Propriétés, état naturel
L'acide chlorhydrique pur est gazéiforme sous les pressions et températures atmosphériques, tandis qu'il se liquéfie par une forte pression et par un refroidissement à 50° au-dessous de zéro. Sa densité est égale à 1,247, par conséquent 1 litre de ce gaz étant formé de £ litre d'hydrogène -+- £ de chlore représente la demi-densité du chlore 1,2129 plus la demi-densité de l'hydrogène, 0,0345 et 100 parties en poids = 97,26 de chlore -+- 2,74 d'hydrogène. Il est incolore, et répand des vapeurs blanches dans l'air en s'unissant à la vapeur d'eau qu'il y rencontre et se précipitant, sous forme de brouillard, à l'état de liquide en minimes globules. Son affinité pour l'eau est telle que celle-ci se précipite dans le gaz chlorhydrique anhydre comme dans le vide : cette propriété explique la facile condensation de l'acide chlorhydrique (lorsqu'il n'est pas mélangé d'une grande quantité d'air ou d'autres gaz non condensables,
"au moyen de l'eau, sans même qu'il soit nécessaire de faire plonger dans ce liquide les tubes qui l'amènent.
A la température de + 159 et sous la pression de 0m,76, l'eau peut absorber 475 fois son volume d'acide chlorhydrique gazeux, et plus de 500 fois à 0°, elle en est alors saturée ; ce liquide en contient 0,4285 ; le poids spécifique de la solution est égal à 1 ,210. Si Ton fait chauffer cette solution, elle laisse dégager beaucoup de gaz acide, et bientôt le liquide prend une composition constante et se distille alors à la température de + 1 10°. C'est encore le terme auquel on arrive lorsqu'on fait bouillir de F acide chlorhydrique très-étendu : d'abord l'eau se dégage, entraînant peu d'acide; celui-ci se concentre donc; sa température d'ébullition devient sensiblement constante dès qu'elle atteint. 110°.
L'acide chlorhydrique exhale une odeur très-piquante. Inerte sur le carbone, le soufre et les*autres métalloïdes, il agit, au contraire, vivement sur plusieurs métaux : il forme alors des chlorures et laisse dégager l'hydrogène.
On n'a observé l'acide chlorhydrique libre que dans quelques produits gazéiformes des volcans et dans les eaux de deux rivières : le Rio-Grande et le Ruiz, où il accompagne l'acide sulfu rique [yoy. plus haut ce dernier acide).