Fabrieation des chaax hydranliqiacs artilicieliea
Au lieu de calciner les calcaires naturels renfermant de Targile plus du carbonate de chaux et donnant les chaux hydrauliques, on peut obtenir ce produit artificiellement, soit au moyen des mélanges de chaux et de silice en gelée, soit en calcinant ensemble de l'argile plastique et du carbonate de chaux.
Voici l'un des procédés les plus économiques, qui a été indiqué par M. Vicat, et mis en pratique sur une grande échelle par M. de Saint-Léger : On ajoute à 4 volumes de craie de Meudon 1 volume d'argile (glaise de Vaugirard); on rend le mélange très-exact en délayant avec l'eau ces matières, dans une auge circulaire, au moyen de deux meules verticales que font tourner deux chevaux. Dès que l'on a obtenu de cette matière une bouillie homogène, on la fait couler, en enlevant une vanne, dans un caniveau conduisant à des bassins en maçonnerie. Lorsque le dépôt est devenu compacte, on décante l'eau claire qui peut servir à un nouveau délayage. On façonne rapidement en briquettes la pâte consistante, à l'aide d'une sorte de louchet ou truelle à lame coudée. Ces briquettes sont
posées de champ sur un sol battu ; elles s*y dessèchent graducUemcDt à Tair ; on les empile, puis on procède à leur cuisson ou calcination.
Calcination des diverses pierres à chaux hydrauliques. — Cette opération se fait dans des fours semblables à ceux où l'on traite les pierres à chaux grasses. Seulement il importe de ménager davantage la calcination, car si Ton dépassait la température indispensable au dégagement de Teau que contient Targile et de Tacide carbonique du carbonate, la chaux réagirait sur la silice et le silicate d'alumine, au point de former des composés inattaquables par Teau : sortes de YÎIriGca tiens non susceptibles, par conséquent, d'entrer par l'hydratation dans des combinaisons nouvelles. On peut citer, comme types des chaux et ciments hydrauliques employés dans de grands travaux, les produits dont la composition est ci-dessus indiquée, page 668.
La chaux hydraulique artificielle, de même que la chaux de Senonches, se dissout intégralement dans les acides ; les morceaux convenablement calcinés s'hydratent en augmentant de volume dans le rapport de 100 à 166.
O. Préparation des ciments hydrauliques.
Les ciments hydrauliques (dits ciment romain, plâtres-ciments) se préparent en Angleterre et en France avec le même calcaire argileux, compacte, à grains Tms, dur, pesant de 2,2 à 2,59, dont les énormes bancs ont été en partie disloqués, et dont les fragments, roulés par les eaux de la mer, ont pris, dans plusieurs parages, les formes arrondies des galets. Un calcaire très-convenable pour la préparation du ciment hydraulique a été découvert près de Pouilly, par M. Lacordaire, ingénieur. Un calcaire analogue s'exploite maintenant pour les mêmes usages en Russie.
Ces ciments, après avoir éprouvé le degré de calcination convenable, doivent être réduits en poudre,' passés au tamis et conservés en barils bien clos. Ils se distinguent des chaux hydrauliques, et à plus forte raison des chaux grasses, non-seulement par la grande proportion d'argile qu'ils renferment, mais aussi par les propriétés d'absorber l'eau sans presque s'échauffer ni augmenter de volume, de se gâcher comme du plâtre, de faire alors une prise solide, et de former des masses plus ou moins considérables qu'on peut immerger dans l'eau. C'est ce qui explique la forme pulvérulente qu'on leur donne pour faciliter leurs importantes applications dans les grandes constructions hydrauliques (*).
(*) On obtient une sorte de plâtre-ciment de qualité inférieure en mettant en poudre les morceaux de calcaire à chaux grasse incomplètement cuUs; la substance pulvérulente fait atec Tenu une prise notable, dépendant de la combinaison entre i équivalent de chaux hvdralée et 1 équivalent de carlK>nnte de rhaux.