‹ Précis de chimie organiqueChapitre 64 sur 95 · HYDROGÈNE SULFURÉ ET SULFURES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

HYDROGÈNE SULFURÉ ET SULFURES EN GÉNÉRAL

180. L'hydrogène sulfuré paraît n'attaquer les substances orjaiiiques qu'autant qu'elles renferment de l'oxygène , du chlore )u des métaux ; tantôt il y fixe de l'hydrogène, tantôt du soufre.

Il sert souvent à décomposer les sels de plomb ou d'argent lont les acides sont trop solubles dans l'eau pour être séparés )ar précipitation. Dans ce cas il se produit des sulfures métaliques en même temps que l'hydrogène du réactif se met à la ilace du métal éliminé.

Lors(|ue les sels mt'talliques sont insolubles dans l'eau, il faut es mettre en suspension dans ce liquide avant d'y faire pass^^ 'hydrogène sallun''.

Mais (;e corps olh'e des l'i-actions encore; bii.'ii plus curieuses. Il îst capable de fixer de l'hydrogène sur certaines substances qui

ne renferment pas de métaux ; il décompose les produits azotés nés sous l'influence de l'acide nitrique en donnant des alcaloïdes particuliers ; enfin il attaque certains corps oxygénés , chlorés ou bromes, en échangeant l'oxygène, le chlore ou le brome pour son soufre.

181. Lorsqu'on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré dans une dissolution d'alloxane , il se dépose d'abord du soufre et la masse se prend en une bouillie de cristaux d'alloxantine :

2(C<N2H<05) -f H2S= 2(C*A2M505) -f S Alloxane. Alloxantine.

Cette réduction s'effectue aussi sur l'indigo bleu , en présence d'un alcali :

2(C8H5i\0) + I12S = 2(C8H6NO) -f S.

Indigo bleu. Indigo blanc.

Les acides bleus formés par la combinaison de l'acide sulfurique avec l'indigo se réduisent aussi par l'action de l'hydrogène , sulfuré , de sorte qu'on obtient une solution jaune en les sépa-| rant par ce gaz de leurs sels de plomb. Lorsqu'on fait passer l'hydrogène sulfuré dans une dissolution d'un acide bleu, sa' couleur ne change pas, même par un contact de plusieurs heures; mais dès qu'on chaufté le liquide à 50° ou au-dessus , il se réduit en se décolorant et en déposant du soufre. Un excès d'acide empêche beaucoup cet effet. Le chlorure d'étain décolore aussi ces acides lorsqu'on chauffe le mélange.

Il paraîtrait que cette réduction ne s'opère pas de la même manière dans les corps non azotés. En effet, M. Zinin, guidé par l'analogie de composition qui existe entre la benzoïne et le benzile, et entre l'alloxantine et l'alloxane, fit passer de l'hydrogène sulfuré dans du benzile. Mais il n'obtint point de benzoïne; il se produisit un abondant dépôt de soufre , ainsi qu'une huile épaisse jaune et d'une odeur alliacée. Cette huile se produisit encore plus facilement et en plus grande quantité , lorsqu'il distilla du benzile avec une dissolution alcoolique d'hydrosulfate d'ammoniaque fl). Elle est probablement sulfurée.

(1) Revue scientif., t. Ilf , p. 'i9.

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