GUTTA-PERCHA
ligneux s'imbibent et deviennent plus lourds que la gutta qui surnage; la matière est ensuite portée sur une tablette A (fig. 1), entraînée par deux rouleaux devant un cylindre B armé de lames de scie comme une râpe à betteraves (voyez II* volume, l'article Sucré) et tournant audessus d'un banc C rempli d'eau froide. La division nouvelle opérée par ce cylindre met en liberté les substances étrangères; parmi celles-ci, les unes se déposent, d'autres se dissolvent, tandis que la gutta-pcrcba surnage l'eau et arrive bientôt sur une toile sans fin D, qui la dirige devant un cylindre diviseur E, semblable au premier; elle retombe sur l'eau en F, est soumise dans ce deuxième bassin à une opération semblable, et passe sous un troisième cylindre II agissant comme une pile à défiler (voyez la Fabrication du papier^ W volume) (*).
Après avoir subi ces trois opérations successives, la gutta-percha est agitée en I sur l'eau chaufTéc à 80^, et poussée vers la troisième toi'e sans fin F, sous le cylindre J, armé de lames épaisses, et engagée entre ces lames et des lames semblables fixes d'une platine courbe analogue à la platine armée de lames des piles à papier; ce dernier déchiquetage la met dans des conditions propres à l'agglomériition qu*elle subit après avoir été agitée en passant par le moulinet K. Elle est conduite par la toile L entre cinq paires de rouleaux de M en M'; une dernière toile sans fin SfN, dont elle suit le mouvement, l'engage entre les deux rouleaux lamineurs N, qui en expriment l'eau. Elle peut éfre directement conduite alors, soit dans un laminoir en 0, qui la façonne en une feuille plus ou moins épaisse, soit entre les deux cylindres cannelés (fig. 2), qui, mus en sens contraire par la roue d'engrenage A et la transmission BC, la découpent en lanières, bandes ou fils cylindriques, ou rectangulaires, suivant les formes et les dimensions de ces cannelures.
Au lieu de façonner ainsi directement la gutta-percha, il vaut mieux se contenter de la mettre sous forme de feuilles ; celles-ci sont ensuite ramollies et mises en fusion pâteuse par une température de 112 à 1 1 5**, dans une chaudière hémisphérique en fonte munie d'une double enveloppe, dans laquelle circule la vapeur d'un générateur chauffée à 153** sous la pression correspondante de 5 atmosphères. En remuant la pâte, on fait aisément évaporer l'eau interposée qui ferait obstacle à TadhércDce de toutes les parties comme aux soudures, et diminuerait la solidité des objets façonnés.
Plusieurs perfectionnements notables dans l'épuration et le travail de
(1 Eo ce momcat où le cou» de IV.cooI est très-bas (iO francs los 100 litres)^ il y aurait peol^tre avantage k épurer la gulla-percha par ce dissolvant, qui enlèverait les suh^ances Rtinfuses (ilbaiie, fluavile, etc.), laissant la gutta pure bien plus tenace et moins altérable. On éviterait une perte très-notable d'alcool en enpioyant pour celte extraction un appareil sem- UaUc i celui que ]l. Diriss a construit pour le traitement des tourteaux gras (voyez ci-dc<sus P.1W).
2«2 PRËCIS hV. CUIMIE INDUSTRIELLE.
la ifulU-perclia ont été réalisés par MM. Leverd, à l'aide des opératioaset
des .ijtpareils que nous allons décrire.
I.a division plus comglèle des pains ou blocs de la substance bnitc (préabibleinent découpés en prismes irréguliers par une scie circulaire arrosée) s'effectue directement à l'aide d'une râpe foiméc de disques A, à fortes dentures B, alternes (llg. 67), et solidement assemblés sur un
axe, serrés entre une embase et un écrou, constituant dans leur ensemble une râpe de SOcentim. de diamètre et là centJm. de large, représentée par la figure 68, et dont l'action est aidée par un continuel arrosage- L'espèce de pulpe obtenue ainsi est épui-ce par un lavage à trois eaui, en la transportant successivement dans trois cuves de lU hectolitres ou dans trois cases d'un grand bassin rectangulaire, en mndricrs, de 5 mètres de long, l^iSS de large et i mètre de profondeur. L'eau suit une mni'che inverse : de la dernière cuve ou case, elle passe par des tubes ou siphons dans la 2' et la 1", d'où elle est rejelce lorsqu'elle est chargée de corps étr-ingcrs dissous ou en suspension.
La pulpe lavée est étendue sur un dallage ou sur une aire bitumée en pente où elle s'égoutte.
On la pafse cnsuilc entre les deux lylindros d'un laminoir en fonic ayant \ mètre de longueur cl 40 cuntim. de diamètre, chaurfcs i»léricuremcnt par un jet de vapeur. La pulpe se transforme en une pâle malaxée en passant cinq ou six fois entre les cylindres. Lorsque Je pétrissage est suffisant, on coupe parallèlement à l'axe la pâte qui enveloppe le cylindre supérieur, on rapproche à 1,2 millimètre oupresijuc au contact les deux cylindres continuellement mouillés, entre lesquels dès lors il ne s'engage plus qu'une Irés-mince épaisseur de substance; la feuille molle qui sort de ce laminage est saisie des deux côtés du iiminoir par deux hommes qui, à l'aide d'une traction ménagée, l'élea-
GUTTi-PERCHA. SBS
dent au point de doubler sa largeur, et enlèvent quelques débris ligneux qu'il est alors facile d'apercevoir. Ces feuilles, excessivement minces, sèchent promptement à l'air; on achève la dessiccation en même temps que l'on soude toutes les parties par une fusion pâteuse, dans une chaudière plate, de fjSO de diamèUe, A (6g. 69), à double enveloppe B chauiïée à Ho ou H5*, par un jet de vapeur qu'amène un robinet C; l'eau condensée entre les deux fonds s'écoule par !e tube D, vers le retour d'eau du générateur, tin couvercle en trois parties mobiles permet de charger cette chaudière et d'en retirer la pâte lorsque l'eau en a été chassée par la vaporisation. La matière en ret état est portée dans un pétrisscur (fig. 70) i deux cylindres cannelés longitudinalcment, engrenant ensemble et tournant, par conséquent, en sens contraire dans ta direction des flèches, ce qui produit un pétrissage éncr- ^quc en laminant la matière de dessous en
dessus. La chaudière A, large de 80 cenLi- Fig. to. - Péiri«seur » cylindre» mètres, lonifue de 1 mètre et profonde de «nnei^s pour maïuer la pdir
, ,, f . ,, , '^ , . . de guui- percha,
1 mètre, est munie d une enveloppe laissant
DQ intervalle de 1 à 5 centimètres B pour la libre circulation de la Tapeur qu'amène à volonté un robinet e; l'eau de condensation fait relour au générateur par le tube f.
Ordinairement, au bout d'une heure, la malaxatîon est complète, et Ion peut enlever lapâtedegutta-percba qui remplit la chaudière pour la liiTeraux laminoirs à cylindres pleins ou cannelés transversalement; elle est ainsi moulée sous forme de lames ou de courroies plus ou moins li^es et épaisses.
Celle pâte s'emploie également pour confectionner des courroies cylindriques et des tubes par une forte pression imprimée au piston d'une wrtc de presse à macaroni, maïs horiïontale.
Us figures 6, 7, 8, 9 et 10, pi. IV, indiquent cette machine spéciale : le cjliodre A (Gg, 6, 7 et 8), à double enveloppe chauffée par la vapeur, ''toit la pàtc dans la cavité en avant du piston. Celui-ci, mû par la roue déniée B que commande le pignon C, pousse cette pàtc, maintenue à iOO" enîffon, dans la lîlière conique d à mandrin e cylindrique ; la première portion tubulairc qui sort, étant rendue défectueuse par l'air interposé, doit être retranchée.
â64 PRËGIS DE CHIMIE INDUSTRIELLE.
Dès lors on lève une Tanne qui retenait l*eau de la bâche /*, ajant une longueur de 10 mètres ; cette eau arrive au contact de la filière el refroidit la pâte du tube, de façon à lui donner plus de consistance t mesure qu'il pénètre dans la bâche. Le tube encore un peu moucstd^ailleurs soutenu dans la direction recliligne horizontale et par l'eau qui le supporte, et par un guide 9, long de 2 mètres, en fer. On parvient sans peine à donner aux tubes plus de résistance à rallongcmeDt, en même temps qu'on transforme leur texture celluleuse que Ton rend fibreuse, eo forçant ces tubes et courroies à passer dans des filières plus étroites aa moyen d'un banc à tirer usuel qui les allonge d'un tiers environ.
V* Trnnsforinatloiis en fe«ille% lll«, ei«Yachcs ei eovnroies.
On confectionne en gutta-percha, par le laminage et le corroyage, de fortes courroies pour les transmissions de mouvement dans les papeteries ou autres usines dans lesquelles ces coun*oies sont habituellement mouillées, ou du moins à l'abri d'une température qui les rendrait trop molles, susceptibles de s'allonger ou de se rompre. Les ateliers habituellement chauffés, notamment les imprimeries, offrent des circonstances défavorables pour les transmissions de mouvement à l'intérieur par les courroies en gutta-percha.