NAO.CO«-«-10HO
Ces cristaux s'eiïleurissent à l'air et peuvent perdre jusqu'à 9 équivalents d'eau. L'évaporati on de certains lacs de l'Egypte donne des incrustations de sesquicarbomte de soude, appelé natron.
L'acide carbonique, passant en excès dans une dissolution de carbonate neutre, donne du bicarbonate (NaO,IIO,2GO*), qui est employé pour la fabrication de l'eau de Seltz artificielle. — Ce sel existe dans les eaux de Yicby et dans celles de Carlsbad.
448. Ilsases. — La soude du commerce est employée pour la fabrication du verre ordinaire et du verre à bouteilles. — Rendue caustique par la chaux, elle sert à la fabrication des savons durs.
449. Essais aleallmétrlqnes. — Comme la valeur commerciale de la potasse et de la soude du commerce dépend de la quantité d'alcali qu'elles contiennent, il était important d'avoir un moyen de reconnaître le titre pondéral ou le nombre de centiètnes de potasse pure, par exemple, que contient une potasse du commerce. La méthode suivante imaginée par Gay-Lussac résout très-simplement le problème : On sait que 49'' d'acide sulfurique monohydraté (SO',HO), peuvent saturer 47»' de potasse (KO). Si donc, dans un vase (flg. 179) de 1 litre de capacité, on verse de l'eau, puis 98»' d'acide sulfurique et qu'on achève de remplir le vase, on aura une dissolution dont 50'*> contiendront 4s',9 d'acide sulfurique monohydraté.
Si, d'un autre côté, on dissout 47" de potasse du commerce dans de l'eau, de manière à avoir un demi-litre de liqueur, il est clair que 50** de cette dissolution contiendront 4*', 7 de la potasse à essayer.
Gela posé, 50*« de potasse, pris à l'aide d'une pipette [fig. iSO) sont versés dans un vase cylindrique (/l^. 181) et colorés par quelques gouttei de teinture bleue de tournesol. On y verse alors lentement la dissolution acide contenue dans une burette [fig. 182) de la capacité de dO*"" et divisée en 100 parties égales; on s'arrête au moment où la saturation est complète, ce qu'on reconnaît à ce qu'une goutte ajoutée en excès fait passer
la cottleur au rouge pelure d'oignon. Si on a versé alors 60 divisions, pai eiemple, c'est qu'évidemment la solution de potasse contient seulement €0 centièmes» c'est-à-dire 60 pour 100 de potasse.
Fig 179.
Flacon d'un litre.
Fig. 180.
Pipette.
Fig. 181.
Vase d'essai.
Fig. 182.
Burette.
La potasse d'Amérique contient d'ordinaire 604)our 100 d'alcdi; » de Russie » 55 pour 100 9
L'essai des soudes du commerce se fait de Ja même façon. On dissout seulement 31*' de la soude au lieu de 47*' de potasse. La soude d'Âlicante contient d'ordinaire 55 à 60 pour 100 d'alcali; 9 artificielle » 18 à 35 pour 100 >
CARBONATE DE CHAUX (CaO,CO«|
480. Pro|^riété«. — Le carbonate de chaux est un corps solide, blanc, insoluble dans l'eau pure, mais soluble dans l'eau chargée d'acide carbonique. — Toutes les eaux courantes contiennent un peu de carbonate de chaux dissous grâce à la présence de l'acide carbonique.
Certaines sources, très-riches en acide carbonique, tiennent en dissolution une si grande quantité de carbonate de chaux, qu'en arrivant au contact de l'air et perdant de l'acide carbonique, elles laissent déposer une partie de ce carbonate, qui incruste alors tous les corps sur lesquels il tombe. Des objets exposés pendant quelques jours à l'action de ces eaux, se trouvent complètement recouverts d'une couche calcaire — Ces souroes
CARBONATE DE CHAUX. S5t
sont appeltes pgIriflanUi; telle est )a source de Ssint-Allyre, près Ger-
mont, et celle de Saint-Philippe, en Toscane.
Un phénomène semblable donne naissance aui ttalactilet et aux slalagmitei que l'on rencontre dans certaines grottes. Les eaux, après avoir filtré lentement k travers les terrains placés au-dessus de la grotte, viennent y suinter goulte à goutte ; mais comme ces gouttes restent pendant un certain temps suspendues à la voûte, ellesdéposent une partie de leur carbonate de chaun, qui forme un anneau. De nouvelles gouttes airivanl successivement, prolongent cet anneau et en font un cjlindre creui i l'intérieur, pendant que d'autres gouttes, s'évaporant à la surface eilérieure de ce cjlindre, augmentent son diamèlre et conslitaenl peu i peu le cAne renversé que l'on appelle tlalacHte (/I^. 183). L'eau qui tombe sur te sol dépose en s'évaporant le reste de son carbonate de cbaui et Torme un autre cfine droit appelé italagmile. Ces deux cùnes peuvent, avec le lemp?, se rejoindi'e el constituer une colonne.
Flg. 18}. — Stalovlite^ el slalagmilei.
C'est encore au carbonate de chaux que présentent souvent les tuyaux de conduite dières des machines à vapeur.
Soumis à l'action de la chaleur à l'air libre, le carbonate de chaui se décompose en chaux vive et en acide carbonique, tlais quand la calcination se fait dans un canon île fusil, liermétiquement fermé {expérUuce de BaUi), de manière à empêcher le dégagement de l'acide cariwnique, îe
carbonate de chaux fond sans se décomposer et prend en se refroidissant la texture cristalline du inarbre.
451. État aatiirel. — Le carbonate de chaux est le composé le plus répandu dans la nature; il se présente sous des aspects très-variés : tantôt cristallisé, comme dans le spath d'Islande et l'arragonite; tantôt am<H*phe, comme dans la craie et les différents calcaires.
 l'état cristallin, il peut affecter deux formes complètement incompatibles, le rhomboèdre et le prisme droU à base rectangle.
Le carbonate de chaux rhotnboédrique est appelé spath d'Islande ; il est incolore et parfaitement transparent ; des facettes de modiûcation peuvent lui donner toutes les formes du prisme à base hexagonale, mais un clivage toujours facile, suivant trois directions constantes, ramène à la forme type.
Le carbonate de chaux prismatique est connu sous le nom d'arragonite; il est compacte et d'un blanc laiteux. Sa densité est 2,9; celle du spath d'Islande est 2, 7.
On peut reproduire artificiellement le carbonate de chaux sous Tune ou l'autre forme, à volonté: les sels solubles de chaux précipités à froid par un carbonate alcalin donnent des rhomboèdres; précipités à la température de -lOO*", ils donnent des prismes droits à base rectangle.
Les UAKBRES sont des variétés de carbonate de chaux à texture cristalline et généralement colorées par des matières étrangères. Ils paraissent être le résultat d'une modification moléculaire des calcaires amorphes sous l'influence d'une température élevée (comme dans l'expérience de Haies, que nous avons citée).
L' ALBATRE CALCAIRE ost un carbouato translucide et à structure cristalline. On le taille de manière à en faire des coupes et des vases d'ornement. On trouve de belles carrières d'albâtre près de Grenade en Espagne, â Trapani en Sicile, etc.
Les QALGAiREs formcut la plus grande partie des terrains de sédiment, Hs sont constitués par les débris de test d'animaux qui vivaient au fond des eaux. Partout où on les rencontre en bancs d'une assez grande épaisseur, soit à la surface du sol, soit à une petite profondem% on les emploie comme pierre à bâtir, tel est le calcaire grossier des environs de Paris [Vaugirard, Issy).
La CRAIE est blanche, à grains très-fins, constitués par des débris d'ani. maux microscopiques ; c'est avec elle qu'on prépare le blanc d'Espagne ou blanc de Meudon employé pour nettoyer les métaux et le verre.