‹ Précis de chimie industrielle (volume 4)Chapitre 6 sur 233 · Proportions chimiques · texte numérisé non relu

Proportions chimiques

On a cru longtemps que les corps s'unissaient en proportions très-diverses (*). M. Gay-Lussac a prouvé que les gaz se combinent dans des rapports très-simples exprimés en volumes; que si la combinaison reste gazeuse, son volume, souvent contracté, offre encore un rapport simple avec le volume primitif des composants. Ainsi :

400 vol. d'oxygène -f- 200 d'hydrogène forment de Peau.

<00 » d'oxygène + 200 d'azote » = 200 de protoxjrde d'azote.

200 » » -j-200 » * =400 de bioxjde d'azote.

300 » » -j- 200 » » = œ'ide azoteux.

400 » » 4- 200 » » = 400 diacide hjrpoazotique .

500 » » -j-200 » » = acide azotique.

400 » d'azote -f- 300 d'hydrogène » = 200 de gaz ammoniac.

1 00 » de chlore -j- \ 00 » » — 200 d'acide chlorhjrdrique.

400 » de gaz ammon. 4- * 00 de gaz ac. chlorhydr. = chlorhydrate d ammoniaque solide.

200 » » -f- 400 de gaz ac. carbonique = carbonate d'ammoniaque so-

lide.

200 » » -f» 200 » » (-f HO)= bicarbonate d'ammoniaque so-

lide.

Un grand nombre de corps liquides et solides peuvent être gazéifiés et s'unir dans des rapports aussi simples ; on peut donc admettre qu'avec la forme gazeuse, offrant sous des conditions fixes (de pression et de température) une grande homogénéité dans toutes leurs parties, ces mêmes relations simples existent ; on peut même les présenter sous cette forme, en calculant le volume des corps qu'on ne gazéifie pas directement, d'après le volume qu'ils occupent dans leurs combinaisons gazéifiables.

Il est évident que les gaz étant homogènes, un égal volume

(*) Glauber, le premier, reconnut que les acides et les bases se combinent en proportions fixes, soit directement, soit dans la double décomposition effectuée entre deux sels. En 1777, Wt-nzel, dans sa Théorie des affinités, indiqua, par des faits analogues plus nombreux, la loi des combinaisons eu nombres proportionnels. Richter, de Berlin, vérifia cette loi dans le cas de la précipitation d'un métal, engagé dans une solution, par un autre métal; il montra, de plus, le rapport constant qui existe entre les quantités d'oxygène de la base et de l'acide dans chaque sel du même genre. Berzélius parvint a généraliser ces lois par des analyses nombreuses; il découvrit les rapports simples entre l'oxygène des hases et l'oxygène des acides dans les sels. Daltou a formulé, en 1807, une théorie des nombres pro|M>rtionnels, où il a établi que si deux corps s'unissent en plusieurs proportions, l'un étant pris pour unité, les quantités de l'autre offrent souvent un rapport simple entre elles dans les différents com-

Sosés ; Gay-Lussac a rendu plus évidentes et plus précises ces lois en les étenant aux gaz.

CONSIDÉRATIONS .GÉNÉRALES . i 5

correspond toujours au même poids, dans des conditions égales; que, par conséquent, les combinaisons en poids doivent offrir aussi des rapports simples. D'ailleurs on a constaté que, si deux corps se combinent en plusieurs proportions, les quantités plus grandes de l'un d'eux sont multiples les unes des autres, comme les nombres 1, 2, 3, 4, 5 (quelquefois, mais rarement, 1, 5). Ainsi, trois acides du soufre se composent en poids :

L'acide hyposulfureux, de soufre 300 -f- oxygène 4 00. » sulfureux » 200 » 200.

» sulfurique » .200 9 300.

Page 1