SOUFRE (S
Équiv* en poids = i6 Équiv. en vol. = !*•'
/ iM. Propriétés phyalqucs.— Le soufre est un corps solide d'une couleur jaune citron, insipide et inodore ; il acquiert par le frottement l'odeur particulière des corps électrisés.
11 est très-mauvais conducteur de la chaletir et de l'électricité : la chaleur seule de la main suffit pour produire dans le soufre une dilatation des parties superficielles qui occasionne des ruptures intérieures accompagnées de craquements. — Ces craquements deviennent bien plus sensibles si on plonge brusquement le soufre dans de Teau chaude,
La densité de ce corps est 2,03. Il est insoluble dans Tesu, peu soluble dans Talcool et dans l'éther, très-soluble dans la beniine, l'essence de térébenthine et les huiles essentielles. Son meilleur dissolvant est le sulfure de carbone.
Il fond à 111» et entre en ébuUition à 440*.
189. Divers états moléenlaires 4ii souire solide. — Le soufre est dimorphe. H peut cristalliser en octaèdres appartenant au système du prisme droit à base rectangle, on l'appelle alors soufre octaédrique [fig. 114) ou en prismes obliques à base rectangle, c'est alors le soufre prismatique [fig. 115).
En 8J)andonnant à Tévaporalion spontanée une dissolution de soufre dans le sulfure de carbone, on obtient des octaèdres Fig. 114. — Soufre Fig. 1 15. — SoufVe jaunes, transparents, inaltérables octaédrique. prismatique,
à la température ordinaire et identiques à ceux qu'on trouve dans la nature.
On obtient le soufre prismatique en faisant cristaUiser par refroidissement vers 111* le soufre fondu. Pour avoir des cristaux bien nets, il faut avoir la précaution de décanter la partie du soufre restée encore liquide au moment où la surface libre commence à se solidifier. Les parois sont alors tapUséei de longuei •IHIIf'P traniipnrentei et légèrement flexiblef.
SOUFllE. il5
Abandonnées à la température ordinaire, ces aiguilles s'altèrent peu ù peu ; elles perdent leur transparence, deviennent opaques et friables ; ce ne sont plus que des chapelets d'octaèdres. On peut rendre cette transfor* mation très rapide en humectant les aiguilles avec un peu de sulfure de carbone; on constate alors qu'elle est accompagnée d'un dégagement de chaleur.
Les cristaux octaédriques maintenus quelque temps à une température un peu inférieure à 111'» perdent à leur tour leur transparence, et se transforment en soufre prismatique. Il y a donc deux états d'équilibre moléculaire différents, qui correspondent, l'un à la température ordinaire, l'autre à la température de lll*.
A ces variations de forme correspondent des vai'iations de densité. Le soufre prismatique a pour densité 1,97, et le soufre octaédrique, 2,03.
Soufre amorphe. — Le soufre peut aussi se présenter amorphe, comme l'a reconnu M. Gh. Sainte-Glaire Deville ; il est alors insoluble dans le sulfure de carbone. Le soufre en canon et le soufre en fleur contiennent toujours une certaine quantité de ce soufre amorphe. Il s'en produit chaque fois que le soufre est refroidi brusquement.
t90. États moléeiilalres du soufre fondu. — Les propriétés du soufre à l'état liquide varient avec la température : à lll® il est trèsfluide, transparent, d'un jaune clair. Si on continue à le chauffer, il so colore à partir d'environ 15Q*, en devenant brun et de plus en plus visqueux. Vers 200», sa viscosité est telle qu'on peut retourner le vase qui le contient sans en renverser. Au-dessus de cette température, il redevient peu à peu fluide, tout en gardant sa coloration. Enfin, il entre en ébullition à 440».
Refroidi lentement, le soufre repasse par les mêmes états de couleur ou de fluidité ; si, au contraire, on coule dans de l'eau froide du soufre à 250", on obtient le soufre rnou.
Le soufre ainsi trempé est élastique comme du caoutchouc. Chauffé & 100», il dégage assez de chaleur pour porter de 100« à 110« la température d'un thermomètre.
Le soufre mou devient peu à peu dur et cassant en repassant à l'état de soufre ordinaire. On rend le soufre mou d'une manière plus durable en y introduisant une très-petite quantité de chlore ou d'iode; il est alors complètement insoluble dans le sulfure de carbone. Le soufre mou ordinaire contient toujours un peu de soufre amorphe insoluble.
!•!. Densité de vapeur. — Le soufre en vapeur présente encore des propriétés singulières : sa densité, prise à 500« par M. Dumas, est 6,654. MM. H. Sainte-Glaire Deville et L. Troost, en reprenant l'expérience à des températures plus élevées, ont constaté qu'elle diminue peu à peu pour devenir enfin constante et égale à 2,2 à partir d'environ 850«. IM. Plroprlétés «hlmliines. — Le soufre ^uffé m contactât
ItO PRÉCIS DE CHIMIE.
l'atL' s'enfUnmie vers ÏSO*, en donnant de l'acide sulfureui, reconnaissable à son odeur vive et pénèlranle. Il est donc combustible ïis-à-ïis de l'ojy" gène, il L'est de mSme Tis-à-ïis du chlore, du brome et de l'iode.
11 joue, au contraire, le râle de comburant vis-à-iis du phosphore, du carbone, de l'hydrog'inc et des mÉtaui. Il se conduit vis-à-vis de ces corps esïciemeni comme l'oxygène dont nous l'avons rapproché [IB)' En effet, le carbone bnlle dans la vapeur de soufre en donnant de ïaeide *ul~ /Scnrêoniçue (sulfure de carbone], CS*, analogue à l'acide carbonique, CO*.
Le fer et le cuivre brûlent également avec chaleur et lumière dans la ifapeur de soufre, le fer divisé et humide se combine même i froid aiec le soufre comme avec rosjgène.
Fis- lie. - Eitraclion du soufre bniL
ISS. État natMirel.~ Le soufre est très-répandu dansla salure; ilexisteàl'état natifdans le voisinage de»ancieus volcans (solfatares de la Sicile), soitpuret crislallin, soit mélangé de matières terreuses.
On le trouve en grande abondance dans les sulfures métalliques et les sulfates,
1>4. EzIraetloM. SoalM brat. — Le soufre mélang^demalièrea