ACIDE CHLORBYDRIQUE, SULFATE DE SOUDE
doit F reçoit le bout du tube en plomb qui amène l'acide à 60° chaud (') et dosé dans un bassin en plomb muni d'un tube trop-plein dont le
Fig. 130. FiB, lîl.
Fig. 13».
Fig. 131, 131 al 13t- — Font i lulfitc 1 moufle (conpa longitudinale, coupe Innmruli et plan].
niveau (fixé suivant la nature du sel ou du mélange de sel ou bisulfate de soude provenant de la fabrication de l'acide azotique) limite exactemenL la quantité d'acide sulfurique pour chacune des charges. Une porte J permet de remuer le mélange de sel et d'acide (**), el au bout d'une heure de réaction, en ouvrant le registre A", de pousser avec un ràble le mélange pâteux contenant le sel en partie décomposé, plus le bisulfate formé, dans le moufle C, où l'on étend et remue ce mélange de temps en temps avec un râble par la porte I, afin de faciliter les réactions, le dégagement du gaz chlorbydrique, et d'opérer la granulation du sulfate.
Très-souvent, pour faciliter le travail dans la moufle, on dispose deux et trois portes pour le brassage. Lorsque le sulfate est calciné, on le fait tomber sur des plaques disposées en avant du four, ou mieux dans une espèce de chambre, appelée cave, ménagée sous la sole et en communi-
n Cet échaulTemant de l'iclde et mime du sel a poar réaulut d'enter un refriii dit sèment brusque de la cuTelle en fonle, qui pourrait amener dea Qssures.
[ ] Il ttt eisentiel que pendant le brasiage l'acldo chlorhjdrique ne j'échappe pas du four pMr lefiir Incommoder lea ouTrien; lonque les appareils de condensa: îun ne sonl pas aullinnl) pour empêcher le gaz de sortir par les porte;, on dispose au-dessns de chacune d'elle* ■ne birtle ea communicalioa avec une cheminée d'appel.
Les produits sont :
Salfale de soade, maximum 121,3; ea pratique. . . 118 Acide cliIorhyJrique à 6 équi< valents d'eau 154,7 ~ liiO à 123
Quant aux sels employt^s, ils ▼arient dans leur composition suivant les localités et le mode de préparation. Voici quelques résultats moyens des essais sur le sel de France :
Sel pur. Eau.
De l'Ouest 8(>à90 5à7
Du Midi 93à99 3à5
Sel gemme «... 95 à 98 là 2,5
Sel de varechs 67à68 là3
Ce dernier contient, en outre, ^10 à 25 de sulfate de soude, plus des traces d'itMiures et de bromures. Les matières étrangères contenues dans les autres sels, outre \%au, sont oooiposfo de sulfate de chaux, chlorure de magnésium, sable, etc. Quant au bisulfate de soude proTenant de la fabnciilion de l'acide azotique, il forme souvent 0,1 à 0,2 de la charge; un tssu préalable indique la quantité d'aciJc en excès sur la composition du sulfate neutre et tloBl oo tient compte dans le dosage de l'acide sulfurique n employer.
42 i PRÉCIS DE CHIMIE INDUSTRIELLE.
cation avec les appareils de condensation. Le sulfate tombe par une ouverture située en avant et à Tintérieur du four, près d'une porte : on retire le sulfate de la cave après refroidissement. De cette façon les ouvriers ne sont pas gênés par les vapeurs acides.
Chaque charge emploie 600 kilogr. de chlorure de sodium et 648 d'acide sulfurique à 60** [*) ; les 12 charges en 24 heures consomment donc 7200 kilogr. de sel : une usine possédant 6 appareils semblables, dont un de rechange ou en réparation, peut décomposer par jour 36 000 kilogr. de sel et obtenir des quantités correspondantes d'acide chlorhy* drique et de sulfate de soude. .
Ces fours ont une surface de sole très-faible relativement à la quantité 1 de s?l traitée. On compte ordinairement dans les nouveaux fours 1 mètre carré de sole par 20 kilogr. de sel décomposé par opération, et on préfère ne pas décomposer plus de 400 kilogr. de sel à la fois, ce qui conduit à des soles de 20 mètres carrés environ. Les figures 133, 134 et 135 indiquent en plan et coupes la disposition d'un de ces fours, généralement usités maintenant, décomposant 400 kilogr. de sel par opération. En i raison de la longueur de la sole, on multiplie les portes de travail, et le sulfate est extrait du four, après calcination, en le faisant tomber dans la cave c par rorificc o, de façon à ne point incommoder les ouvriers et à permettre aux dernières vapeurs acides de se dégager dans le four j pendant le refroidissement du sulfate. L'opération se pratique comme dans le four précédemment décrit.
En Angleterre, dans certaines usines, on chauffe directement la|cuvette par un foyer spécial, afin d'accélérer le travail de la première phase
ÎÂcidc sulfurique à 66* 84
— à 64* liO
ACIDE CULORHYDfUQVE, SULFATE DE SOUDE. 435
de la décomposition du sel. — Dans d'autres, on répartît sur deux catâoes les produits d'une grande cuvette.
Fig. 133. Fig. 154.
Fig. 155.
fii- lis, 151 U 133. — Four i suUite i mouOe (caup« longiludiaulï, coupe traDiicrulc cl plan).
On arrive ainsi à décumposer jusqu'à 15 000 kilogrammes de sel en 34 heures, dans un inéme four ; mais la condensation suflïsante de l'acide chloriiydrique dans ce cas exige beaucoup d'eau et donne des acides làiLiU-s qui ne sont pas utilisés.
HOLVEADX PROCLD-S DE FABItiCATION PBOPUSÉS FODH l' ACIDE CHLOnUrDRIQUE ET LE SULFATE DE SOUDE.
Ou a chercUé à appliquer diverses métliodes ayant pour but de supprimer l'emploi de l'acide sulfuriquc dans la fabrication de l'acide chloiliydrique et du sulfate de soude : on a substitué à l'acide libre des sulfates à bas prix, capables , dans des conditions déterminées, d'abanàûnner leur acide suUurique, qui devient alors susceptible d'agir sur le k1 par double décomposition, absolument comme s'il cbit libre. C'est loitout aux schistes pjriteux oxydés, soit lentement, soit par grillage, que s'applique ce procédé. Le mélange de sel et de sulfate est cliauffé *u Touge sombre dans un four ou mieux dans des cylindres en fonte : le résidu traité par l'eau abandonne du sulfate de soude. U. Itamoa de Luna a substitué aux sulfates précédents le sulfate de
426 PRÉCIS DE CfflMIE INDUSTRÏEELE.
magnésie, dont on peut extraire des quantités considérables de Teau de la mer. En chauffant au rouge un mélange de 2 parties de sulfate de magnésie cristallisé et de 1 partie de chlorure de sodium, il se dégage de Tacide chlorhydrique, et le résidu se compose essentiellement de sulfate de soude et de magnésie. Traité par l'eau, ce mélange abandonne le sulfate de soude et laisse la magnésie à Tétat insoluble ; l'addition d'un peu de lait de chaux à la liqueur précipite la magnésie, du sulfate qui aurait échappé à la décomposition. La dissolution de sulfate de soude ainsi obtenue est évaporée, et le sulfate est ensuite calciné.
En Angleterre, M. Longmaid a mis en pratique un procédé un peu différent des précédents, et qui consiste à chauffer au four un mélange de chlorure de sodium et de pyrite crue, en préférant la pyrite renfermant quelques centièmes de cuivre, dont l'extraction diminue d'autant le prix de revient du sulfate de soude. M. Longmaid a envoyé des produits fabriqués par ce procédé à l'exposition de Londres de 1862 et a obtenu une grande médaille.
M. Konigs a fait breveter en 1871 un procédé de fabrication analogue au précédent, et qui consiste à faire passer les gaz des fours à pyrite, échauffés par leur passage à travers des tuyaux maintenus au rouge vif, sur un mélange de chlorure de sodium et de peroxyde de fer chauffé dans la moufle d^un four ; il se forme du sulfate de soude et il se dégage du chlore. Si on injecte de la vapeur d'eau avec les gaz des fours à pyrite, on obtient de l'acide chlorhydrique.
On pratique depuis peu en Angleterre une autre méthode de fabrication du sulfate de soude, due à M. Hargreaves, et qui consiste à traiter par le gaz sulfureux, l'eau et la vapeur d'eau, le sel marin chauffé au rouge sombre, vers 450"* environ.
Le sel gemme pulvérisé est agglutiné avec un quart environ de sel rafQné humide, puis séché et introduit en fragments de la grosseur d'un œuf dans de grands cylindres en fonte, de 20 à 50 mètres cubes de capacité, au nombre de six à huit, placés à côté les uns des autres; chacun de ces cylindres est chauffé par un ou deux foyers, selon sa capacité, et lescarneaux de fumée sont disposés de façon à n'atteindre sur aucun point de la masse une température trop élevée qui provoquerait un commencement de fusion du sel. On doit cherchera maintenir une température de 450^ au-dessous de laquelle les gaz ne réagissent pas sur le sel. Les gaz des fours à pyrite pénètrent avec l'air humide à la partie inférieure des cylindres, sous un faux fond perforé qui soutient le sel. Le mélange gazeux, absorbé progressivement et lentement eo passant du premier cylindre au dernier, transforme le chlorure de sodium en sulfate de soude, en déplaçant l'acide chlorhydrique qui va se condenser dans un appareil ordinaire de condensation. Le temps néces-
' ACIDE GHIORHYDRIQIE, SULFATE DE SOUDE. Vil
saire pour accomplir la réaction est de 15 jours à 5 semaines, ce qui a conduit à augmenter le- nombre des cylindres et à le porter à 10 et 12 dans les nouveaux appareils. La perte d'acide sulfureux est très-faible, car Taclion des gaz est méthodique, le courant gazeux étant dirigé du cylindre le plus saturé au cylindre le plus récemment chargé. Le sulfate de soudeainsi obtenu est quelquefois d'une pureté remarquable. M. Lamy en a analysé des échantillons qui ne contenaient que 1 à 2 millièmes de sel marin.
La consommation de houille nécessaire pour chauffer les cylindres est environ égale au poids du sulfate produit.
Le procédé Hargreaves présente en résumé les avantages suivants : suppression des chambres de plomb ; suppression de l'emploi du nitrate de soude ; obtention d'un sulfate très-riche ; emploi d'ouvriers moins spéciaux; condensation facile des gaz produits; peu de perte de soufre.
D'autre part, les inconvénients sont : grands frais d'installation ; emploi de beaucoup de combustible ; main-d'œuvre totale plus onéreuse qu'avec le procédé ancien.
Quoi qu'il en soit, il y a déjà quatre usines du Lancashire qui travaillent par le procédé Hargreaves, et trois autres sont en montage.
4. CoBdeauHition de l'acide chlorhjdriqoe prodnlt dans les fonm
A sulfate.
Considérations générales. — La méthode des fours présente par sa continuité, et par la possibilité d'opérer à la fois sur des quantités coiîsidérables de matières, de tels avantages, qu'elle est presque universollcmenl employée ; la méthode des cylindres est abandonnée aux fabrications peu importantes, ou à celles qui, par leur situation, peuvent écouler l'acide chlorhydrique à des prix exceptionnels et décomposent le sel marin surtout en vue d'obtenir cet acide.
La quantité d'acide chlorhydrique produite dans les fours a suivi la même progression croissante que la fabrication de la soude artificielle dont le sulfate est le point de départ.
Pendant longtemps Tacidc chlorhydrique étant produit en quantité bien supérieure aux besoins industriels, son prix devint très-faible, et sa fabrication constituant une charge pour les usines, on laissa échapper Qans l'atmosphère la portion dont on n'avait pas l'emploi.
En Angleterre, en 1864, la quantité d'acide chlorhydrique lancée ainsi ™s l'atmosphère était en moyenne de 16 pour 100 de l'acide extrait du sel marin. La quantité de sel décomposée par an étant à cette époque d environ 300 000 tonnes, on voit le poids énorme d'acide chlorhydrique î«i était ainsi disséminé dans l'atmosphère, et venait former un brouil-
lard acide qui, finalement, se répandait sur le sol à une assez faible distance des usines. L'action de ces brouillards acides, qui peut s^exercer sur la végétation à des distances quelquefois considérables, jusqu'à 2000 mètres et plus, est surtout prononcée dans le sens des vents régnants.
Les parties métalliques des maisons voisines sont également corrodées, ainsi que les étoffes, etc., par ces brouillards acides ; de là des procès sans nombre faits aux usines. Dans le but de diminuer autant que possible ces causes d'ennuis, on avait cherché à répandre dans ratraosphère les gaz acides à de très-grandes hauteurs, pensant ainsi arriver à la diffusion complète; c'est dans ce but qu'on construisit d'énormes cheminées de 70 et 80 mètres de hauteur. Dans l'usine de M. Tennanl, à Glasgow, on en construisit une de 155 mètres de hauteur, et de 12'',i)0 de diamètre à la base. Mais les résultats obtenus avec ces énormes cheminées furent très-incomplets. L'acide chlorhydrique continua à former une longue traînée blanche qui finissait par se déposer au loin sur le sol en une rosée acide. On s'appli(|ua dès lors à perfectionner la coddensation de l'acide chlorhydrique par l'eau ; plusieurs circonstances vinrent hâter l'installation d'appareils plus parfaits; ce sont d'abord les débouchés nouveaux de cet acide, et un acte du Parlement anglais de 1866 ordonnant de condenser 95 pour 100 de l'acide provenant de la décomposition du sel.
On construisit alors des appareils qui purent condenser jusqu'à 99 pour 100 de l'acide dégagé du sel, et qui fournirent ainsi une quantité d'acide supérieure aux besoins de l'industrie. L'absorption presque complète des gaz acides a donc eu pour résultat de satisfaire à la loi, et d'éviter les inconvénients des brouillards acides, en permettant d'obteuir des quantités d'acide chlorhydrique eu rapport avec les nouveauibesoios des industries de la révivification du noir animal des sucreries, de la fabrication de la gélatine, de l'hydrométallurgie, etc.
Appareils de condensation. — On emploie trois systèmes différents pour condenser l'acide chlorhydi*ique des fours : ce sont les bombonnes, les tours et enfin un système mixte de bombonnes et de tours.
Bombonnes. — Le système des bombonnes- est le même que celui employé pour condenser les vapeurs nitreuses qui sortent des chambres, et que nous avons décrit précédemment. Les bombonnes sont disposées sur plusieurs rangées parallèles, généralement au nombre de 4 (fig. '2, pi. X), deux, A, h\ destinées à condenser les gaz de la cuvette, et les deux autres, i'\ i\ réservées au gaz de la calcine.
Pour un four à flamme directe ayant 4 mètres de long sur l'',50 de largeur, les deux premières séries comprennent 40 à 50 bombonnes de 200 litres, et les deux dernières 72 à 78 bombonnes semblables.
La dernière bombonue de chacune des quatre séiies est mise en corn-
IODE CULOBHïDniQlIE, SULFITE DE SOUDE. 429
muoication par un tuyau ea poterie avec un conduit souterrain en briques qui aboutit au pied d'une grande cheminée.
On fait arriver de l'eau d'une manière constante dans la bombonne la plus éloignée du four dans chaque série, et on soutire l'acide chlorhjdri<jue de la première bombonne, qui a acquis le degré convenable. 11 ne faut à chaque rangée qu'un enlo)moir à tube plongeur dans la dernière bombonne, pour verser l'eau qui se distribue ensuite spontanément dans toutes les autres, et un seul robinet adapté à la première bombonne de chaque série pour soutirer l'acide.
L'écoulement du liquide d'une bombonne à l'autre peut s'efTectuer de plusieurs manières différentes, s^it latéralement par des tubes épais en caoutchouc qui, introduits en les compiimant un peu dans la panse de cbaque bombonne (fig. 1^6), laissent le liquide entrer naturellement dans chacune
d'elles par un des ajutages, et en sortir par l'a- p^,, ,^^ Dombonne» riania jutage opposé : soit, ce qui est préférable, en inénie^m r»' "le. iuIk» «n prenant toujours le liquide près du fond de chaque vase pour le faire déverser près de la surface du liquide du vase suivant; car l'absorption du gaz chlorhydrique ayant lieu à la surface du
Fig. 137. — Boiabonnsa rj
liquide, et l'acide le plus concentré étant le plus lourd et tendant à veniroccupcrla partie inférieure, l'opération est alors complètement mé- UitHlique. La disposition qu'on adopte, à peu près partout maintenant, pour lesbombonnes, est représentée figure 157. Le plongeur en grès a, faisant corps avec le vase, permet de prendre l'acide du fond et de l'amener
à la tubulure latérale de la bombonne suivante ; un tube en caoutchouc sert à faire la jonclion des deux tubulures avec un manchon en verre.
Dans certaines usines, afin d'éviter la rupture des premières bonibonnes recevant directement les gaz chauds du four, on n'y fait pas arriver de liquides, et on soutire l'acide chlorhydrique à la quatrième bombonne de chaque rangée : les quatre premiers vases de chaque série servent à refroidir le courant gazeux. Dans beaucoup de fabriques on a substitué avec avantage à ces premiers vases des auges en grès des Vosges, très-réfractaire à Faction de l'acide chlorhydrique. Les gaz ne se rendent aux bombonnes qu'après avoir traversé une ou plusieurs de ces auges.
Pour juger de la densité de l'acide chlorhydrique dans les dive«cs parties de l'appareil, on dispose des siphons permettant d'avoir à chaque instant le degré aréométrique de l'acide qui circule, et de juger par là de la marche de la condensation.
Tours d'absorption, — Les tours d'absorption, qui ont d'abord élé installées par M. Gossage, à Widness, ont permis de résoudre le problème de la condoDsation complète de l'acide chlorhydrique des fours. Le principe de ces tours consiste à faire circuler les gaz acides en sens inverse de l'eau amenée à un grand état de division par son écoulement sur des matériaux de petites dimensions et inattaquables par l'acide chlorhydrique.
Les tours doivent être faites en matériaux réfractaires à ractton de l'acide chlorhydrique. En Angleterre, on se sert de grandes dalles siliceuses ; en France, on emploie le grès des Vosges.
Dans certaines contrées on se sert de grès tendres plongés pendant plusieurs jours dans le goudron chaud, de façon à les pénétrer complètement.
Pour construire une tour, on dispose les dalles les unes au-dessus des autres, en ménageant des saillies et des rainures correspondantes dans les joints, afin de mieux assurer la liaison, et on lute avec du mastic de goudron et d'argile. La longueur des dalles est égale à la largeur totale de la tour. A une hauteur de 0'",90 environ, on établit une voûte à clairevoie en briques très-compactes, sur laquelle se trouveront empilés les matériaux de remplissage. La partie supérieure de la tour est fermée par une plaque de grès qui reçoit les appareils d'introduction d'eau. On consolide ces tours par une enveloppe extérieure en maçonnerie de briques ordinaires reliée à la première construction, ou par des charpentes. Les tours ont des dimensions variables suivant les fours qu'elles doivent desservir; elles ont depuis 8 à 10 mètres jusqu'à 40 mètres de hauteur; on les fait de forme carrée et de l'^^bO à 2 mètres de côté. Les matériaux de garnissage des tours sont assez variables suivant les localités.
ACIDE CHLORHYDRIQUË, SULFATE DE SOUDE. 43i
On emploie soit le coke bien cuit et résistant, en morceaux de moyenne grosseur, soit la brique réfractaire bien cuite, ou bien encore des boules creuses en poterie de grès.
Le coke est sujet à s'écraserj aussi doit-on faire grande attention à sa nature avant de l'employer; il a Tinconvénient d'être combustible,' et il est arrivé, dans certaines usines, qu'il s'est enflammé sous l'action d'une température trop élevée des gaz arrivant des fours à flamme. La brique ne présente pas ces inconvénients, mais elle offre moins de surface et demande à être disposée par assises, de manière à diminuer à mesure qu'on élève la dimension des vides.
Souvent oa garnit la partie inrérieure de briques compactes, et on met du coke à la partie supérieure; ce système mixte est très-employé.
On opère souvent la condensation dans une tour unique dans laquelle les gaz circulent de bas en haut, ou bien on emploie deux tours accouplées : dans ce cas la réunion peut se faire de deux manières différentes. Oq peut faire monter les gaz dans la première tour et les faire redescendre dans la seconde, dont le bas est mis en communication avec une eheminée ; mais il est préférable de faire redescendre dans un tuyau en poterie les gaz arrivés au haut de la première tour, pour les faire monter dans la seconde. La condensation est de beaucoup meilleure, parce qu'elle est méthodique. On obtient alors dans la seconde tour de l'acide faible, qui sert au lieu d'eau pour alimenter la première. La difficulté de monter des liqueurs chaudes acides au haut de la première tour a décidé la plupart des fabricants à n'utiliser que le liquide à 18 ou 20*^ de la première tour, et à alimenter les deux tours avec de l'eau. Les acides faibles sont envoyés à la mer ou perdus dans des puisards.
La dimension des tours est variable suivant qu'on doit faire passer les gaz dans une seule ou dans plusieurs tours accouplées, que les gaz de la cuvette et ceux de la calcine sont réunis ou séparés, et enfin que les fours sont à moufle ou à flamme. On obtient par la condensation des gaz seuls de la cuvette, dans des tours de plus faibles dimensions, de l'acide plus concentré et plus pur, que celui que donnent les gaz de la calcine. En outre, la difficulté de condensation porte sur une quantité de gaz plus faible.
Les tours, recevant les produits delà cuvette, peuvent laisser évacuer directement dans l'air les gaz incondensablcs ; le tirage produit par la condensation est suffisante pour la bonne allure des fours. On peut opérer de même pour les gaz provenant de la calcine des fours à moufle, quoiqu'ils soient plus impurs ; mais dans beaucoup d'usines on préfère, dans ce cas, mettre le sommet de la tour en communication, par un tuyau en poterie, avec une grande cheminée de l'usine, de façon à activer le tirage dans la tour. Cette disposition est presque indispensable pour la con-
452 PRÉCIS m CHBflE' INDUSTRIELLE,
(lensation des gaz des luurs'à flamme, car un tirage insuFfisant paralyserait la warclie de ces fours.
Pour assurer une btuiae condensatioa dans les toun, il faut leur donner use uttion assez grande pour qw (a vitesse des gaz soit bible. En outre, il y a aTaii- .
tage à faire dégager a l'air .
libre les gae inertes des ' tours, au point de Tue de la surveillance de la condtnsation.
Dans les grandes fabriques de M. Albusen, i Newcastle, la condensation complète de l'acide clilor> hydrique provenant de la déccnj position de 55000^ 60 000 kilogr. de sel marin par jour s'effectue à l'aide de 6 tours indépeadaDtef (fig. 138), construites à pierres de grès imprégnées de goudron, ayant une section rectangulaire de 4 mètres (2 mètres de côlé) cl 40 nictres de hauteur, remplies de fragments de gré dur ou de briques trèscompactes superposées lie cîiamp et à plat ou inclinées les unes contre les autres à 45', de façon à laisser de libres espaces entre elles; un réservoir supérieur distribue, dans les 6 tours, l'eau qui rencoo- Fig. 138. — Crouiie da sii Ioum pour la condeDution .„ j„ „„ j t 1» «•
dera,id.,bi<.rhidr.qae. t^c eu descendant le gai
cblorbjdrique , le condense, et arrive en bas chargée au degré de 20 à 21° Baume.
ACIDE GHLORUYDRIQUË, SULFAfE PB SOUDË^ 455
Toutes les tours reposent sur une fondation ^commune en maçonne* rie A, établie sur une couche de béton B, coulé sur pilotis.
Les gaz arrivant des fours s'introduisent par les tuyaux en poterie C, C, G.
Toutes les tours sont reliées entre elles par une charpente extérieure D, D, D. Entre les trois tours de l'avant et celles qui se trouvent proje- . téeç derrière, il existe un intervalle dans lequel est établi un esca- *
lier ^, e, e, e, conduisant à la chambre commune F, établie à la partie * supérieure de tout le système; cette chambre est destinée à surveiller la marche de la condensation, à régler Talimentation d*eau et à déterminer la quantité de gaz chlorhydrique qui s'échappe dans Tatmosphère avec les gax inertes par les tuyaux G, G, 6.
Les gaz provenant de la calcine des fours, qui sont à flamme, sont conduits dans 6 autres tours de condensation, et les gaz inertes sont dirigés, par des tuyaux en poterie, dans un cameau général en communication ayec une grande cheminée.
Chez M. Kurtz, à Saint-Helens , où l'on décompose journellement 57 500 kilogr. de sel marin , ou condense Tacide chlorhydrique au moyen de 7 colonnes ayant 20 mètres de hauteur, et 2 colonnes vers lesquelles les gaz non condensés redescendent par des tubes en grès pour recevoir, en s'y élevant, l'action de l'eau qui achève la condensation et produit de l'acide faible (*), J
Système mixte. — En Angleterre, les bombonnes ne sont que rarement employées pour la condensation, tandis qu'on a recours aux tours ^clusivement ; on condense séparément en général les gaz des cuvettes et ceux des calcines , surtout lorsqu'on opère la décomposition du sel dans les fours à flamme. On emploie souvent le système de deux tours accouplées, dont la première donne l'acide à 18 ou 20° Baume, tandis que la seconde, qui achève la condensation, ne donne que de l'acide faible à 3 ou 4**, et qui n'est presque jamais utilisé.
En France, outre le système de condensation dans les bombonnes, on emploie souvent un système mixte, en vue d'obtenir une condensation sufËsante des vapeurs acides ; à la suiîe de longues séries de bombonnes, 00 dispose une ou plusieurs tours achevant la condensation ; les gaz inertes se rendent au pied d'une grande cheminée d'appel.
M. Rougier, de Septèraes, près de Marseille, est parvenu à rendre peu dispendieuse la condensation de tout l'acide chlorhydrique dégagé pendant la fabrication du sulfate de soude, lorsque, comme à Marseille, on est obligé de condenser cet acide sans l'utiliser, et dans le seul but d'évi-
(*) Plusidun usines emploient une partie de ces acides faibles, soit pour extraire la géla^ ime des os, soit pour traiter des mioirais pauvres en carbonate de cuivre ; le surplus de l'acide l^ible est rejeté i la mer.
CHIMIE ISPUSTR. I -r- 'J8
iU PRÉCIS DE CHIMIE INDUSTRIELLE.
ter des dommages que son dégagement libre occasionnerait aux propriétés voisines. f4C procédé de condensation consiste à faire passer \es ga2 acides dans de larges conduits voûtés cimentés avec du marc de soude; les gaz, rencontrant d'abord un bassin couvert, plein d'eau ii niveau constant, s'engagent ensuite dans un canal en pente, de 500 mètres de longueur, aboutissant à une large cheminée de 10 mètres de hauteur, remplie de moellons calcaires arrosés d'eau; de sorte que Teflet de condensation est accru par l'action de l'acide 'sur le carbonate de chaux : l'eau dissout le chlorure de calcium formé qui s'écoule et se rend à la mer (*).
A l'usine de Salyndres, les gaz des fours à moufle se rendent dans dc< auges en grès des Vosges, traversent une double série de bombonnes, puis passent successivement dans deux tours de condensation et ensuite dans une chambre remplie de calcaire constamment arrosé d'eau. L'acide de la première tour, qui s'écoule à 18° Baume, sert à alimenter Jesbombonnes, où il arrive à 22° Baume, et peut être livré au commerce.
Les appareils de condensalion composés de bombonnes sont d'une installation moins coûteuse que les tours; ils sont d'un bon usage pour obtenir de Tacide chlorhydrique très-concentré, mais ils ont l'inconTénient de ne pas réaliser une condensation suffisante, surtout lorsqu'ils reçoivent les gaz des fours à flamme. Les tours au contraire donnent des résultats bien supérieurs ; ainsi dans le Lancashire on condense de 98 à 99 pour 100 de l'acide chlorhydrique produit. Il est probable que, dans tous les cas où il sera nécessaire d'obtenir une condensation presque complète de l'acide chlorhydrique, l'usage des tours se généralisera de plus en plus.
A la sortie des fours les gaz, surtout ceux de la calcine des fours à flamme, sont à une température très-élevée, ce qui est peu favorable i la condensation, et même dangereux lorsque les tours de condensalioo sont rem|)lies de coke qui peut s'enflammer. Il est donc utile de refroidir les gaz des fours avant leur introduction dans les tours ; on a recours à deux dispositions : l'une consiste à mettre en avant des appareils de condensation de grandes auges fermées en grès que les gaz traversent; l'autre, plus généralement usitée, à donner une grande longueur aiu conduites de tuyaux en poterie qui relient les fours aux appareils de condensation. Ainsi, à Newcastle, entre les fours et les colonnes il y a 80 mètres de conduites en poterie.
Le volume des conduites de refroidissement des gaz est très-variable. On peut admettre qu'il convient de donner 0*^,060 de capacité i ces
(*) L'auteur de ce procédé de condensation a reçu, en iS34, un prix de TAcadéniie i» sciences pour avoir rendu un art moins insalubre.
ACIDE CflLORHYDRIQUE, SOLFATE DE SOODE. 435
conduites par 100 kilogrammes de sel décomposé par vingt-quatre heures.
Le volume des appareils de condensation est aussi très-différent selon les usines. Il ne semble pas qu'il y ait inconvénient à donner à ces appareils de trop grandes dimensions ; la dépense seule doit guider dans ce sens. La condensation est d'autant plus complète, que le volume des condenseurs est plus considérable. Dans les usines belges, la capacité des tours varie de l™,37à 3",40 et 4 mètres cubes par 100 kilogrammes de sel décomposé en vingt-quatre heures, et, dans les usines anglaises, elle varie de 0^98 à 2",10.
Avec des condenseurs offrant un volume de O^^OS pour 100 de sel décomposé en vingt-quatre heures, la quantité d'acide chlorhydrique non condensé a été trouvée de 5 à 6 pour 100, tandis qu'elle n'a été que de 0,10 dans des appareils ayant une capacité relative de 2",10.