CHAPITRE VI
BOILES FIXES ET GRAISSES. — SAPONIFICATION. — ACIDES GRAS. — «LTCiURE.
MOGIBS STâARIQOBS. — SAVONS. — HUILES ESSENTIELLES. — CAMPHRE. — ESSENCE DE
TtfRÉBENTUIRB. — RÉSINES.-^ VERNIS. — CAOUTCHOUC. — QOTTA-PEBCIA.
CORPS 6RÂS NEUTRES
606. Propriétés générales. ~ On nomme corps gras des matières neutres, onctueuses ap toucher et laissant sur le papier une tache translucide qui ne disparait pas sous l'influence de la chaleur.
Les corps gras sont moins denses que l'eau. Ils sont solubles dans l'alcool, l'éther et les essences.
Ils s'altèrent peu à peu au contact de l'air ; on dit alors qu'ils rancissent. — Ils se décomposent sous l'influence de la chaleur.
Les corps gras solides aux températures ordinaires sont plus ou moins mous; on leur donne, suivant leur consistance, les noms de beurre y graisse suif. On appelle huiles les corps gras liquides à la température ordinaire. Les huiles s'extraient généralement des végétaux (huile d'olive, huile de colza) . — Quelques-unes s'extraient des animaux (huiles de poisson) .
On appelle siccatives les huiles qui, comme celles de lin, de noix, d'oeillette, s'épaississent en absorbant l'oxygène de l'air ; elles sont utilisées pour la confection des vernis et des couleurs.
Les huiles non siccatives^ comme l'huile d'olite, ne perdent pas leur fluidité en s'oxydant.
510 PUtClS DE CHIMIE.
L*liuile d'olive bien pure (huile vierge] est employée comme cornes- | tible. — L'huile d'olive ordinaire et l'huile de colza sont surtout employées pour l'éclairage.
Le suif est formé par la graisse des herbivores (moutons, bœufs). 11 constitue la matière première de la fabrication des chandelles; le suif, Tondu au bain-raarie, est coulé dans des moules légèrement coniques dans l'axe desquels on a tendu une mèche de coton.
Vaxmgey employé en pharmacie, est de la graisse de porc fondue. La cire est la matière grasse sécrétée par les abeilles ; elle sert à la fabrication des bougies.
' 605 . Constitution chimique des eorp* gras. — Oléine, margarine, stéarine. — Les corps gras naturels sont généralement des mélanges de plusieurs principes immédiats ; c'est ce qu'on peut constater facilement de la manière suivante : Quand on refroidit de l'huile d'olive à 0*, on la voit se solidifier ; si alors on comprime la matière pâteuse obtenue, entre des feuilles de papier buvard, on constate qu'elle se sépare en deux parties, l'une, solide, composée de petites lamelles blanches et nacrées [margarine) ; l'autre, liquide [oléine) .
Les graisses comprimées de la même façon donnent de l'oléine liquide, et une matière solide qui, traitée par l'éther, se dédouble en margarine soluble et fusible à 47», et en stéarine insoluble et ne fondant qu'à une température d'environ 62*.
Les corps gras que nous étudions contiennent tantôt deux de ces principes immédiats, comme l'huile d'olive (28 de margarine et 72 d'oléine), tantôt les trois principes, comme le suif de mouton, qui contient 20 d'oléine et 80 d'un mélange de stéarine et de margarine.
ACIDES GRAS— G L\ CE RlKE
•06. Sapouifleatlon. — I^es corps gras neutres présentent de grandes analogies avec les élbers composés. Comme eux ils se dédoublent à une température élevée, sous l'influence de l'eau, en deux substances: l'une acide [acide gras) et l'autre neutre [glycérine) , qui n'y existaient pas toutes formées, mais qui n'avaient besoin pour se régénérer que de fixer les éléments de l'eau. — La séparation est plus rapide quand on fait intervenir une base énergique capable de s'unir à l'acide, ou un acide fort susceptible de déplacer et de remplacer l'acide gras. Ce dédoublement du corps gras en acide gras et en glycérine a reçu le nom de sapotûUcation, quelle que soit d!ailleurs la méthode employée pour le déterminer.
Remarque. — Dans ces derniers temps M. Berthelot a rendu encore plus évidente l'analogie des corps gras et des éthers composés en montrant que par la réaction de la glycérine sur les acides stéarique, margariquc et oléique, on obtient des corps gras identiques avec les composés natu-
BODGIES STËARIOUES. 317
rels, en même temps qu'une certaine quantité d'eau est mite en liberté. 64M. Sl^eArlHe. — Le corps oeuti'e qui prend naissance dans la sa ponilica lion est toujours le même, c'est le principe douxdes huiles ou gtycériae, liquide incolore ou jaunâtre, d'une consistance sirupeuse, d'une ' saieursucrée, présentant sous le rapport des propriétés chimiques beaucoup d'analogie avec l'alcool.
ttlO. AeMe* (raa. — L'acide varie avec le corps gras qui lui donne
On appelle acide Uiarique l'acide que l'on retire de la liéarine,
D • tnargarigue l'acide que l'on retire de la margarine, D B oUique l'acide que l'en relire de X'oUine.
Ce dernier esl liquide, les deux autres sont solides, blancs, cristallisa eu aiguilles brillantes ; ils brûlent à l'air avec une Dammetrès-éclairante,
EOUGIES STÉARIQireS
•II, fabricMtloB de> bongtea. — L'acidestéariquequidoit former la bougie est extrait du suif de bœuf. Le suif de mouton, plus dur cl d'un prix plus élevé, est réservé pour la fabrication des cbandelles.
tii- ÎIO. — BuponâOcation Uc U sralssa lio Ivctui par la cltaui. £e suif est d'abord fondu dans une grande cuve tn buis A [flff. 210) leoint de l'eau chaufléep^tr la vapeur. Quand la fusion est complète, oji jr
Mg PRÉCIS DE CHIHIE.
ajoule de la chsui dëliiyée dans l'eau, et un aigilaleur mécaniqne b, e, remue toute la masse. La chaux dédouble les corps gras en glycérine qui Ee dissout dans t'eau et en acides gras qui formmt des stéarates, margarotes et oléates de cbaux insolubles. On soulire alors le liquide, et on recueille le tauM) calcaire.
Ce savon pulvérisé est mis en suspension dans de l'eau acidulée par de l'acide sulfurique. et contenus dans une cuve semblable à la précédente; sous l'influence d'une douce chaleur, l'acide sulfurique s'empare de li chaux pour formel^ du sulfate de chaux insoluble, et les acidesgrasdeveout libres forment une couche buileuse à la surface du liquide. Cette coucbe décantée et lavée, est coulée en pain de 3 â 4 kilogrammes.
On a obtenu dans cette opération un mélange des trois acides gras. Pour tu séparer l'acide oléique, on enveloppe le pain d'une grosse toile et on le soumel à l'action d'une presse kïdi'aulique, d'abord à froid, puis k chaud. U reste finalement un mélange d'acide stéarique et d'acide margarique. Ces acides sont refondus et piu'iQés par plusieurs Uvagesï l'eau bouillante légérement acidulée.
ïig. m, — Fabritation des bougies Etêariques.
On coule les addes fondus dans unlargeentonnolr, d'oii ils passent dans les moules (/!;. 211), quiportent chacun dans leur axe uneméche de coton tressée a, à qu'on a eu la précaution de tremper dans une dissolution faible d'acide borique. Grâce au tressage, la mi;che se recourbe dans la ilamme et va se consumer au contact de Vair ; l'acide borique transforme les cendres eu un terre fusible, de sorte que la bougie se mouche pour