J 3H20 = C3H3.\303 -}- 3HC
Si l'on arrose d'ammoniaque le tricyanure chloré et qu'on l'échaulfe doucement , il perd son aspect cristallin et se réduit en Une poudte blanche soluble en petite quantité dans l'eau bouillante, et que M. Liebig appelle cyânamide; la composition n'en est pas bien connue (1).
Genre Cyanurate R-sN^O'.
290. C'est un polymère du g. cyanate de la 1" famille (211); il se produit dans une foule de circonstances : dans la distillatioil sèche de l'acide urique , dans celle de l'urée (SCH^N^O = Q3jj3|>j3Q3 j 3NH3) dans l'action des acides étendus sur les cyanates solubles, dans celle des acides concentrés sur la mélamine, l'amméline et l'ammélide, etc.
Cyanurate normal ( acide cyanurique). — C^H^NSQ^ + 2 aq.— Ce corps , découvert par Schéele , s'obtient en faisant chauffer l'urée au-delà de son point de fusion , jusqu'à ce qu'elle soit complètement convertie en une masse sèche , blanche ou grisâtre. On dissout ce résidu dans l'acide sulfurique concentré, et on traite la solution par quelques gouttes d'acide nitrique jusqu'à ce qu'elle soit décolorée ; ensuite on y ajoute de l'eau. La solution dépose alors l'acide cyanurique dès qu'elle est refroidie (Wœhler et Liebig).
On peut aussi le préparer en dissolvant la mélamine , l'ammélide ou l'amméline dans de l'acide sulfurique . et maintenant la solution à une température voisine de l'ébullition , jusqu'à ce que l'ammoniaque n'y occasionne plus de précipité. On concentre ensuite la solution jusqu'à ce qu'elle cristallise ; les eauimères retiennent du sulfate d'ammoniaque (Wœhler et Liebig).
L'acide cyanurique se dépose de sa solution aqueuse en prismes
(1) Voyez Annal, de chim. et dephys., t. LVI, p. 51.
obliques à base rhonibe, contenant 21,6 p. c. =2 éq. d'eau de cristallisation qu'ils abandonnent à l'air à la température ordinaire. Il est sans couleur ni odeur ; sa saveur est légèrement acide ; il rougit légèrement le tournesol.
On l'obtient cristallisé et sans eau de cristallisation par le rei'roidissemeut dune solution concentrée et bouillante dans l'acide nitrique ou hydrochlorique.
Par une ébullition prolongée dans les acides énergiques , il se convertit en acide carbonique et en ammoniaque :
C3H3.\3o3 -f- 3H20 = 3C02 + 3NH3.
Lorsqu'on le distille à l'état sec , il se convertit en acide cyanique ( 1" famille) ; C^HWO^ = 3CHN0.
Par l'ébuUition du mellon C^N* dans l'acide nitrique , M. Liebig a obtenu des octaèdres a base carrée ayant absolument la même composition , la même eau de cristallisation et les mêmes propriétés chimiques que l'acide cyanurique, mais plus solubles dans l'eau. Cette modification , appelée aciàt cyanilique par M. Liebig , se convertit facilement dans l'autre moins soluble. Si on fait dissoudre la première dans l'acide sulfurique concentré, qu'on ajoute de l'eau et qu'on fasse cristalliser dans l'eau l'acide précipité , il se trouve changé dans la modification moins soluble. On obtient très souvent ces deux modifications ensemble, mais leur inégale solubilité en facilite beaucoup la séparation ; l'acide peu soluble cristallise le premier. Séparet-on la liqueur des cristaux dès qu'il commence à se former des paillettes nacrées , elle se prend , après un complet refroidissenniut, presque tout entière en une masse brillante et feuilletée qui se laisse dissoudre et qui cristallise de nouveau sans changer de forme (Liebig).
Cyanuratc ammoniacal. — C^IPN^O'',NH^ -j- a([. — Prismes i)lancs, très brillants et qui s'eflleurissent à l'air. Il existe sans doute aussi un sel biammoniacal et un S(;l triammoiiiacal ; on en connaît d'ailleurs les amides correspondantes (l).
Cyanurule potassique. — C (li'^KjN-'O^. — ■ On l'obtient eu ajoutant à une dissolution d'acide cyanurique, saturée et bouillante, une quantité de potasse insuffisante j»(»ur la neutraliser. Il se
(1) Voir les G. Ammélide, Amméline et Mélaminc.
précipite aloi's à l'état de cubes blancs , brillants et peu solubles; Itmr dissolution présente une réaction acide.
Ce même sel se précipite lorsqu'on ajoute , à une dissolution aqueuse et concentrée de cyanate potassique (p. 307) , de l'acide acétique ou nitrique par petites portions (Liebig et Wœhler).
Cyanurate bipotassiqjtc. — C^'HK^jN^O^ — Si l'on dissout le sel précédent dans de la potasse caustique et qu'on y ajoute de l'alcool, il se précipite un cyanurate à 2 éq. de potassium. Ce dernier cristallise en aiguilles blanches ; sa dissolution possède une réaction alcaline et se décompose à la longue en potasse et en cyanurate monopotassique.
Cyanuralc bwrgentiquc. — ^ C'(HA(/2)N20^ — Il se produit lorsqu'on précipite le sel précédent par du nitrate d'argent. C'est un précipité blanc qui , chauffé à l'état sec , dégage du cyanate normal (Liebig).
Cyanurate triargentiqae. — C^A^^N^O^. — On l'obtient eu ajoutant du nitrate d'argent à une dissolution bouillante de cyanurate ammoniacal additionnée d'ammoniaque. C'est un sel blanc insoluble dans l'eau et très peu soluble dans l'acidenitrique étendu; il résiste à la température de 300" sans se décomposer (Liebig).
Genre Mellon R-W.
291 . Mellon normal. — C^N^ — M. Berzélius a le premier observé que si l'on soumet le cyanate sulfuro-mercurique CHjNS à la distillation sèche, il se produit du sulfure de carbone, du cinabre, ainsi qu'un corps orangé particulier.
Ce dernier a été obtenu quelque temps après par M. Liebig dans la distillation sèche du corps jaune (sulfure de cyanogène, sulfocyanogène) qui se précipite lorsqu'on traite une dissolution de cyanate sulfuro-potassique par un courant de chlore ou par de l'acide nitrique étendu et bouillant.
La même substance prend naissance par la distillation sèche de l'annuéline , de l'ammélide, de la mélamine et des percyanates sulfurés.
Ce produit orangé a reçu le nom de mcllon. Exposé à une température à laquelle le verre à bouteilles s'amollit, il se décompose , suivant M. Liebig, en cyanogène pur et en azote.
Brûlé avec de l'oxyde de cuivre , il donne de l'acide carbonique et de l'azote dans le rapport de 3 : 2 ou 6 : 4 ; or CO- étant égal à 2 volumes , ce rapport donne en équivalents 3C0- : 4N , c'est-à-dire C^N^ pour la composition du mellon.
Tout récemment M. Voelkel a contesté l'exactitude de cette formule , attendu que l'analyse de ce corps lui avait donné de petites quantités d'hydrogène. Néanmoins , si l'on considère la manière dont le mellon prend naissance , il devient difficile de ne pas admettre la formule proposée par M. Liebig ; en effet, on n'a qu'à jeter un coup d'œil sur les équations suivantes pour voir que la formule C^N^ cadre parfaitement avec toutes les réactions dans lesquelles le mellon se produit :
Cyanate suif, mercurique : ZiCH^NS = CW^ -f CS2 -f- 211/y2s. Percynnate irisulfuré : 2C2h2,\2S3 = C^N^ + CS2 -f 2H2S -f S2.
AmmLMide normale : C3H<N<02 = C^N^ -f 2H20.
Amméline normale : C^H^^so = CW^ + H2o -f MP.
Mélamine normale : CH\^^^ = C^N* + 2NH3.
M. Bineau a obtenu le même corps par la distillation sèclie des combinaisons ammoniacales du cyanure chloré et brome.
Le mellon est pulvérulent et d'un jaune orangé; il est insoluble dans l'eau , l'alcool , l'acide sulfuri(|ue étendu et l'acide hydrochlorique étendu.
Chauffé avec du potassium , il se combine avec lui en dégageant de la lumière. Le produit est une masse transparente, très fusible, soluble dans l'eau; sa solution possède un goût d'amandes amères , mais elle ne contient aucune trace d'oxalato ni de cyanure; elle précipite les solutions métalliques à l'état de mellonures.
M. Liebig admet (jue, dans ces circonstances, K se combine directement avec C^N* ; mais cette assertion nous semble erronée» , car le même compo.sé se produit, sans dégagement d'hydi-ogène ni d'oxygène , quand on dissout le mellon dans la potasse caustique (KH)0. Il est donc très probable que si le melloji produit du nu'llonure au contact du potassium, c'est (jue ce dernier hrùle d'abord à l'air en devenant K'O que l'humidité décompose en (KH)0; car K2() j ]m) 2(Kn;(). Le mellon pourrait aussi renfermer tout forme du niellonure normal C'H^N^O ^c'est-a-diia
C^N< + H2O) dont le potassium déplacerait la moitié de l'hydrogène (1).
Une dissolution bouillante de potasse attaque le mellon aveé dégagement d'ammoniaque , et le convertit en un sel qui cristallise en longues aiguilles et paraît être du cyanurate ; du moins quand on le dissout dans l'acide nitrique ou hydrochlorique concentré, il donne des cristaux d'acide cyanurique pur (Li«^ big) :
C3]\4 ^ 3H20 = C3H3N303 4- NH3.
L'acide nitrique bouillant dissout peu à peu le mellon , et la dissolution donne des cristaux incolores de la modification du cyanurate normal (p. 435) dite acide cyanilique ; l'eau-mère retient de l'ammoniaque (Liebig).
Genre Mellonure R-'*N^O.
292. Nous venons de voir comment le mellon donne naissance aux mellonures.
Quand on chauffe un mélange de soufre et de polycyanure bilérroso-quadripotassique un peu au-delà du point où il cesso de bleuir par les persels de fer, qu'on dissout la masse dan« l'eau, et qu'après avoir précipité le fer par de la potasse, on évapore à siccité le liquide filtré et on épuise le résidu par l'al-r cool bouillant, le liquide filtré de nouveau dépose peu à peu, par le séjour dans un endroit frais, des cristaux blancs ayant l'aspect de choux-fleurs. On purifie ceux-ci en les redissolvant dans l'eau bouillante et en lavant le produit avec de l'alcool
(1) Voici ce que dit M. Liebig dans quelques observations relaiivesaii Mémoire de M. Voeliiel {Reçue scientifique , t. \il,p. i!i2i). « i^'acide n persulfocyanhjdiique (perryanate trisiilfuré (!.), exposé à une tcmpé- » raUire de 150", se décompose complélemont en CS^, accompagné de j) H^S , ainsi que d'un résidu d'où il distille du soufre quand on le port* » au point d'éi)ulliljon de ce corps. Il reste enlin une substance poreust» » d'un jaune grisâtre, exempte de soufre, et qui se dissout conipl^t*- » ment dans les alcalis. L'acide acétique eu précipite un abondant pré-
» cipité {gélatineux c'est l'acide hydromellonique (mellonure
B normal G.) de M. L. Gmelin. »
chaud jusqu'à ce qu'il ne rougisse plus par les persels de fer (L. Gnielin).
On peut aussi obtenir ce sel en chauffant au rouge le cyanate sulfuro-potassique dans une capsule de porcelaine , et ajoutant du mellon à la masse fondue, tant qu'il s'en développe des vapeurs de soufre et de sulfure de carbone; le résidu brun et vitreux se dissout dans l'eau bouillante et dépose, par le refroidissement , des cristaux de M. potassique. La fusion du cyanate sulfuro-potassique avec le protochlorure d'antinaoine donne le même produit fLiebig).
Mellonure normal acide mellonhydrique ou hydromellonique). — Si l'on ajoute de l'acide acétique concentré a la solution du M. potassique, il se produit un précipité blanc floconneux qui , à l'état sec , constitue une poudre blanche et terreuse ; il est sans saveur ni odeur ; sa dissolution dans l'eau bouillante rougit à peine le tournesol d'une manière sensible.
Chauffe dans un tube de verre , ce corps se convertit en un corps jaune-orangé (inellon) qui dispari^U peu à peu; il se condense en même temps de l'humidité et beaucoup de cyanure ammoniacal , ainsi qu'un corps blanc et opaque qui ne se dissout dans la potasse caustique que par une ébullition prolongée.
Le M. normal se dissout aisément dans l'acide nitrique ; l'acide sulfurique le dissout également , l'eau en trouble la solution. 11 est fort peu soluble dans l'eau froide ; l'alcool ne le dissout pas non plus. L'acide nitrique ne parait pas l'altérer à l'ébullition (L. Gmelin).
L'analyse de ce corps n'a pas été faite, et ce n'est que par hypothèse que M. Liebig et M. Gmelin lui assignent la composition C^HiV.
Mellonure potasuique. — Le sel de potasse dont nous avons parle plus haut se présente, après la dessiccation, connue une poudre blanclieet opi^qi^e , peptre aux papiers et aiuèr^. P^r 1'^ chaullcnicnt , il ([('gage (hi carbonate! et (hi cyanure ammoniacal et ffJiid eu un li<|uidi' jaunâtre i\\ù siM'onciète par h; ndroidissemt'iit. 11 est peu soluble dans l'eau lioide, mais il s y dissout fort l)ien à chaud; l'alcool bouillant ne le dissout pas. Tous les acides conceiitrt's en j»récipilent des llocons de M. normal. Sjt solution précipite les selb métitUiques (L- Gnaçliij).
Mellonure plombique. — C3(HP6)NK) + 2 aq. — Le sel précédent étant dissous dans l'eau et mélangé avec du nitrate de plomb , donne un précipité blanc qui , après avoir été séché à l'air, perd 14,9 p. c. d'eau quand on le place dans un bain de chlorure de calcium (1).
Si l'on considère le mode de formation des mellonures, la décomposition du M. normal en mellon sous l'influence de la chaleur, et les résultats obtenus par M. L. Gmelin dans l'analyse du M. plombique , on peut être convaincu que ces corps n'offrent pas la composition que leur attribue M. Liebig.
A mon avis , les mellonures dérivent du mellon par fixation d'un oxyde M^O. Lorsqu'on dissout le mellon normal dans la potasse (KH)0 , il se produit en premier lieu du mellonure potassique par la fixation pure et simple des éléments de la potasse; sa formation est entièrement semblable à celles des isatates par l'isatine, etc. (145). On a donc :
Mellonure normal C^lPN^o = C^N* + H20. — potassique C3(HK)N<0 = C3N* -f (KH)0.
On conçoit dès lors la régénération du mellon , quand on porte le mellonure normal à une température élevée ; C^H^N^O se décompose alors de nouveau en H^O et mellon.
Une lessive concentrée de potasse doit convertir peu à peu les mellonures en cyanurates , car :
C3H2iN<0 + 2H20 = NH3 + C^H^N^OS.
L'histoire des mellonures , fort incomplète encore , mériterait d'être soumise à de nouvelles recherches.
Genre Ammélide R— 2N<02.
293. C'est l'amide qui correspond au cyanurate ammoniacal; on l'a obtenue comme produit de décomposition de la mélamine
(1) M. L. Gmelin a trouvé dans le sel séché à l'air : carb. 15,0 ( anc. poids at.) ; liydr. 2,0 ; azote 23,1 ; plomb /i2,6. Noln; formule exige : carbone l/i,5 (.nouv. p. atoin.) ; liydr. 2,0; azote 22,5; plombZil,5; elle correspond à une perte de l/i,5 p. c. d'eau. Dans tous les cas les mellonures renferment de l'oxygène et de l'hydrogène, et ne présentent pas la constitution que leur assigne M. Liebijj.
OU de l'amméline par les acides concentrés, sous l'influence de l'eau (l) :
Mélamine CW^^ + SH^O = 2NH3 + C^H^-N^Qî. Amaiéline C^HS^so -f H^O = NH» + C^H^.N^OS.
Ammélide normale. — C3H<N'*02. — Si l'on ajoute de l'alcool à une dissolution de mélamine dans l'acide sulfurique, on obtient un précipité blanc d'ammélide; le simple lavage avec de l'eau suffit pour le priver de tout acide. Dans l'acide sulfurique on trouve alors de l'ammoniaque (Liebig).
Le même corps s'obtient si l'on chauft'e l'amméline nitrique jusqu'au point où la masse molle et pâteuse redevient solide. Il se produit aussi quand on fait bouillir de la mélamine dans l'acide nitrique concentré , jusqu'à dissolution complète.
C'est une poudre blancbe qui se dissont aisément dans les acides. Sa dissolution dans l'acide nitrique donne aisément des cristaux , mais l'alcool et l'eau leur enlèvent entièrement l'acide. Elle est insoluble dans l'eau, l'alcool et l'étlier.
Les acides nitrique , hydrochlorique , phosphorique , sulfurique , etc., transforment peu à peu ce corps, à la température de l'ébullition , en ammoniaque et en cyanurate normal :
C3H<N<02 4- 1120 = NIP + C3tPN303.
L'action de la potasse dans des circonstances semblables est toutà-fait analogue (Knapp).
La faculté de combinaison de l'ammélide , comme alcaloïde, est très faible, et ses caractères sont peu prononcés. La grande facilité avec laquelle elle se dissout dans la ])Otasse la ferait considérer plutôt comme un acide , si sa combinaison avec l'acide nitrique , (juoique fort peu stable , ne semblait indiquer le contraire.
Une solution d'ammélide dans l'acide nitrique, mêlée avec de
(1) .M. Lif'big représente rammélidc par G^Il^iN^O'* ; mais je crois la formule C^lMiN^O^ plus conforme aux réactions. Cette dernière exi^e carb. 28,1, liydr. 3,1. Les analyses de M. Liebig et de M. Knapp ont donné carb. 27,6— 27,5 — 2S,3— 27,8 (anc. p. aloni.); Iiydr. 3,0 — 3,5. [/azote avait été déterminé d'après la métliode qualitalivc (('. : .\ : : 3: Zi,5) el me semble un |)eu Iroj) lorl dans les analyses di' ces chimistes. Du reste ramniélide ne s'oblenant pas sous une iuriMc bien déliuie, il est diliicilc de l'avoir bien pure.
lacétate de plomb surbasique, donne un précipité d'ammélide; la li(iueur dépose, par l'évaporation , des cristaux de nitrate à,Q plomb (Knapp).
Aminélide argentiqtie { ammélidate d'oxyde d'avgept ). — C3(IPAj)N*0^. — Lorsqu'on mélange ensemble une solution d'ammélide dans l'acide nitrique avec du nitrate d'argent , en ayant soin de chauffer préalablement les deux liquides, le mélange reste parfaitement clair ; en y ajoutant ensuite de l'ammoniaque, tant qu'il se forme un précipité, on obtient un précipité blanc abondant, d'une consistance caillebotteuse , et qui se dissout aisément dans un excès d'ammoniaque (l) (Knapp).
Ammilide nitro-argeniique. — C-'H^N^O^jNAgO. — Lorsqu'on dissout le composé précédent dans de l'acide nitrique concentré, il se dépose des feuillets ou des tablettes minces et incolores : ce sont les mêmes que ceux qui se forment par le mélange ^ froid d'une solution saturée d'ammélide dans l'apide nitrique et d'une solution aqueuse de nitrate d'argent, sans qu'on y ajout^ d'ammoniaque. Délayés dans l'eau , ces cristaux deviennent opaques , se dissolvent en majeure partie et laissent de l'ammélide en flocons blancs. Chauffés d'ans un tube , ils dégagent d'abord beaucoup de vapeurs nitreuses , ensuite de l'acide cyanique, et finissent par laisser de l'argent métallique. Les cristaux renferment équivalents égaux d'ammélide normale et de nitrate d'argent (Knapp).
Genre Amméline R— IN^O.
294. C'est l'amidequi correspond au cyanur^l^pbiamraoniac^l; elle ge produit par l'action des acides qu 4ps ^Ipajis concpi)tpéS sur la mélamine :
Mélamine : CHi^^^ + Il^O = NH^ + caH^NSQ.
Lorsqu'on dissout dans la potasse caustitjue le résidu gris ( mélam) de la distillation du cyanate sulfuro-ammoniacal , et qu'on
(1) La composition trouvée par :\1. Kiiapp pour l'aramélide arpentique prouve bien l'exactitude de la formule que j'adopte pour i'amniélide. M. Knapp a obtenu carb. 15,6 — 15,3 (anc. poids at.) , bydr. l,lx^ i,U ; argent Zi6,2 ; ma formule exige : carb. 15,2 (nouv. poids atora. ){ hydrog. 1,3; argent 46,^.
ajoute de l'acide acétique ou du carbonate d'ammoniaque à la solution, il se produit un précipité blanc et très volumineux d'amméline normale. Après l'avoir lavé , on le dissout dans l'acide nitrique; la dissolution, concentrée par l'évaporation , donne des cristaux incolores dont on sépare de nouveau l'amméline, en les dissolvant dans l'eau aiguisée d'acide nitrique et en y ajoutant de l'ammoniaque caustique ou du carbonate d'ammoniaque (Liebig).
Amméline normale. — C^H^N^O. — Ce corps, bien lavé et séché, est d'un blanc éclatant, cristallin lorsqu'on l'a précipité par l'ammoniaque ; il est insoluble dans l'eau . l'alcool et l'éther, mais soluble dans les alcalis caustiques fixes et dans la plupart des acides. La chaleur le décompose en mellon, eau et ammoniaque. Il se comporte avec les acides comme un alcaloïde, mais ses propriétés basiques sont moins caractérisées que celles de la mélamine. Il forme avec les principaux acides des sels qui cristallisent parfaitement, mais que l'eau décompose en partie. Les acides et les alcalis concentrés le convertissent en ammélide et en cyanurate (Liebig).
Amméline nitrique. — CH^N^CNHO^. — Ce sel cristallise en longs prismes quadrangulaires , incolores. L'eau le décompose en partie ; chaque fois qu'on veut le faire cristalliser , il faut ajouter à la dissolution quelques gouttes d'acide nitrique.
Chauffé a l'état sec , l'amméline nitrique est aisément décomposée; on obtient de l'acide nitrique, du nitrate d'ammoniaque ou les produits de sa décomposition , protoxyde d'azote et eau , et il reste de l'ammélide normal qui se dissout aisément dans les acides (Liebig). 1 éq. d'amméline nitri<jue écjuivaut à 1 éq. d'ammélide normal , i éq, de protoxyde d'azote et 1 éq. d'eau :
CîHSN^O.NHOS = C^II^-N^O-' -|- .\20 -\- IJ^O.
Ammrline nUro-argentiqrtc. — C3H5N''0,NAj;0^. — La combinaison précédente donne par le nitrate d'argent un précipité blanc et cristallin qui présenti; la composition indiquée (Liebig).
Genre Mélamine UN*.
29 j. C'est l'amide qui correspuiui au cyuuurut^ lrlaiuiuomHc<*i ;
on la prépare par la distillation sèche du cyanate sulfuro-ammoniacal :
ZlCHNS,NH3 = Cni6N6 + CS2 + 2Il2S + ÎNIP.
Déjà à une température qui dépasse de quelques degrés le point d'ébullition de l'eau , le cyanate sulfuro-ammoniacal se décompose, et cela d'autant plus complètement qu'on seliàte moins d'élever la température. Le premier effet du feu est de faire dégager une quantité notable de gaz ammoniac ; au bout d'un certain temps on remarque du sulfure de carbone CS^, et l'on aperçoit dans le col de la cornue des cristaux de sulfhydrate d'ammoniaque. On pourrait condenser le sulfure de carbone , car il s'en produit environ le quart de la matière employée. Le résidu se compose d'un corps grisâtre auquel M. Liebig donne le nom deméUim. Au lieu de distiller directement du cyanate sulfuro-ammoniacal, ce chimiste trouve de l'avantage à se servir d'un mélange de 2 p. de sel ammoniac et de 1 p. de cyanate sulfuro-potassique.
Dans mon opinion, le mélam (l) de M. Liebig n'est que de la mélamine impure , agglomérée par l'action de la chaleur et mélangée de mellon ; en effet il possède tous les caractères propres à un semblable mélange ; d'ailleurs cela semble fort naturel , puisque la mélamhie se décompose , à une chaleur élevée , en mellon et en ammoniaque : C^H'-Ne^ C^N* + 2NHI
Le résidu de la distillation du cyanate sulfuro-ammoniacal se dissout presque complètement dans les acides étendus ; par une ébullition prolongée il finit i)ar se convertir en amméline, ammélide et acide cyanurique ; une dissolution bouillante de potasse détermine les mêmes métamorphoses.
On voit d'ailleurs que les espèces normales des genres mélamine, mellon, amméline, ammélide et cyanurate, présentent entre elles les relations les plus intimes et les plus simples , car elles peuvent aisément se métamorphoser les unes dans les autres ; on a en effet :
Mélamine CHm*^ -= 2NH3 + C^N*.
— CHl^S^ -f 1120 = Ntlî + CHIS.N^O.
(1) M; Liebig y a trouvé : carbone 30, /i et dans la mélamine pure 28,5; le mellon en renfermant 39, /|, doit nécessaircmeiil aiigmenler |)ar sa présence la proportion du r arbone.
Mélaraine CHl^y^ 4 SIPO = 2NH3 + C3lHN<02.
Mpllon C3.\» 4- 2H''0 =: C3n^.\<02,
— C3.\< 4- 3H20 = NI13 4- C3H3IS303. Amméline CSH^N^o = JN'H3 -{- C^N< 4- II^O.
— C3I15^50 + I]20 = NH3 4- C3H^N<0'.
— C3H^\50 + 2H20 = 2iNH3 4 C3H3N303.
Ammélide G3lH.N<0' = C3N< 4- SIl^O.
C3Hi\'^02 + H20 = NH3 4- C3H3>303.
On voit d'après cela que la mélamine, l'amméline et l'ammélide ne sont que des amides , correspondant aux trois espèces ammoniacales du g. cyanurate, qui , comme on sait , est tribasique; on a en effet :
Cyanurate animonintal C3ll3iN303, INH3 — «20 = C3H<.\^02
amnK'lide.
— biammoniacal C3H3N303,2Nn3 — 2H20 = C3H\\'iO
amméline.
— triammoniacal C3h3N303,3NH3 — m^O = C3n«N6
mélamine.
Mclamine normale. — C^H^'N'*. — Pour préparer ce corps, M. Liebig prend le résidu , bien lavé , de la distillation de 2 livres de sel ammoniac et d'une livre de cyanate sulfuro-potassique; il y ajoute une dissolution de 2 onces d'hydrate de potasse fondu dans 3 ou 4 livres d'eau , et il entretient le tout en ébullition jusqu'à ce que la liqueur soit entièrement claire ; on l'évaporé alors à une douce chaleur jusqu'à ce qu'on remarque la formation de paillettes brillantes. On laisse ensuite refroidir lentement , on lave les cristaux et on les purifie entièrement par plusieurs cristallisations.
La mélamine s'obtient aijisi entièrement pure et en cristaux assez gros, incolores et floués d'un éclat vitreux ; elle forme des octaèdres à base rhombe , dans les(juels les angles des arêtes principales sont d'envii'on 75 et 115". Les cristaux ne s'altèrent pas à l'air et ne reiircrment pas d'eau de cristallisation ; ils sont peu sol ubles dans l'eau froide, l'eau bouillante en dissout davantage; ils .sont insolubles dans l'étlitT et l'alcool. .V une clia- Icur élevée, ils se fondent, dégagent de l'aunnoniaciueet laissent un résidu jaune-orangé de mellon ([ui se décompose, par une plus forte chaleur, en cyanogène et en azote (Liebig).
La mélamine se combine avec tous les acides et forme avec eux des sels bien caractérisés qui possèdent une réaction acide. Sa solution aqueuse précipite les solutions des sels de cuivre , de zinc , de fer et de manganèse.
Fondue avec du potassium , elle donne , avec dégagement de lumière et d'ammoniaque, un sel fusible, soluble dans l'eau, et qui possède toutes les propriétés de la combinaison produite au moyen du mellon et du potassium dans les mêmes circonstances. Quand on la lait fondre avec de l'hydrate de potasse , elle donne du cyanate potassique ; si elle est en excès , on obtient dii mellonure potassique (Liebig).
Les acides concentrés la transforment peu à peu par l'ébulUtion en ammoniaque et en amméline , animélide ou cyanurate Mélamine nitrique (nitrate de mélamine). — On l'obtient aisément en ajoutant de l'acide nitrique à une dissolution chaude de mélamine dans l'eau, jusqu'à ce que le liquide soit bien acide; le sel refroidi se prend en une masse composée de longues aiguilles soyeuses qui ne s'altèrent pas à l'air , et peuvent être recristallisées sans subir de décomposition ( Liebig).
Mélamine nitro-argentique. — C^H^N'^,NA30^ — Lorsqu'on ajoute une solution chaude de mélamine à du nitrate d'argent , il se forme aussitôt un précipité blanc et cristallin qui augmenté par le retroidisseraent ; on peut le faire cristalliser sans qu'il subisse d'altération.
Mélamine semi-sulfuriqiie. — L'acide sulfurique ajouté à une solution de mélamine donne un précipité cristallin peu soluble dans l'eau froide, mais plus soluble dans l'eau chaude, et qui par le refroidissement cristallise en aiguilles raccourcies.
Mélamine semi-oxalique. — (C H^N^)^,C^H20*. — Elle est moins soluble dans l'eau que le sel nitrique.
Mélamine acétique. — Elle est très soluble dans l'eau et cristallise en larges lamelles rectangulaires flexibles.
Mélamine formique. — Elle est fort soluble et cristallisable.
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