‹ Précis de géographie économiqueChapitre 50 sur 182 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

§ I*!*. — Coup d*œil sor la fféographie physiqae et politiqne.

Situation et dimensions. — Entre TOcéan Ailantîque à Touest et la mer Baltique à Test, s'avance la grande péninsule Scandinave, qui ne tient au continent que par l'isthme étroit de Laponie. Elle s'étend sur une superficie de 772.879 kilomètres carrés, entre les 55<» 20' et 71 « 10* de latitude nord, et entre les 2<» 30' et 20<» 44' de longitude est de Paris.

Composition da sol. — La Scandinavie, comme la Finlande, qui lui fait face de l'autre côté du golfe de Bothnie, est composée presque exclusivement de terrains cristallins; seuls, le littoral de la Baltique, et la dépression des lacs Maelaren et Wenern, appartiennent à des terrains récents (quaternaires).

Relief. — Le relief Scandinave a été justement comparé à une immense lame solidifiée au moment où elle allait déferler. En effet la partie occidentale de la péninsule est couverte d'un puissant massif de plateaux surmontés de sommets dépassant quelquefois 2000 mètres. Ce système se termine brusquement sur la mer à l'ouest, tandis qu'il descend en terrasses plus doucement inclinées vers l'est. La partie méridionale de la Suède, ou Gôtaland, forme seule une véritable plaine.

Littoral. — Remarquablement découpé, profondément pénétré par les longues fissures des fjords, bordé d'une grande chaîne d'Iles et de récifs à l'ouest, moins articulé et plus plat à l'est, le littoral Scandinave est le plus riche de l'Europe et peut-être du monde entier. On estime à plus de 20 000 kilomètres le développement du seul littoral norvégien. La mer est profonde et remarquablement poissonneuse à l'ouest, ce qui explique le développement de la vie maritime en Norvège. Le courant chaud de l'Atlantique nord se fait sentir jusque sur les côtes norvégiennes et en écarte pendant presque toute l'année les glaces qui encombrent au contraire les parages du Labrador.

Climat. — Bien que sa latitude corresponde à celle du Groenland, la péninsule Scandinave, baignée par les eaux tièdes de TÂtlanlique, a un climat remarquablement tempéré. Seule, la Suède du nord-est, séparée de Tocéan par la barrière des Alpes Scandinaves, subit les rigueurs d*un climat continental comparable à celui de la Russie du nord. La Norvège, au contraire, a une température moyenne de 5®, supérieure de beaucoup à celle qu'elle devrait avoir. Tandis que le Groenland est enseveli toute lannée sous un épais manteau de glaces persistantes, il n'y a de glaciers que sur les sommets des Alpes Scandinaves.

Pour les pluies, les montagnes divisent aussi le pays en deux zones très distinctes. Le côté norvégien exposé aux vents océaniques, reçoit une couche d'eau supérieure à 60 centimètres, et dépassant souvent 1*^,30, le côté suédois, au contraire, ne reçoit jamais 60 centimètres de précipitations.

FleuTes et lacs. — Bien que très riche en eau, la Scandinavie ne peut donner place à de véritables fleuves. A louest, les montagnes serrent de trop près la côte, et à peine nés, les cours d'eau tombent dans la mer par des séries de cascades. A l'est, où l'espace manque moins, les fleuves sont cependant obligés de descendre les divers étages des terrasses; leurs lits ne sont pas encore véritablement formés, et se composent de chapelets de lacs. Absolument inutilisables pour la navigation, ces fleuves rendent de grands services à l'industrie par la force motrice qu'ils dispensent.

Les lacs sont nombreux : outre la série qui frange le massif montagneux du côté oriental, de firrandes étendues lacustres occupent la région méridionale de la Suède ; les deux lacs Wenern et Wettern occupent une superficie de plus de 7,000 kilomètres carrés.

Populations. — La péninsule Scandinave est peuplée de plus de 6 millions et demi d'habitants appartenant à la race germanique, sauf les quelques Lapons de la frontière russe (1).

Beaucoup plus nombreuse et dense en Suède qu'en Norvège, la population s'accroîtrait assez rapidement si une émigration assez considérable ne venait enlever tous les ans une certaine portion de l'excédent (2).

(1) Population de la Suède (31 déc. 1892)... . 4.800.865 hab. 11 par k. — — Norvège (M'-janv. 1891). 1.088.384 — 6 —

[1] Mouvement de la population :

Suéde.

Naissances.

Décès.

Surplus des naissances.

Émigrelion.

La religion est le protestantisme luthérien; c'est à peine si Ton compte 2000 catholiques dans toute la péninsule.

L'instruction obligatoire est très développée, il n'y a plus à proprement parler un seul illettré.

GoaTernement. — Au point de vue politique, la Scandinavie est divisée en deux royaumes absolument indépendants Tun de Tautre, bien que gouvernés par le même roi. Les gouvernements sont distincts : chacun des deux pays a son ministère et ses deux Chambres élues au suffrage censitaire. Seule, l'administration des Affaires étrangères et le corps diplomatique sont communs, malgré les réclamations de la Norvège.

Les budgets des deux États sont assez peu élevés et chargent médiocrement la population, mais il faut remarquer que les communes et autres circonscriptions territoriales jouissent d'une grande autonomie, et ont des budgets au moins égaux à ceux des États.

Le service militaire est obligatoire pour tous, suédois et norvégiens, mais n'est exigé que pendant un petit nombre de jours durant les trois années de service dans l'armée active (i).

Norvège.

Surplas

des

Naissances.

Décès.

naissances.

Emigration.

Ul.721

Principales villes :

Suède.

Stockholai 252.574 (1892)

Gflteborg 107.965

MalmO 49.891

(I) Budgets de Suède et Norvège:

Stiède. Recettes et dépenses égales.

1893 185.832.000 fr.

Norvège.

Cliristianla 151.239 (1891)

Bergen 53 . 684

Guerre (i89i) 33.898.000 fr.

Marine (1894) 9.671.0u0

Dette publique (1^^ janvier 1893) pour rétablissement des chemins de fer: 383.467.000 fr.

Budget des communes. Dépenses (i891) .

Dette des communes

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