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Fils de caoutchouc normal

Les bouteilles irrégulières du csioutchouc brut du Para, amollies •dans l'eau chaude, coupées en deux et aplaties (*), sont découpées, au couteau circulaire mécanique, en disques que l'on fixe sur un axe ; -celui-ci présente le disque tournant au tranchant d'un couteau mécanique circulaire : dès que le disque est entamé, il se découpe en spirale, et le ruban, plus ou moins mince à volonté, xst enroulé sur •un dévidoir; un filet d'eau facilite constamment l'action du couteau mécanique, qui débite ainsi la plus grande partie du disque réduit bientôt à un petit cercle (**). Le ruban est ensuite subdivisé simultanément en cinq ou six fils en s'engageant entre dix ou douze doubles lames circulaires coupantes, à la manière des cisailles. Cette action est également

(*) On presse à cet effet entre des plaques en fonte les denni-houleîlles de caoutchouc chauffées à 100*; lorsque les disques ainsi que les plaques interposées sont complélement refroidis, la forme plane est devenue permanente.

(**) Une simple disposition mécanique déplaçant le centre de rotation et accélérant le moutrcoent à mesure que la circonférence du disque de caoulchouc diminue, facilite et régularise ficlîon du couteau circulaire.

220 PRÉGS DE GIUHIE INDUSTRIELLE.

favorisée par l'écoulement continuel d'un léger filet d^eau froide ; un enfant, de l'autre côté, tire légèrement à lui les fils et aide ainsi le passage du ruban. Le fil obtenu par ce procédé est, en général, le plus résistant et le plus élastique que l'on puisse obtenir. On le tend, puis on lui ôte par le froid son élasticité, afin de le tisser aisément; on rend ensuite la contraction et toute Télasticité aux tissus et aux divers objets finis en les chauffant quelques instants à + 45^ dans une étuve. Ces fils en caoutchouc normal ont l'inconvénient de se durcir au froid et de s'amollir trop à la chaleur; aussi préfère-t-on généralement faire usage des fils en caoutchouc sulfuré (voyez p. 224).

V. Caontchonc écrasé, lairé, ai^^loniéré) découpé en feuilles» em. flls. moulé, étiré en lames. Interposé dans les tisons.

Écrasage du caoutchouc. — Une des premières préparations que l'on fait subir au caoutchouc consiste à le faire tremper pendant 12 à 24 heures dans l'eau tiède, puis, après l'avoir découpé en morceaux épais de 2 à 4 ou 5 cent., à l'aide d'un long couteau affilé, on fait passer successivement ces morceaux irréguliers entre deux gros cylindres lamineurs, ayant 40 cent, de diamètre, animés de vitesses différentes, l'un accomplissant un tour et l'autre deux tiers de tour par minute pendant qu'un filet d'eau tombe continuellement sur le cylindre supérieur.

Dans ces conditions les morceaux de caoutchouc sont écrasés, laminés, en même temps qu'étirés inégalement sur les deux sens ; ils sortent en lames minces, granuleuses, persillées d'une foule de petits trous, offrant ^ ainsi une grande surface à l'action des solutions faibles de soude et de Teau chaude qui doivent les épurer et les rincer, de l'air qui doit les dessécher et des divers agents mécaniques et chimiques employés pour les agglomérer, les gonfler ou les dissoudre : tels sont, par exemple, les tritureurs appelés loups (voyez la page suivante), les hydrocarbures et le sulfure de carbone; nous indiquerons plus loin l'application de ces derniers liquides. Quant aux bouteilles ou poires creuses en caoutchouc brut, après les avoir laissées tremper dans Teau tiède pendant 3 heures, on les coupe en deux au moyen d'une lame circulaire de couteau mécanique, arrosée, qui tourne en saillie de la moitié de sa surface, dans la fente d'un établi (*); les poires ainsi ouvertes en deux parties laissent sortir dans l'eau où on les replonge les matières teireuses qu'elles ont pu retenir.

(*] Dans toutes les opérntions de découpage du caoutchouc, on fait couler un filet d*eau sur les lames coupantes et sur le caoutchouc, a la place où la section s'effectue, afin d'annuler ui propriété adhésive du caoutchouc et de prévenir l'élévation de la température qu'occasion''^?' rait le frottement, et qui augmenterait l'adhérence du caoutchouc à l'outil.

Pour le caoutchouc brut du Brésil, moins impur que les autres, les lavages à l'eau surfisent ordinairement; on le fait ensuite passer enti'c les deux cylindres déckiqueteurs, qui le réduisent en nappes minces persillées de trous.

Agglomération du caoutchouc, — Cette opération forme la base d'un grand nombre des préparations qu'il nous reste à décrire. Voici comment on l'exécute :

Les lames minces déchiquetées, obtenues par récrasage, bien lavées et séchées à l'air, sont chaulTées dans une étuve à 55" environ {'); on en forme un paquet de 14 kilogr. (et jusqu'à 50 kilogr. relativement aux ustensiles de ce genre dits loups ou diables du plus fort modelé) en y comprenant des rognures, bandelettes et autres déchets des opérations précédentes. Ce paquet, fortement trituré en l'introduisant entre un cylindre  ayant 17 cent, de diamètre (fig. 52 et 55) en fonte massive,

Loup ou diablD pour ragglaméntioa du ciaulcbouc.

armé de chevilles en fer enfoncées de 4 centimètres, ayant 5 millimètres de côté et 2 centimètres de saillie, et l'enveloppe cylindrique fixe en fonte BB, et la partie mobile G.

Le paquet, de 14kilo;^r., est fortement comprimé et étiré entre le cylindre denté qui tourne 60 à iOO fois sur son axe par minute, et l'enveloppe B et C garnie de quelques saillies en pointe à diamants ; ce pa- .quet s'échauffe successivement dans toutes ses parties, qui s'étirent, se soudent entre elles et forment bientôt un tampon aplati.

Le tampon, entraîné lentement par l'énergique friction des dents à cylindre, achève une révolution autour de l'axe pendant le temps que le cylindre en exécute de 30 à 40.

Pour donner une idée de cette trituration, il suffit de dire : 1" qu'elle

['] Ccl échourfemenl préilalile n'e«l util« que pour In première opiSration, si on ne i>rérère iDJcctcr de 11 vapeur dans la douille enrcloppe du loupi en lous lempi il est inutile pour les opérnliuDi suivanles, si ce n'csl dans les (empi trè^-rroids, taule la masse du cylindre et de l'euTeloppc en Tonle étant auei cUaulTée par le rude Ti'olleineat >ur le rouleau de cioulchouc

nécessite une force mécanique de 5 chevaux ; 2** que le paquet de caoutchouc, condensé par l'adhérence intime entre tous les fragments qui le composent, offre encore, au bout de 10 minutes, terme de ropération, un diamètre de 18 à 20 centimètres, et une longueur de 40 centimètres. Telles sont ses dimensions au moment où il sort du loup^ dans lequel sa foime était tout autre, puisqu'il se trouvait fortement comprimé entre des parois écartées seulement de 6 centimètres, et limité par les deux fonds du vase cylindrique, distants seulement l'un de l'autre de 35 centimètres.

Les figures 54 et 55 représentent les formes du rouleau de caoutchouc

au sortir du loup.

Durant l'hiver et pendant

les 10 à 15 premières minuits.

on facilite l'agglomératioa du

caoutchouc en échauffant à 43* **'«• ^*- ^'^- ^' le vase cylindrique par une in-

Rouleau de caoutchouc à la sortie du loup. • ^** j j i^ j^..

*^ jection de vapeur dans ie dou-

ble fond E (fig. 52 et 53), à l'aide du robinet G. Une ouverture rectangulaire d (ou plusieurs ouvertures étroites allongées) permet de voir et de toucher pendant ses révolutions le paquet ou tampon de caoutchouc.

Lorsque l'opération est finie, on ouvre le couvercle en soulevant la poignée M et ôtant les clavettes N.

Le rouleau enlevé, on le remplace par un deuxième paquet de <4 kilogrammes préparé de la même manière.

Les rouleaux ont parfois acquis une température élevée par suite des frottements énergiques auxquels ils ont été soumis ; cette température se conserve longtemps au centre en raison du peu de conductibilité de la substance, et il pourrait en résulter une altération notable, si l'on n airail la précaution, dès qu'ils sont extraits du loup^ d'ouvrir en deux ces rouleaux suivant leur axe, à l'aide d'un coutelas, sorte de scie à main sans denture, mouillée par un filet d'eau.

L'inconvénient est plus grave dans les loups de plus forte dimension qui donnent des rouleaux pesant de 28 à 30 kilogrammes ; on l'évite ea grande partie et l'on prévient l'introduction de l'air dans le caoutchouc en remplaçant les chevilles en fer par des cannelures arrondies, offirant des saillies de 4 centimètres et ayant 0'°,04 de largeur à la base. Cstte disposition, adoptée par M. Guibal, lui permet de mouler directement par la pression les rouleaux sorUint du loup.

Blocs en caoutchouc. — Lorsqu'on veut transformer les rouleaux en pains ou en blocs, on les met à l'étuve de manière à les chauffer à 45" dans toute leur masse ; ces rouleaux sont ensuite mis en lames épaisses en les engageant entre des cylindres creux chaiiffés intérieurement à 40^

par une injection de vapeur, écartés de 3 à 4 centimètres; on superpose six ou huit de ces lames sur la plate-forme d'une presse hydraulique, et on les soumet à une très-forte pression durant six ou huit jours. Les lames épaisses se soudent entre elles; le refroidissement les maintient dans la forme qu'elles ont prise, d'un bloc prismatique rectangulaire; une pression énergique et prolongée pendant six ou huit jours les soude et les étend un peu. Le bloc, ainsi préparé, est gardé à la cave le plus longtemps possible, ou plusieurs mois en magasin.

Lorsqu'on veut débiter un de ces blocs rectangulaires de caoutchouc en feuilles de différentes épaisseurs, on le fixe avec de la pâte de caoutchouc sur le plateau, mobile horizontalement, d'un couteau mécanique disposé comme une scie à débiter les feuilles de placage. Le plateau s'avance par une longue vis avec le pain qu'il supporte ; celui-ci s'appuie ainsi sur le tranchant d^une lame horizontale très-coupante et animée d'un mouvement rapide de va-et-vient (600 à 800 battements par minute) ; afin de détruire l'élasticité et de prévenir réchauffement et l'adhérence du caoutchouc, on fait constamment couler sur le tranchant d'acier un petit filet d'eau froide.

Lorsque toute la longueur du pain est parcourue par la première sectioQ du couteau, on recule le pain, on l'élève, à l'aide de vis sous le support, de 1/3, 1/2, ou plusieurs millimètres, suivant l'épaisseur des feuilles qu'on veut obtenir, puis on recommence une nouvelle section, et ainsi de suite, jusqu'à ce que toute la masse soit divisée en feuilles d'épaisseur régulière ; les feuilles ainsi obtenues sont employées pour fabriquer des tubes, bracelets, jarretières, ballons légers et divers ustensiles de chii-urgie; tous ces objets, après leur confection, doivent être sulfurés afin de rendre stable leur élasticité (*),

Blocs cylindriques. — M. Guibal obtient très-facilement des cylindres pleins en plaçant dans un moule creux cylindrique en fonte tournée intérieurement un des rouleaux (fig. 54 et 55 ci-dessus), dès qu'il est obtenu par l'agglomération dans le loup.

Ce rouleau placé verticalement est pressé fortement au moyen d'un pistoQ métallique qu'une presse hydraulique fait enfoncer.

Lorsque la pression maximum a fait prendre au rouleau (amolli par la chaleur acquise dans le loup) la forme cylindrique, on maintient cette

0 Oq peut obtenir directement des feuilles plus longues en soudant deux ou trois pains oa blœs bout à bout ; il suiHt de trancher bien net ces cxtrémitéSt de les enduire d'une pâle de caoutchouc avec la benzine et de les tenir en contact par une pression suffisante durant plusieurs heures. Le dissolvant étant absorbé par les deux masses contiguês, la réunion^ est complète comme diins une soudure autogène, le découpage du long bloc s'efTectue sans difficollé, pourvu que Ton ait une assez longue table à chariot sur un bâti en fonte tr^s-stable P«ï a masse pesante. En tout cas, afin de prévenir l'adhérence entre les feuilles récemment dopées, on les mouille avec une so'ution très-faible de soude ou de savon.

pression à Taide d'un double étrier et de clavettes, reliant les fortes traverses inférieures et supérieures qui transmettaient la pression, 24 heures ou même davantage, pendant que le caoutchouc se refroidit et se moule de manière à conserver la forme cylindrique permanente ; on utilise de nouveau la presse afin de mouler de même les rouleaux au fur et à mesure de leur sortie du loup.

Les cylindres sont ensuite découpés en lames ou feuilles, au moyen du couteau mécanique ci-dessus indiqué; mais dans ce cas la section devant avoir lieu suivant une spirale, il a fallu faire tourner le cylindre, non par le mouvement uniforme de son axe, mais suivant une vitesse unirorrae de la feuille que le couteau enlève. M. Guibal a résolu ce problème difficile par une disposition très-simple et fort remarquable ; le mouvement de rotation est communiqué au cylindre de caoutchouc à Taide d'une toile sans fin qui, guidée par des rouleaux, et conservant toujours la même tîtesse, puisque sa longueur ne varie pas, permet à chaque oscillation du couteau d*avancer d'une égale quantité ; il en résulte que les rayures légèrement marquées par chaque oscillation sont équidistantes comme celles que Ton obtient en faisant avancer d*un mouvement uniforme les blocs rectangulaires placés horizontalement sur la table mécanique.

Il est facile de réunir ces feuilles les unes au bout des autres, de les transformer en tubes ou autres objets creux de toutes formes, car il suffit de couper nettement les bords que Ton veut unir ensemble et de mctUro les sections en contact pressées ou battues au marteau sur une enclume pour qu'elles adhèrent bientôt fortement. On doit opérer dans un lieu chaud (à 25^) et employer des feuilles à cette température. Si elles avaient été antérieurement refroidies à 0**, on devrait les chauffer à 40* pour leur rendre leur souplesse, leur élasticité et leur faculté adhésive. Les divers objets obtenus de ces feuilles soudées, tubes, chaussures, cylindres, ballons ou bouteilles, peuvent être, comme les feuilles elles-mêmes, sulfurés à froid par le procédé ci-après décrit.

Depuis peu de temps on a remplacé avec avantage dans plusieurs usines l'ustensile appelé loup ou diable (p. 221) par un laminoir formé de deoi cylindres creux en fonte, de 53 centimètres de diamètre et 75 centimètres de long, chauffés intérieurement par la vapeur; l'un des cylindres est cannelé longitudinalement ; il tourne avec une plus grande vitesse, dans le rapport de 3 tours pour 2 tours eifectués par le cylindre uni, le mouvement étant transmis d'un arbre à l'autre par des roues d'engrenage d'un diamètre différent. Les axes des deux cylindres sont dans le même plan vertical ; on engage entre eux environ 20 kilogrammes de caoutchouc en lames déchiquetées ; le pétrissage s'effectuant à découvert est plus facile à diriger, et produisant un manchon peu épais, on n'a plus à craindre l'accumulation de chaleur ;m centre de la masse.

ê. Fils en eaoatehonc anloméré.

Pour préparer des fils en caoutchouc, on découpe à remporte pièce ou au couteau mécanique circulaire une feuille épaisse (de 2 ou 3 centimètres) en disques, ayant un diamètre de 15 à 20 centimètres ; ces disques à leur tour sont découpés au couteau mécanique dans le sens d'une spirale en lanières ou rubans que Ton subdivise en fils, comme nous l'avons dit relativement au caoutchouc naturel (p. 218). La lame circulaire est montée sur un arbre horizontal tournant avec une vitesse de 1500 à 2000 tours par minute. La table de l'appareil est traversée par un axe Tcrtical qui tourne et sur lequel on fixe, à l'aide de pointes, le disque de caoutchouc à découper. Celui-ci est amené au contact de la lame, et à mesure qu'elle découpe la bande de caoutchouc, il tourne pendant que Taxe vertical, déplacé latéralement par un chariot inférieur, maintient le caoutchouc en contact avec la lame et lui présente toujours la même épaisseur à découper. On peut préparer de deux autres manières les disques à découper en lanières : en tranchant sous cette forme, avec le couteau circulaire, soit les blocs cylindriques obtenus par le moulage avec pression des rouleaux sortant du loup, soit les cylindres préparés en enroulant autour d'un axe une nappe de caoutchouc malaxée, puis laminée entre des cylindres chauds.

•. Kouvelle machine h déeonpcr flSO h tSO IIU é, la fois.

La fabrication des (ils carrés (prismatiques rectangulaires) a reçu depuis quelques années une grande amélioration, réalisée à l'aide d'une machine inventée et mise en pratique par M. Gérard, Voici comment on opère : Il faut d'abord préparer, en employant le caoutchouc du Para de première qualité, malaxé avec 6 centièmes de soufre, une feuille plus ou moins mince étirée entre des cylindres chauds.

Celte feuille, saupoudrée de talc dessus et dessous à mesure qu'elle sort entre les cylindi^es et s'étend sur une table unie, s'enroule avec une toile interposée sur un mandrin creux (sorte de bobine en tôle). Sa largeur est d'environ 66 centimètres, sa longueur totale de 60 mètres ; quant à l'épaisseur, vérifiée à l'aide d'un ingénieux et solide compas construit par Froment (le savant mécanicien dont nous déplorons la perte), elle varie dans les limites de 0"*'",5 à 1, 2 ou 3 millimètres, correspondantes à des fils dont la section ofTre un carré ayant des côtés de l'une de ces quatre dimensions.

Toutes les feuilles enroulées ainsi sont plongées, à l'aide de tringles

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qui traversent Taxe creux des bobines, dans un cylindre vertical en tôle forte, où elles sont exposées pendant deux heures à la température de 140° que produit la vapeur d'eau injectée sous la pression de quatre atmosphères dans le cylindre clos.

C'est alors que la longue feuille de caoutchouc est prête à être découpée en trois passes dans toute sa largeur, tout en ménageant une mai^ sur les bords afm de compenser quelques irrégularités de parallélisme.

Le principal organe de l'ingénieuse machine produisant ce remarquable résultat se compose de 150 à 250 lames circulaires ayant 7 centimètres de diamètre et un dixième de millimètre d'épaisseur, formées à l'emporte-pièce dans les minces plaques d'acier à ressort de montre ; ces lames sont séparées et maintenues à distance égale les unes des autres par des rondelles en laiton de 1/2 à 1, 2 ou 5 millimètres d'épaisseur, et de 6 centimètres de diamètre, toutes serrées fortement par un écroa sur un arbre solide fileté. Au-dessous est disposé un cylindre plein en caoutchouc demi-dur monté sur un arbre parallèle au premier et dans un même plan vertical. Ce cylindre, dans lequel pénètrent légèrement les lames d'acier, soutient les fils à mesure qu'ils passent et sont découpés. On engage la feuille de caoutchouc mouillée entre le jeu de lames un instant soulevé afin de ménager en avant une JI)ordure marginale, puis on communique à l'arbre le rapide mouvement de 1500 tours par minute, tandis que le cylindre plein en caoutchouc, également traversé par un arbre, fait seulement 8 à 10 tours. Un arrosage continuel de minces filets d'eau prévient l'adhérence et le frottement; un peigne à dents de laiton, interposées entre les lames, dégorge les minces lambeaux de <^aoutchouc. La feuille de caoutchouc ainsi découpée sort sans solution <le continuité apparente, tant sont étroites les sections ; mais le plus léger attouchement suffit pour montrer les 150 à 250 fils éparpillés. On met •cet assemblage de fils en écheveaux, que l'on nettoie dans une solution •de potasse chauffée à 100° qui adoucit la superficie (*), puis dans l'eau pure. Après les avoir séchés à l'air, on les passe en les écartant sur un -établi entre les dents cylindriques verticales en cuivre afin de détruire quelques légères adhérences ; enfin on les expédie pour former les chaînes ■des métiers à tisser.

Cette machine à découper produit mieux et plus facilement le même nombre de fils, dans un temps égal, que 10 à 15 machines anglaises usuelles.

(*] Afin de faire réagir régulièrement les solutions alcalines sur les Yolumineux écbe- Teaui, ceux-ci sont placés sur des diaphragmes séparés d'une sorte de cage en tôle trou^, mobile, portée par une lige, de sorte que l'on peut très-facilement les plonger et les émerger à plusieurs reprises, évitant ainsi toute stagnation du liquide qui rendrait son action irréguUère.

Balles pleines en caoutchouc. — Voici comment on confectionne ces balles : On présente, par sa pointe, un rouleau de caoutchouc (fig. 54 et 55) (aggloméré au loup) à l'action d'une râpe cylindrique, formée d'une feuille de tôle percée, les ébarbures en dehors comme les râpes à sucre. Le frottement énergique qu'opère le mouvement rapide (500 à 600 tours à la minute) divise la masse du caoutchouc en menus morceaux, qui, s'étant échauffés par ce frottement, ont acquis une propriété adhésive telle, qu'ils forment une seule masse pulpeuse et molle. En cet état on en fait à la main une boule irrégulière qu'on place aussitôt dans UD moule en fonte offrant deux cavités hémisphériques tournées et polies; un étrier à vis permet de serrer fortement les deux moitiés du moule ; nn petit excès de la matière molle sort dans le joint et forme un bourrelet; on fait disparaître ce bourrelet en changeant la boule de place dans le moule. On serre plus fortement encore et l'on expose au froid; 12 heures après, on peut démouler et garder la balle devenue très-dure. Lorsqu'on veut lui rendre son élasticité première, on la tient une demiheuie dans l'étuve ou dans l'eau chauffée à 50°, puis on la laisse refroidir à la température ordinaire avant de s'en servir ou de la livrer au commerce (*).

Feuilles en caoutchouc étiré. — On prépare ces feuilles par une sorte de laminage à chaud. Après avoir aplati par la pression ou coupé ea deux longitudinalement par un plan passant dans l'axe un rouleau trituré au loup, on réchauffe à 40 ou 50"^ dans l'étuve la plaque épaisse obtenue ; on la passe alors, à plusieurs reprises, entre les cylindres trèsgraduellement serrés d'un laminoir ; ces cylindres sont creux ; leur température est élevée à 80^ environ par des barres de fer chauffées au rouge, introduites dans l'intérieur de chacun d'eux ou mieux par la npeur. Lorsque l'épaisseur du caoutchouc est réduite à 2 ou 3 centimètres, on peut repasser plusieurs fois encore en repliant en deux chaque fois cette sorte de nappe, afin de mieux malaxer la matière et de la rendre homogène.

Eofin on serre les vis de pression de chacun des coussinets du cylindre supérieur, puis on engage une dernière fois la nappe de caoutchouc sinioUi ; la feuille qui sort du côté opposé est alors très-mince. On pour-

n On peut envetopper ces balles élastiques de tontisse de laine teinte, en les enduisant d'one solution épaisse de caoutchouc à Tessence; puis les roulant dans la laine tontisse, celle-ci aHbère au Ternis et est retenue très-fortement après une dessiccation à Tétuve. Si Ton Toulait Kur rendre leur élasticité par la sulfuration, il faudrait interposer dans la masse du caoutchouc, P^ndaot sa trituration dans le loup, 6 à 8 centièmes de fleur de soufre, puis, après le mou- *^^ plonger les moules pleins dans un cylindre que Ton fermerait, et dont on élèverait la J^^'ipàitore & 140* par une injection de Tapeur. On en peut faire autant des divers objets, ics nos (rouleaux, cylindres, etc.) préparés par une roalaxation dans le loup, les autres (cyiin- ^^ pleins ou creux, lames épaisses, feuilles minces, etc.) obtenus par une malaxntioti et un ^"^"^e entre les cylindres chauffés i 75 ou 80^

rait l'obtenir d'une longueur indéfinie, puisqu'elle continue de se former tant qu'on ajoute de la matière préalablement malaxée au devant du laminoir.

Cette feuille mince est molle et fortement collante ; on peut rengager entre deux tissus et faire passer les trois épaisseurs entre les deux cylindres d'un deuxième laminoir ; on prépare ainsi des tissus imperméables très-solides, un peu lourds, mais exempts de l'odeur forte des dissolvants ordinaires, puisque ceux-ci sont exclus de la préparation.

Lorsque l'on se propose de laisser à nu l'une des faces du caoutchouc, on fait passer entre les cylindres un seul tissu sur lequel la lame repose. On fait à volonté adhérer les bords de ce double tissu, replié en deux et découpé sous les formes circulaires, elliptiques, rectangulaires. Les bords du caoutchouc, mis en contact et pressés à chaud, se soudent et forment un vase clos. On réserve dans un des angles la place d'un ajutage que Ton fixe en le serrant après avoir interposé de la pâte de caoutchouc. Cet ajutage portant un petit bouchon à vis peut servir à introduire dans le vase ou sac la solution propre à vulcaniser la feuille de caoutchouc et ensuite l'air avec lequel on gonfle plus ou moins cette sorte de sac on coussin pour le rendre élastique.

Lorsque l'on veut obtenir isolément la feuille de caoutchouc, on la fait passer, au sortir du laminoir chaud, dans un bain d'eau froide trèslégèrement alcalisée, puis au delà on l'enroule sur un envidoir ; au lieo d'eau, pour éviter l'adhérence, on peut saupoudrer sur ses deux faces du talc en poudre (silicate de magnésie naturel).

Si, d'après la méthode de M. Gérard, le laminage s'effectue assez lentement entre des cylindres intérieurement chauffés par la vapeur, les feuilles conservent la minceur acquise.

On peut donner aux feuilles obtenues ainsi des couleurs diverses à l'aide de poudres opaques.

C'est ainsi que le blanc de zinc produit une teinte blanchâtre et le vermillon un beau rouge ; on obtient un jaune ou rouge-orangé avec les ocres, le bleu avec l'outremer, le noir avec les charbons d'os ou d'ivoire

ou de fumée.

C'est encore d'après les mémos principes que M. Gérard est paiTcnu a former d'une seule pièce des sortes de tapis de pied à dessins en rc"^' et gaufrage profond : une lame épaisse de caoutchouc malaxée avec du soufre et des poudres colorées, puis très-fortement comprimée entre deux plaques creuses en fonte chauffées par la vapeur d'abord à -H 115* pendant 1 heure, puis 2 heures à -h 140** afin d'effectuer la sulfuralion. Ces remarquables tapis peuvent avoir 2 mètres de long et 1 mètre de lai^^i ot comme il est facile de multiplier chacun des gaufrages de 2 mètres,

MM. Aubert et Gérard ont fabriqué pour de longues galeries des tapis en pièce qui ont jusqu'à une étendue de 100 mètres.

I#. Ms«olatloBS9 pAles de eaovtehoiie, halle A i^raimer les maehliies

et mastles de eaontchoiie*

Pâtes et solutions de caoutchouc, — Les feuilles minces et celles que Ton obtient par l'écrasage et la dessiccation (voyez p. 227) sont très-propres à la confection des pâtes et solutions de caoutchouc ; on les divise en menus fragments ; on les met en contact dans un vase clos avec i fois 1/2, 2 fois ou 5 fois leur poids d'essence de térébenthine rectifiée ou mieux de benzine. Au bout de 24 ou 48 heures le caoutchouc est gonflé et amolli; on le malaxe dans une broyeuse à cinq cylindres (fig. 56). Chacun des cylindres a 12 centimètres de diamètre et 40 de

Fig. 56. — Broyeuse à cinq cyliadres pour fabriquer les piles de oaoulchouc.

longueur; il tourne (suivant le sens des flèches) dans une cuvette fr, qui forme la partie supérieure d'une bâche creuse 6c, plus ou moins chauffée par une injection de vapeur. Le mélange posé dans la rigole d s'engage entre le premier cylindre et sa cuvette ; arrivée de l'autie côté de la cuvette, la matière, malaxée une fois, rencontre une lame de couteau g tangente à la surface du cylindre ; elle retombe et s'engage entre le deuxième cylindre et sa cuvette : on voit qu'elle parcourt ainsi, de proche en proche, les cinq cuvettes où elle se broie de plus en plus, et arrive en e sur un plan incliné qui la dirige vers une petite caisse /"servant de récipient.

Dans la broyeuse ainsi perfectionnée par M. Peroncel, les cinq cylindres reçoivent de cinq vis sans fin, montées sur un même axe, le mouvement d'une égale vitesse communiqué par ces vis à chaque roue d'engrenage adaptée à l'axe de chaque cylindre (*).

1*) On poamil recooyrir cette broyeuse d'une enveloppe mobile en tdle qui préviendrait leTipontion de l'essence et serait surtout utile lorsqu'on emploie VesBence légère de houille ou In carbures d'hydrogène dits benzine plus volatils que l'essence de tjrébenlhine ; nial<,'ré la perfection de ce broyage, le frottement qu'il occasionne exigeant une force mécanique considérable, on préfère aujourd'hui les simples broyeurs à trois cylindres tangents (d'Hermann), qui, dans le même temps et avec une force moindre, donnent près de dix fois autant de produit.

â50» PRÉCIS DE CHIMIE INDUSTRIELLE.

Les pâtes plus ou moins épaisses ou fluides ainsi préparées servent à dÎTers usages : pour faire des raccords entre des objets en feuilles de caoutchouc ; pour souder bout à bout des pains rectangulaires de caoutchouc aggloméré ; pour enduire et rendre imperméables des tissus en y interposant une couche de ces pâtes à Taide de cylindres et de toiles sans fin qui soutiennent et dirigent ces tissus. On emploie encore ces pâtes comme enduits des boiseries sur la face en contact avec des murs humides ; on s'en sert même pour réunir, par un collage énergique et souple, des surfaces bien sèches de diverses pièces en bois d'ébénisterie ou d'instruments de musique. La pâte de caoutchouc sert encore à confectionner des reliures souples par un procédé très-simple : les livres, cahiers ou registres sont mis en presse, rognés, et tous les feuillets du dos, coupés dans un même plan, sont enduits de trois ou quatre couches de pâte séchées successivement ; on pose sur la dernière couche une toile fine qui sert à fixer à la reliure tous les feuillets réunis.

Huile à graisser les machines. — L'huile de colza contenant 1 i/2 à 2 centièmes de caoutchouc (que l'on a coupé en ti*ès-minces lanières et dissous à l'aide d'une température de 120 à 130^ soutenue pendant 5 on 6 heures) est devenue légèrement brune et visqueuse : en cet état elle lubrifie très-bien les axes des roues et diverses parties frottantes des machines.

Mastic de caoutchouc, — Pour préparer ce mastic, on fait fondre le caoutchouc très- divisé en le chauffant avec ménagement à une température d'environ 220* ; dès qu'il est fluide, on y mélange, à l'aide d'une spatule, de la chaux éteinte en poudre : 2 parties de caoutchouc et 1 de chaux donnent un mastic mou ; en doublant la dose de chaux, on obtient un mastic ferme, mais toujours souple. Ces mastics restent trèsp-longtemps ductiles et tenaces ; intei*posés entre le goulot d'un flacon et un obturateur usé sur les bords, ils procurent facilement une fermeture hermétique.

Si l'on voulait que la superficie extérieure du mastic pût sécher, on modifierait les dosages en employant, pour 2 de caoutchouc, 1 de chaui, plus 1 de minium.

Ce système de bouchage hermétique a été proposé par M. Maissial, et cette application garantit la fermeture hermétique des flacons ou appareils pendant plusieurs années.

Emplâtres de caoutchouc. — La transformation isomérique du caoutchouc, par la température de 220**, donne une matière visqueuse imperméable, que l'on a employée avec succès pour garantir les plai^ du contact de l'air.

il. Tubes.

La pâte employée pour préparer ces tubes, comme les balles et ballons à parois plus ou moins épaisses, peut être composée de caoutchouc 59, oxjdc de zÎDC 35, soufre 5, chaux pulvérulente 1 ; les feuilles sont tal> quées à leur superficie pour prévenir les adhérences; afin de leur donner plus d'homogénéité, on leur fait subir ordinairement un recuit en les p. ^^ „ ... .

Fjg. 57. — Feuille de caoul-

ptaçant pendant une heure sur une table creuse chouc duposée pour faire chauffée à 120" par la vapeur. . ""*"^'-

On prépare facilement ces tubes en présentant à des ciseaux la double épaisseur d'une feuille de caoutchouc, pliée sur une largeur proportionnée aa diamètre du tube. L'incision des deux épaisseurs se fait sous un angle de 45" avec la surface de Tune des feuilles, et par conséquent de 135" pig. 58. -»■ soudage de la arec Taulre (fiff. 57); donnant alors par un man- feuiiie pour confectionner

i«i- 1 1 T *® '^""® "^ caouîchouc.

dnn la forme cylindrique, les deux surfaces de ia section (fig. 58) s'appliquent Tune sur l'autre, et une pression par une barre ou quelques coups avec une règle plate suffisent pour établir le contact et une adhérence intime (*).

If • Clmadefl lasies de caontcliooe» t§mnu9 impcnnéAbles, ete.

Ces procédés ont pour but de confectionner soit des enduits de caoutchouc pur ou coloré sur des étoffes, tissus de soie ou de toile, soit des lames de caoutchouc unies, d'une grande étendue, en caoutchouc pur ou mélangé avec des oxydes colorants.

Voici comment on opère : Le caoutchouc est d'abord trempé dans Teau chaude, découpé en lambeaux, écrasé entre deux cylindres, lavé et épuré,, comme nous l'avons indiqué plus haut (**).

il L'opértlioD se fait en grand sur une longue fable. Les fouilles sont soudées ainsi sur mandrins, contenant 4 centièmes de soufre introduit dsins la pâte à des températures de- Vi 1 100» ; lorsque les soudures sont faites, on effectue la sulfuration {imicmiisation) après les- «^•irmeloppée» d'une toile, en les chauffant pendant 1 h. 4/2 ou 2 h. à -f- 132 à 140» : à^ ? j' *''^ lubes sur leurs mandiins ou gros fils de fer poli et talqué (de 5 à 15 millimètres JcaiMuètreetlOàlSmètrcsdc long) Font plongés d.nns un qlindrc vertical del2 àlSmèires 1/2 , .ÎJ^l*'J''.1"c l'on ferme hermétiquement. On introduit la vapeur en réglant la température

kl^ ^^^^^ ^ "'^ manomètre indiquant une pression de 5 atmosphères.

Aprw le rcrroidisfement, on retire les tringles. Si elles avaient contracté quelques adhéwacw, on détruirait celles-ci i Taide d'une petite pompe à main injectant de l'eau entre le- «»« et le mandrin.

arvi A^ ^^^^^1^^ plus promptement une p&te plus homogène en employant le c&outchonc ■rewwiért, puis i^Biiné çn f^^^^i^ ti-ès-mi- ces.

253 PRÉCIS Dt: CHIMIE INDUSTRIELLE.

Les lanières rugueuses ainsi obtenues sont desséchées pendant U heures à TétuYe, puis immergées dans trois fois leur poids d^essence rectifiée de iérébenthine ; elles restent en cet état de 24 à 48 heures dans des caisses en bois doublées de tôle et couYcrtes, contenant 500 litres.

Alors on distribue, dans huit capsules cylindriques à fond percé de trous comme une écumoire, les lanières gonflées d*essence; elles occiip^at sur le fond de chacpie capsule une épaisseur d'environ 6 centimètres. Oa place les huit capsules dans une colonne cylindrique (analogue à celle de Tappareil distillatoire Dubrunfaut ou Champonnois (voyez IP volume, Alœol); la colonne ainsi chargée, puis close par un obturateur à brides, surmonte une cucurbite d'alambic contenant de Tessence de térébenthine préalablement rectifiée.

On fait bouillir Tessence : la vapeur traverse les essuies superposées, échauffe à près de 150^ le caoutchouc qui se pénètre d'essence plus réga« lièrement et d'une manière plus intime. La vapeur d'essence se dégage au haut de la colonne par un tube latéral qui la dirige dans un serpentin ordinaire où elle se condense et donne de nouveau de ressencc distillée propre aux opérations ultérieures.

Au bout de deux heures on cesse de chauffer Talambic, les capsules sont retirées de la colonne, et le caoutchouc demi-pâteux qu'elles contiennent est versé dans le corps de pompe d'une presse à vermicelle, munie de plusieurs toiles métalliques graduées des n^' 20 à 60, soutenues par des plaques percées de trous.

La pression exercée sur le piston à l'aide d'une vis en fer force la pâte de caoutchouc à traverser les trois ou quatre toiles ; il se divise mieux, et laisse dans le corps de pompe les corps étrangers solides, ainsi que quelques parties résistantes.

On broie et on malaxe la matière molle sous des cylindres semblables à ceux décrits page 229, soit seule, soit en y mêlant quelques centièmes de bleu d'outremer, d'orpiment, de bhmc de zinc, de vermillon ou 1/2 centième noir de fumée (calciné) pour obtenir des enduits bleus, jaunes, blanc opaque, rouge brun, ou noir. On peut ajouter, en outre, trois ou quatre centièmes de soufre, si on veut sulfurer ultérieurement à l'aide d'un simple chauffage à la température de 135 à 140^.

Si la pâte, au moment où l'on malaxe, n'est pas assez molle, on y ajoute 1/2 à 1 d'essence (*), ce qui forme en totalité 3 parties 1/2 à 4

(*) Il est très-important que l'essence de térébenthine soit parfaitement rcctiHéc, exempte de toute Irace de résine qui s'opposerait au séchage. La benzine, qui peut ren;placer l'essence, sèche mieux et obtient la préférence, notamment chez M. Guibai, qui parvient à en condenser les vapeurs à l'aide de son ingénieux appareil décrit plus loin. Les objets confecUonnés avec U pâte à la benzine n'ont pas, comme ceux qu'on prépare à l'essence, l'inconvénient grave de s'altérer spontanément par suite de l'oxydation d'r ne partie du dissolvant non vaporisé.

pour 1 partie de caoutchouc ; la pâte est alors prête à être étendue sur les tissus. Voici comment on eiTcctue cette application :

Dans un atelier spécial bien ventilé, à Tabri des poussières, se trouve un double bâti supportant, à une distance de 28 à 29 mètres Tun de Fautre, deux cylindres ayant 60 centimètres de diamètre et l^^jôG de Iongoeur, tournant sur leurs axes, qui sont posés horizontalement et parallèles entre eux. Sur ces deux cylindres est enroulée une forte toile sans fin, ayant environ 57 à 59 mètres de développement, que Ton tend à volonté, à Taide de vis de pression, sur les coussinets de Taxe de l'un des cjlindres.

On pose sur cette toile le tissu (ayant l'^jSO à 1"*,35 de large) qu on veut enduire, et dont on coud les deux bouts ensemble, de façon qu'il offre aussi un circuit continu et qu'il suive avec la rotation des cylindres tous les mouvements imprimés à la toile.

Une barre transversale en bois ou mieux eu fonte, formant une sorte de lame de couteau à tranchant arrondi, est «approchée du tissu à volonté et jusqu'au contact par deux vis de pression et de rappel ; elle sert à limiter l'épaisseur de la couche d'enduit; une barre transversale parallèle à la première et dont les angles sont arrondis, recouverte d'un drap de molleton, placée sous la toile sans fin, sert à maintenir l'horizontalité parfaite du tissu et à régulariser la pression de la lame supérieure.

Les choses ainsi disposées, on verse sur le tissu, en avant de la lame, la pâte malaxée ; puis, mettant ces deux cylindres en mouvement, la toile et le tissu superposés cheminent ensemble, entraînant la pâte sous le couteau avec une vitesse de 10 mètres par minute ; en 7 minutes, les 69 mètres se trouvent enduits ; il fallait attendre 2 heures au moins que l'essence évaporée permit l'application d'une nouvelle couche; en sorte que 14 couches appliquées successivement exigeaient 28 à 50 heures. MM. Guibal et Cuminge ont réduit toute la durée de cette opération à i heures au moyen d'une disposition nouvelle.

Cette disposition consiste à placer sous la toile, à 1 mètre de distance delà barre transversale A (pi. III, fig. 1, 2, 5, 4 et 5) (*), un vase clos, sorte de caisse plate, en tôle fiCD, légèrement bombée (fig. 1, 2, 5), sur lequel la toile s'appuie dans toute sa largeur et sur une longueur de 5 mètres; ce vase reçoit par un tube E (fig. 1 et 5) la vapeur libre d'un générateur entretenant sa température à -+- 90**. La vapeur condensée découle par les tubes 6' c' vers le retour d'eau. La chaleur transmise à 'enduit mince de caoutchouc pâteux hâte l'évaporation de l'essence em- P%éc. Ces inventeurs ont, en outre, disposé au-dessus du tissu, dans la

(*/ Us figures 4 et 5 montrent le détail de In barre ou coulcau.

254 PRÉCIS DE GflJlllE INDUSTRIELLE.

longueur de 3 mètres et correspondant au ^ase inférieur, un réfngérant F formé de deux lames assemblées comme une toiture sous une pente de 45"^ ; la vapeur d'essence qui s'exhale de la pâte rencontrant ces lames est refroidie par l'eau qui les arrose continuellement en dessus, et dont la distribution régulière sur la double pente de cette sorte de toit est b- Yorisée par le tube G parallèle à sa crête et troué sur chaque côté comme un arrosoir; une toile très-claire, sorte de cancTas appliqué sur chacone des pentes, dissémine sur la superficie l'eau qui s'écoule par les rigoles U ; la vapeur d'essence ou de benzine se condense sous ce toit en un liquide; celui-ci coule le long des plans inclinés, et se réunit dans des rigoles I qui le conduisent vers un récipient commun J de chaque côté.

En 7 minutes, chaque couche est étendue et séchée sur le tissu que Ton déroule alternativement de l'un des deux rouleaux dévidoirs K, L, pour l'enrouler sur l'autre, de sorte que les 14 couches se trouvent appliquées en 2 heures.

Dès que la dernière couche est suffisamment sèche, on enroule le tissu enduit sur un dévidoir portatif. Si le caoutchouc contient du soufre (3 ou 4 pour 100) interposé pour la malaxation, il sufGra, pour sulfurer l'enduit, d'exposer pendant une heure ce tissu à la température de 152 à 135^, dans un cylindre à double enveloppe chauffé par la vapeur à iU" sous la pression de 4 atmosphères (*). M. Guibal adopte la composition suivante pour préparer un enduit économique et durable exempt de mauvaise odeur :

Caoutchouc épure 33

Lithorge broyée 50

Carbonate de chaux 10

Noir de fumée. . 2

Soufre 5

Benzine 100

Les mêmes dispositions peuvent servir à enduire un tissu sur ses àeui faces ; il suffit de le retourner sur la toile sans fin ; dans ce cas, on n'applique ordinairement que 5 ou 6 couches sur chaque face.

On pourrait de même interposer 4 ou 5 couches entre deux tissus;

(*) On ne vulcnnire guère ainsi que les tissus de toile, car les tissus de soie et de lun^ pourraient être crispés à cette température élevée. Pour les premiers, on les suspend eo pf^ ou objets façonnés ou enduits snns coutures dans une étuve cylindrique ayant 5 mètres de au^ mètre, haute de 5 mètres, chauffée pendant 12 h., dont 1 h. 1/2 à la température de U«> à 135« par la vapeur circulant sous la pression de 4 atmosphères dans des tubes k retour dein situés au bas de l'éluve. Ces tissus, destinés à former des manteaux, blouses de diasse, ioni enduits avec une pâle composée de caoutchouc 30, lilharge porphyrisée 50, craie 10, wÛT de fumée 2, soufre 4 à 5.

Topération consisterai t i enduire d'un côlé, de 2 à 3 couches, chacun des tissus ; puis on appliquerait l'une sur l'autre les deux faces enduites, et Ton ferait passer le double tissu entre deux rouleaux qui les comprimeraient et les feraient adhérer fortement.

On se sert encore du même appareil pour confectionner des lames minces d'une grande étendue en caoutchouc pur ou mélangé de matières pulvérulentes (soufre et substances colorantes : blanc de zinc, outremer, ocres, noir de fumée, etc.), mais sans adhérence à un tissu.

Il faut, dans ce cas, étendre préalablement sur la toile sans fin (longue de 57 à 59 mètres, tendue entre les rouleaux écartés de 14 mètres, et qui remplacent les deux rouleaux dévidoirs K, L) : l^un encollage de colle de pâte; 2"* deux ou trois couches d'un mélange à parties égales de mélasse (de sucre de canne) et de gélatine ; cet enduit, assez sec pour n'être pas adhésif aux corps que l'on pose dessus, conserve très-longtemps sa souplesse, en raison de la propriété hygroscopique de la mélasse. On étend successivement sur cet enduit consistant jusqu'à 40 couches de la pâte de caoutchouc pour obtenir une épaisseur de 1 millimètre ; chaque couche, étendue en 10 minutes, exige 1 heure pour sécher, en sorte qu'il but 40 heures pour étendre et sécher les 40 couches.

On détache aisément la lame de caoutchouc sans adhérence sur l'enduit gélatineux ; on la saupoudre de talc très-fin (tamisé) et on l'enroule sur un dévidoir.

H est facile de façonner et de souder cette lame en objets de toutes formes qu'on vulcanise ensuite par simple échauffement à 150**, si l'on a interposé le soufre dans la pâte. L'excès de soufre peut êlre enlevé après la sulfuration de cette lame ou des objets façonnés, en les tenant immergés peadant 1 heure dans une solution bouillante de soude ou de potasse caustique; on rend la superficie plus douce en passant ensuite la lame de caoutchouc dans un bain d'hypochlorite de potasse (eau de javelle) cbaunë à 60" centésimaux.

La méthode de dissolution et de gonfiement du caoutchouc par un mélange de sulfure de carbone et de caoutchouc à froid en vase clos, puis de malaxation dans une presse qui force la pâte à se tamiser, est employée pour préparer un enduit interposé entre deux tissus dévidés de deux cylindres et qui se réunissent entre les cylindres d'un laminoir.

La pâte suffisamment fluide réunit les deux tissus et les rend imperméables. Le sulfure de carbone se volatilise plus complètement et plus, ^ile que ne le ferait l'essence de térébenthine, et laisse moins d'odeur aux vêtements; afin de modérer l'évaporation et d'accroître l'adhérence, on peut remplacer une partie du sulfure de carbone par de la benzine.

On doit prendre des précautions pour envelopper et ventiler le lami-

noir et les cylindres, afin d'éviter que les ouvriers ne soient exposés â l'action asphyxiante de la vapeur du sulfure de carbone.

18* Ajf^lleatloBS des feuilles de eaootehone débitées mwL

méeaniqae horiconlal oselllaiit.

Une foule d'objets peuvent être confectionnés avec ces feuilles avant leur sulfuration, soit qu'elles contiennent interposés 5 à 6 centièmes de fleur de soufre, dont l'action se manifestera plus tard en élevant la température à 135°, soit que la sulfuration doive avoir lieu à froid ultérieurement, par le chlorure de soufre, dissous dans le sulfure de carbone.

En tous cas, avant de les vulcaniser, on découpe et l'on soude sous toutes les formes voulues ces feuilles assouplies par une températore douce de 25 à 30*^ (*} , et, s'il s'agit de figurines ou ballons épais de 5 à 8 millimètres, on complète la régularité par un moulage à chaud, qui de 100 à 120"* assure l'exactitude des formes, et de 133 à 135* fixe la configuration acquise dans le moule par la combinaison du soufre (sulfuration ou vulcanisation) .

Nous donnerons une idée suffisante des procédés applicables à une foule d'objets de ce genre en décrivant les opérations pour confectionner les balles creuses, les ballons plus ou moins. épais et gonOés par l'air comprimé, enfin les ballons minces et légers remplis de gaz hydrogène.

Balles creuses. — Ces petites balles, de 8 à 12 centimètres de diamètre, se préparent avec des lames en caoutchouc mêlé de sou/rc, de 5 à 6 millimètres d'épaisseur, préparées soit à Taidc d'un laminage entre des cylindres, soit au moyen du découpage avec le couteau oscillant; en tous cas, on découpe sur modèles, dans ces lames, quatre segments de sphère ; on réunit ceux-ci sur leurs bords en les soudant par pression entre les doigts ou en effectuant la soudure par l'intermédiaire d'une pàtc de caoutchouc, soufre, sulfure de carbone et benzine. On a « soin de laisser le plus possible d'air confiné dans ces petites enveloppes, puis on les place entre les deux demi-sphères creuses ou coquilles d un moule à rainure un peu moins grand que la sphère correspondante aux dimensions des segments soudés entre eux; les deux cocpiilles sontmaiO" tenues par une vis de pression dans un étrier. Tous les moules étant aJ"^' remplis et serrés dans leurs étriers sont placés dans le cylindre à vulcaniser par la vapeur; là, sous l'influence de la température, chaque balle

[') Si elles avaient accidenlellcraent acquis de la roideur par une basse tempéralure, oa k rendrait leur souplesse en les chauffant à 45* dans une étuve.

creuse se irouTe gonflée par Fair intérieur qui se dilate, presse la substance amollie contre les parois unies ou sillonnées de cannelures creuses, et bientôt après, la température dépassant 130^, la sulfuration s'effectue, et la balle garde la forme acquise dans le moule ; la pression intérieure de Tair confiné est suffisante pour maintenir cette balle creuse sphérique ; on peut faire usage de ces balles faiblement tendues dans les appartements, où Ton aurait des accidents à craindre, si elles étaient plus gonflées et plus dures.

Ballons à parois épaisses. — Les petits ballons analogues aux balles ci-dessus décrites sont confectionnés comme les balles creuses; ils en diRerent toutefois par suite de la nécessité d'une insufflation, afin de leur donner plus de consistance et d'élasticité au moyen de la compression de Itair. Dans ce but, naguère on ménageait à l'intérieur l'addition d'une petite rondelle en caoutchouc, qui doublait l'épaisseur en cet endroit; puis, après le moulage à chaud et la Tulcanisation, on perçait la paroi épaissie, et on y introduisait un ajutage de chalumeau à pompe de compression. Lorsque le gonflement était effectué, on retirait le chahiiDcau, et l'on y substituait un petit fosset conique en fer. Ce mode de fermeture était défectueux : les chocs ou le rebondissement du ballon ne tardaient guère à faire sauter le fosset, et le ballon restait dégonflé.

On évite aujourd'hui cet accident par une disposition très-simple, longtemps cherchée : au lieu de souder à l'intérieur un petit disque en caoutchouc mêlé de soufre, on fait adhérer un petit disque plus épais, mais en caoutchouc exempt de soufre, à la paroi interne, avant de terminer les soudures qui complètent la fermeture de la sphère.

Plaçant alors celle-ci dans un moule, en deux demi-sphères, tourné, bien poli à l'intérieur, cannelé ou uni, on dispose dans le grand cylindre a sulfuration les sphères dans leurs moules ; elles y reçoivent, comme les précédentes, la forme moulée contre les parois de la sphère métallique, et sont vulcanisées sous Tinfluence de la température que la vapeur élève

Dans cet état, au sortir du cylindre, les sphères ou ballons bien moulés sont trop faiblement distendus pour que la pression intérieure surmonte la pression extérieure. Mais on ^parvient sans peine à effectuer^et maintenir leur gonflement.

En effet, il suffit d'introduire la pointe d'un chalumeau en communication avec une machine soufflante pour produire le gonflement voulu; dès lors, il ne reste plus qu'à retirer la pointe du chalumeau sans laisser échapper l'air comprimé. On obtient ce résultat en comprimant entre les doigts le tampon ou disque épais de caoutchouc resté dans l'intérieur à Tétat normal, puisqu'il ne contient pas de soufre : sa propriété adhésivc étant conservée, la pression des doigts suffit pour faire adhérer les pa*

rois da trou du chalumeau et fermer hermétiquement cette petite ouverture.

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