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Fabrieatfoa du eaoatchoae dar

Caoutchouc dur. — M. Goodyear a fondé, vers 1848, en Amérique, et introduit chez nous en 1850, une industrie dans laquelle on met à profit les propriétés du caoutchouc durci par sa combinaison avec le soufre, en proportions beaucoup plus fortes que celles qui constituent le composé connu sous le nom de caoutchouc vulcanisé.

Voici comment on prépare le caoutchouc dur :

Les matières premières sont prises parmi les produits de qualité inférieure à bon marché, importés de Java et de Flnde, en blocs, renfermant des corps étrangers et nécessitant une épuration spéciale.

Les masses plus ou moins volumineuses de ce caoutchouc bmt sont mises dans des bâches contenant de Feau entretenue à la température de 45 à 50"" pendant 36 à 48 heures.

Lorsqu'elles sont assez amollies, on les débite à [l'aide d'un grand couteau à lame mince bien affilée en morceaux de 1 kilogr. environ, épais seulement de 6 à 12 centimètres. Ces morceaux sont écrasés et déchiquetés entre deux cylindres légèrement arrosés, tournant en sens contraire avec une vitesse, l'un de un tour, l'autre de deux tiers de tour par minute. Les lames rugueuses et criblées de trous, obtenues ainsi, sont ensuite déchirées en menus lambeaux, au moyen d'une pile à défiler des papeteries (voyez la description de cette machine, II* volume, Fabrication du papier). Lorsque le renouvellement continu de l'eau dans cette pile a pu éliminer les matières étrangères, terreuses et autres, on enlève le caoutchouc en une sorte de pulpe qui surnage, on le fait sécher en l'étendant sur des toiles fixées dans des châssis ; il faut éviter d'élever la température du courant d'air à un degré qui rendrait le caoutchouc adhésif et qui pourrait faire emprisonner une partie de l'eau.

La substance desséchée est alors malaxée pendant une heure environ, •en la faisant passer plusieurs fois entre deux cylindres chauffés à 50 ou •60** par une injection interne de vapeur d'eau.

La consistance pâteuse de la masse permet d'y incorporer aisément /pour 100 kilogr. de caoutchouc 50 de soufre en canons réduit en poudre, et passé au travers d'un tamis en laiton du n® 90 à 100 ou HO (c'est-à-dire offrant, vu sous une loupe, 90 à 110 fils de trame ctcliainc sur chaque côté d'un carré de 27 millimètres).

tant, de même que la porosité des membranes dans rendosmose, découverte par Wn(»s (1828), et qui forme la base des procédés dialytiqucs sur lesquels nous reyicndrons à prt^

•du traitement des mélasses de betteraves (voyei les propriétés du caoutchouc, 1. 1, d » ■'**?: ScGRB, t. II ; Toyez aussi les Comptes rendus de V Académie des sciences, 1866, t. ViUh P* '*'

^it 533).

CAOUTCHOUC. ^a

Le soufre étant intimement mêlé et uniformément réparti dans la masse, on rapproche les cylindres à Taide de vis de rappel agissant sur les coussinets de façon à réduire la pâte en lame de l'épaisseur voulue, de 2 à 7 millimètres d'épaisseur, mais plus ordinairement de 5 à 4 millimètres pour la fabrication des peignes et des objets les plus usuels ; on découpe la plaque, à mesure qu'elle est laminée, en tablettes de 40 centimètres de laideur et 60 centimètres de longueur.

Ces tablettes molles, recueillies sur châssis tendus de canevas mouillé, sont plongées dans l'eau tiède, à 28^ environ, afin d'enlever l'excès de chaleur, de les rendre plus fermes, enfin d'effectuer le retrait qui autrement se produirait au moment de la vulcanisation et les détacherait des feuilles de fer-blanc ou de verre. On les essuie et on les pose sur des plaques de fer-blanc ou de verre (glaces défectueuses), préalablement enduites d'une couche mince de graisse de porc (saindoux ouflambard)^ puis on assure le contact en passant nu rouleau en fer bien poli et saupoudré de talc afin d'éviter l'adhérence.

Après un repos de 24 heures dans une position horizontale qui accroît la consistance des tablettes, on pose les plaques ainsi chargées sur des châssis en fer montés dans un bâti qui les maintient dans une position inclinée à 45^ environ, afin, d'une part, que les tablettes ne puissent couler en s'amoUissant pendant la sulfuration, et, d'un autre côté, que les gouttelettes d'eau condensée s'écoulent sans séjourner sur la pâte. Les bâtis, montés avec des roulettes, sont introduits sur des rails dans un cylindre solide en tôle, de i mètre de diamètre et 6 mètres de longueur.

On ferme par un obturateur en fonte, portant une saillie circulaire qui s'engage dans une gorge pratiquée autour du bord du cylindre et à demi rempli d'un rouleau de caoutchouc souple alcalin mélangé avec 0,25 de filasse. L'obturateur étant bien assujetti et serré par des agrafes à charnières et boulons, on injecte de la vapeur par un tube troué adapté au bas et dans toute la longueur du cylindre.

La vapeur fournie par un générateur sous la pression de 5 atmosphères est distribuée peu à peu de façon à élever très-graduellement en 2 ou 0 heures la température dans l'intérieur du cylindre à 135^ centésimaux.

On maintient alors cette température pendant 7 heures. Si l'on avait employé des tablettes en caoutchouc épaisses de 10 à 12 millimètres, il aurait fallu élever plus lentement (en 4 heures) la température à 1 SS"" et soutenir celle-ci pendant 8 heures.

On arrête alors l'injection de vapeur, on laisse un peu refroidir, puis rentrer l'air dans le cylindre. On peut alors démonter l'obturateur, faire sortir les chariots, et enlever les lames après le refroidissement complet,

les tablettes ét^nt devenues très-résistantes par la combinaison du soufre avec le caoutchouc. Si l'on augmentait la proportion du soufre (*), ou bien si Ton élevait trop la température, le produit deviendrait plus dur, mais il serait trop fragile.

Pendant la sulfuration dans le cylindre, la vapeur en se condensant fait retomber des gouttes d'eau sur les tablettes encore très-molles; l'eas entraînant de la rouille (oxyde de fer) formée aux dépens du cylindre, ces corps pénètrent parfois assez avant pour introduire des bulles et des taches dans l'épaisseur des tablettes et déprécier beaucoup les objets que l'on en fabrique.

On parviendrait probablement à prévenir ces altérations, soit en maintenant les lames de caoutchouc verticales entre deux feuilles de ferblanc, soit en plaçant, au-dessus du bâti qui porte les châssis inclinés, deux lames de fer-blanc en forme de toit à double pente : cette sorle de toit interposé recevrait au-dessus les gouttelettes d'eau de condensatioD et les ferait écouler au delà des tablettes.

Lorsque les tablettes sont confectionnées, on les emploie principalement comme matière première des peignes ou démêloirs. A cet cflct on découpe au moyen d'une scie à lame étroite, dite à chantourner, ces tablettes sous des formes usuelles, en suivant des contours tracés à la pointe d'acier.

Les feuilles ainsi découpées sont amincies vers un des bords comme une lame de sabre à l'aide de rabots et mieux aplanies en les usant sur une ardoise ; puis on refend les dents par des traits de scie mue mécaniquement.

Il ne reste plus qu'à leur donner le poli, ce qui est facile en les frottant avec de la poudre de pierre ponce, agglomérée à l'aide de suif. Il est facile de courber les plaques, baguettes, règles, prismes, découpés à la scie, tournés ou rabotés, en les plongeant pendant quelques minutes dans l'eau bouillante, ou les chauffant dans une étuve. Après les avoir courbés, si on les immerge dans l'eau froide, on leur donne a I mstant une roideur superficielle qui maintient la forme acquise.

La pâte épaisse de caoutchouc, malaxée avec le soufre, peut être facilement appliquée sur des moules en bronze, des bas-reliefs, médaille? que l'on expose ensuite dans le cylindre où la vapeur élève la température à 135**. Lorsqu'ils sont refroidis, les formes acquises se conserfen^ avec le poli des moules.

(•) M. Payen a constaté qu'en ajoutant un excès de soufre on peut obtenir un '^^""P^'^' et cassant, renfermant 0,48 de soufre combiné, tandis que le caoutchouc dur d'une dodb^ qualité ne doit renfenner que 0,53 de soufre.

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