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VI. — Examen bactériologique

Vif. — Résumé et conclusions.

Dans cette analyse de fèces, qn voit :

1° Que la durée de la traversée digestive est à peu près normale, un peu plus longue toutefois (47 heures);

2° Que le rapport du poids des substances sèches au poids des substances fraîches est, par contre, notablement diminué, double constatation qui traduit un état de diarrhée relative ;

3° La putridité des fèces est considérable;

4° La réaction est franchement alcaline ;

RÉSULTATS DE LA MÉTHODE

o° L’examen microscopique montre la présence de nombreuses fibres musculaires mal digérées ;

6° Et surtout une extraordinaire abondance de gouttelettes de graisse, facilement reconnaissables par les réactifs histochimiques, comme composée en majorité de graisses neutres ;

7° Cet examen chimique indique, en effet, une utilisation incomplète de ces deux ordres d’aliments ; la quantité d’azote total est très audessus de la normale et la quantité des graisses excrétées est énorme, puisque près des deux tiers se retrouvent dans les fèces, et cela principalement sous la forme de graisses neutres. On peut en conclure que le trouble apporté dans le retard de l’évacuation, c’est-à-dire dans le fonctionnement moteur de l’intestin par l absence de bile, dont l’action se fait sentir par une mauvaise utilisation des graisses et des albuminoïdes, est considérablement augmenté par une diminution notable de la sécrétion pancréatique. Cette dernière est accusée par :

La diarrhée relative.

La putridité des fèces.

La réaction alcaline (par putréfaction des albuminoïdes mal digérés).

L’augmentation notable des aliments azotés, et surtout la non-transformation des aliments gras qui apparaissent presque tout entiers sous la forme de graisses neutres microscopiquement et chimiquement des plus caractéristiques.

Nous pouvons donc dire qu’à l'absence totale de bile dans l’intestin est surajoutée une diminution notable de suc pancréatique, né permettant pas toutefois de penser à une altération totale de la glande, mais suffisante pour songer à une altération partielle, ou plus simplement à une réaction inflammatoire, comme on en rencontre au cours de l’ictère catarrhal.

b) Pancréatite chronique avec obstruction du canal cholédoque. [Observation de Terrier et Gosset, Desjardin (1)].

« La méthode coprologique de René Gaultier nous a permis d’établir d’après le fonctionnement de la glande un diagnostic que nous avons vérifié exact et un pronostic qui ne l’était pas moins dans l’observation suivante. »

Repas d’épreuve : 480 grammes lait, 32 grammes pain et 50 grammes viande ; le poids des fèces fraîches, qui eût dû être normalement 30 grammes environ, est de 111 grammes, et à l’état sec, au lieu de 7 à 8 grammes, est de 23 grammes.

(1) Desjardin, Pancréatite chronique, Thèse de Paris, 1903, obs. 35.

La réaction est légèrement acide, 0Sr,53 p. 100, calculé en acide stéarique. Dans les aliments ingérés, on peut calculer lsr,30 de graisses neutres d’une part venant de la viande, d’autre part 18 grammes environ venant du lait. On trouve dans les fèces lsr,80 de graisses non utilisées, ce qui fait que si l’on tient compte de la graisse émulsionnée du lait si absorbable, on constate que l’ utilisation est pour ainsi dire nulle.

Le rapport entre les diverses graisses est de 73,50 p. 100, G. N., 26,50 A. G. et 0 S.

Conclusions. — Malgré l’irrégularité de ce repas d’épreuve qui n’a pas été donné dans les termes convenus, on peut néanmoins facilement conclure ici à un trouble digestif intestinal considérable, consistant dans la transformation incomplète de certains aliments, ainsi que dans leur absorption notablement diminuée ; puisque :

1° La quantité rendue de matières fécales est quadruplede ce qu’elle devrait être à l’état frais, et également à l’état sec;

2° Puisqu’il y a réaction acide, et que celle-ci, ne pouvant être mise sur le compte du régime, est due certainement à un défaut des sécrétions biliaire et pancréatique ;

3° Enfin, puisque l’utilisation des graisses autres que celles du lait déjà émulsionnées, et par suite facilement absorbables, peut être considérée comme nulle, et que leur transformation est presque incomplète.

On peut donc considérer la sécrétion pancréatique comme presque totalement annihilée, tandis que la sécrétion biliaire, très amoindrie, persiste encore légèrement.

c) Pancréatite et lithiase biliaire. [Observation de Quénu et Duval (1)].

« La symptomatologie de la pancréatite associée à la lithiase est encore bien peu connue, disent les auteurs. Le

(1) Quknu et Duval, Revue de chirurgie, 10 oct. 1905.

RÉSULTATS DE LA MÉTHODE

diagnostic clinique en est difficile. Reste V examen fonctionnel du pancréas , et les moyens que nous avons à notre disposition sont insuffisants pour obtenir des résultats positifs. Deux procédés peuvent être employés, l’examen des urines par le procédé de Gammidge, et 1 "examen des fèces par la méthode de René Gaultier. Cet examen donne d’excellents résultats ; Gaultier lui-même a examiné notre cas et le résultat qu’il obtint fut positif.

Ce sont donc deux méthodes qui, isolément ou parallèlement, doivent être appliquées pour la recherche de la pancréatite, »

ANALYSE DES FÈCES.

Date : 27 janvier 1905.

Noms

Age

( Pain 100 gr.

Repas d épreuve < Beurre 25 —

( Lait 200 —

Manière de recueillir les fèces correspondant à ce repas donné.

A jeun depuis la veille au soir, le malade devra prendre son repas d’épreuve le matin en une fois et en même temps au commencement au milieu et à la fin du repas, un cachet de poudre de carmin de 0&r,20. Laisser six à huit heures d’intervalle entre ce repas et le suivant.

Le malade devra faire recueillir, indépendamment de l’urine, toutes les fèces rouges ou roses en notant exactement le moment d’apparition de la première et le moment de disparition de la dernière selle colorée; il devra noter de même l’heure du repas.

La totalité des matières fécales rouges ainsi recueillies est déposée dans un vase hermétiquement clos et transportée de suite au laboratoire d’analyses.

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