Emmagaslnement
On doit prendre de grandes précautions dans la préparation, l'emmagasinement et l'emploi de ce liquide, car sa vapeur peut se former à la température ordinaire en proportions suffisantes pour rendre l'air insalubre (ou toxique même dans des espaces clos). Cette vapeur, facilement inflammable à l'approche d'une bougie allumée ou d'un corps quelconque en combustion, pourrait occasionner un incendie en produisant d'ailleurs trois gaz irrespirables ou très-insalubres, les acides sulfureux et carbonique, plus l'azote, résidu de la réaction :
CS*+ air (ouO° -h Az en excès) = 2SO* + CO* -h Az.
On doit donc se préoccuper des dangers qui environnent les personnes chargées des différentes préparations, emmagasinement et transvasement du sulfure de carbone.
Il faut que les ateliers et magasins soient isolés et bien ventilés, que les récipients, d'une dimension un peu forte, soient faciles à vider, sans pouvoir être renversés ni fracturés.
L,a figure 34 indique un récipient de cette nature imaginé par M. Gérard, dans la vue d'éviter les accidents en question.
Ce récipient est cylindrique, en zinc, et peut avoir une capacité de 100 litres. On en dispose un certain nombre, 10, 20, 30, sur un bâti en charpente, élevé de 1 mètre au-dessus du sol, autour d'un magasin spécial, isolé et de construction légère, percé de larges baies de portes '** que l'on ouvre pendant les décantations.
Chacun des récipients porte à sa partie inférieure une cavité cylindrique dans laquelle s'engage le bout d'un large tube BB, retenu par son bord supérieur rabattu, qui recouvre, comme un couvercle, les bords de l'ajutage supérieur fixé au même récipient. On ferme hermétiquement le joint du bord rabattu en collant une bande de papier tout autour.
Fa y
(*) Nous avons vu comment on a remplacé avec grand avantage cet alambic par un appareil rectifîcateur d'une capacité 20 fois plus grande, chauffé par la vapeur indirectement, puis directement à volonté (p. 111).
U est facile de remplir le récipient en versant par un entonnoir le sulfure de carbone dans le tube plongeur, et ouvrant le robinet C du dégagement d'air. On ferme ensuite ce robinet et Ton verse dans le tube un peu d'eau qui surnage le sulfure et en prévient Tévaporation. On recouvre d'ailleurs F orifice d'une plaque en pierre ou en zinc.
Lorsqu'on veut soutirer une partie du liquide, on plonge un siphon (fig. 35) à branche recourbée et amorcée d'avance dans . le tube B'B"; on ouvre le robinet F et l'écou-
lement a lieu. Un seul siphon suffit pour tous les
vases.
5* AppltaatloM*
Fig. 35.
Le bas prix auquel on obtient ce produit a permis de l'appliquer à divers usages auxquels il ne pouvait naguère être employé.
Une des premières applications utiles a été faite pour la sulfuration (vulcanisation) du caoutchouc, suivant le procédé de Parkes, perfectionné en France par M. Peroncel et M. Gérard; celui-ci s'en est en outre servi avec avantage pour la préparation des pâtes de caoutchouc, à interposer entre deux étoffes pour confectionner des manteaux, blouses et autres vêtements imperméables; on emploie dans les laboratoires le sulfure de carbone pour dissoudre et épurer par filtra tion la gutta -percha {yoy. plus loin les industries exercées sur le caoutchouc et la gutta-percha), et pour extraire de diverses substances les corps gras, la paraffine, l'iode et le brome ; quelquefois on en fait usage pour assurer la conservation du blé en détruisant les insectes dans les silos et dans les greniers {yoy. Blé, 2e volume).
i70 EXTRACTION DES HUILES ET GRAISSES.