‹ Précis de chimie industrielleChapitre 10 sur 215 · Bictractioii · texte numérisé non relu

Bictractioii

La préparation de l'oxygène peut s'effectuer par un grand nombre de procédés, dont nous n'examinerons que les principaux, employés soit dans les laboratoires, soit dans l'industrie.

1* Par Voxyde rouge de mercure. — Cette préparation n'a qu'un intérêt théorique et historique : elle consiste à chauffer l'oxyde de mercure dans une cornue ou une éprouvette en verre munie d'un tube recourbé s'engageant sous une cloche renversée dans une cuve à eau. Le dégagement de l'oxygène s'effectue à une température voisine du rouge sombre, tandis que du mercure métallique vient se condenser dans la partie froide de l'appareil. Le prix élevé de l'oxyde de mercure r^d cette préparation trop coûteuse.

2* Par le peroxyde de manganèse. — Le peroxyde de manganèse naturel ou pyrolusite chauffé au rouge perd le tiers de son oxygène et passe à l'état d'oxyde rouge de manganèse. Dans les laboratoires on opère cette décomposition soit dans une cornue en grès chauffée dans un fourneau à dôme, soit plus en grand dans une bouteille A en terre réfractaire munie d'un tube en grès entrant à frottement dans l'embouchure; la jonction est rendue hermétique au moyen d'un peu de plâtre gâché, qu'on engage dans le joint en adaptant le tube. La bouteille est disposée dans un fourneau à vent GGG rempli de coke (fig. 1). A l'cxtrcmité du tube de grès est adapté un bouchon traversé par un tube de verre,

36 PRËCIS DE CUIHIE UNDUSTRKLLK.

qui se recourbe sous la planchette d'une cuve E soutcDaut le flacon D, préalablement rempli d'eau et renversé sur la planchette au-dessus du trou correspondant à reitrémité du tube recourbé.

Fig. t. — Apporeil pour 1> prépmlion de l'aijgène par U caldnalioa du jvorotyile ie nuDganèif^.

Les premières portions de gaz entraînent aTec elles l'air interposé dans le manganèse et la partie libre de la bouteille; on doit les laisser perdre, et ne recueillir le gaz que lorsqu'il est capable de rallumer vivement une allumette ne présentant qu'un point en ignition.

On remplace souvent la boutçille en terre réfractaire par une bouteille en fer ayant servi au transport du mercure, et qui peut contenir 4 à 5 kilogrammes de manganèse en poudre et fragments; on élargit l'ouverture taraudée placée à sa partie supérieure, et on y ajoute un canon de fusil courbé à angle droit et limé du côté de la culasse, de manière à présenter à cet endroit une surface légèrement conique. C'est cette eit^émité conique enduite d'un lut argileux qu'on enfonce à coups de maillet dans l'ouverture de la bouteille. Puis on dispose cette dernière dans un fourneau à vent. Enfm MM. Deville et Debray ont préparé des quantités considérables d'oxygène en décomposant le peroxyde de manganèse dans des bouteilles en fonte entourées d'un manchon en terre réfractaire, et chauffées par les flammes perdues du four qui servait à la coupellation du platine.

Ces bouteilles avaient 0",90 de hauteur totale, 0",16 de diamètre extérieur et 0",01 d'épaisseur, et pouvaient contenir 20 kilogrammes de manganèse. Dans ces conditions, les bouteilles en fonte ont marché régulièrement pendant six mois.

Quand on fait servir les bouteilles en fonte pour la première fois, le charbon de la fonte et la brasque adhérente à la surface donnent une assez grande quantité d'acide carbonique, qui vient diminuer le rendement en oxygène et souiller d'autant le produit.

Lorsqu'on veut préparer de l'oxygène sensiblement pur par la calcination du peroxyde de manganèse, il faut faire passer le gaz, au sortir de la cornue, dans un flacon vide qui retient les eaux acides nitreuses exhalées par le manganèse, puis dans une solution de potasse ou de soude caustique, qui retient Tacide carbonique provenant, soit du carbone du vase en fonte, soit des carbonates que renferme toujours le manganèse. L'oxygène recueilli ensuite n'est pas encore pur : il renferme une certaine quantité d'azote provenant des nitrates que renferment les manganèses.

Le tableau suivant indique les résultats des analyses faites par MM. Dcville et Debray de l'oxygène obtenu par la calcination de manganèses de diverses provenances, et après traitement par la potasse :

ROXAKÈCHE

Page 1