‹ Précis de chimie industrielle (volume 4)Chapitre 156 sur 233 · Chlorure d'aluminium et de sodium · texte numérisé non relu

Chlorure d'aluminium et de sodium

Dans les premiers temps de la fabrication du nouveau métal on employait à son extraction le chlorure anhydre simple d'aluminium APC1* préparé en décomposant à chaud l'alumine sous la double influence du charbon et du chlore desséchés : Al*0*-f-C3 +Cl» = 3CO-+-Àl2Cl».

Le dorure double d'aluminium et de sodium (ÂlsCls+NaCl= 2404*5) contenant 2 équivalents d'aluminium ou 342, représente 14 d'aluminium pour 100 de son poids : pendant la réaction à chaud du chlore sur un mélange d'alumine, de charbon et de sel marin, ce chlorure double se produit et aussitôt se dégage sous forme de vapeurs facilement condensables en un liquide qui se solidifie par le refroidissement; plus compacte et moins volatil que le chlorure simple d'aluminium, il est bien plus facile à manier

(*) La bauxite analysée en 1821, par Berthier, qui l'avait trouvée pauvre en fer, exempte de silice, riche en alumine. (J^oy. plus haut les applications delà soude.)

sans danger. L'opération s'effectue en préparant d'abord le mélange d'après le dosage suivant :

Alumine 400, Sel marin 420, Charbon de bots 40.

Ces matières sèches et pulvérulentes sont agglomérées à l'aide d'un peu d'eau en boules irrégulières grosses comme le poing, puis desséchées à chaud (100 à 150°) dans une étuve.

On en remplit des cylindres en terre à creuset : ceux-ci sont confectionnés avec 200 d'argile de forges crue en pâte et 1 00 de la même argile calcinée réduite en poudre grenue; le mélange est fortement pétri. Ces cylindres lentement séchés, puis soumis debout à la cuisson, comme les creusets, ont lm,25c de hauteur, 18 cent, de diamètre intérieur; un court ajutage près du fond et un autre sur la même ligne à la partie supérieure permettent d'introduire dans celui du bas un tube en grès adapté à un tube en plomb abducteur du chlore (*) ; l'ajutage supérieur reçoit un tube en grès qui conduit le chlorure double en vapeurs et le liquide dans un récipient formé d'un vase en terre cuite (semblable à un grand pot à fleurs non troué), recouvert d'un semblable vase offrant un trou latéral qui reçoit le tube et un autre trou au sommet recevant des tubes superposés (d'environ 6e de diamètre) en poterie qui conduisent les gaz et vapeurs non condensés à la cheminée. Chacun des cylindres (disposés debout au nombre de 6 ou 8 dans un seul massif de four) est chauffé par un foyer en avant-corps dont la flamme en arrivant au haut du cylindre est renversée, circule de haut en bas autour du cylindre et se dégage par une cheminée traînante horizontale commune, au-dessous du four et qui aboutit dans une grande cheminée de l'usine. Chaque cylindre vertical dont l'embouchure affleure le dessus du four est fermé pendant l'opération avec un couvercle semblable à celui des grands creusets et luté avec de l'argile.

Le chlore est dégagé de plusieurs appareils *â quatre bombonnes semblables à celui qui est décrit plus haut page 445. Chacun d'eux est muni d'un flacon laveur (où le barbotage sert de guide à l'opérateur) et de deux ou trois bombonnes vides dans lesquelles la plus grande partie de l'eau se condense. Lorsqu'on a

(*) Vis-à-vis chaque ajutage se trouve une embrasure fermée à volonté par des briques réfractaires.

fait passer de bas en haut dans un cylindre préalablement chauffé la quantité de chlore nécessaire pour consommer les 0,66 des matières premières (ce que Ton reconnaît d'ailleurs au volume du produit récolté), on cesse le dégagement du chlore, on enlève le couvercle du cylindre et Ton remplit celui-ci avec les boules composées de charbon, de sel marin et d'alumine; on lute le couvercle obturateur dans la rainure circulaire du cylindre, et dès que la température est élevée de nouveau au degré convenable, on fait passer le courant de chlore comme la première fois; on recueille le produit (chlorure double liquide) et Ton continue xle la même manière tout le temps que les cylindres peuvent résister, car la triple influence de la température, du charbon et du chlore ne laisse aucun résidu inattaqué dans le mélange dont les cylindres sont chargés , pourvu que les doses employées soient convenables ; la réaction produit du chlorure simple qui s'unit au sel marin, et c'est le chlorure double de sodium et d'aluminium qui se volatilise et se condense à l'état liquide dans le vase récipient supérieur; il se dégage même toujours, pendant les opérations, du chlorure de silicium formé aux dépens de la silice qu'attaquent simultanément le charbon et le chlore. On comprend enfin que tout le temps de la réaction il se dégage de l'oxyde de carbone provenant de la réduction par le charbon de l'alumine et de la silice. On peut faire dans chaque cylindre deux opérations en vingt-quatre heures. Le chlorure double de sodium et d'aluminium s'étant pris en masse cristalline par le refroidissement, on le casse en morceaux et on le conserve en vase clos pour s'en servir dans la fabrication de l'aluminium décrite plus loin.

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