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CO,0O

Comme on le voit, le sulfate de soude présente trois maxima de solubilité : l'un, pour le sulfate cristallisé à 10 équivalents d'eau, vers 33**; l'autre, pour le sulfate à 7 équivalents d'eau, vers 26^ enfin, le dernier, pour le sulfate anhydre, vers 18°.

Le sulfate de soude cristallisé à 10 équivalents d'eau, c'est-à-dire renfermant 56 d'eau et 44 de sulfate anhydre, est un produit commercial, connu sous les noms de sel de Glauber (sol mirabile Glauberi)^ s'il est ^n gros cristaux, et de sel d'Epsom, s'il est en cristaux fins. Le sulfate i 10 équivalents d'eau cristallise en prismes incolores clinorhombiques. Où obtient dans l'industrie le sel de Glauber en faisant dissoudre, à Aaud, jusqu'à saturation, le sulfate de soude brut dans l'eau; on sa- ^wepar quelques centièmes de craie (carbonate de chaux, si le sulfate

est acide). La chaudière est alors couverte (*), et après avoir laissé déposer pendant deux ou trois heures, on décante au moyen d'un sipboo: si le liquide n*est pas parfaitement limpide, on le filtre sur une toile pelucheuse de coton.

La solution donnera du sel de Glauber si on la fait cristalliser dans des vases plats (en bois, intérieurement doublés de plomb, ayant, par exemple, 2 mètres de long, 1 mèlre de large, 3 à 4 centimètres de profondeur). La cristullisation commence lorsque la température s'est abaissée de quelques degrés au-dessous de 35° ; elle doit s'achever tranquillement. Le produit cristallisé se présente alors sous la forme de prismes diaphanes longs et gros, dont on sépare Teau mère en ouvrant une bonde de fond à Tun des bouts et en inclinant le cristalliscir. Dès que les cristaux sont égouttés, on les enlève à la pelle, on les étend sor une table en bois blanc, puis on les embarille avant que Tair ait po commencer à enlever Teau de cristallisation, ce qui les ferait eflleurir partiellement et ternirait leur surface (on favorise par un courant d'air cette efflorescence si Ton veut préparer du sulfate sec).

La même solution, éclaircie par le repos ou la filtration, pourra donner du sel d'Epsom si on la verse dans des vases profonds (caisses eo bois doublées de plomb, ayant, par exemple, 75 centimètres de large, autant de profondeur, et 1 à 2 mètres de longueur). Dès que la température sera abaissée au-dessous de 33°, on agitera lentement avec une spatule de bois, afin de faire précipiter les menus prismes au fur et à mesure de leur cristallisation et de les détacher des parois : alors tous les cristaux resteront menus. On terminera l'opération par Tégoutlage, la dessiccation ménagée et Tembarillage. Cette forme du sulfate de soude cristallisé ressemble aux cristallisations ordinaires du sulfate de magnésie qu'on tirait autrefois de la localité d'Angleterre qui lui fit donner le nom de sel d'Epsom.

Ce fut, en effet, ce dernier sel qu'on voulut imiter par le sulfate de soude, produit à meilleur marché et dont les qualités légèrement piu^ galives diffèrent peu d'ailleurs. On comprend donc facilement qu«i dans la médecine humaine et vétérinaire, on obtienne des effets semblables de l'emploi du sel de Glauber et du sel d'Epsom, puisque souvent c'est le même sel qu'on vend sous les deux dénominations. Si l'oo voulait s'assurer de la nature véritable du sulfate qu'on aurait acheté, il suffirait de le dissoudre et d'y ajouter une solution de carf)onate de soude. Cette solution, si le sel essayé était l'ancien sel d'Epsom, troublerait aussitôt le liquide en précipitant 1 équivalent de carbonate (k

(*) C )Ue opéralion peat se faire dans un cuvier cbaitft'é par la vapeur qu'injecte un tube et cu>re venant d'un générateur.

ri, 4C1DE CULORHYDRIQUE, SULFATE DE SOUDE. 441

magnésie ; tandh que si c'était du sulfate de soude, le même réactif (carbonate de soude) n'y produirait aucun trouble.

Dn courant d'air sec, même à froid, peut enlever aux cristaux de sulfate de soude l'eau qu'ils contiennent, et les réduire à l'état de sulfate anhydre pulvérulent.

Pendant cette dessiccation il peut se former l'hydrate intermédiaire contenant 7 équivalents d'eau pour 1 équivalent de sulfate.

Le sulfate de soude cristallisé à 10 équivalents d'eau absorbe une grande quantité de chaleur en se dissolvant dans l'eau ; l'abaissement de température est surtout considérable lorsqu'on remplace' l'eau par l'acide chlorhydrique.

Le froid le plus considérable est produit par un mélange de 1200 d'acide chlorhydrique à 22^ et 1 500 de sulfate cristallisé.

On a souvent recours à ce mélange pour produire du froid dans les laboratoires.

La dissolution du sulfate de soude, traitée à froid par le carbonate'de baryte pulvérisé et un courant d'acide carbonique, donne du carbonate de soude qui reste dissous dans l'eau, et du sulfate de baryte qui se précipite. Cette réaction a été mise en pratique industriellement pour utiliser le carbonate de baryte, résidu de l'extraction du sucre des mélasses au moyen de la baryte.

Traitée par la baryte caustique, la dissolution de sulfate de soude donne de la soude caustique.

SOUDES NATURELLES

i. Plantes, qui fournissent les soudes naturelles. — 2. Extraction. — 3. Natron d'É^vfite.

i. Plantes 40I fourniMent les sondes aatorelles.

On désigne sous le nom de soudes naturelles le carbonate de soude impur, résidu de l'incinération de certaines plantes Tenues sur les bords de la mer ou dans les terrains salés.

En France, ce sont plus particulièrement, parmi les Chénopodées, les genres Chenopodium^ Atriplex, Poriulacoïdes^ les Salsola-tragus et Salsola-kali, Salicomia annua^ qui fournissent la soude de Narboone ou salicor, et la soude d'Âigues-Mortes ou blanquette. Les soudes brutes obtenues de la barille cultivée sur les côtes d'Espagne sont très-eslimées dans le commerce, et se vendent sous les noms de soudes d'Alicante, de Malaga, de Carthagène.

Parmi les Ficoîdées qui fournissent des soudes commerciales, on cite les genres Reaumuria^ Nitraria^ Tetra^oniaei le Mesembryantltemum cHstallinum, dont l'incinération donne la soude de Ténérifie, dans File de ce nom. M. Payen a démontré par des expériences directes que ce Mesembrnjanthemum renferme sur toute la périphérie de ses liges, ramifications et feuilles, des glandes remplies d'une solution blanche, diaphane, alcaline, d'oxalate de soude ; ce sel, dont l'acide est décomposé pendant l'incinération, laisse en résidu sa base unie à l'acide carbonique (*).

%. ExtraetioB.

Cette opération est fort simple. On coupe les plantes avant qu'elles soient parvenues au terme de leur végétation, on les étend sur le sol pour les dessécher, puis on les met en tas, et, lorsque l'approvisionnement de matière sèche est suffisant, on procède à l'incinération. A cet effet, on creuse dans le sol des fosses circulaires de 1 mètre à 1 mètre 1/3

(*) Dans l'intérieur des terres continentales, les glandes de la môme plante que M. P'fco < examinées renfermaient principalement de l'oxalate de potasse.

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de diamètre et de 1 mètre de profondeur, dans lesquelles on allume, avec les débris les plus secs, un feu que Ton alimente en ajoutant peu à peu les matières desséchées ; on a le soin d'aérer la masse de façon à faire brûler toutes les parties le mieux possible. Lorsque la fosse est à demi ou aux trois quarts remplie de cendres agglomérées ou partiellement fondues, on laisse refroidir, puis on casse la masse à coups de merlin ; les morceaux renfermés dans des barils sont immédiatement livrables au commerce sous le nom de soudes naturelles.

Le produit ainsi obtenu présente un aspect et une composition trèsdiiïérents selon les plantes incinérées et suivant la conduite de l'opération. La soude brute renferme tous les composés inorganiques que renfermaient les plantes : lorsqu'on la traite par l'eau, elle donne constamment un résidu insoluble formé par des sels de fer, de chaux, de magnésie, etc. Outre le carbonate de soude, la partie soluble renferme du sulfate de soude, du chlorure de sodium, du sulfate de potasse, du chlorure de potassium, une petite quantité de sulfures et d'hyposulfites proTenant de la réduction d'une partie des sulfates.

La soude de Narbonne renferme de 14 à 15 pour 100 de carbonate de soude ; la soude d'Aigues-Mortes n'en contient que de 6 à 10 pour 100 seulement. Les soudes espagnoles, très-estimées dans le commerce, contiennent de 25 à 30 pour 100 de carbonate de soude.

Plus loin, en parlant de l'extraction de l'iode, du brome, des chlorures de potassium et de sodium; du sulfate de potasse, des varechs, nous décrirons la préparation et les usages des produits bruts appelés

improprement soudes de varechs.

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