‹ Précis de chimie industrielle (volume 4)Chapitre 31 sur 233 · Ozone · texte numérisé non relu

Ozone

M. Schœnbein ayant constaté dans l'air un instant en contact avec le phosphore humide ou récemment traversé par de nom-

longtemps repoussce, est assez généralement admise aujourd'hui. Les beaux travaux de M. Pasteur, dans ees derniers temps, en ont souvent donné d'élégantes et positives démonstrations.

(*) Lassaigne et M. Félix Leblanc ont fait de nombreuses expériences et analyses sur l'air confiné des salles de spectacles, amphithéâtres, hôpitaux ; ou doit à M. Lf blanc, parmi un grand nombre de faits bien constatés à cet égard, l'observation importante de la propriété très-délétère de l'oxyde de carbone , que peuvent répandre certains foyers dans les lieux habités.

breuses étincelles électriques (ce dernier phénomène avait été observé en 1785 par Van Marum, qui dès lors signalait l'odeur acquise par l'oxygène , ainsi que la propriété de se combiner à froid avec* le mercure), ou encore dans l'oxygène dégagé de l'eau décomposée par la pile, une odeur spéciale, et des réactions oxydantes énergiques, en a conclu la production d'un corps nouveau qu'il nomma ozone (du grec #Ço>, je sens). Le même savant a reconnu que l'ozone, en contact avec l'eau et l'azote, peut produire de l'acide azotique et par conséquent des azotates; qu'il change les acides sulfureux et azoteux en acides sulfurique et azotique; qu'il agit sur les métaux oxydables au point de les faire passer an maximum d'oxydation ; qu'il décompose les matières organiques ligneuses et les substances colorantes; qu'enfin il décompose l'iodure de potassium en rendant l'iode libre. Cette réaction lui a fourni le moyen de déceler des traces d'ozone dans l'air. En imprégnant un papier blanc lustré d'un empois fait avec 100 d'eau et 10 d'amidon pour 1 d'iodure, on comprend que l'ozone soit signalé par la coloration bleue. MM. Martignacet de la Rive ont conclu de leurs expériences que l'ozone n'est pas un corps simple, que ses effets résultent d'une active énergie imprimée à l'oxygène par l'électricité. On a conservé dans la science le nom d'oxygène ozôné depuis que MM. Becquerel et Frémy eurent établi , par des expériences nombreuses et variées , que l'air ozone ne renferme pas un corps nouveau, mais bien une partie de son oxygène mis dans un état particulier d'élcctrisation qui lui donne des propriétés oxydantes bien plus énergiques, analogues à celles de l'oxygène à l'état naissant. M. Andrews a constaté que l'ozôue a toujours la même odeur, quelle que soit son origine, qu'il ne constitue pas un corps composé, que c'est l'oxygène lui-même dans un état particulier ou allotropique. Suivant M. Soret, l'ozone serait absorbé par l'essence de térébenthine, et la densité de l'ozone serait représentée par une fois et demie celle de l'oxygène.

MM. Bineau, Béchamp, Pouriau, Cloëz et Houzeau, appliquant à des recherches nombreuses, soit le papier imprégné d'iodure de potassium et d'amidon, qui bleuit par l'iode mis en liberté dans l'air contenant de l'oxygène ozôné , soit le papier rougi de tournesol imprégné d'iodure de potassium et qui bleuit par une oxydation formant de la potasse (*), ont fait un grand nombre

(*) Par de nouveaux faits relatifs à l'iodure de potassium, j'ai montré que

80 AIR ATMOSPHERIQUE.

d'observations comparatives sur l'air, en différentes localités et saisons.

Ils ont vu (M. Houzeau surtout) que l'air est actif ou ozôné dans les campagnes et dépourvu de ces propriétés dans les villes, et en ont déduit des conséquences qui intéressent les applications à la science, à l'industrie, à l'agriculture : la formation de l'acide azotique aux dépens de l'ammoniaque, ou même par la combinaison directe de l'azote atmosphérique avec l'oxygène ainsi électrisé, la formation des azotates par le concours de ces réactions en présence des bases, les influences salubres, ou contraires aux épidémies, de l'air dans les localités où il est habituellement pourvu d'oxygène ozôné.

Dans sa méthode ozônomé trique, le réactif que M. Houzeau emploie pour constater la présence de l'oxygène ozôné, se prépare en plongeant la moitié d'une bande de papier à filtre préalablement teint en rouge vineux par le tournesol, dans une solution aqueuse à 0,01 d'iodure de potassium rendue très-légèrement acide par l'acide sulfurique.

L'air qui renferme de l'oxygène ozôné, oxydant une partie du potassium, met de l'iode en liberté en formant de la potasse, dont la réaction alcaline bleuit le papier ; réaction que ne produit pas l'oxygène dans son état ordinaire.

La moitié de la bande du papier teinte en rouge, mais non imprégnée d'iodure de potassium, sert de témoin pour prouver que le changement de la couleur rouge en bleu est dû à une formation de potasse ; car si l'ammoniaque dans l'air était cause de ce changement, la moitié non imprégnée d'iodure serait également bleuie. L'auteur a d'ailleurs rappelé que, sous plusieurs influences indépendantes de l'oxygène ozôné, les papiers iodurés, amidonnés se colorent en bleu indigo, et que cette coloration disparaît dans l'air humide, (^o/.la note page précédente.)

M. Houzeau produit aisément l'état ozôné ou naissant de l'oxygène en dégageant ce corps lentement du bioxyde de baryum par l'acide sulfurique concentré ; afin de rendre ie dégagement graduel et modéré, on tient le vase plongé dans de l'eau froide. Le gaz ozôné ainsi obtenu agit non-seulement sur l'iodure de

ce composé est très-rarement pur, et très-souvent plus ou moins ioduré, dans les laboratoires et chez les. fabricants de produits chimiques ; que , même à l'état de pureté, il devient instable en présence de l'air humide et de traces des acides faibles : ces indications ont pu parfois être inûdèles. {Jroj. les Comptes rendus de V Académie des sciences des 18 et 25 septembre 1865.)

AIR ATMOSPHERIQUE. 81

potassium, mais encore il peut oxyder une lame d'argent chauffée, que Ton met en contact avec lui. En versant de l'ammoniaque dans de l'air dont une partie de l'oxygène est ozônée, il y a formation d'azotate d'ammoniaque.

Page 1