VOLUMES
de 1000 grammes
du plâtre.
EAU POUR GACHER
clair.
serre.
(*) Un mètre cube de plâtre de Montmartre pèse, en moyenne, savoir : cm, en moellons, 2000 kilogr. ; cuit, en poudre, 1000 kilogr. ; en poudre mêlée de morceaux, 1190 kilogr. ; cuit avec de l'alun et réduit en poudre tamisée, 1100 kilogr.
?. Applications.
Le plâtre naturel, grenu, en moellons s'expédie pour être cuit et servir aux constructeurs et mouleurs dans nos départements et à l'étranger . On remploie aussi comme moellons à bâtir; cette application est prohibée dans les villes, parce que l'excès, d'humidité et surtout le contact prolongé de petits filets d'eau suffisent pour dissoudre ou désagréger peu à peu les pierres à plâtre et compromettre la solidité de pareilles constructions.
Le plâtre cru réduit en poudre sert à décomposer le carbonate d'ammoniaque par une simple filtration qui donne du sulfate d'ammoniaque et laisse sur le filtre le carbonate de chaux insoluble. Le plâtre cristallin pulvérisé est parfois mélangé aux couleurs broyées à l'eau dont il augmente le poids sans amoindrir beaucoup l'intensité , en raison de sa transparence. On peut remployer dans l'agriculture; mais le plâtre cuit est préféré parce qu'il est plus aisément divisé et que cette division est moins coûteuse. Certains plâtres crus à grains fins blancs, trèscompactes (albâtre gypseux), servent aux sculpteurs pour former des objets d'ornement (vases, colonnes, montures de pendules, etc.) d'un poli doux et d'un bel aspect, mais moins durables que les objets semblables en albâtre calcaire (carbonate de chaux en masses cristallines).
L'espèce de sulfate de chaux anhydre qui se rencontre dans les terrains intermédiaires et dans les premières couches des terrains secondaires avec les dépôts de sel, en masses considérables, dures, lourdes, est quelquefois employé à faire des vases, des chambranles de cheminée, etc. Ce sulfate, rarement cristallisé (en prismes rectangulaires), pèse 2960, l'eau pesant 1000 à volume égal; tandis que le sulfate de chaux naturel le plus répandu, à 2 équivalents d'eau, pèse 2300. Le poids spécifique du sulfate à 1 équivalent d'eau pour 2 de sulfate, précipité à chaud dans les générateurs, est de 2700; sa dureté est également intermédiaire entre celle des deux autres sulfates de chaux.
Les applications du plâtre cuit ordinaire sont nombreuses : on l'emploie très-utilement pour une foule de constructions et d'enduits, au-dessus du sol : pour cimenter les moellons, briques, dalles, carreaux, etc.; pour jeter promptement des plafonds, traîner des moulures rectilignes, circulaires, horizontales ou verticales : on met à profit, pour cela, cette première prise qu'il forme au bout de 12 à 15 minutes et qui donne une certaine adhérence à toutes
ses parties entre elles comme avec les corps rugueux. Aucune autre matière ne permet d'obtenir avec autant de rapidité des scellements solides. On s'en sert pour préparer, par un moulage simple, des carreaux à rainures et languettes, que Ton rend très-économiques en y interposant avant la prise, des plâtras .de démolition, des scories de houille, des fragments de briques ou de poteries légères, etc. Ces carreaux fabriqués d'avance permettent de construire rapidement des cloisons qui sont presque immédiatement sèches, puisque les joints seuls contiennent du plâtre (rais.
On confectionne, avec du plâtre tamisé, gâché clair, une grande variété d'objets moulés, tels que médailles, figurines, statuettes, etc., des tables épaisses pour couler la pâte à porcelaine en plaques à tableaux et des moules en coquilles, lorsqu'on veut obtenir des tubes, cornues, et pour former des tasses extrêmement minces, auxquelles on parvient à souder des anses en moulant celles-ci, creuses elles-mêmes et façonnées, par simple coulage, dans un moule en plâtre. La porosité et la propriété d'absorber Peau qui caractérisent les objets façonnés en plâtre etséchés, sont utilisées dans cette sorte de moulage des pâtes fluides : elles permettent l'emploi de la pâte fluide, parce que le plâtre, en absorbant l'eau, solidifie la matière à porcelaine; celle-ci dès lors peut conserver la forme du moule ou la planéité de la surface des tables.
La même propriété explique l'effet remarquable des dalles ou des tablettes épaisses construites en plâtre pour absorber l'eau (même au travers du papier non collé) et hâter la dessiccation des couleurs broyées en pâte (trochisques) de la fécule, de V amidon et de la levure humides.
Les reproductions métalliques, par la galvanoplastie, peuvent être obtenues à l'aide de modèles en plâtre dont les pores sont remplis avec un mélange de résine et de cire fondues ensemble , et qu'on saupoudre de plombagine pour rendre la superficie conductrice.
On coule souvent en plâtre les modèles à reproduire, par le moulage, en fonte, en bronze ou en zinc.
On a fait l'application du plâtre pour boucher les flacons à larges goulots : à cet effet on introduit dans le goulot une feuille d'étain formant une sorte de poche, on y verse du plâtre gâché serré dans lequel on introduit à moitié de l'épaisseur du plâtre une grosse tige conique que Ton retire avant la solidification complète ; il reste un bouchon de plâtre offrant une cavité : le
plâtre en se gonflant ferme hermétiquement l'ouverture ; lorsqu'on veut déboucher le vase, on verse de l'eau tiède dans la cavité qu'on entretient pleine durant 10 à 20 minutes, puis on désagrège le plâtre avec la pointe d'un couteau.
Les divers ornements, enduits unis, moulages en plâtre, peuvent être garantis contre l'humidité en les imprégnant à chaud d'un mélange liquéfié de 3 de cire et 1 d'huile de lin lithargirée, ou plus économiquement de 1 d'huile et 2 de résine. On peut donner à cet enduit imperméable la couleur du bronze en ajoutant au mélange de cire et d'huile, ou à la résine fondue, des savons métalliques d'oxyde de cuivre, de protoxyde et de peroxyde de fer.
Les applications du sulfate de chaux à V agriculture sont plus particulièrement utiles à certaines familles végétales, telles que les Légumineuses y les Renouées , les Crucifères, les Liliacées. Le plâtre cuit, hydraté à l'air et répandu par un temps humide, produit le maximum d'effet dans ces cultures ; il paraît cependant utile dans toutes les terres, soit qu'il détermine dans ses pores la condensation des gaz et la formation des azotates, soit qu'il fixe le carbonate d'ammoniaque (des eaux pluviales et des engrais) qu'il transforme en sulfate, soit enfin qu'il complète l'alimentation calcaire indispensable aux végétaux et leur fournisse en outre le soufre indispensable aux substances albuminoïdes. On emploie de 100 à 500 kilogr. de plâtre par hectare; il produit d'autant plus d!effet qu'il est plus divisé. On peut le délayer dans les urines et le répandre dans le même but sur les fumiers ; on s'en sert pour saupoudrer le sol des étables et arrêter ainsi les émanations ammoniacales; les vieux plâtres de démolition sont propres à cet usage; ils introduisent de plus (lorsqu'ils proviennent des murs des écuries, celliers, etc.) des azotates de chaux, dépotasse, de magnésie, utiles comme engrais.
On ajoute souvent 2 à 5 millièmes de plâtre dans le moût des vins blancs légers ainsi que dans les cuvées à vins rouges du Midi difficiles à clarifier et à conserver, pour diminuer l'activité de la fermentation et précipiter une partie du ferment et de quelques autres matières organiques, enfin modifier la couleur par la réaction de la portion d'acide tartrique mise en liberté ; dans ce cas, le sulfate de chaux réagissant sur le bitartrnte de potasse, forme du tartrate de chaux et du sulfate de potasse. Ce dernier sel, qui reste en entier dissous dans le vin, ne saurait y remplir le rôle utile du sel à acide végétal : car celui-ci, doué d'une saveur
aigrelette agréable, est réductible par une simple réaction désoxydante, en carbonate, tandis que le sulfate présente une saveur amère désagréable ; il est purgatif et ne saurait être réduit en présence des matières organiques fermentescibles qu'en un sulfure défavorable à l'hygiène. Lorsque le plâtre est employé dans la cuve, son contact plus ou moins prolongé avec les grappes de raisin favorise la dissolution du tartrate de potasse en le transformant en sulfate. Le vin peut donc contenir dans ce cas plus de sulfate de potasse que l'équivalent du tartrate, et plus d'acide tartrique que si le plâtre avait été mis dans le moût soutiré, c'està-dire séparé du marc.
> Le plâtre se prête à certaines falsifications (faciles à découvrir d'ailleurs) par son mélange avec plusieurs substances grenues ou pulvérulentes, telles que le sel marin, la fécule, etc. Très-blanc et bien divisé, on l'introduit dans le papier, dont on augmente ainsi le poids, mais en diminuant la ténacité. Dissous à chaud dans l'eau aiguisée d'acide, le sulfate de chaux cristallise par refroidissement en petits cristaux aiguillés que Ton a parfois employés pour falsifier le sulfate de quinine. Ces fraudes sont faciles à constater en raison du peu de solubilité du sulfate de chaux, de son incombustibilité et de quelques autres de ses propriétés spéciales.
applications des plâtres durs. — "Les produits blancs de cette sorte de plâtre servent à former des enduits unis ou veinés (en interposant des filets du même plâtre mêlé de noir de fumée ou d'oxydes colorants). Ces enduits, poncés et polis à la pierre de touche et vernis, deviennent aussi luisants et aussi solides, mais moins coûteux que le stuc, les menus objets d'ornement, figurines, petits bas-reliefs et sculptures moulés à la gélatine sont d'un joli aspect. On leur donne la demi-translucidité et l'apparence de l'ivoire en les imprégnant d'acide stéarique (*) . L'agglomération de rouleaux , boules et morceaux irréguliers encore mous, de ce plâtre gâché blanc et teint diversement avec des ocres rouges, jaunes, etc., nus ou enveloppés d'une couche du même plâtre teint en noir de fumée, donne des petits blocs formés de mor-
(*) A cet effet, on plonge les pièces moulées , préalablement imprégnées d'eau savonneuse, et séchées, dans l'acide stéarique fondu au bain-marie; on les y laisse 1 à 2 heures, suivant leur épaisseur, puis on les met pendant 1 heure dans une étuve ; enfin on les recouvre de sciure de bois blanc (peuplier) très-sèche et chaude ; cette sciure absorbe l'excès de matière grasse restée dans quelques coins ou anfractuosités des objets moulés.
ceaux diversement colorés que Ton découpe et que Ton polit après dessiccation pour imiter des objets en marbre de couleur ou blancs veinés, tels que chambranles, vases, garnitures de cheminées, etc.
Le plâtre dur de teinte grisâtre, gâché avec son volume de recoupes de pierre, prend un ton de pierre très-convenable dans les grandes constructions, pour réparer des pilastres, colonnes, revêtements, etc., en pierre de taille. Les enduits de plâtre dur de toutes nuances reçoivent les peintures plus économiquement que les enduits de plâtre ordinaire, celui-ci étant beaucoup plus poreux et plus absorbant.
Les plâtres durs se vendent au poids, savoir : les plâtres gris, 8 à 10 fr. les 100 kilogr., et 15 à 20 fr. le plâtre blanc. Le plâtre ordinaire se vend à la mesure appelée muid, contenant 9 hectolitres, et dont le prix est, près de Paris, de 12 fr. environ.