C<II.\02] 4 21120 = C6I12.N0*,MP + C«I
Les euchronates se décomposent aisi'inent, sous l'inlluence des alcalis, en niellâtes (."îl/j et en ainnioniacpie. On les reconiiait à la coloration hieue (pi'ils communiquent au zinc métallique, en présence des alcalis.
61 s HISTOIKE ET CLASSIFICATION.
Euchruiiale normal (acide euctironique). — C^'H'NO^ + aq. — Pour robteiiir on dissout l'E. ammoniacal dans une très petite quantité d'eau bouillante , et l'on verse , dans la solution encore chaude, de l'acide hydrochlorique ou nitrique. L'E. normal se sépare par le refroidissement sous la forme d'une poudre blanche et cristalline , qu'on purifie par une nouvelle cristallisation. H s'obtient alors en très petits prismes rhomboïdaux à quatre faces, ordinairement groupés deux à deux ; il est peu soluble à froid et possède ime réaction très acide. Chauffé jusqu'à 200", il perd 10,5 p. c. = 1 éq. d'eau de cristallisation.
Chauffé jusqu'à 200°, dans un tube de verre scellé à la lampe, avec une quantité d'eau qui ne suffit pas pour le dissoudre , il se dissout complètement en produisant du mellate ammoniacal et du mellate normal ; on a en effet :
2[C«H2N0< + 2H20] = 2Cm20SiNH3 -f C^H^O*.
Il se comporte d'une manière particulière avec le zinc métallique. Au contact de ce métal, la solution de l'E. normal se transforme en une matière bleue qui s'y dépose. Une lame de zinc, plongée dans une solution d'E. normal, se colore immédiatement à sa surface d'un bleu magnifique ; cette couleur est si intense qu'une goutte de la dissolution , appliquée sur une lame de zinc , suffit pour indiquer la présence des moindres traces d'E. normal. Cette matière bleue se détache lorsqu'on plonge le zinc dans une dissolution très étendue d'acide hydrochlorique. Lavée et desséchée , elle se présente sous la forme d'une masse noire qui ne contient pas de zinc. A la moindre chaleur, même sur le papier, elle devient aussitôt totalement blanche , et se trouve de nouveau transformée en E. normal. Cette substance bleue , à laquelle M. Wœhler donne le nom d'cuchrone , se dissout dans l'ammoniaque et dans la potasse; la dissolution , qui est d'un pourpre magnifique , se décolore promptement au contact de l'air, lorsqu'on l'agite ou qu'on la transvase.
L'euchrone peut aussi prendre naissance sous l'influence des protosels de fer. L'addition de l'E. normal à une dissolution de protochlorure de fer ne produit aucun changement ; mais dès qu'on y ajoute un alcali , il se produit un précipité abondant
SIXIEME FAMILLE. 6ld
d'un violet foncé. Ce produit remarquable n'a pas encore été analysé (Wœhler).
Euchronate ammoniacal (sel acide). — C6H-N0^,NH\ — Nous avons déjà dit comment ce sel s'obtient dans la décomposition du mellate biammoniacal (3-26). C'est probablement un produit secondaire provenant de la décomposition de la paramide normale.
■ Euchronate biargeniique . — C^AjîNO^. — Poudre d'un jaune de soufre, qu'on obtient en mélangeant l'E. normal avec du nitrate d'argent ; lorsqu'on la traite par de l'ammoniaque . elle devient si gélatineuse qu'elle traverse les filtres.
(îenrc Pohjcyanuve R- ^N^.'
397. Nous avons dit p. 297 que certains cyanures métalliques ont la propriété de se combiner ensemble , de manière à produire des composés dans les(|uels une partie du métal se trouve dissimulée et n'est plus indiquée par les réactifs ordinaires.
Nous appellerons ces composés des [lolyrijanure^i. On peut les ramener tous au même type chimique , en tenant compte de l'état sous lequel les métaux s'y trouvent en combinaison ( voyez la Ilote p. 361 \
Pohjcyauvre bifcrretix (acide fcrrocvanliydrique). — C^(Fe^H<) N*. — Ce corps s'obîient le mieux par le procédé suivant : on dissout du P. biferroso-quadripotassique dans un peu d'eau , et après avoir fait bouillir la solution pour en chasser l'air, on la laisse refroidir dans un tlacon bien bouché, on la mélange aver un excès d'acide hydrochlovique priv(' d'air et on agite le tout avec de l'éther. Le V. biferreux se précii>ile alors sous forme de paillettes minces et blanches; on recueille le précipité sur un filtre, on le lave avec un mélange d'alcool et d'étlier pour enlever l'eau, et, après l'avoir exprimé, on le dessèche rapidement dans le vide sur de l'acide sulfurique ' Posselt).
Ce corps se présente à l'état de grains ou de petites aign^Ues confuses et blanches qui bleuissent à l'air; sa dissolution aci^cuse se décompose ))ar l'ébullition en développant de l'acide prussique et en d(''posaii( nn pn-cipiti' blanc (jui hieuit à l'air.
Pohjcyamire bifenoso-qnadriamm'miacal ( ferroprussiate d'am-
moiiiaque). — C6(Fe2H^)N6,4NH3 + 3 aq. — On l'obtient en chauflant un mélange de P. biferroso-quadriplombique et de carbonate d'ammoniaque , fdtrant et évaporant à cristallisation. Cristaux blancs , transparents , inaltérables à l'air , très solubles dans l'eau froide et insolubles dans l'alcool. Suivant M. Bunsen, ce sel se combine avec l'hydrocblorate d'ammoniaque.
Polycijanure hiferroso-quadripotassique (cyanoferrure de potassium jaune, lessive de sang, ferroprussiate de potasse, cyanure de fer et de potassium). — C^(Fe2K'«)N^ + 3 aq. — Il se produit lorsqu'on fait fondre des matières azotées avec de la potasse et du fer ; il se forme également lorsqu'une dissolution de potasse sursaturée par de l'acide prussique est mélangée avec un protosel de fer.
On se procure cette combinaison dans les fabriques en calcinant avec du carbonate de potasse , en vases clos, les matières animales telles que le sang , la corne , etc. , ou bien aussi le charbon azoté provenant de ces substances. On lessive la masse avec de l'eau et l'on y ajoute du protosulfate de fer; puis on évapore à cristallisation ; on peut aussi faire bouillir la lessive avec de la limaille de fer, qui s'y dissout alors avec dégagement d'hydrogène. Dans les essais sur une petite échelle , on l'obtient en faisant bouillir un mélange de bleu de Prusse et de carbonate de potasse.
Ce corps cristallise en prismes raccourcis tronqués sur les arêtes et sur les angles, ou en tables dérivées d'un octaèdre. Il est d'un jaune citron, possède une saveur à la fois salée et sucrée. Il ne s'altère pas à l'air et perd, par la dessiccation à 100°, 12,8 p. c. =3 éq. d'eau. Il est très soluble dans l'eau et insoluble dans l'alcool , qui le précipite de sa solution aqueuse en paillettes jaunes et brillantes.
L'acide nitrique et le chlore lui enlèvent un équivalent de potassium et le convertissent en P. triferrico-tripotassique.
Par la calcination avec du peroxyde de manganèse, il donne du cyanate potassique. Pris intérieurement à haute dose , il agit comu^e purgatif, sans être vénéneux.
On l'emploie dans la préparation du bleu de Prusse, de l'acide prussique et d'autres cyanures. 11 sert aussi de réactif pour certains métaux ; ainsi, par exemple, il précipite en blanc verdàtre
les protosels de fer ; en bleu foncé ( bleu de Prusse ) les persels de ce métal ; en brun rouge les deutosels de cuivre ( 1 ) ; en blanc les sels de chaux, de zinc et de baryte, etc. Il se produit alors des P. insolubles tels que ^^(FeaKFe'jNs ; G6(Fe2KCa3)N«, etc. Dans ces réactions , il faut éviter l'emploi de liqueurs trop acides qui décomposeraient le P. , ainsi que celui de liqueurs alcalines, par exemple ammoniacales, qui ne produiraient pas de précipité.
Le fer n'est point accusé dans le P. biferroso-quadripotassique ni par les alcalis caustiques, ni par l'hydrosulfate d'ammoniaque.
Polycyanure blfcrroso - potassico - triferreux ( ferrocyanure double de potassium et de fer). — C^Fe^KFe^jX^. — C'est le précipité blanc-verdâtre qui se produit par le mélange du P. biferroso-quadripotassique et d'un protosel de fer. Il bleuit à l'air en absorbant de l'oxygène.
Polycyamire biferroso-qnadriferrique ( bleu de Prusse . ferro-
cyanide de fer). — C'^(Fe^Fej5)N''. — Ce composé se forme toutes les fois qu'on ajoute un persel de fer à une dissolution de P. biferroso-quadripotassique ; il ne faut pas le confondre avec la combinaison de même couleur qui se produit par le mélange du P. triferrico-tripotassique avec un protosel de fer.
On le prépare avec avantage en mélangeant 6 p. de protosulfate de fer avec 6 p. de ferrocyanure de potassium dissous chacun dans lô p. d'eau; on ajoute ensuite au mélange, en l'agitant continuellement, 1 p. d'acide sulfinique concentré et 24 p. d'acide hy(lrochlori([uc fumant. Au bout de quelques heures , un y verse , par petites portions , une dissolution clarifiée de chlorure de chaux. .\près avoir laissé reposer le précipité pendant quel([ues heures, on le lave et on le sèche. Toutefois, pour l'avoir parfaitement pur, il est toujours préférable d'ajouter un persel de fer à du ferrocyanure de potassium.
C'est une masse légère et poreuse , d'un bleu foncé et velouté , av(!C ini reflet cuivré. Klle est insipide, insoluble dans l'eau et les acides étendus.
Quand on cliautre l<; bhm (h; Prusse à l'air, il s'enllaninie par l'ap[)nj(lie d'iui corps en ignition , en brûlant coninie de lama-
(1) 1/<)0000 (le cuivre diins un li(|iii(lt' en t•^l oiicort' .icriisi'.
(lou, et on laissant du peroxyde de fer. Les alcalis le convertissent en hydrate de pei-oxyde de fer et en lerrocyanures solubles.
L'acide nitrique fumant le décompose ; l'acide sulfurique concentré se combine avec, lui et le transforme en une masse blanche épaisse semblable à l'empois d'amidon.
Il attire rapidement Fhumidité de l'air. L'acide liydrochlorique concentré le transforme en perchlorure de fer et en P. biferreux.
Poly cyanure biferroso-'potassico-triftrrique. — C^fFft2KFe5)N®. Quand on mélange le P. biferroso-quadripotassique avec un persel de fer en excès , le précipité bleu qu'on obtient renferme toujours une quantité variable de potassium , mais dont on peut le priver par des lavages prolongés. Le bleu de Prusse du commerce en renferme de 2 à 9 p. c. Si, dans sa préparation , on emploie un excès de P. , il se précipite
le composé C^(Fe'-KFe3)N^ ; celui-ci se dissout par les lavages en donnant une liqueur d'un bleu foncé qu'on peut évaporer à siccité sans qu'elle se décompose. On obtient ainsi une masse brillante d'un bleu foncé ; on la précipite en ajoutant des sels étrangers à sa solution aqueuse; mais le précipité se redissout dans l'eau pure; l'alcool l'en sépare de nouveau.
398. Polycyamire irifrrriqve ( acide ferricyanhydrique ). — C'*(Fe^iH^)N'^. — Cet acide s'obtient quand on décompose le P. triferrico-triplombique par l'hydrogène sulfuré ou l'acide sulfurique étendu d'eau. Il forme des cristaux brunâtres fort altérables.
Polycyanure Iriferricu-iripotassiquc ( ferricyanure de potassium , cyaimre rouge de fer et de potassium). — C''(Ff;ÎK )N6. — On obtient ce beau sel en faisant passer un courant de chlore dans une solution diluée de P. biferroso-quadripotassique jusqu'à ce que les persels de fer n'y produisent plus de précipité. On concentre le liiiuide et l'on purifie le sel produit par de nouvelles cristallisations (1) ; les eaux-mères retieiment le cbloiure de potassium qui s'est formé en même temps :
CG]<'e-'K'i,\o -I- (;/ ^ kC/ + ('/'1'V2k3^(*.
(1) M. Posselt conseille (révaporer à l'aide de la chaleur, et , quand la
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Or Fe^ équlvalanl à Fr -î , il est clair quo le produit peut être (1«^rivé du type polycyanure.
Il cristallise en prismes droits , rhomboïdaux, duii beaurnuge de sang , anhydres et inaltérables à l'air. Sa solution aqueuse précipite en bleu les protosels de fer ; les persels de fer n'en éprouvent aucun changement. L'hydrogène sulfuré la transforme en P. biferroso-quadripotassique , avec dépôt de soufre et production de cyanure normal (L. Gmelin).
Polycyanure Iriferrico-tri ferreux ( fei'ricyanure de fer, bleu de
Prusse, bleu de Turnbull). — C^iTfjFf^yN'*. — C'est le précipité bleu occasionné par les protosels de fer dans une solution de P. triferrico-tripotassique.
.S99. Pulycyamire trichromiqi(e {'àe'ido chromocyanliydfujue ,.
— C6(Grj5H^)N''. — Cet acide se forme quand on fait passer de l'hydrogène sulfuré dans tlu P. trichromico-triargentique suspendu dans l'eau ; il s'obtient en cristaux par l'évaiioration dans le vide.
Polycyanure tric/iroviico-tripotassique (chromocyanure de potassium). — C^(CrrjK^)N^. — Lorsqu'on abandonne à l'air un mélange de potasse et d'oxyde de chrome hydraté , auquel on a ajouté de l'acide prussique, il se produit des cristaux qui présentent la .composition indiquée. Leur solution précipite en blanc le nitrate d'argent , en rouge-brique les protosels de fer ; elle n(^ précipite pas le nitrate de plomb neuti'e ni les persels de fer (Bœckmann ).