Alumimum. . . . 2,56 i
Si Ton compare les prix de l'argent et de l'aluminium, on trouve qu'à quantité égale en poids, l'argent coûte, en nombres ronds, 2 (200 fr. le kilogr.), et l'aluminium, 1 (ou 100 fr. le kilogr.), bénéfice de fabrication compris. A volume égal, les rapports sont très-différents, ou comme 8, prix de l'argent, est à 1, prix de l'aluminium, puisque l'argent, à volume égal, pèse sensiblement quatre fois plus. L'aluminium est très-malléable, il peut être étiré en fils fins et laminé très*mince; mais les fils très-fins qu'on obtient ainsi se sont écrouis, et pour leur rendre la souplesse il faut les recuire avec ménagement, de façon à éviter d'atteindre la température de fusion. Sa dureté est sensiblement égale à celle de l'argent. La température de fusion de l'aluminium, évaluée à -h 750^, est intermédiaire entre celle de l'argent, 1000^, et celle du zinc, 500^. Il cristallise très-facilement par un refroidissement ménagé; ses cristaux sont octaédriques.
L'aluminium s'amalgame difficilement avec le mercure, et il est également difficile de le souder avec d'autres métaux ou leurs alliages. Les alliages de 25 d'aluminium pour 100 de zinc ou de 5 d'aluminium pour 100 d'étain sont plus fusibles que l'aluminium et peuvent être employés comme soudure, mais ils sont peu malléables.
Le poids équivalent de Taluminium = 171,77.
L'aluminium a une grande capacité pour la chaleur ; aussi peut-il se mouler exactement, bien qu'il ne soit pas très-fluide : si Ton forme une masselotte Tolumineuse, il résiste assez de temps à la solidification pour pénétrer graduellement dans tous les détails des moules, en prenant d'ailleurs un retrait assez considérable.
Sa faculté conductrice pour l'électricité a été estimée huit fois aussi grande que celle du fer; il n'est pas attirable à l'aimant.
L'air est sans action sensible sur lui aux différentes températares, depuis 0^ jusqu'à celle de la coupellation de l'argent.
L'eau ne l'attaque pas davantage de 0*^ à -H 500**.
L'acide sulfhydrique ne le brunit pas, tandis qu'il forme rapidement avec l'argent un sulfure noir qui donne aux pièces d'argenterie des teintes irisées, brunes, graduellement plus foncées.
A froid, l'acide sulfurique attaque peu l'aluminium.
Dans les mêmes conditions, ce métal résiste à l'acide azotique monohydraté et à 4 équivalents d'eau, qui l'attaquent lentement à chaud.
L'acide acétique et le sel marin dissous réagissent lentement sur Taluminium, lorsqu'ils sont réunis.
Le soufre, lecarbone, l'hydrogèneet l'azote laissent intact raluminium, tandis qu'il est énergiqnement attaqué par le chlore.
Sous les différentes formes de vapeurs et de solutions plus on moins étendues, l'acide chlorhydrlque agit énergiquement sur l'aluminium. Si ce métal contient du silicium, il se dégage de l'hydrogène silicié |*). L'aluminium résiste à la soude et à la potasse monohydratées, fondues i chaud; mais ces bases en dissolution aqueuse l'attaquent en produisant par la décomposition de l'eau un dégagement d'hydrogène et de l'alumine qui s'unit à la base alcaline ; l'eau de chaux attaque l'aluminium, il se produit un aluminate de chaux précipité.
L'aluminium peut s'allier directement avec la plupart des métaux et donner naissance à des alliages dont quelques-uns ont reçu un certain nombre d'applications.
Nous citerons en premier les bronzes d'aluminium, composés de 90i 95 de cuivre et 10 à 5 d'aluminium, présentant presque la couleur de l'or, pouvant recevoir un très-beau poli, donnant des moulages |)arfails, et pouvant facilement être travaillés à la forge.
Le bronze à 10 pour 100 d'aluminium, étiré en fils, est remarquable
contact
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au métal et en. altère la qualité.
On aurait sans doute intérêt à construire la sole du four, où s*errectue la rédaclioo, eo briques d'alumine, ce qui scmblcra't praticable en employant à la préparation de cette terre k minerai des Baux.
ALUMlNIUiil. 595
par sa ténacité dépassant de moitié celle du fer essayée comparativement sous la même forme.
Au point de vue de la rigidité ou de la résistance à la flexion, le bronze d'aluminium, à 10 pour 100, présente une grande supériorité sur le bronze ordinaire des canons et sur le laiton.
Dans des expériences comparatives, le laiton ayant donné une flexion représentée par 2,22, le bronze à canon a donné 0,15, et le bronze d'aluminium 0,05.
Le bronze d'aluminium résiste beaucoup mieux que le bronze ordinaire et le laiton aux agents atmosphériques.
MM. Morin et C*^ livrent au commerce des bronzes aux différents titres de 10, 7 1/2 et 5 pour 100 d'aluminium, aux prix de 15, 12,50 et 10 francs le kilogi*. — Ces bronzes, beaucoup plus chers que le bronze ordinaire, servent à faire des pièces frottantes trè^résistantes, telles que coussinets de machines, des instruments de physique, d'astronomie, de géodésie, des ustensiles de table, des flambeaux, et autres objets d ornement offrant un beau poli très-doux se conservant à l'air.
On fabrique aussi des navettes de tisserand en bronze d'aluminium, qui ne s'oxydent pas comme celles en acier.
On en fait également des ressorts de montre qui ont de grands avantages sur ceux en acier ; ils ne se rouillent pas, ne sont pas magnétiques et sont moins fragiles, quoique très-élastiques.
Le bronze d'aluminium doit être préparé avec du cuivre très-pur obtenu par une voie galvanique ou par afflnage. Avec le cuivre ordinaire du commerce, on obtient des produits de qualité médiocre.
On prépare le bronze d'aluminium en ajoutant l'aluminium au cuivre en fusion ; les deux métaux s'unissent avec énergie en donnant lieu à un dégagement de chaleur tellement considérable, que le creuset se ramollit et se déforme s'il n'est pas très-réfrac(aire.
Une partie d'aluminium ajoutée au cuivre pur en augmente la ténacité et le rend plus fusible ; il devient ainsi moins altérable et plus dur, tout en étant aussi malléable ; sa couleur n'est que peu modifiée.
L'alliage de 3 de cuivre et de 97 d'aluminium, plus blanc que l'aluminium, est plus convenable que lui pour être ciselé.
100 parties d'aluminium et 5 d'argent donnent un alliage plus dur que l'aluminium et susceptible d'un très-beau poli; il peut servir à faire de l'argenterie de table.
L'alliage de 5 d'aluminium et 100 d'argent est presque aussi dur que l'argent monétaire; il a l'avantage de ne pas renfermer de métal vénéneux.
L'alliage de 99 parties d'or et 1 d'aluminium est très-dur et facile à travailler; il présente la couleur de lor vert.
CaiilE IHDUSTR. 1. — 38
Enfin nous citerons Talliage de 3 de zinc et 97 d'aluminium, qui est plus dur que l'aluminium et aussi brillant que lui.
C'est surtout dans la confection d'objets de luxe, variés, obtenus par le moulage ou la ciselure, offrant un aspect mat ou brillant, que Ton a jusqu'ici plus fréquemment employé l'aluminium. On en confectionne des montures de bijoux, des bracelets, peignes, tabatières, petits portefeuilles, figurines, bronzes d'arl, garnitures de pendules, divers sujets de sculpture, ornés de quelques filets d'or, pour des surtouts de table et pièces d'orfèvrerie, et qui se distinguent par leur légèreté et leur inaltérabilité dans les endroits où l'air contient de l'acide sulfhydrique; des réflecteurs pour le gaz, exposés à de pareilles émanations, des montures et tubes emboutis pour lorgnettes et lunettes qu'on veut rendre plus légères ; les ornements métalliques qui surmontent la hampe des drapeaui, des incrustations de manjueterie ; quelques ustensiles chirurgicaux réonissant une grande ténacité à une légèreté utile, notamment des tubes dorés pour entretenir la respiration par un passage artificiel de l'air atmosphérique; médailles et jetons; quelques instruments de précision el des fils étirés, offrant une ténacité très-grande; des plumes métalliques plus résistantes que les plumes en acier à l'action des encres usuelles; des couverts, capsules, casseroles, timballes à faire cuire les œufs, timbres sonores, candélabres; flambeaux et bougeoirs légers. Suivant M. Lissajous, la grande sonorité de l'aluminium permet de l'employer pour fabriquer les diapasons.
L'aluminium sert enfin à faire divers alliages dont plusieurs ont reçu un certain nombre d'applications, comme nous l'avons vu précédemment.
IODE, BROME, lODURES ET SELS DE VARECHS
1. Industrie dile des varechs. — 2. État naturel. — 3. Historique. — 4. Propriétés de liode. — 5. Brome : historique et propriétés. — 6. Fabrication des sels et produits des varechs. — 7. Nouvelle source d'iode. — 8. Caractères et essai de l'iode commercial. — 9. Extraction du brome. — 10. Préparation de Tiodure et du bromure de potassium. — 11. Produits obtenus du traitement des soudes brutes des varechs. — 12. .\pplications des (iroduits des Aarechs.
i. ladastrle dite des Tarccha.
L'industrie qui s'exerce sur les produits de Tincinération des varechs
(rucus, algues marines) a pour but principal Textraction de Tiode; mais
elle donne aussi, en moindre proportion, un deuxième corps simple, le
brome, dont la consommation est plus limitée ; elle procure en outre
dos quantités considérables de sel marin, de sulfate de potasse et de
chlorure dt potassium : tous ces produits doivent donc être compris dans
la description de la fabrication et du traitement des soudes de varechs.
Ce dernier nom, sous lequel on désigne la matière première, est mal
choisi, car ni la soude ni le carbonate de soude ne figurent parmi les
produits variés qu'on en tire : ils y existent en si faible proportion,
qu'on ne les extrait pas; on annule même leurs propriétés alcalines en
les saturant par l'acide sulfurique. Nous indiquerons l'état où se trouvent
dans la nature l'iode et le brome, l'historique de leur découverte, et nous
i^ppcUcrons celles de leurs propriétés qui sont utiles à l'intelligence des
procédés d^exlraction et des applications principales.
t. É<at natorel.
On n'a rencontré jusqu'à ce jour ni l'iode ni le brome à Tctat libre dans la nature. A l'état d'iodures et de bromures, ils font partie des composés dissous dans l'eau de la mer en si faibles proportions, qu'en analysant cette eau, on n'en avait pas naguère tenu compte ; mais, sous » influence des forces électives de la végétation, ils s'accumulent dans les organismes des fucus avec d'autres composés solubles (chlorures de ?odiuraetde potassium, sulfate de potasse): aussi les trouvc-t-on dans
ces végétaux en proportions beaucoup plus grandes que dans Teau de mer, et dans des rapports très-différents. Les iodures ont été obsenrés dans le Zostera marina (plante marine phanérogame, monocolylée) sur les plages de Granville et de Marseille; dans quelques polypiers; chez plusieurs mollusques de mer, les doris, vénus^ huîtres; dans les éponges; dans les eaux de Yogtiera (Angelini), de Castelnuovo d*Asti (Cakto)« d'une saline d'Antioquia (Bocssdigault), dans le sel de Bex (CiiARre5tier), enfin dans les minerais d'argent de Mexico (Yauqueun). M. Cbtin a découvert la présence de Tiode dans les plantes qui végètent au milieu de la plupart des eaux courantes, douces ou salées, et en minimes proportions dans Tair atmosphérique; M. Bussy a trouvé 2 dix-millièmes de ce corps dans les liquides provenant de la condensation des vapeurs de la houille dislillée (eaux des usines à gaz d'éclairage). On a indique la présence du brome, en proportion double, dans les mêmes liquides. Ces deux corps se trouvent donc dans les houilles de Mons et d'Anzin, de Commentry et de l'Allier, employées à la fabrication du gaz; il est probable que la plupail des houilles présenteront des faits analogues. L'eau de la mer Morte, où se concentrent plusieurs composés salins, poum devenir une source abondante de brome (voyez sa composition, p. 88). On rencontre l'iode à l'état d'iodate et d'iodure dans l'azotate de soude du Pérou (*).
Les bromures coexistent sans doute dans la plupart des substances qui contiennent des iodures : on les a trouvés dans les produits de plusieurs salines, dans les éponges et dans diverses eaux minérales. On peut dire que, généralement, le chlore, le brome et l'iode se rencontrent ensemble dans les productions naturelles. Cependant M. Domeyko a trouve dans une mine du Chili de l'iodure d'argent exempt de chlorure cl de bromure:
s. Hiatorique.
Un habile manufacturier, Courtois, traitait, en 1811, les sels cxtraib des cendres des varechs, aQn d'appliquer à la fabrication du salpêtre les composés qui fournissent de la potasse (chlorure de potassium, sulfab* de potasse), et de livrer le sel marin au commerce. Essayantes cette époque, de décomposer les eaux mères par l'acide sulfurique (**), il dc-
(*) L'iodure cuivreux préparé au moyen des eaux roères du nitrate de sonde nous imTC en quantités notables du Pérou. On peut traiter cet iodure après lavage par Thrilro^ nd' furé ; on sépare le sulfure de cuivre précipité, on débin-asse la solution d'teide iodhfdnqne (otmé d'un petit excès d'acide sulfliydrique en y ajoutant de l'iodure de potassium iodmé, pnix" la satnre par la polans pure. Par évaporation et rerroidissement, on obtient de Tiodare «le potasium.
D Annaleê de chimU, 1815, tome LXXXVIIl, p. 504.
IODE, BROME, lODURES ET SELS DE VARECHS. 507
eouvrit Tiode dans les produits de la distillation. Gay-Lussac, à qni Courtois soumit ce corps nouveau^ fit connaître, dans un travail classique, sa yéritaMo nature, ses propriétés et ses remarquables analogies avec le chlore.