‹ Précis de chimie industrielleChapitre 22 sur 215 · HAS DALE · texte numérisé non relu

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On voit qu'à la profondeur de 300 mètres les proportions de la plupart des substances dissoutes sont décuples de celles que contiennent l'eau de l'Océan et celle de la Méditerranée ; elles se sont trouvées moindres de 0,2 environ à la profondeur de 20 mètres.

Il n'est pas douteux, dit l'auteur, que dans l'avenir la mer Morte ne devienne une source de production abondante de brome et de potasse.

Distillation de Veau de mer. — La distillation de Teau de mer, en vue de la rendre potable, fixa l'attention d'un physicien anglais, Hauton, en 1670 (Trans. phiL), En 1717, Gauthier, médecin de Nantes, décrivit un appareil distillatoire qu'on ne put employer à bord des navires, en raison des mouvements de roulis et de tangage projetant l'eau de la cucurbite dans le serpentin. Poissonier imagina, en 1772, un alambic qui évitait ces inconvénients. Le problème a été résolu parCiément-Dcsormes ef de Freycinet; mais, bien qu'en se servant de leurs appareils il ne fallût embarquer que 1000 kilogrammes de houille pour obtenir 6000 litres d'eau distillée, la solution n'était pas encore pratique ; elle l'est devenue depuis que MM. Peyre et Rocher ont construit un appareil dans lequel non-seulement la combustion de la houille produit autant d'effet, mais où la chaleur cédée par la condensation de la vapeur s'applique à la coction des aliments : en sorte qu'il suffit du combusti-

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ble nécessaire à la cuisine de l'équipage pour produire Teau douce durant lesToyages de long cours; on économise ainsi la pla<re, toujours précieuse dans les navires, qu'occupent ordinairement les caisses en tôle dans lesquelles on embarque Teau potable {*).

Les premières et les dernières parties du produit distillé de Teau de mer doivent être recueillies à part; elles servent directement aux savonnages et laTages divers, utiles à l'équipage. Le produit intermédiaire plus pur est réservé pour la boisson. On le rend plus propre à cet usage en l'aérant par le battage à l'aide d'un moulinet tournant dans un cylindre où l'air se renouvelle : l'eau peut alors absorber de l'oxygène, de Fazote et de l'acide carbonique dans la proportion que présentent les eaux de rivière (voyez p. 75). On améliorerait sans doute encore la saveur et la qualité de ces eaux distillées potables en y ajoutant, après l'aérage, pour 1000 litres, i litre d'eau chargée de carbonate de chaux, rendue soluble par un excès d'acide carbonique (voyez plus loin la Préparation des eaux gazeuses).

L'est sur le produit épuré, autant que possible, de la distillation des eaux de rivière que l'on a constaté la plupart des propriétés de l'eau pare exposées ci-dessus, et celles qui nous restent à décrire.

Solubilité des corps solides et liquides. — Un très-grand nombre de substances liquides ou solides peuvent se dissoudre dans l'eau et lui communiquer des qualités spéciales (couleur, densité, saveur, odeur, réaction acide, alcaline, température d'ébullition plus élevée ou plus basse, congélation plus rapide ou plus lente, etc.).

('] Le jury central pour Texpositioa des produits de l'agricullare et de l'industrie de 1840 I constaté les perfeetiounements introduits dans cet appareil par H. Rocher, et les grands ré-* soilits d<t son usage dans la marine marchande et militaire : l'abondance et la pureté de l'eau fournie aux marins de nos équipages a considérablement diminué les affections spéciales aux- ^leUes soot exposés les gens de mer. M. Rocher a obtenu la médaille d*or ; rÀcadémie des sciences lui décerna un prix de 2,500 francs sur la fondation Hontyon. ti obtint en 1851 une récompense du premier ordre dans le grand concours des nations à TExposition de Londres. li importe d'éviter dans les parties des appareils sur lesquelles s'écoule Teau de la vapeur foodensée Temploi du cuivre non étamé, cl plus encore des tuyaux en plomb. M. Chevreul a <léiiM»tré que le cuivre et le plomb sous forme d'oxyde ou de sels peuvent se rencontrer ^ ces eaux distillées et occasionner des accidents d'intoxication. l\ a conseillé, pour décou- ^ la présence de ces composés délétères, d'avoir recours à V hydrogène sulfuré, qui tes précipite en noir et qu*on se procure aisément à l'aide de copeaux de chêne enfermés dais plasieors flacons remplis d'eau de mer, une fermentation putride donnant lieu à la formation ^ l'acide sulfhydrique et à sa dissolution dans l'eau, qui dès lors sert de réactif.

Us eaux potables naturelles peuvent elles-mêmes devenir délétères en certaines cii'con- *»M«i. (Voyei à la lin de l'article Céruse.)

1^ liquides alîmenlaires, tels que le vin, la bière, le cidre, doués d'une légère réaction Ktde, séjournant dans des vases dits en éiain, mais qui contiennent de 0,15 à 0,45 de plomb, peuvent donner à ces boissons des propriétés vénéneuses; même l'alliage d'étain 90 et plomb 10 peut donner lieu à des accidents toxiques. M. Roussin, pharmacien en chef des hôpitaux nniliUires, a conclu de ses nombreuses expériences que les alliages d'étain et plomb destinés à contenir des liquides alimentaires ne doivent pas contenir au delà de 5 centièmes de ce dernier lAélal. {Recueil de$ mémoires de ntédecine chirurgicale militaire^ août 1865.)

La solubilité de la plupart des corps augmente avec la température du liquide ; de là vient que beaucoup de sels cristallisent par le refroidis* sèment de leur solution aqueuse.

Toutefois, plusieurs substances sont moins solubles dans Teau à 100* •qu'à d'autres températures inférieures : tels sont Thydrate, le tartrate et le sucra te de chaux, plus solubles à froid que dans l'eau bouillante; les sulfates de chaux et de soude, plus solubles à SS*" qu'à 100^, et même qu'à toute autre température. L'eau déjà saturée d'un corps liquide ou solide n'en peut plus dissoudre dans les mêmes conditions ; mais elle peut dissoudre tantôt plus, tantôt moins d'une ou de plusieurs autres substances. De là un moyen d'épuration, par les lavages méthodiques fréquemment usités dans les laboratoires et les fabriques, et des procédés de séparation des sels solubles (voyez plus loin le traitement des eaux mères des salines).

Solubilité des gaz, — Les gaz se dissolvent dans l'eau en quantités d'autant plus grandes que la pression qu'ils éprouvent et qui diminue leur volume est plus considérable, et que la température du liquide est plus basse.

Dans ces conditions, d'ailleurs, l'agitation hâte la dissolution, parce •qu'ellc^multiplic les surfaces en contact.

Certains gaz dissous dans l'eau sont éliminés, totalement ou en partie, par des corps liquides ou solides ou très-solubles (alcool, sel marin, etc. ).

L'eau enfermée avec plusieurs gaz mélangés dissout de chacun un volume égal à celui qu'elle pourrait dissoudre si chaque gaz était seul •et qu'il exerçât la même pression à la même température.

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