BLESSURES DE LA MAIN ET DES DOIGTS
La main est la région la plus exposée du membre supérieur. Ses lésions compteraient pour plus de iO pour 100 de ses blessures (Ferraton). Celles-ci sont rarement isolées. Les lésions concomitantes portent fréquemment sur la tète, la face et la poitrine.
Les coups de feu qui atteignent la main et les doigts sont antéro-postérieurs, plutôt postéro-antérieurs, parfois transversaux, plus exceptionnellement axiles, longitudinaux.
Blessures des parties molles. — Les parties charnues du thénar, de l’hypothénar, des espaces intermétacarpiens, voire celles des doigts sont sillonnées, perforées par les balles.
Lésions osseuses. — Les phalanges, même la 2e et la 3e sont échancrées ou perforées. Malgré leur exiguïté, elles pré-
BLESSURES DES MEMBRES SUPERIEURS
sentent les lésions typiques des fractures des os longs. Au niveau des articulations la radiographie montre les lésions épiphysaires, des perforations avec ou sans séparations de petits coins osseux latéraux.
Sur les métacarpiens, véritables os longs, à tissu compact, on constate, sur la diaphyse , des fractures par contact obliques ou transversales, des gouttières et des perforations avec les irradiations Pissuriques typiques. La perforation diaphysaire avec ses deux esquilles latérales principales, et quelques esquilles subdivisées, libres ou adhérentes est la lésion la plus usuelle. Les esquilles sont courtes, habituellement non déplacées. Les gouttières et perforations des épiphyses sont typiques et les irradiations fissuriques cunéennes.
Dans les coups de feu postéro-antérieurs, les esquilles libres sont projetées vers la paume. Elles sont peu accessibles. Dans les coups de feu antéro-postérieurs , elles sont superficielles et, quand elles ont été projetées, elles ont notablement augmenté l’étendue de la perforation cutanée. Dans des tirs rapprochés , les parties molles dorsales peuvent même présenter les caractères du coup de feu explosif.
Prise dans le sens transversal, la main et les doigts présentent le plus souvent des fractures multiples qui ressortent des mêmes types, mais avec cette particularité que la lésion augmente souvent des premiers aux derniers doigts, des premiers aux derniers métacar piens traversés.
Complications. — Les hémorragies constituent la complication primitive importante et fréquente de ces blessures. Ces hémorragies sont surtout abondantes lorsque le projectile a pénétré la paume au-dessus de la ligne horizontale qui prolonge vers le bord cubital delà main le bord inférieur du pouce porté en abduction forcée (Ligne d’E. Boeckel). Alors Lune des arcades palmaires, parfois les deux, peuvent avoir été intéressées. On a lieu de penser à une lésion de l’arcade profonde si la blessure correspond aux bases des éminences thénar et hypothénar.
Les corps étrangers métalliques et les esquilles projetées constituent la deuxième complication immédiate. Une balle