la toile plus ou moins fine sur ce blutoir laisse passer l'eau, retenant les fibrilles qui tendent à descendre sur la pente qu'offre constamnaent, vers la base ou grande section, la génératrice de ce cône tronqué : un arrosage par des jets d'eau suivant une direction normale à la superficie du blutoir entretient à l'intérieur la fluidité de la pâte, suffisante pour la faire écouler jusque dans un récipient inférieur où elle s'égoutte sur une toile fine.

4® Eaux du défilage dans la même pile : elles sont versées dans une caisse à grand tambour laveur de 1™,60 de longueur et 1",50 de diamètre, garni d'une toile métallique du n° 50 (mù à Essonne par une roue hydraulique a augets recevant l'eau perdue de 20 piles défileuses).

5* Les eaux entraînant les filaments les plus ténus peuvent être filtrées dans un sac en toile pelucheuse de coton, ou mieuit encore dans un sac de laine d'où Ton extrait facilement la masse

recueillie en la soumettant à une légère pression qui la rassemble.

6® Les eaux provenant des presse-pàtes, des caisses à égoutter la pâte blanchie au chlore gazeux, sont reçues sur un plan incliné aussi long que possible, de même que les eaux de la caisse à défilé (pour celle-ci le plan est garni d*une toile métallique du n? 15) et de la pâte provenant du blanchiment à Thypochlorite de chaux; celles-ci sont écoulées sur un plan incliné garni d*une toile n® 50. Toutes les eaux de la machine non remontées en tête passent par un tambour laveur à toile fine.

7^ Toutes les eaux sales de Tusine sont quelquefois déversées dans des bassins occupant une surface de plusieurs hectares; elles < y déposent des filaments accidentellement entraînés et une matière boueuse dont on peut tirer parti comme engrais, et qui autrement eût altéré les eaux des canaux on des rivières.

f f. Essais des papiers*

Papiers collés. — On peut distinguer le papier collé à la gélatine du papier à la résine : ce dernier, contenant toujours de la fécule, se colore en bleu indigo lorsqu'on le met en contact avec une solution d'iode étendue ou avec la vapeur d'iode.

On parvient d'ailleurs à en extraire la résine en le traitant par un acide faible, le séchant et le mettant en contact avec l'alcool qui dissout la résine et la donne en résidu par l'évaporation.

On peut reconnaître le collage à la gélatine d'après la proportion d'azote que donne le papier à l'analyse élémentaire {i^oy, ce mode d'analyse dans le chapitre des Engrais, inséré plus loin) ; le dosage de l'azote indiquerait aussi les quantités de laine ou de soie dans les papiers gris non collés.

Papiers eT intestins, — Ce papier se reconnaît sans peine aux abondantes vapeurs ammoniacales qu'il donne lorsqu^on le calcine dans un tube, et a la propriété de se crisper lorsqu'on le fait bouillir dans l'acide acétique.

Papiers mêlés de substances minérales. — On mélange souvent, dans le papier blanc ou coloré, des substances minérales telles que du sulfate de chaux, du sulfate de baryte ou de plomb. Ces additions constituent une double fraude, car elles rendent plus lourd, à surface égale, le papier qui se vend au poids, et diminuent beaucoup sa ténacité. La présence de ces substances est constatée par une simple incinération : en effet, le papier

Page 1