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I. Lingots enivre et argent

On fait fondre les lingots dans de grands creusets chauffés au coke, par des fourneaux à vent. La cheminée traînante reçoit les lingots afin de préparer la fusion en utilisant la chaleur des produits gazeux de la combustion. Deux ou trois centièmes d'azotate de soude projetés dans le creuset servent à oxyder les métaux étrangers (notamment le plomb), afin de les amener en scories à la superficie du bain. On enlève ces scories à l'aide d'une cuiller en tôle trouée, qui laisse retomber dans le creuset le métal fluide (*).

(*) Cette sorte de scorie ayant entraîné des globules métalliques, on la pulvérise ultérieurement arec les débris de creusets et les briques imprégnés de métaux précieux. On effectue le lavage de ces matières pulvérulentes sur des tables inclinées; les parties métalliques plus lourdes déposées sont refondues avec un peu de carbonate de soude, elles fournissent d'autres lingots destinés à un semblable affinage. Les ateliers d'affinage doivent être bien carrelés, ou

Lorsque I ccumage est terminé, la fusion étant complète, on met le métal sous forme de menue grenaille en le puisant dans le creuset au moyen d'une cuiller en fer, et le versant, avec une certaine adresse, en jets interrompus, dans un bain d'eau froide que contient un vase en tôle ayant environ 80e de diamètre et 1 met. de profondeur. 100 lui. de ces grenailles sont traités par l'acide sulfurique à 64°, dans une chaudière hémisphérique en fonte ayant 1 met. de diamètre et 3e d'épaisseur (6g. 92).

Un chapiteau en tôle plombée C muni d'une porte p recouvre la chaudière et se termine par un col à bride, auquel s'adapte un tuyau en plomb T, qui traverse un bassin R rempli d'eau , celle-ci est renouvelée à l'aide d'un entonnoir à tube latéral et d'un trop-plein, afin de refroidir le gaz acide sulfureux et les vapeurs, dont la condensation s'achève sous l'influence de l'acide azotique dans des chambres en plomb (e«/. ci-dessus la fabrication de Pacide sulfurique) (*).

dollés en brique* dure», ou bitumé ; ce sol est recouvert d'un grillage en boit, •ur lequel les ouvriers eu marchant laissent tomber inr le toi imperméable ta matièrét adhérente! a leur chaussure, qui peuvent retenir quelque! parcelle* des métaux soumis à raffinage.

(") Cette condensation de* gaz et vapeur* offre ici le double avantage de régénérer de l'acide lulfurique, applicable aux besoins de l'usine, et d'éviter le* plainte* du voisinage, qu'incommodait naguère le libre dégagement de l'acide sulfureux, entraînant toujours de la vapeur globulaire d'acide sulfurique.

Les dispositions du fourneau sont ménagées de façon à prévenir les pertes qui pourraient avoir lieu par une fissure aux parois de la chaudière : on voit qu'en effet le foyer construit en avant a permis de séparer, par un autel, la cavité du fourneau sous la chaudière ; le fond de cette cavité dallé en briques trèscompactes constitue une sole imperméable en pente légère, qni dirige, en cas de fuite, le liquide par une buse en fonte D dans un récipient d'où on le puise, ou bien on le fait écouler à volonté dans un plus grand réservoir.

La réaction de l'acide sulfurique oxyde les métaux, produit de l'acide sulfureux et des sulfates (d'argent et de cuivre, notamment); on ajoute successivement de nouvelles quantités d'acide sulfurique jusqu'à la disparition de toute la grenaille; l'opération est ordinairement terminée en deux ou trois heures.

Si l'alliage traité contient moins de 0,9 d'argent, la dissolution est trouble, contenant des sous-sels bruns en suspension ; dans le cas où le titre de l'alliage varie de 0,90 à 0,95, la solution est limpide : dans ce cas, on soutire directement au moyen d'un siphon en platine (dont les deux branches recourbées le maintiennent amorcé à l'aide de deux bouchons mobiles , qu'on enlève par des tiges verticales, glissant dans des guides le long de chacune de ces branches); dans le 1er cas on puise avec une cuiller en cuivre le liquide trouble, pour le faire écouler par une gouttière dans un bassin en plomb, muni d'un robinet de décantation à Ô centimètres au-dessus du fond; Ton ajoute à peu près un volume égal de solution de sulfate de cuivre, marquant 34 à 36* (Baume), provenant d'une opération précédente, puis on fait injecter de la vapeur d'eau par un tube barboteur en plomb. Les sous-sels se trouvant dans un liquide plus étendu et chaud, se dissolvent après avoir cessé l'injection de vapeur; on maintient la température en recouvrant le bassin ; après un repos de deux ou trois heures, on soutire par le robinet, au-dessus du fond, la solution claire, dans un autre bassin en plomb épais de 3 à 4 millimètres.

C'est dans ce bassin aux liquides clairs que doit avoir lieu la précipitation de l'argent; on l'effectue en ajoutant en excès des rognures de lames de cuivre rouge : ce métal décompose le sulfate d'argent, il se forme du sulfate de cuivre, et l'argent est précipité en masse blanchâtre grenue, comme spongieuse ; on favorise la réaction en remuant sans cesse les rognures de cuivre, afin de renouveler les surfaces de contact, en dégageant le précipité.

La réaction est complète lorsque le liquide dont la couleur est devenue bleu foncé, ne contenant plus d'argent, ne donne aucun précipité dans un essai par une solution de sel marin. On soutire au siphon le liquide pour le faire écouler dans des récipients en plomb (*), où on laisse déposer les traces d'argent en suspension qui ont pu être entraînées. La solution limpide est employée pour fabriquer le sulfate de cuivre (**).

Le précipité d'argent (en terme d'atelier chaux d argent) doit être soumis à un lavage complet : on le dépose à cet effet sur le fond criblé de trous très-petits, d'une sorte d'auge doublée de plomb, ayant environ lm,20c de longueur, 1 met. de largeur et 35e de profondeur, reposant sur un bassin ayant même section, mais dont la profondeur est de lm,30c; tout autour des parois internes, à la partie supérieure de l'auge, est disposé un tube en plomb offrant un très-grand nombre de petites ouvertures, par lesquelles jaillissent des filets d'eau chaude (dès qu'on ouvre par un robinet la communication avec une cuve plus élevée pleine d'eau chauffée par la vapeur) , formant ainsi un arrosage général sur le précipité d'argent. Ce qui peut être entraîné du précipité par les petits trous se dépose dans le bassin inférieur ; l'eau de lavage est de temps à autre décantée par un robinet à quelques centimètres au-dessus du fond.

Le précipité d'argent bien lavé est porté dans le boisseau en forme de pyramide tronquée d'une . presse hydraulique ; on pose sur la masse spongieuse remplissant ce vase trois coins d'argent, et Ton soumet à une pression très-énergique qui partage toute la masse comprimée, en quatre prismes ou lingots, ayant acquis assez de cohésion pour être maniés et portés directement aux creusets, afin de les fondre et de les couler dans des lingotières plates offrant une cavité rectangulaire.

(*) C'est dans ces récipients que l'on puise la solution cuivrique , destinée à étendre, comme nous l'avons dit plus haut, le liquide provenant de la dissolution des grenailles d'argent.

(**) Cette fabrication est très-simple ; il suffit, en effet, de faire concentrer les liqueurs au point où une petite quantité mise dans une soucoupe donne par le refroidissement une abondante cristallisation. Alors on décante dans de grands bacs peu profonds, doublés de plomb, où l'on obtient de menus cristaux; l'eau mère concentrée de même fournit une deuxième cristallisation moins pure contenant du sulfate de fer; une troisième ou quatrième cristallisation laisse des eaux mères incristallisables, formées d'acide sulfurique brun, que l'on peut épurer par une dernière concentration dans un vase de platine.

Quant aux cristaux de sulfate de cuivre, on les raffine méthodiquement en les faisant dissoudre à chaud, et versant la solution aqueuse dans aes cris*

S. Alliages d'or et d'argent où l'or domine.

Il faut d'abord amener cet alliage à un titre représentant pour 10 d'or, 25 d'argent, ce qui est facile, à l'aide d'un simple calcul, en fondant ensemble des lingots d'argent contenant de l'or, avec des lingots d'or contenant de l'argent, les uns et les autres ayant été titrés et numérotés d'avance.

On fait fondre au creuset, on met en grenailles comme nous l'avons dit ci-dessus, et l'on traite dans la chaudière (fig. 92) une quantité de ces grenailles contenant environ 30 kil. d'or : lorsque la réaction de l'acide sulfurique est terminée, on laisse reposer quelques instants la solution (qui d'ailleurs est limpide, la matière étant riche en or), puis on décante au siphon pour faire couler le liquide dans un bassin doublé de plomb; l'or non attaqué reste au fond de la chaudière (*). On ajoute dans celle-ci assez d'acide sulfurique pour immerger le dépôt et le recouvrir de un ou deux décimètres de liquide, on porte à l'ébullition que l'on soutient pendant 1 heure, on couvre le feu, puis on extrait l'acide surnageant, à la cuiller (**). On enlève le dépôt d'or, on le place dans des terrines où il est soumis à une vingtaine de lavages à l'eau par touillages et décantations. Cette opération s'effectue sur une table à rebords doublée de plomb, en pente légère, aboutissant à un bassin au fond duquel se déposent les parcelles d'or entraînées par l'eau.

On s'assure que le lavage est suffisant, lorsqu'une petite quantité de l'eau surnageant le dépôt ne donne plus de précipité par la solution de chlorure de sodium.

La poudre d'or lavée est soumise une deuxième fois à l'action de l'acide sulfurique bouillant, pendant 1 heure (opération qu'on

taliisoirs en piomb soutenus par un bâti à cl aire- voie, afin de faciliter le refroidissement. Afin d'obtenir des cristaux assez volumineux, on donne aux cristallisoirs une profondeur de 80 à 90 cent., une largeur de 45 à 50 cent, et une longut ' i.i..« ~ . . •- » ~

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bouillante en une couche d'un ou deux centimètres, qui reste surnageante et s'oppose à la production des cristaux superficiels.

r) Une petite quantité d'or 1,5 à 2 pour 100 se trouve entraînée avec le liquide dans le bassin où il se dépose ; on le retire après avoir effectué quelques opérations.

(**) Cet acide, très-peu chargé d'argent, est mis en réserve pour servir à d'autres dissolutions.

désigne dans les usines sous le nom de deuxième poussée); le dépôt d'or est comme la première fois, et avec les mêmes soins, soumis à des lavages complets à l'eau (*); il ne reste plus qu'à soumettre à la fusion dans un creuset de plombagine l'or pulvérulent, en y ajoutant un peu de borax (borate de soude) (**).

8* Matières d'argent contenait de l'or.

Ces lingots sont fondus au creuset et mis en grenailles, comme nous l'avons dit plus haut (***); on les traite dans la chaudière en fonte (fig. 92, p. 310) par l'acide sulfurique, et lorsque la dissolution est complète, on décante au siphon pour extraire l'argent, par les rognures de cuivre, comme nous l'avons expliqué plus haut. Quant au dépôt resté au fond de la chaudière, il contient de For, plus un peu d'argent et de cuivre. Ce dépôt est lavé par touillages et décantations, puis on le refond au creuset afin de le mettre sous la forme d'un lingot ; celui-ci se trouve riche en or, pauvre en argent et en cuivre, c'est-à-dire dans les conditions où doit s'effectuer le traitement indiqué ci -dessus (p. 310) pour les matières d'or et d'argent où l'or domine.

L'opération que nous venons de décrire eut une grande importance , surtout à l'époque peu éloignée où les pièces de monnaie de ô francs frappées en France sous le premier Empire et la Restauration furent soumises aux opérations de l'affinage en grand ; car ayant été fabriquées dans nos hôtels de monnaies avec de l'argent mal affiné, elles contenaient des proportions d'or qui, bien que minimes, suffisaient pour offrir à nos affineurs un bénéfice très-notable. Les divers produits du commerce des métaux précieux et certaines monnaies étrangères présentent d'ailleurs de fréquentes occasions de réaliser encore de semblables bénéfices.

(*) Lorsqu'on Teut obtenir de l'or absolument pur, ou à 1000 millièmes» on le soumet à un dernier traitement par l'acide azotique, puis on lave, etc.

(**) Quanta l'acide sulfurique <jui a dissous l'argent, on en sépare ce métal au moyen des rognures de cuivre, comme nous l'avons dit plus haut.

(***) S'il s'agissait de monnaies d'argent, comme elles offriraient assez de surface à l'action de l'acide sulfurique» on les traiterait directement par cet acide» sans les réduire en grenailles.

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