État naturel, extraction
L'alun consommé en Europe nous est veau du Levant jusqu'au quinzième siècle. Cet alun, dit de roche, était fabriqué à Rocca, aujourd'hui Edesse. Jean de Castro, Génois, qui avait observé la fabrication de l'alun en Syrie, fut conduit à rechercher à la Tolfa le minerai d alun, qu'il y découvrit. La fabrication de l'alun fut dès lors acquise à l'Italie. Dans le seizième siècle, on parvint à préparer l'alun au moyen des schistes pyriteux; enfin, pendant la Révolution française, les progrès de la science condui-
dirent à faire l'alun de toutes pièces. Chaptal fut le fondateur de cette industrie en France.
Dans les pays volcaniques, on rencontre de l'alun formé, sans doute, par la réaction de F acide sulfurique sur les laves qui renferment de la potasse et de l'alumine, l'acide sulfurique étant produit par la combustion du soufre en contact avec l'air humide; cet alun peut, en outre, provenir de la calcination modérée du minerai (alunite), calcination que la chaleur du volcan opère. L'alun tout formé se rencontre à la Solfatare ; on en trouve en Auvergne; la grotte d'alun du cap de Messine, près de Naples, le produit en efflorescences sur les parois de la caverne.
A la Solfatare, l'alun s'effleurit à la surface du sol ; on augmente ces efflorescences en formant avec le terrain, des murs, des grottes et diverses autres dispositions qui multiplient les surfaces. Pour extraire l'alun, on lessive les portions du terrain qui en paraissent assez chargées. Les solutions sont évaporées dans <les chaudières en plomb, encaissées dans le sol, dont la température est d'environ 40°. Par une première cristallisation, on se procure ainsi des cristaux d'alun pur, que l'on dissout et que l'on fait cristalliser de nouveau.
Ce procédé ne fournit pas des quantités considérables d'alun. La plus grande partie de l'alun du commerce résulte des procédés suivants.