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GUAUX. 663
•• Caractères dlsttaetlfs et applIcadoiM 4es eliaax i^raases.
Les chaux grasses se distinguent non-seulement par leur composition, mais encore par leur propriété d'absorber Teau rapidement, en s'échaufTant alors parfois au delà de 300'', si la masse est assez grande et si Ton évite l'emploi d'un excès de liquide, d'augmenter de volume au point que l'hydrate occupe jusqu'à 3 fois autant d'espace que la chaux anhydre, et de retenir tellement l'eau dans cet hydrate, que la température de 300'' ne l'en puisse éliminer.
-La plupart des nombreuses applications de la chaux sont relatives aux industries chimiques. On comprend qu'elles exigent, dans cet agent, la plus grande proportion possible de chaux libre. C'est encore en raison de la chaux pure que les chaux grasses agissent dans la préparation de certains mortiers qui se durcissent très-lenlement en absorbant l'acide carbonique de l'air ; mais ceux-ci utilisent, souvent mieux encore, la chaux mise en présence de la silice prête à s'y combiner, dans le pro-^ duit même de la calcination. Ces applications spéciales seront indiquées plus loin lorsque nous traiterons des chaux hydrauliques^ des ciments^ des pouzzolanes et des mortiers.
La chaux doit être hydratée (combinée avec Teau) pour agir convenablement dans presque toutes les applications. Cet hydrate peut être obtenu pulvérulent, en ajoutant l'eau peu à peu, et en faible excès, à mesure que la combinaison s'effectue, et de manière que tout l'excès d'eau soit chassé par la chaleur que dégage la combinaison. L'hydrate de chaux en pâte, tel qu'il convient aux mortiers, est obtenu de la même manière, mais en ajoutant plus d'eau, pour préparer une pâte fluide qui prend graduellement plus de consistance par l'extinction (hydratation) des dernières particules de chaux. Enfin, l'hydrate de chaux liquide peut s'obtenir en ajoutant à l'hydrate en pâte assez d'eai pour délayer, au point convenable, la pâte calcaire. S'il s'agissait de préparer une petite quantité de cet hydrate liquide, il faudrait employer de l'eau chaude, bouillante même, afin de faciliter la combinaison en évitant le refroidissement de la petite masse, et d'obtenir rapidement l'hydrate excessivement divisé. Dans tous les cas, l'hydrate obtenu est une combinaison de 1 équivalent de chaux (350) avec 1 équivalent d'eau (112,50), combinaison pulvéralente ou délayée et partiellement dissoute dans l'eau.
Applications. — La chaux sert à enlever l'acide carbonique aux carbonates de soude et de potasse : on obtient ainsi les soudes et potasses caustiques, la potasse factice, la lessive caustique (solution de soude que l'on vend concentrée à Z6^ de l'aréomètre Baume), les lessives des
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savonneries. En décomposant par la chaux les seh ammoniacaui (car* bonate, sulfate, chlorhydrate), les eaux du gaz (c^nieDanl du carbonate, du sulfhydrate et du sulfocyanhydrate d'ammoniaque) et les urines putréfiées : à l'aide de Teau et de la chaleur, on met en liberté Tammoniaque qu'on recueille dans Teau; c'est ainsi que l'on obtient Valcali volalil (ammoniaque caustique en solution saturée dans Teau). On emploie la chaux pour précipiter la magnésie dans les salines, et obtenir un chlorure de calcium qu^on décompose ensuite par i équivalent de sulfate de soude afin de recueillir le chlorure de sodium dissous et d*éliminer le sulfate de chaux précipité. La chaux s'applique à la préparation des hypochlorites décolorants et désinfectants ^ du chlorate de chaux et, par suite, du chlorate de potasse ; à Vessai des sels ammoniacaux; à clarifier les solutions du carbonate de soude (1/2 millième suffit); a éliminer l'acide carbonique des eaux naturelles et précipiter le carbonate calcaire que cet acide tenait en solution. Elle entre dans la composition des mortiers^ qui renferment, en outre, du sable, ou de la pouzzolane, ou de l'argile calcinée. En parlant des mortiers, nous verrons comment la chaux grasse peut entrer dans la composition des chaux hydrauliques artificielles. On l'applique parfois directement au blanchissage de la filasse, du chanvre, du lin et des chiffons destinés aux papeteries. Elle sert à l'épuration du gaz-light, à Vassainissement des fosses, des puits, des caves , contenant certains gaz délétères (acides carbonique, sulfliydriquc) ; à préparer Veau de chaux^ réactif des laboratoires; à l'amendement des terres qui utilisent les chaux pulvérulentes impures dites cendres des fours à chaux, au phaulage des grains, pour les préserver de certaines maladies (*). Chauffée en fragments, par un courant d'hydrogène 2 volumes et d'oxygène 1 volume, enflammés, elle devient rouge, 'incandescente, et produit une lumière des plus vives, employée pour éclairer le microscope à gaz.
La chaux sert : à former, avec certains acides végétaux, des sels qui, décomposés par l'acide sulfurique, donnent les acides acétique, citfHque et tartrique; à saturer V acide pyroligneux pour préparer l'acétate de chaux, dans la fabrication du vinaigre de bois. On emploie la chaux pour épurer le camphre, déféquer le jus des betteraves, raffiner le sucre, épiler les peaux, précipiter Vindigo bleu ou, au contraire, le désoxyder et le dissoudre à l'aide du sulfate de protoxydc de fer ; elle s'applique à la préparation des colles-matières (débris de peaux, tcn-
(*) NotammcDt de la carie des blés, duc à une sorte de champignon microscopique. 2 kilogrammes de chaux éteinte en poudre sulfi^ent pour chauler i hectolitre de grain que Toa a humcclé, quelques instants avant de le semer, avec 20 litres d'eau, afin de Taire adhérer la chaux, i kilogr. de sel marin ou mieux de suli'ale de soude préalablement dissous dans l'eau rend radhércnce plus grande et Teflel plus assuré.
dons, tissus organiques des os); à conserver les œufs (par lleau de chaux), /es fruits (par l'hydrate pulvérulent) ; à confectionner la graissa noire (avec Thuile pyrogénée de résine) ; à rectifier l'alcool (pour Vob' tenir anhydre) ^ k préparer un lut albumineux^ à fabriquer les acides gras (pour les bougies stéariques)^ à développer la matière colorante derorseille (chaux 5, urine putréfiée 125, pour 100 d'orseillc), saiurer V acide sulfurique dans le traitement de lalac-dye.
Délayée en bouillie claire avec des argiles ocrcuses et de Teau, la chaux forme un badigeon qui sert à peindre les murailles, et qui durcit en absorbant Tacide carbonique de Tair. Le lait de chaux s*emploie pour badigeonner les murs, plafonds, auges, râteliers et pavages des écuries infectées après le séjour d'animaux atteints d'affections contagieuses.
On l'emploie encore pour détruire les moisissures et levains acides dans les cuves à fermentation, les claies et toiles à pulpe de betteraves.