Verre de Bohême t erowm.glass
Le verre dit de Bohême, qui est un silicate de potasse dans lequel il entre d'assez faibles proportions de chaux et d'alumine, est remarquable par sa légèreté et par l'absence complète de coloration. Ces deux qualités le rendent propre à la fabrication des objets de gobeleterie. Il convient parfaitement à la fabrication des instruments d'optique pour achromatiser le flint-glass. La beauté de ce verre est telle que les anciens auteurs l'ont confondu avec le cristal dont il diffère beaucoup par son poids spécifique.
OOMPOSITIOM D» VERRE DE BOHEME QUI DOHHBfT DES TITRES ET DB1 GOBELETERISB DE BELLE QUALITE.
Quarts en pondre 400
Carbonate de potasse épuré (*) 60
Chaux 80
La fusion et le travail de ce verre se font comme nous venons de le dire pour le verre à vitres.
Le verre de Bohême se fabrique à pots ouverts ; on ne peut donc le foudre à la houille. Quelque soin que l'on prenne , la fumée de ce combustible le colore toujours sensiblement et en détruit la belle limpidité. La fusion s'opère au bois résineux qui brûle complètement avec excès d'air sans jamais donner de fumée charbonneuse.
Ce verre est employé depuis longtemps pour les vitres de prix dans les grands hôtels, pour garnir les portières des carrosses, recouvrir les gravures , et en général pour tous les usages qui rendent indispensable une épaisseur de 4 à 6 millimètres sans coloration. Le cristal et le verre de Bohême peuvent élre façonnés en tables épaisses sans que leur couleur devienne sensible.
On fabrique en Bohême un verre diaphane et très-durable avec la composition suivante : silice, 100; potasse épurée (**), 30 ; chaux vive, 15. MM. Maës et Clémandot rendent cette composition fusible dans nos fours, en y ajoutant quelques centièmes d'acide borique : ils obtiennent ainsi des boro-silicates constituant un verre de la plus belle qualité.
(*) Plus pour chacune : acide arsénieux 0,5, bioxyde de manganèse 2 ou azotate 4* potasse 2.
(**) Par le procédé de dissolution à courte eau indiqué précédemment.
Sous le nom de crown-glass [y erre en couronnes) on désigne l'espèce de verre dont on façonnait, en Angleterre, des Titres circulaires par l'ancien procédé. On avait d'abord cru, dans les ateliers d'instruments d'optique, désigner par là un verre commun quelconque, dont la réunion avec le cristal, ou flintglass , procurerait les objectifs achromatiques ; mais une étude attentive a montré que, lorsqu'on veut lui donner des qualités convenables pour les besoins de l'optique , le crown-glass doit offrir une limpidité parfaite, et être assez peu coloré pour qu'une lentille très-épaisse ne présente pas de coloration notable. Il doit être exempt de stries, de bulles et de nébulosités laiteuses.
Il n'est pas toujours facile de réussir dans la fabrication du crown-glass. Pour l'obtenir incolore, on doit se servir de potasse et non de soude ; quand même la soude donnerait un verre sans coloration, elle devrait être rejetée par suite de la facilité avec laquelle le verre à base de soude se dévitrifie , surtout dans les masses épaisses qui exigent un long recuit.
En évitant la qualité hygroscopique par une trop forte addition de chaux, on retombe dans l'inconvénient, grave aussi, d'une dévitrification facile. Le verre à base de potasse et de chaux soumis au recuit ou refroidissement prolongé qu'exigent les blocs épais destinés à produire les grandes lentilles, peut alors prendre un aspect laiteux qui provient d'un commencement de cristallisation dans la masse.
* £• Verre A gobelcterle.
Ce verre peut être à base de soude ou de potasse; mais le dernier est généralement préférable en raison de sa teinte plus blanche et de sa diaphanéité complète. Du reste, le verre à gobeleterie ne diffère pas notablement du verre à vitres. Ainsi, pour tous les ustensiles de chimie, on refond simplement des rognures ou des groisils de verre à vitres. A la vérité, le verre se colore, mais cela n'offre pas d'inconvénients dans cette application.
Verre filé. — Quand le verre a été ramolli, on peut l'allonger et le filer très-rapidement, au moyen d'une roue sur laquelle le fil s'enroule. Si Ton étire un tube de verre creux, le trou se conserve, quelle que soit la finesse du fil. Un morceau de tube de thermomètre, étiré en fils par une roue ayant un mètre de circonférence et mue avec une vitesse de 500 tours par minute, s'est allongé jusqu'à 30 000 mètres ; le fil obtenu était d'une finesse
extrême et offrait un diamètre intérieur à peine calculable. Ce fil était creux cependant, car, placé sous le récipient d'une ma* chine pneumatique, un bout en dedans, l'autre en dehors, un fragment de 5 centimètres laissa passer le mercure en petits filets brillants lorsqu'on fit le vide.
Les fils très-fins provenant d'un petit parallélipipède de verre à vitres, coupé avec un diamant, présentent un grand éclat; vus au microscope, ils offrent une forme aplatie et quatre angles droits distincts. C'est sans doute à cette forme anguleuse et à leurs facettes qu'ils doivent l'éclat remarquable dont ils sont doués.
Les fils de verre sont assez souples pour être tissés à la manière du fil commun, et employés en ornements. MM. Dubus et Bonnel en ont tissé des étoffes : les verres jaunes orangés donnent ainsi des tissus brillants qui imitent la soie ou For; les verres blancs imitent l'argent. On comprend que la grande différence de densité qui existe entre le verre et l'air interposé dans ces tissus, détruise la transparence et multiplie l'éclat des surfaces au point de leur donner un brillant métallique.
Les vitres communes et les gobeleteries de qualités inférieures se préparent avec des compositions analogues, quant aux dosages, mais différentes par l'impureté des matières; elles offrent en général des produits vitreux à teinte verd&tre.
f 3. Verre A bouteilles*
Ce verre est formé, comme nous l'avons vu, de silice, potasse ou soude, alumine, chaux, oxydes de fer et de manganèse. Ces derniers oxydes colorent le verre qui doit aussi une partie de sa couleur au charbon. Comme la coloration du verre à bouteilles ne nuit pas à son débit, on peut le fabriquer à creusets ouverts, même en se servant de houille comme combustible.
Préparation. — On emploie dans la composition du verre à bouteilles peu de soude ou de potasse. Les matières premières de la fabrication sont des sables jaunes et ferrugineux, des résidus provenant du lessivage des soudes brutes du commerce, des cendres lessivées qu'on nomme charrées, des cendres neuves, des soudes de varechs et de l'argile commune calcaire. Les sables colorés sont même préférables aux sables blancs : l'oxyde de fer qu'ils contiennent, tout en augmentant la dose de fondant, donne la couleur verte due au protoxyde de fer. On en élimine
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seulement les corps étrangers d'un volume notable, tels que les pyrites, les cailloux, etc. Dans ce but, on Us fiât sécher et on les passe au travers d'un tamis.
L'argile convenable pour la composition du verre à bouteilles est jaunâtre, marneuse : c'est la terre à four qui contient de l'alumine, de la silice, du carbonate de cbaux, des oxydes de fer et de manganèse. Elle est peu liante, se réduit facilement en poudre quand elle est sèche, ce qui rend les mélanges plus faciles.
Les résidus du lessivage des soudes, ainsi que les cendres lessivées dites charries^ sont séchés, puis passés à la claie.
Les cendres neuves proviennent en général des foyers domestiques. On préfère celles qui résultent de la combustion du bois neuf ou du charbon de bois.