de sulfure de carbone
Nota. On Toit que , pour condenser cette vapeur, il faut enlever une quantité de chaleur 6 fois 1/2 moindre que pour condenser un poids égal de vapeur d'eau.
Le sulfure de carbone, en brûlant, développe un pouvoir calorifique représenté par 3400 calories, moitié moins que la houille ; si on allume le sulfure de carbone dans Tair, il brûle avec une flamme bleue. A la température de 18 à SS"", sa tension est telle, qu'il peut s'enflammer à distance d'un corps allumé; le mélange d'air avec sa vapeur peut être détonant, et on doit prendre de grandes précautions pour éviter les in- Oammations accidentelles du sulfure de carbone, car elles ajoutent aux dangers de Tincendie les dangers des produits délétères et du résidu gazeux de sa combustion : acides sulfureux et carbonique, plus l'azote de Tair. Presque insoluble dans l'eau, il se dissout en toutes proportions dans ràlcool, l'éther, la benzine, Tessence de térébenthine et d*autres essences ou hydrocarbures.
Le sulfure de carbone peut dissoudre une forte proportion d'iode, de phosphore blanc et de soufre cristallisé ; à l'aide de ce dernier, on parviendrait sans doute à retenir le sulfure de carbone qui contribue à rendre infect le gaz de l'éclairage, si l'on faisait passer ce gaz, refroidi, au travers d'un filtre plein de fragments de soufre : il suffirait ensuite de distiller la solution pour reprendre le soufre. •On pourrait d'ailleurs utiliser le sulfure de carbone recueilli, en le brûlant dans l'air, car il se convertit en acide carbonique et acide sulfureux (voyez plus loin la préparation et les applications de l'acide sulfureux et des sulfites). En présence de l'acide azotique, la vapeur de sulfure de carbone dépose du soufre, une flamme d'un blanc bleuâtre apparaît dans le tube en verre, il se produit des vapeurs rutilantes et de l'acide
sulfurique. On appelle aussi le sulfure de carbone acide^ sulfocarbonique^ parce qu'il s'ujiit avec les protosulfures métalliques, et forme alors des sels bien définis. Le sulfure de carbone dissout l'iode, qui le colore en violet. On profite de cette propriété pour constater, dans une solution saline, la présence des iodates ou des iodures : on yerse dans ces solutions un dixième environ de leur volume de sulfure de carbone, qui forme une couche distincte; on ajoute quelques gouttes de chlore qui déplace l'iode de l'iodure; par l'agitation Tiode se dissout dans le sulfure de carbone, qui se colore en violet.
S'il s'agissait de reconnaître un iodate, on ajouterait au lieu de chlore quelques gouttes d'acide sulfureux qui, s'emparant de l'oxygène, formerait un sulfate, mettant aussitôt en liberté Tiode dont la présence se manifesterait par la coloration violette du sulfure de carbone. On a constaté et appliqué ses propriétés anesthésiques et vénéneuses pour détruire les rats et les insectes.
L'eau en ébullition, sous la pression ordinaire, n'altère pas le sulfure de carbone ; cette observation est importante relativement à la rectification en grand et aux applications de ce composé.
M. Â. Girard a démontré que l'hydrogène agissant sur le sulfure de carbone se substitue à un des deux équivalents de soufre, 2H-t-CS*=CSH-t-HS. Le nouveau composé exhale une odeur forte, il est cristallisable et se sublime à + 150° sans décomposition. Le sulfure de carbone et le chloroforme se peuvent dissoudre mutuellement eu grandes proportions.
D'après M. Zeise, l'acide sulfhydrique forme avec le sulfure de carbone une combinaison peu stable ; il peut lui-même dissoudre partiellement ou en totalité les résines, les gommes-résines^ les baumes^ les bitumes, les camphres, la cire, les substances grasses neutres et les acides gras, le blanc de baleine, l'éther, les acides camphorique, benzoïque, cinnamique, la paraffine (beaucoup plus à chaud qu'à firoid).
Le sulfure de carbone en vapeur exerce une action énergique sur les oxydes métalliques chauffés au rouge : par son carbone il enlève Voijgène et le soufre s'unit au métal. M. Fremy a obtenu ainsi des sulfures qu'il n'avait pas été possible de préparer autrement.
Sa volatilité rapide détermine un abaissement de température qui peut, à l'aide du vide, atteindre — 60"*.
t. Fabrication.
On prépare dans les laboratoires le sulfure de carbone au moyen de l'appareil indiqué figure 36.
Une cornue en grès  de 2 litres, munie d'un ajutage B faisant corps
StLFURE DE CAÛBaNE. 177
areeellc, reçoit un tube en porcelaine C, tuté dans la hauteur de l'ajutage avec du mortier de terre à four. Le tube, ouvert aux deux bouts, se ferme à volonté par un bouchon.
Ajant rempli jusqu'au col cette comue avec des fragments de charbon de bois, ou la pose dans un fourneau E, on y adapte une allonge F, puis un rérrigcrant à double enveloppe G. A ce réfrigérant est adapté un tube J qui se rend dans un ballon K ; la tubulure de ce ballon reçoit un Uibe / destiné à conduire les gaz et vapeurs dehors ou dans une cheminée ajant un bon tirage.
tig. 36. — il]>p>r«il pour la prépanliau du snlfure de cirbona dana les Itboriloiiei.
Les choses en cetTétat, on chauiTe graduellement la cornue, et lorsque sa température atteint le rouge clair, on jette un petit morceau cylindrique de soufre dans le tube C, qu'on rebouche aussitôt ; on réitère celle manœuvre de 2 en 2 minutes. Le passage de la vapeur dans l'allonge F peut guider pour accélérer ou ralentir les projections.
Chaque fois que le soufre tombe dans la cornue, il est mis en vapeur, et, rencontrant un excès de charbon à une haute température, il brûle une partie de ce charbon et forme du sulfure de carbone qui entraîne toujours un excès de soufre échappé à la réaction. Les vapeurs se conden- HDt en partie dans l'allonge F et dans le réfrigérant G ; le liquide prodait s'écoule dans le ballon K.
Oo a soin d'entretenir un petit courant d'eau dans le réfrigérant à l'aide d'un robinet et de l'entonnoir H; l'eau froide s'introduit dans la double enveloppe, et l'ajutage 1 fait écouler l'eau chaude au dehors par DD caniveau.
U sulfure de carbone occupe le fond du ballon, recouvert par l'eau que l'on y avait introduite ; on le débarrasse du soufre en excès par une distillation dans une comue de verre chauffée au bain-marie d'eau. Si on veut l'avoir plus pur encore, il faut le mettre en contact, dans un Bacon, d'idiord avec de l'hydrate d'oxyde de plomb qui élimine des traces d hydrogène sulfuré en produisant de l'eau et du sulfure de plomb ; puis on le décante sur du chlorure de calcium, qui s'empare de l'eau ; on
^ doit alors le distiller une deuxième fois dans une cornue et un ballon tbien desséchés. On pourrait obtenir, avec ces appareils, environ 1 litre de sulfure de carbone par jour, quantité qui suffirait pour vulcaniser uo - assez grand nombre de menus objets en caoutchouc ; mais cette application a pris une extension telle, que Ton a dû fabriquer le sulfure de • carbone en grand.
On doit à M. Deiss la création de cette industrie, plusieurs de ses per- ^fectionnements et des applications nouvelles du sulfure de carbooe(^).
Les premiers appareils se composaient d'un seul cylindre en foute pro- ^duisant environ 100 kilogr. de sulfure de carbone par jour.
Il est probable qu'on obtiendrait économiquement des vases plus résistants en les fabriquant avec Targile à creusets de verrerie, et recouvrant la surface interne d'un vernis vitreux qui boucherait les pores et préviendrait les fuites (**).
Cette substitution économique, indiquée dans nos précédentes éditions, a été réalisée par M. Deiss, qui d'ailleurs est parvenu à développer cette fabrication en réunissant dans une seule enveloppe de maçonnerie 4 cylindres verticaux, autour desquels circule la flamme d'un foyer latéral commun.
Chacun des 4 cylindres, ayant l'",80 de haut et 0'",50 de diamètre intérieur, est muni au bas d'un manchon concentrique haut de 0",15, supportant un disque troué en terre formant grille ; celle-ci reçoit dans une ouverture un peu conique le bout du tube vertical abducteur du soufre, une deuxième ouverture dans l'obturateur reçoit le tube de dégagement des vapem*s, et une troisième ouverture, plus grande, sert à charger le charbon : elle reste close dans les intervalles entre ces chargements. L'opération étant continue, on fait en 24 heures 3 charges de charbon qui emplissent les 4 cylindres dans chacun desquels on introduit, à des intervalles égaux, de 3 en 3 minutes, des charges de SIS^^^S £n deux cartouches, contenant chacune 156 à 157 grammes de soufre ^grossièrement pulvérisé (on laisse réchauffer pendant 1 heure un quart .après chacune des 3 charges de charbon). Les 4 cylindres reçoivent en 24 heures chacun 125 kilogr. de soufre, ou ensemble 500 kilogr. ; ces .cylindres ont une durée qui varie de 1 à 6 mois, évaluée à 2 mois en ■moyenne.
La figure 37 indique par une coupe verticale et la figure 38 par un
^ {*) En 1810, le sulfure de carbone rectifié se Tendait 50 fr. le kilogr. En 18i8» tf. Dei«le \àvrvtt au prix de 8 fr. ; on le vend aujourd'hui 50 centimes. U coûte donc 100 fois moins
q'n*en 1810 et 16 fois moins qu'en 18 i8. \^*) L'enduit peut se préparer en fondant ensemble : flint glass (cristal) 130, carbonate àt
soude 20, et acide borique 12. On coule sur une plaque de fonte froide ; la masse vitreuse est : alors pulvérisée, délayée dans de Teau gommeuse et appliquée au pinceau sur les parois ib- \ tennes de chacun des vases.
SULFURE DE CARBONE
plan horizontal le fourneau A et les 4 cylindres C en argile réfractairc. On voit que, du foyer A en avant-corps, la flamme, pour se rendre dans la chemiaée commune, se dirige d'abord sous les cornues ou cylindres
Fig. 38.
Fig. 37 «t 3S. — Aj^ireil de H. Deiia (Ktur la bbricitioD da *ulbire de carbons.
wntenus par des tasseaux en briques; elle circule librement entre l'en- Telappe en maçonnerie et les parois externes des cylindres : chacun de oeuiH:i contient un faux fond troué reposant sur le manchon cylindrique qui forme une saillie intérieure circulaire ; dans un trou de ce faux fond s'engage le bout extérieurement conique d'un tube de 5 centimètres de diamètre en argile, dont le bout supérieur traverse le couvercle ou obturateur du cylindre, qu'il dépasse de 25 centimètres. Une deuxième ouverture pratiquée dans le même obturateur reçoit le bout d'un tube coudé D, de 8 centimètres de diamètre, servant au dégagement des gaz et vapem? •pi se rendent au réfrigérant décrit plus loin. Enfin une troisième ouverture de 13 centimètres de diamètre est destinée à recevoir ta large QOuille d'un entonnoir chaque fois que l'on veut charger le cylindre de iwise ou de charbon de bois tendre.
La figure 59 montre par une coupe verticale les détails de l'un des 18 vases en tôle ou en zinc communiquant entre eux par des tubes et qui constituent l'appareil réfrigérant. Chacun de ces vases cylindriques a w centimètres de diamètre ; sa partie inférieure, ouverte et à bords échan-
ISO PRËCIS CE CHIMIE INDUSTRIELLE.
crûs, ploiigc tl.nns une cuvette plus large contenant de l'eau ud peu audessus des cchancrures S, S, de façon à former un lut d'eati qui laisse passer les liquides condensés, en l'emiant toute issue aux gaz el Tapeurs. Le faux fond C de ce vase porte, ainsi que les autres, deux tubulures qui doivent recevoir des tubes recourbés en siphon pour faire conununiquer tous les vases entre eux, et le premier avec le tube abducteur des produits volatils de cliaque Fig. 39.- Détail d'un des rirri^énnu de Tippareii cornue (ou Cylindre OH argile); " ' *'"' les parois de chaque vase ou clo-
che cylindrique, s'élevant de 10 centimètres plus haut que le faux fond, contiennent Veau versée sur ceux-ci, qui sert à refroidir ce faux foud supérieur ainsi que les deux ajutages.
Les détails ci-dessus permettront de comprendre la disposition générale indiquée .lux figures 37 et 58, comprenant l'appareil complet d'un fourneau à 4 cylindres et le réfrigérant formé de 18 vases à cloches semblables. Pour chaque groupe de 4 vases une cavité cylindrique située au-dessous du fond des cuvettes permet de sipkoner ie produit liquide (sulfure de carbone) rassemblé au fond de chaque cuvette; on peut aussi mettre en communication toutes les cuvettes par des siphons constamment amorcés, de sorte qu'il suffît de soutirer le liquide du dernier vase K' de l'appareil réfrigérant pour vider toutes les cuvettes.
Ainsi donc les gaz et vapeurs sortis des 4 cornues circulent par le» tubes EFGm dans tes 18 cloches{*), et de la dernière se dirigent par U tube I dans une cheminée de l'usine soit directement, soît, mieux encore, après avoir passé dans des épurateurs (semblables aux épurateurs à gai décrits à la fin du U° volume) au travers de trois couches de chaux hydratée pulvérulente ; on retient ainsi le gaz acide suirhydrlque, qui par son odeur nauséabonde était naguère une cause de grave incommodité pour le voisinage ('*).
Voici comment s'etTectue la fabrication du sulfure de carbone dans tel jppareil : On remplit les 4 cornues de charbon, on ferme à l'aide d'obturateurs et de lut les ouvertures où étaient engagées les douilles des eu-
(') L'ensemble do tel appareil condensilenr est calauré d'an mar d'appui en maçonnene, recouTert de dalles ou de pUts-bord», qui leltent Ecnsiblcmcnt dans cette enceinte la Tipeur méli^e i l'air el plus lourde que l'air ambionl. , .
(") Il resie loutelbis une Irè^-pelile qnantiifi dn gii bfcct, obterré par N. A, Girtfdi "■■ campasé : GS -<- U.
SULFUIiE m CAABONE. 181
toDDoirs, on élève à l'aide du foyer alimenté de houille la température des cornues et du charbon qu'elles renferment jusqu'au rouge clair. C'est seulement alors que l'on commence à introduire le soufre préalablement disposé dans des enveloppes cylindriques ou cartouches en papier ; 2 cartouches formant une charge sont introduites à tour de rôle dans chacun des tubes KF, qui les conduit verticalement sous le faux fond de chaque cornue ; on bouche aussitôt l'extrémité supérieure de ce tube avec un tampon de glaise ou argile plastique détrempée qu'enveloppe un nouet de linge. Les charges de soufr» se succèdent,* comme nous l'avons dit, de 3 en 3 minutes; au bout de 7 à Slheures le charbon partiellement consumé par la vapeur de soufre doit être remplacé. On suspend l'introduction du soufre et l'on remplit à l'aide de Tentonnoir en tôle chacun des cylindres de charbon de bois ; on ferme l'ouverture et l'on chauffe durant 1 heure 3/4 environ pour atteindre la température utile à la réaction indiquée plus haut. Ainsi donc le chargement du charbon se renou- Telle trois fois en 24 heures; il reste 20 heures pour les charges réitérées du soufre et 4 heures pour les 3 chargements et chauiïages du charbon.
Quant au soutirage du sulfure de carbone condensé sous les cloches et recueilli dans les cuvettes, il s'effectue sans difficulté et dans tout le cours des opérations; seulement on doit profiter de chaque interruption hebdomadaire pour enlever le soufre entraîné dans les quatre premiers vases ou cloches où il se dépose en masses cristallines.
Tout le sulfure de carbone obtenu ainsi est ensuite rectifié soigneusement avant d'être livré au commerce pour les applications énumérées plus loin. Naguère la rectification se pratiquait dans des alambics en zinc chauffés au bain-marie, et d'une contenance de 200 litres environ, disposés suivant le dessin de la figure 44, page 186. M. Deiss l'effectue maintenant en opérant dans de grandes chaudières en tôle à fond plat, ayant une longueur de 3 mètres, une largeur de 2 mètres et i mètre de hauteur sous le couvercle bombé (*). Cette chaudière distillatoire reçoit pour une seule opération 5000 kilogr. de sulfure à rectifier; elle est muoie d'un trou d'homme à sa partie supérieure et communit]ue par six tubes recourbés en col de cygne avec six serpentins verticaux plongeant dans de l'eau qui se renouvelle à volonté. Au fond de la chaudière et dans un plan horizontal sont disposés deux serpentins indépendants pour le chauffage (recouverts d'un faux fond troué) : le premier, chauffant par contact, reçoit d'abord la vapeur qui doit porter tout le liquide à
+48'C'. La distillation ménagée aussitôt commence, elle dure 3 ou
^ (*) Le eouTerde devrait toujours être entièrement recouvert de corps non conducteurs, afin a éviter une déperdition de chaleur qui fait condenser et retomber le sulfure de carbone dans la ehaudièie.
183 PRÉCIS I)Ë CHIMIE llfDUSTTtlELLE.
4 jours. 100 kilogr. de vapeur d'eau Euifisent en se condensant ponr volatiliser 6b0 kilogr. environ de sulfure de carbone ; los produits peuvent être fractionnés pour des usages divers : les premiers contiennent les plus fortes proportions des composés plus volatils à odeur forte (HS et CS + II) ; arrive ensuite ic sulfure de carbone phis pur, que l'oD met à part; enlin quelques heures avant la fin de la distillation il passe du sulfure entraînant des traces de soufre et qu'on peut faire écouler dus un récipient spécial. Il faut alors chasser la totalité du sulfure de carbone qui reste au fond de la chaudière^vec le soufre précipité avant la fin de la rectification ; c'est dans ce but que par le deuxième serpentiD troué on injecte de la vapeur d'eau dans toutes les parties de la chaudière. Cette vapeur, en raison de sa température de 100 degrés et de l'espace qu'elle renouvelle, entraîne la totalité du sulfure de carbone qui se condense avec elle et, occupant le fond du récipient, se trouve conslauiment recouverte d'une couche d'eau de condensation qui s'oppose à la déperdition du sulfure liquide.
Après le refroidissement, un ouvrier entre dans la chaudière bien ventilée et il enlève tout le dépôt de soufre. Cet appareil rectificateur est eo définitive exactement dispose comme dans la deuxième partie de l'appareil complet d'extraction des huiles et fonctionne de même (voyez p. 193). Le sulfure de carbone rectifié s'eipédie en barils cylindriques A de tdle, ayant 75 centimètres de haut et 60 centimètres de diamètre, à fonds rentrés et bords saillants (fig. 40); un ajutage 6 fermant à vis et l'ondelle de cuir clôt hermétiquement ce baril. En ouvraul l'ajutage on soutire au siphon tout le sulfure avec le moins possible de chances d'accident. Fig.io. -BirUeowHïiwïaMau ^oi*^' '^ comptc de fabrication du sulfure iTjnsportdusuifurt d« («rttone. jg carbone, en suDposant deuz appareils coinplels de chacun 4 cornues fonctionnant à la fois six jours par semaine pendant toute l'année :
'soufre: 1000 W. 120 tr.= . . . .
BniBc : 10 sacs = 300 kîl 40 )
I 4 bommes de jour 1
\i — de nuit !..
lUin- 1 3 — pourpiler le loutre. ) d'œuTrc. \ 4 enfanis pour préparer le papier J 14 — pour faire ou emplir les [.
I carlouchea ' l k déduire :
Combuatilile, coke, 40 becloliires ) 1 Tr. 30 c. . 48 I Soub«repriil50' 30 Frais de rectification, nettoyages, inlerniptioni cl |
intérêts 40 / Dépense
Produit de 8IHI kil. tendus i 50 c. =
1 kU. revleal t 44 fe. S5 cent. Bénéfice = .
SULFURE DE CARBONE. i8S.
LorM|a« le prix do soufre raffiné en canons s'élève à 24 fr. les 100 kil., l'accroissement de dépense pour 1000 kil. est de 40 fr. La somme des dépenses = 404'
A déduire pour le soufre repris dans les premiers réfrigérants et le résidu de la rectificalion, 150 kil = 36
Dépense nelte = 368'
Le montant de la vente de 800 kil. de sulfure de carbone & 50 cent = 400
La différence ou le bénéfice net se trouve réduit à 32'
Mais si dans ce cas on porte le prix du sulfure de carbone à 55 centimes le kilogramme, le produit de la vente sera de 440 francs et le bénéfice net de 72 francs.
Si Ton cherche à se rendre compte des pertes éprouvées dans cette opération, ce qui est toujours utile en vue de connaître la limite des . perfectionnements théoriques, on trouve :*
1* Sur le charbon : 800 kil. du sulfure obtenu équivalent à 126^,5 de carbone, les
300 kil. de charbon de bois (sauf l'humidité et les substances étrangères] représenteraient une perte de 176 ou plus de 50 pour 100.
2* Sur le soufre : 800 kil. CS« = 673,7 de soufre + les 150'' repris = 823,7 : -
donc sur les 1000 kil. employés la perte serait de 176^,3 ou de 17,63 pour 100.
M. Gérard, de Grenelle, a perfectionné plusieurs des appareils et ustensiles destinés à fabriquer, épurer et emmagasiner le sulfure de carbone.
La figure 41 ci-après indique Tappareil à produire et condenser ce * composé.
Le vase C dans lequel s'effectue la combinaison (combustion du charbon incandescent par le soufre en vapeur) est chauffé à l'aide d'un foyer A, B, surmonté d'une voûte et des cameaux qui laissent passer la . flamme enveloppant toutes les parois extérieures du vase avant de se diriger par les ouvreaux supérieurs vers la cheminée.
Ce vase, en fonte épaisse de 4 centimètres, présente une section cllip- tique (fig. 41) de 1 mètre sur 40 centimètres. Sa hauteur est de 2 mètres.
A la partie inférieure, un ajutage latéral à bride fermant par une sorte de clapet en fonte E, à charnière, sert à charger le soufre aux in- stants convenables et sans déperdition sensible.
Le fond supérieur est surmonté d'une buse fermant à volonté par un tampon F' épais, également en fonte. Un tube FG incliné, attenant à la buse, s'adapte par une bride au récipient intermédiaire en tôle, dont toute la partie inférieure, maintenue par une armature à tiges vissées, , peut être ôtée et replacée facilement.
Au bout du tube incliné se trouve une bride, fermée par un obtura-leur G, que l'on ôte lorsqu'on doit, à l'aide d'un tampon en linge enfoncé dans le tube incliné, intercepter la communication entre le vase -
184 l'KËCIS DE CUIUIK 1>DI'&TR1ELLE.
distillatoire et toutes les cnpacités au delà (vase intermédiaire U et condensattur J, K, LU qui rcnl'crnient du sulfure de carbone liquide et en ïapeur, facilement inflammable.
Le rélVigcrant ou condensateur est composé des 3 vases cylindriques en zinc J, K, L, communiquant : le vase inférieur, d'un côté, avec le récipient intermédiaire U et par la partie supérieure à l'aide de trois
Fis. *i- Fig, il, It et 4S Apixreil de H. Gérard paur la labcication da sultUre de arboM*
tubes verticaux, avec chacun des deux vases superjtosés K, L, le dernier portant un tube de dégagement M, qui s'élève au-dessus de la toiture du hangar conduisant à l'air libre les gaz et vapeurs non condensés.
Le premier vase du réfrigérant L sert à la fois à condenser, par ses larges surfaces, les vapeurs de sulfure de carbone et à contenir le Uqu"i^ produit de cette condensation et de celle qui s'effectue dans les deux autres vases cylindiiques superposés.
Ce liquide est à volonté soutiré par le robinet N.
SULFIRE DE CARBONE. 185
Les trois vases cylindriques, ainsi que les tubes qui les font communiijuer et les supportent, se trouvent plongés dans le bain d'eau que contient un réservoir cylindrique de 1 mètre et demi de diamètre et 1 mètre et demi de hauteur, dont on peut renouveler Teau comme dans on réservoir de serpentin ordinaire.
L'opération se conduit comme dans l'appareil ci-dessus décrit : on charge d'abord le vase en fonte C avec 700 litres de charbon de bois concassé ou de braise, à l'aide de l'entonnoir en tôle (fig. 45). L'entonnoir étant retiré, on pose l'obturateur F' (fig. 41), qui est immédiatement luté<
La température étant ensuite portée au rouge vif dans toute la masse charbonneuse, on introduit graduellement par l'ajutage latéral E le soufre qui se fond, est volatilisé, brûle le charbon en traversant la masse incandescente; le sulfure de carbone (acide sulfocarbonique) ainsi formé entraine toujours une certaine quantité de soufre échappé au contact du charbon.
Le soufre, beaucoup moins volatil que le sulfure de carbone, se condense avec une partie du dissolvant et cristallise dans le vase intermédiaire H, qui, enfectivement, a pour destination spéciale de le retenir, et d'où on peut aisément l'extraire en démontant le vase conique en t&le qui forme sa partie inférieure lorsque la distillation est interrompue.
Les additions de soufre ont lieu pendant 10 heures (1S375 par 3 minutes), du matin au soir; le feu est alimenté durant la nuit, afin d'achever la volatilisation du soufre et de laisser l'excès de charbon ou braise à nu vers le matin. C'est alors que l'on intercepte la communication avec l'appareil réfrigérant à l'aide d'un tampon de linge humide introduit dans le tube F, G, en ôtant l'obturateur G.
On recharge le vase en fonte en remplissant de charbon {*) toute sa capacité libre ; on vide le vase intermédiaire (en le retournant pour faire tomber très-facilement le cône tronqué de soufre cristallin qui le remplit presque à moitié), on replace le vase,' et lorsque la température est de nouveau rétablie au rouge vif, on ajoute peu à peu le soufre par l*ajutage latéral.
On peut obtenir en 24 heures 200 litres de sulfure de carbone pesant 258 kilogrammes pour 217 kilogrammes de soufre utilisés (sur 275 employés dont 35 repris) et 41 kilogrammes de charbon consumés utilement înirllO kilogrammes employés.
Le vase en fonte était naguère hors de service au bout de 8 à 1 5 jours.
( ) Uf Tapeur» qui peuvent encore se dégager pendant le chargement sont conduites par •ne hoWe ea tôle P Tcrs la cheminée.
180 PH£ctS m CHIMIE INDUSTRIELLE.
M. Gérard est paircnu à prolonger sa durée 2 à 5 mois et au deli, en recouvrant d'un enduit d'argile les parois extérieures et surtout en augmentant l'espace entre ces parois et celles dn j fourneau, de façon que
j la flamme ne touche
plus le vase, qui h trouve dès lors chauffe par le rayonnement de l'enveloppe en briques I réfractaires. La 6giue
44 montre par une coupe horizontale ce dispositions nouvelles :
fit- U. — Coupe hociionUle du ia>e en ItBle madiBé de l'ipptTeil A., Cylindre en foOte (reproduclfurdu tulfure de urbane. , „. .
présentant I intersection de 5 cylindres et ainsi consolidé par 5 nervures qui aident à la pénétration de la chaleur) ; B, circonvaJIation en briques courbes de 4 centimètres d'épaisseur; C, intenalle dans lequel circule la flamiiK; 0, maçonnerie en briques réfractaires.