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II. HALIDES

Les corps halogènes, chlore, brome, iode et fluor, de même

que les sels haloïdes, peuvent se fixer sur les matières organiques dans des conditions bien différentes , et donner ainsi naissance à des composés dont les propriétés ne sont pas les mêmes. Nous distinguerons donc les classes suivantes :

A. Métaleptides. — Composés dans lesquels les corps halogènes remplacent l'hydrogène (t. I, p. 60), et dans lesquels ces corps halogènes ne sont pas accusés par les réactifs ordinaires.

Nous les considérons , dans notre classification , comme, au tant d'espèces appartenant à des genres dont l'espèce normale peut faire partie des hydrocarbonides , des oxygénides . des azo tides ou des thionides.

Le chlore et le brome , en se substituant à l'hydrogène dan? une substance organique, y apportent néanmoins, jusqu'à un certain degré, le caractère électro-négatif qu'ils présentent a l'état libre ; ce caractère s'imprime à la combinaison de plus en plus, à mesure que le nombre des équivalents de chlore ou de brome , remplaçant l'hydrogène , vient a y augmenter. Ainsi , par

exemple, M. Hofmann a démontré que l'aniline chlorée Ce(HGC/)N,

et l'aniline bromée C6(HcBr)X, sont des alcaloïdes comme l'aniline normale [voy. t. II, p. 476 ), mais leur alcalinité est déjà plus faible; l'aniline bichlorée C6(H5C/2)N, et l'aniline bibromée C6(H5Br2)N, sont encore alcalines , mais bien plus faibles , et enfin dans l'aniline trichlorée ou bibromée, C6(H4C/3)N et C6(H4Br3)N, l'alcalinité n'existe plus.

B. Hypemialides. — Produits de la combinaison directe du C/ ou du B/' avec des hydrocarbures ou des oxygénides. Traités par la potasse ou par le sulfure de potassium , ils se décomposent en chlorure ou en bromure , et en espèces balides dérivées du genre hyperhaligène , qui leur avait donné naissance; cette réaction indique que le chlore ou le brome que les hyperhalides renferment en sus , par rapport au g. hyperhaligène , ligure toujours en nombre pair. Souvent le dédoublement de l'hyperhalide s'effectue déjà par l'action de la chaleur. Dans les hyperhalides, les corps halogènes ne sont pas non plus accusés par les réactifs ordinaires.

a. HYPERHALIDES HYDROCARBONÉS.

Série homologue R+2, bi-hyperhalide.

C.2H4,C/2. Éthérilène bichloré (liqueur des Hollandais). C4H8,C/2. Butyrilène bichloré (chlorure de ditétryle). C9H18,C/2. Élaïlène bichloré (chlorure d'élaène).

Série homologue 1\, scr-hyperhalide.

C6H6,C/6. Benzilène sexchloré (chlorure de benzine). C7H8,C/6. Benzoénilène sexchloré.

Série homologue R-6, bi-hyperhalide.

C8H8,C/2. Cinnauiilène bichloré.

Série homologue II-8, quadri-hyperhalide.

C10H8,CZ4. Naphtessarène quadrichloi é.

Série homologue K-10, bi-hyperhalide.

('.'"ll^jC/-. Naphduène bichloré.

Série homologue II—14, bi-hyperhalide, CWH12,CR Stilbiiène bichloré.

(3. BYPERHALIDES OXYGÉNÉS.

Série homologue K-203.

C:Us03.C/4. Pyroinucyle quadrichloré (éther chloro-pyromucique).

C. Hai.hydrides. — Cette subdivision comprend les combinaisons appelées camphres artificiels, et produites par la fixation de HC/ ou HB/' sur des hydrogènes carbonés ; le chlore et le brome n'y sont pas accusés par le nitrate d'argent.

Série homologue R, bi-halhydride.

C1ÛH1C,2HC/. Citréhydrène bichloré (camphre de citron). Série homologue h—2, uni-halhydride.

0"Wc,]lCl. Téréhydrène chloré (camphre d'essence de térébenthine).

Les halhydrides se décomposent sous l'influence de la chaux caustique, à une température élevée, et régénèrent les hydrogènes carbonés qui leur ont donné naissance.

D. âlcalisels. — Les combinaisons directes des alcaloïdes avec HC/, HB/, ainsi qu'avec les chlorures , les bromures , etc., se distinguent des classes précédentes, en ce que les alcalis minéraux en séparent l'alcaloïde déjà a froid, et que le nitrate d'argent les précipite. Dans notre classification, nous avons réuni en un même genre les alcaloïdes et leurs sels, mais cette disposition est à changer.

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